Trop des Dieux quand ils gagnent !

Le problème, pour l’équipe de France de football, ne se pose pas après mais avant. En clair, pas après les défaites, mais après les victoires.

Battue, le 19 juillet, six à trois par l’équipe d’Angleterre, après avoir été menée quatre à zéro à la mi-temps au terme d’une prestation indigne, elle termine quatrième de cette Coupe du monde où tout le monde la voyait gagnante.

Après la leçon de foot et de tactique qu’elle a reçue de l’équipe d’Espagne, entraînée par un maître, et qui l’a privée de la finale contre l’Argentine, il était naturel qu’avec le départ de Didier Deschamps, bientôt remplacé par Zinedine Zidane, un bilan soit fait. Il est plus qu’honorable. DD a été le sélectionneur qui a accompli, et de très loin, le plus longtemps sa mission et il faut reconnaître, comme l’a excellemment écrit Vincent Duluc dans L’Équipe, « qu’il a duré, lassé, mais que surtout il a beaucoup gagné ».

La plupart des spécialistes ont admis cette appréciation, même si, pour ma part, je n’ai pas attendu cette Coupe pour juger que, malgré les apparences, le jeu des Français, inspiré par DD, n’était pas brillant : il reposait trop sur un footballeur hors du commun comme Kylian Mbappé et non sur un collectif parfaitement huilé.

La complicité entre ce footballeur exceptionnel et cet entraîneur se remarque, d’ailleurs, maintenant que le second est en partance, par la rhubarbe et le séné que l’un et l’autre se déversent, alors que c’est le futur qui nous intéresse.

Il est évident aussi que, s’il nous faut choisir entre DD et l’aigreur de Christophe Dugarry à son égard, on n’hésite pas une seconde et on a l’envie immédiate de soutenir le premier.

De même, l’absolue indélicatesse de Charlie Hebdo, caricaturant la mère de DD après le décès de celle-ci, doit être dénoncée.

La manière dont les Bleus ont été perçus au cours de cette Coupe est révélatrice, avec des dithyrambes après leurs victoires – encore plus avec la « boucherie » du Paraguay – et une cruelle déception après leur déroute face à l’Espagne. Pourtant, c’est avant qu’il aurait fallu s’interroger.

On a analysé les victoires de la France comme des triomphes et on a porté aux nues des footballeurs sur un mode inconsidéré. J’ai moi-même, modestement, participé à ce délire avec un tweet concernant Michael Olise. Personne, sur le plan sportif, amateurs comme spécialistes, n’a osé souligner que leurs victoires, face à des équipes trop faibles, ne signifiaient rien de décisif et qu’elles tenaient à quelques éclats fulgurants, par exemple les trois buts d’Ousmane Dembélé contre la Norvège.

Bien au contraire, ils ont été appréhendés comme des dieux pour lesquels rien de fâcheux ne pouvait survenir, et on les a vus tomber de haut face, enfin, à une authentique équipe.

C’est la tare française, dans les analyses sportives, que d’être démesurément sanctifié, placé sur un pavois quand on gagne, de sorte qu’une confiance en soi proche de la vanité est instillée, ainsi qu’une moindre envie de se battre puisque la cause serait entendue et que « nous sommes les meilleurs ».

Ce n’est pas après les défaites que nous dérapons. Même s’il est concevable de n’avoir guère de sympathie pour ceux qui brûlent aussi vite qu’ils ont adoré.

C’est après les victoires que nous dégradons le futur. Et que nous créons donc les défaites à venir. Les footballeurs pris pour des dieux, trop vite et absurdement, sont tout étonnés, après, de se retrouver humains, pour le meilleur comme pour le pire.

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Voir les Commentaires (19)
  1. hameau dans les nuages

    @ Patrice Charoulet le 20 juillet 2026
    « Le football est sans intérêt. »

    Bien sûr que si, malheureux !! Panem et circenses !
    Bon, on est bien d’accord que si le pain vient à manquer…

  2. @ Patrice Charoulet

    En fait, j’ai fait une erreur, je vous ai envoyé une technique pouvant donner de l’énergie mais aussi causer divers problèmes, alors que je devais plutôt vous transmettre ceci :

    https://www.techno-science.net/fr/actualites/une-planete-rocheuse-proche-conserve-une-atmosphere-dans-sa-zone-habitable-29044

    C’est sans doute parce que les questions d’énergie sont tellement fondamentales que parfois elles s’invitent quand je les garderais volontiers dans l’ombre.
    Après tout, ne faut-il pas que les uns prennent plaisir au foot et d’autres à dénigrer ce qui fait leur joie ?

    Cependant, c’est le fait d’avoir assez d’énergie qui donne la lumière, le chauffage, l’impression des livres, la retransmission des matchs et tout ce qui prendrait un temps infini à énumérer, en somme le socle occulté sur lequel repose notre monde.

  3. @ Patrice Charoulet le 20 juillet 2026
    « Le football est sans intérêt. »

    Faux ! À la (allah) lecture de leurs comptes bancaires, le foot rapporte beaucoup d’intérêts.

  4. Le football est le spectacle qui passionne le plus les peuples, avec pour conséquence les profits faramineux générateurs des dérives qu’on observe.

    Que serait donc le vainqueur sans le vaincu et la joie ou la tristesse de nos gamins des rues devenus plus célèbres que n’importe quel artiste ou politique s’invitant sur la photo du triomphe ?

    On peut continuer sans fin à nier ce que nous sommes, on passe à côté de l’enseignement révélateur de notre degré d’évolution, pour réduire au résultat le fait que l’Espagne a su intégrer enfin la chaloupe de Williams et Yamal à l’armada collective soporifique de son football et contrer le catenacio infernal argentin, qui n’a joué que lorsqu’il était dominé, alors qu’il compte dans ses rangs les attaquants les plus déterminés au monde.

    Que serait donc l’écrin collectif s’il n’était pas au service de l’expression des meilleurs ?

    Bien des philosophes seraient inspirés d’observer le jeu des enfants qui maîtrisent avec leurs pieds la balle bondissante, ils sont l’expression de la grâce du dribble d’un Messi face à la force brutale ou du génie de la vitesse d’un Mbappé face aux dominateurs éberlués quand il reçoit la passe de celui qui lui offre l’occasion de briller.

    En ce sens, la victoire est accessoire et réduire le jeu au seul résultat signifie la méprise où en sont encore les humains, qui ne savent respecter que la seule domination, alors que le jeu universel signifie que nous en sommes encore à l’enfance de l’humanité, que nous en sommes encore à nier l’effort des gamins qui maîtrisent, aussi bêtes que leur pieds, le fait indéniable que la grâce s’exprime collectivement.

    Là est la seule victoire et Messi aurait pu marquer à la 103e minute comme, il y a quatre ans, Kolo Muani éviter le centimètre du pied argentin qui nous avait séparés du triomphe.

    Milei aurait pu alors confirmer toute sa superstition et le peuple MAGA son racisme, le football est l’allégorie la plus puissante des affaires humaines quand, au lendemain des victoires qui sont celles de la défaite de l’adversaire, il nous reste à ensemble affronter les péripéties du réel qu’un sélectionneur français sur le départ a su formuler en sa simple banalité : il n’y a que le respect qui compte.

    Que les oligarques de tout poil entendent donc cette leçon, notre cher Patrice entendrait quel est le sens divin du jeu et Vamonos quel est l’enseignement de la daube sucrée, nous pourrions ensemble alors atteindre les rivages bienheureux d’êtres qui enfin sauraient entendre les enfants qu’ils furent, pour ensemble accéder à l’âge adulte de notre humanité.

  5. @ Patrice Charoulet

    Le foot n’est pas intéressant… pour vous. Mais à qui les amateurs de foot nuisent-ils ? Il est vraiment bon que les gens puissent trouver quelque plaisir dans la vie. Vous avez vos dictionnaires, vos auteurs et l’espoir qu’on en trouve quelques textes inédits oubliés, et la bibliothèque, ce trésor qui les contient presque tous.

    En considérant que la chaleur peut être responsable de votre attitude un peu trop critique, tenez, un cocktail, soit de l’eau puisqu’elle est composée de deux liquides :

    https://www.techno-science.net/fr/actualites/l-eau-serait-constituee-de-deux-liquides-en-un-seul-28989

    Certaines personnes rendent tout ce dont elles parlent intéressant, et je pense qu’ici, notre hôte a ce talent, en plus d’inspirer les autres.

    Le monde fait aussi cet effet, quand on le voit d’un œil différent, comme par exemple les meilleurs écrivains, ou quand on en découvre d’autres aspects grâce à l’exploration de l’univers.
    Ainsi, on peut jouer avec un rond, un ballon, on peut trouver un autre monde :

    https://www.techno-science.net/fr/actualites/un-satellite-miroir-autorise-ravive-les-craintes-pour-le-ciel-nocturne-29055

    De quoi raviver l’intérêt pour ce qui nous entoure, comme la nuit nous donne la fraîcheur et l’aube la splendeur.

  6. « Les footballeurs pris pour des dieux »…

    Mais ne sont-ils pas « présentés » comme tels ou plutôt « vendus » comme tels par un système non plus sportif mais médiatico-affairiste mâtiné de politique ?

    Ils sont tout à la fois des produits d’appel et des têtes de gondole dans ce monde où l’audience fait office de tiroir-caisse.

    Les fameuses pause « fraîcheur » instaurées par la FIFA en sont un exemple.
    Les pauses fraîcheur, qui étaient initialement conçues pour protéger les joueurs de la chaleur, ont été transformées en espaces publicitaires rentables pour les diffuseurs. Ces pauses, qui se déroulent après 22 minutes de jeu par mi-temps, sont devenues un espace publicitaire vendu à prix d’or, avec des tarifs pouvant atteindre jusqu’à 425 000 euros pour vingt secondes pendant une pause de finale.
    Victoire ou pas, chacun y trouvera son compte.

  7. La Roja marque un but contre l’Argentine.
    Le score devient 1-0.
    La balle au centre, le jeu reprend, mais le score ne bouge pas jusqu’au coup de sifflet final.

    La Roja a gagné la WC 2026.

    Le reste est anecdotique, du sucre syntaxique, de la daube.

    Merci à DD pour toutes les victoires de l’équipe de France. Merci pour la compassion, la gentillesse et même l’abnégation envers certains joueurs et journalistes qui lui ont joué de mauvais tours.

    Bon courage à Mbappé (400 buts), cela va être difficile de battre les records de Pelé (1 000 buts), Ronaldo (900 buts) et Messi (800).

  8. Les politiques se plaignent d’être mal payés pour ne pas être corrompus… C’est terrifiant de l’entendre, c’est sans limites, ce qui n’empêchera jamais de se servir dans la caisse, l’Europe est un exemple, le tiroir-caisse ne sera jamais assez grand.

    « Un commandant divisionnaire de la police, chargé de la sécurité des Bleus, a été sanctionné et mis en retraite anticipée. Il avait reçu un don de 60 300 euros de Kylian Mbappé, provenant de sa prime du Mondial 2022, qu’il n’a pas déclaré à sa hiérarchie. »
    https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/L-avenir-de-mohamed-sanhadji-un-sujet-qui-cristallise-les-tensions-entre-les-bleus-et-la-fff/1705789

    DEHORS !
    Pourquoi a-t-il accepté et pas déclaré !? Il avait un petit problème moral et éthique ce bon commandant ? Il me semble qu’il devait être bien grassement rémunéré, et des postulants pour prendre sa place doivent se bousculer au portillon. Un beau pourboire pour le monsieur.
    Le doute s’installe aussi, et c’est terrible au fond, mis à la retraite anticipée, c’était bien grave, docteur?

    « La confiance n’a plus de prix lorsqu’on la partage avec des hommes corrompus. »
    Saint-Just

  9. « Les footballeurs pris pour des dieux, trop vite et absurdement, sont tout étonnés, après, de se retrouver humains, pour le meilleur comme pour le pire. » (PB)

    Mais, comme toutes les idoles, ces créations artificielles ne sont que des dieux aux pieds d’argile.
    Le paradoxe est que, alors que nous vivons sous un régime qui, à force de rejeter l’idée même de Dieu, finit par créer un environnement quotidien tellement gris et sinistre, celui-ci contraint ses assujettis à se bricoler, par défaut, un monde de rêve autour d’idoles telles que les célébrités du monde du spectacle ou du sport, autour de manifestations parfois grandioses qui ne sont que des substituts aux célébrations religieuses.

  10. @ Lodi le 20 juillet 2026
    « Bref, mais il y a de bonnes nouvelles, et je dirais par ces temps de chaleur, qu’on comprend mieux la nature de… l’eau. 
Et que l’IA peut faire mieux que des images truquées :
    https://www.youtube.com/watch?v=m5Pja7YYQVE »  

    J’aime bien votre message sur l’eau, la nature de l’eau, l’IA, la vidéo ; au passage, le gars sur la vidéo ne doit pas boire que de l’eau ni sucer de la glace, c’est clair.

    Perso, la seule eau que j’aime bien, c’est celle que je mets dans mon pastaga : eau liquide et glaçons.

    Sinon, il y a aussi « la mémoire de l’eau » : quand il pleut de l’eau qui mouille, il ne faut pas oublier d’amener son parapluie. Elle est de moi, celle-là, un génie, je vous dis.

    Pour l’eau en poudre, nous avons pléthore de chercheurs mais pénurie de trouveurs. Pitête ben que le gars de la vidéo ferait l’affaire : pour lui, il suffirait de rajouter de l’eau dans un verre d’eau en poudre. Un génie, lui aussi.

  11. Demandez aux Italiens de Paolo Rossi s’ils n’auraient pas pris la victoire aux forceps de l’Espagne ?

    Seule la victoire est belle. Pour moi, c’est un mantra, celui aussi de Pierre Berbizier.

    Mes copains d’école ont participé à deux finales du Championnat de France de rugby. Ils ont fait deux matchs extraordinaires, mais ils ont perdu les deux finales ! Quand on se rencontre, pas besoin de leur demander s’ils étaient d’accord avec « Berbize ».

    Seule la victoire est belle.

    Zidane est attendu comme le Messie, nous en reparlerons. Surmonter un échec collectif dans le sport, c’est très compliqué. Il va s’en rendre compte.

    DD avait fait de toutes les Coupes du monde de foot un seul enjeu pour l’équipe : gagner. Et les aficionados ne pensaient pas aux étapes intermédiaires : la finale, rien que la finale. Et, pour cela, DD est le seul à avoir mis le niveau de constance aussi haut.

    DD a géré avec finesse ce que Domenech n’a pas vu venir. On ne s’improvise pas patron. Zidane n’est pas un patron.

  12. « Personne, sur le plan sportif, amateurs comme spécialistes, n’a osé souligner que leurs victoires, face à des équipes trop faibles, ne signifiaient rien de décisif et qu’elles tenaient à quelques éclats fulgurants, par exemple les trois buts d’Ousmane Dembélé contre la Suède. » (PB)

    En France, que ce soit en sport ou en politique, l’esprit tribal interdit la moindre critique des idoles, ou alors, on les brise.
    On a la cohésion qu’on peut : dans un pays où on s’oppose beaucoup, par exemple entre « la police tue » ou présumer légalement que l’autorité a raison, on n’est pas dans le débat mais la guerre civile larvée.

    En France, soit on dénonce le « pouvoir médical », ou « Big Pharma », soit on balaie tout contre-pouvoir pour décréter qu’un médecin sans témoin peut tuer un patient. L’interdit puis le permis de tuer, mais quels mouvements de pendules excessifs. Faute de mettre dans le commerce méthodes et moyens de suicide, on aurait pu se préoccuper plus tôt de la fin de vie et en l’encadrant mieux.

    Bref, soit on joue la Révolution, soit on joue le roi absolu face à la moindre autorité, on paralyse le pays à répétition, soit on attend le salut transcendant par quelque nouveau et merveilleux régime ou quelque homme providentiel.

    Bien sûr, il vaut mieux idolâtrer des sportifs, des chanteurs ou parfois des intellectuels dont le parcours est ironiquement décrit dans cette chanson :

    https://www.google.com/search?q=BALAVOINE+%E2%80%93+LE+CHANTEUR&rlz=1C1ONGR_frFR1181FR1181&oq=BALAVOINE+%E2%80%93+LE+CHANTEUR&gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOTIICAEQABgWGB4yCAgCEAAYFhgeMggIAxAAGBYYHjIICAQQABgWGB4yCAgFEAAYFhgeMggIBhAAGBYYHjIICAcQABgWGB4yCAgIEAAYFhgeMggICRAAGBYYHtIBCDY5NDJqMGo0qAIAsAIB&sourceid=chrome&source=chrome.ob&ie=UTF-8#fpstate=ive&vld=cid:99803e2e,vid:ndNaTnIG7Gk,st:0

    Oui, idolâtrer une nuée de vedettes est très bien, cela purge de le faire à des gens de pouvoir risquant de s’en autoriser pour toutes sortes d’abus.
    Le petit inconvénient est que pour une critique raisonnée du foot ou de n’importe quoi d’autre d’ailleurs, on repassera, au détriment de nos progrès. Mieux vaut la vanité, surtout en groupe, que les résultats.

    Eh bien ! Si des tribus préhistoriques ont fonctionné comme nous, leurs chasseurs ont dû revenir souvent bredouilles, l’extinction par la vanité, en somme.

    Bref, mais il y a de bonnes nouvelles, et je dirais par ces temps de chaleur, qu’on comprend mieux la nature de… l’eau.
    Et que l’IA peut faire mieux que des images truquées :

    https://www.youtube.com/watch?v=m5Pja7YYQVE

  13. Entre nous, la petite finale qui a opposé les Anglais à nos Bleus était quand même bien plus passionnante avec ses dix buts que la grande finale opposant l’Espagne à l’Argentine, qui nous a conduits jusqu’au bout de l’ennui, avec un unique but après deux heures de jeu.
    À noter au passage que Kylian Mbappé finit meilleur buteur de ce Mondial avec dix buts.
    Merci à Didier Deschamps dont le parcours est plus qu’honorable.
    Bonne chance maintenant à Zinédine Zidane qui reprend le flambeau. Allez les Bleus !

  14. Deschamps avait pour mission de redresser le football français comme De Gaulle le pays.
    Il l’a fait avec la même abnégation, et son départ se passe dans des conditions ressemblantes.

    De juteux contrats signés avec Nike comme sponsor, et d’autres réussites en dehors du terrain.
    De la mesure de la part du sélectionneur pour ne pas mettre en danger le football français en accablant Le Graët, quand il aurait été si facile de retourner sa veste comme le font tous les politiques.
    Le fait d’être resté en poste après l’affaire Benzema, qui n’avait pas marqué pendant 14 matches puis qui, à cause de son écart, a poussé de petites cervelles à taguer « sale raciste » sur la résidence de Deschamps.

    Oui, Deschamps aurait dû partir. Au lieu de cela, il s’est sacrifié au nom de la France.

    Certes, le jeu ne fut pas toujours très beau, mais le cash et les titres sont rentrés.

    Bravo et merci à Didier Deschamps, que ces deux défaites rendent encore plus grand à mes yeux, tant ce sport n’est pas facile et tant il avait fait oublier que, même avec lui, l’équipe pouvait perdre.

    On aspirerait à ce que les politiciens suivent son exemple, tant dans le sens du sacrifice personnel pour le pays que dans la manière de savoir rester ou partir quand il le faut.

  15. 6-4, notre hôte, le résultat d’hier soir, qui aurait tout aussi bien pu finir en 6-7, au vu de la deuxième mi-temps splendide de nos génies du jeu.

    Mbappé, peut-être meilleur buteur pour la deuxième fois consécutive, Olise, qui bat le record de Pelé pour les passes décisives, ne sauront pas oblitérer la rigueur soporifique espagnole ou la rage argentine, mais dessinent quels défenseurs latéraux il nous manque pour accéder à une domination joyeuse et singulière, entièrement tournée vers la joie des génies du jeu, ceux qui savent encore jouer au football comme des enfants, plutôt que d’en faire une machine à compenser les frustrations du ressentiment.

    Ils sont jeunes, l’avenir les attend. Merci à Deschamps d’avoir su leur faire confiance pour qu’ils continuent à régaler la planète de leur talent, et tous nos vœux au prochain sélectionneur pour trouver la formule collective qui servira d’écrin à cette grâce.

  16. « Il est évident aussi que, s’il nous faut choisir entre DD et l’aigreur de Christophe Dugarry à son égard, on n’hésite pas une seconde et on a l’envie immédiate de soutenir le premier.
    De même, l’absolue indélicatesse de Charlie Hebdo, caricaturant la mère de DD après le décès de celle-ci, doit être dénoncée. » (PB)

    Sur le premier point, Dugarry est un pusillanime par rapport à la réussite extraordinaire de DD, un besogneux paraît-il, mais lucide, un bosseur et sans aucun doute un champion de la gestion de tous ces ubris qu’il a dû manœuvrer pendant 14 années ! Chapeau, un DRH de très haute volée, comparé à un Domenech qui n’avait pas compris ce qu’était un choix dans une entreprise : on ne retient pas le meilleur, on retient celui qui vous accompagnera pour une traversée du désert avec juste l’eau qu’il faut et les aliments de base.

    DD a apporté l’essentiel, il a reproduit le palmarès dont lui-même est détenteur, il n’est pas un perdreau de l’année non plus, il sait manier le marteau et poser de la banche métallique, on ne lui demande pas d’être ébéniste, simplement un bâtisseur, et d’être constant dans les résultats :

    En club

    2 Ligues des champions :
    1993 – Olympique de Marseille
    1996 – Juventus Turin

    Coupe Intercontinentale :
    1996 – Juventus Turin

    Supercoupe d’Europe :
    1996 – Juventus Turin

    Championnat d’Italie (Serie A) :
    1995, 1997, 1998 – Juventus Turin

    Championnat de France :
    1990, 1992 – Olympique de Marseille

    Coupe d’Italie :
    1995 – Juventus Turin

    FA Cup (Angleterre) :
    2000 – Chelsea FC

    En sélection nationale

    Coupe du monde 1998 – Champion du monde
    Championnat d’Europe 2000 – Champion d’Europe

    Distinctions personnelles

    Joueur de l’année France Football (1996)
    Révélation de l’année France Football (source L’Équipe)

    Sur « l’absolue indélicatesse », il ne faut pas non plus tomber dans le panneau de tous les imbéciles. C’est vrai, mais le problème n’est pas là. C’est pas bien élevé, ma maman me l’aurait reproché aussi mais pas interdit, elle était courageuse ma maman.
    Ce que voulait mettre en avant Charlie, ce sont surtout les délires du foot roi, du foot où l’argent coule à flots, du foot qui fait intégrer par Trump un carton rouge au mépris le plus total des règles, le foot de Domenech et de la honte des choix et de la France – « des petites frappes », avait dit Roselyne Bachelot, qui s’était déplacée sur place en Afrique du Sud –, du foot de la démesure et de la corruption.

    Enfin, tous les abus et délires d’un foot qui est plus que des jeux du cirque, alors que la misère crasse est aux portes des pays qu’il soutient… La liste est interminable, DD est en fait le support idéal de dénonciation et de lucidité qu’il fallait mettre en avant pour choquer et faire réfléchir.

    Les pays qui crèvent de faim sous la dictature, mais pour un ballon ou une urne sur un dessin, sont prêts à tous les sacrifices, y compris les couillons qui les soutiennent, qui se priveront de l’essentiel pendant que le foot est submergé de pognon cher à Nanard.

    Des « pauses fraîcheur » – faut bien exploiter jusqu’à la lie la manne, les retombées – à tous les vices inhérents au dieu foot : instances footballistiques gavées jusqu’aux yeux de dollars, c’est tout cela que représentait le dessin de Charlie.
    https://www.blick.ch/fr/sport/football/coupe-du-monde/mechancete-gratuite-charlie-hebdo-choque-a-nouveau-sur-la-mere-de-didier-deschamps-id22117629.html

    Oui, cela peut sembler indélicat, mais c’est un peu le prix à payer pour poser un regard lucide sur une machine à fric incroyable et incroyablement opaque. Platini y a brûlé ses crampons.

    Rien n’y fera, juste contenir. Le foot, qui est une entreprise extraordinaire de rêve, alors juste la contenir suffit si c’est possible, un univers impitoyable ; c’est ainsi, soutenu par tous les limpiabotas de la Terre, une sorte de démocratie universelle, sauf que le carbone pur qui est extrait ne profite qu’à une minorité, le carbone pur ne se partage pas, il se taille pour en faire une plus belle affaire.

    DD est au milieu par un dessin, en fait il est juste là en porteur d’un message, celui de dire à tous ceux qui aiment le foot : ne vous y trompez pas, si la façade est belle, la réserve est pourrie.

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    « …inspiré par DD, n’était pas brillant : il reposait trop sur un footballeur hors du commun comme Kylian Mbappé et non sur un collectif parfaitement huilé. » (PB)

    Pas d’accord, DD avait besoin de Mbappé, mais il a compris, comme Enrique au PSG, qu’il valait mieux « 4 joueurs qui marquent 1 but chacun, plutôt qu’un seul joueur qui marque 4 buts ». Le PSG gagne sans Mbappé et, deux fois de suite, la plus prestigieuse des victoires.
    Pourquoi ont-ils perdu contre l’Espagne ? Vaste débat, chacun y va de ses commentaires, mais l’histoire ne se réécrit jamais.
    DD a aligné la meilleure équipe et le meilleur groupe possibles, tout le reste est littérature et du grain à moudre pour tous les footeux des plateaux TV et ceux de la presse écrite.

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    https://youtu.be/Zkbj1CT71Bk?si=F9VrCzp-51Y8hmzK

    Aimé Jacquet, heureusement qu’il n’a pas écouté toutes les batouilles d’avant-match, et pourtant de grands et d’immenses spécialistes. C’est tellement facile de changer l’équipe de DD a posteriori, et si on écoute tout ce qui se dit après, ce sont toujours les mêmes rengaines, c’est du niveau de « quand on les voit, on dit que c’était un taureau ». Que des batouilles ! Ils ont perdu comme on peut gagner un match.

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    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/climatiseurs-livr%C3%A9s-par-laurent-wauquiez-la-r%C3%A9gion-r%C3%A9pond-apr%C3%A8s-la-pol%C3%A9mique-suscit%C3%A9e-par-le-prix-des-machines/ar-AA28bCvn?ocid=msedgntp&pc=ACTS&cvid=6a5ccb9310df498aac884a593ff18bff&ei=19

    Le passage dans une entreprise de BTP devrait être rendu obligatoire, ils apprendraient ce qu’est « l’arc négatif » de la négociation, et cela ne s’apprend pas dans les programmes politiques. C’est pas leur pognon !
    Et en plus, il nous raconte « en urgence »… Comme s’il venait d’être nommé à son poste de la région. Nous sommes fous d’élire ces types !

  17. Marc Ghinsberg

    Cher Philippe,

    Il faut reconnaître un talent bien partagé, et pas seulement dans le commentaire sportif : celui de retrouver, une fois le match joué, la fatalité qu’on n’avait pourtant confiée à personne avant le coup d’envoi. Le jeu français « pas brillant », le collectif « pas parfaitement huilé », on aimerait savoir dans quel tiroir dormait ce diagnostic pendant que le pays entier célébrait la « boucherie » du Paraguay.

    C’est la grande vertu du pronostic rétrospectif : il ne se trompe jamais, puisqu’il ne s’énonce qu’après. Et il fonctionne aussi bien pour un quart de finale que pour l’Histoire avec un grand H, on y explique toujours, une fois le rideau tombé, que les choses ne pouvaient advenir autrement, tant elles étaient inscrites d’avance dans une logique que, curieusement, personne n’avait su lire à temps.

    Les Bleus vous pardonneront sans doute plus facilement que l’Histoire ne pardonne à ceux qui la refont chaque matin.

  18. Vos dieux, Monsieur Bilger, sont les plus chers des dieux. Et comme leurs ancêtres de la mythologie ne s’intéressent qu’à eux.
    La fin de l’ère Deschamps est celle du jeu pragmatique dans l’ennui, sauvé par des talents d’exception. S’y glisse le doute sur des titularisations partagées entre les « cadres » et le staff, ce qui réduit l’éventail tactique. N’Golo Kanté sur le banc pendant tout le tournoi en dit long !
    Souhaitons retrouver une équipe de foot-champagne avec des joueurs moins riches mais plus concernés par le jeu d’équipe, et qui donneront du spectacle, car c’en est un aussi. Si le contexte s’y prête !

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