« Démagogique », « populiste » : tels seront sans doute certains des qualificatifs qui cibleront ce billet.
Peut-être ces charges seront-elles justifiées, mais il n’en demeure pas moins que le titre que j’ai choisi n’est pas, me semble-t-il, dénué de pertinence…
À tort ou à raison, si l’on veut bien considérer tout ce qui est public, officiel, affiché, sur quelque plan que ce soit — politique, judiciaire, culturel ou médiatique —, l’impression qui domine est celle d’un hiatus entre la France de la lumière (ne pas confondre !) et celle qui demeure dans l’ombre. Et qui se sent abandonnée.
Quand on lit l’entretien avec Édouard Philippe dans Le Parisien, même s’il envisage de consulter les Français par référendum entre les deux tours des législatives après l’élection présidentielle, je ne parierais pas sur le respect de cette promesse.
Tout démontre, en effet, que jusqu’à aujourd’hui, le peuple a été perçu comme un intrus dans le jeu des professionnels de la politique, et il n’est pas un citoyen qui n’ait en tête le traumatisme de 2005. De Gaulle n’avait pas peur de ces consultations précisément parce qu’il leur assignait des finalités éclatantes : il gagnait et il était confirmé ; il perdait et il s’en allait.
Édouard Philippe, s’il était élu président de la République, serait-il de cette trempe ? J’en doute.
En matière judiciaire, il est aisé de constater combien la magistrature, majoritairement, n’aime guère que le peuple s’occupe de ce qui, pourtant, le regarde, tout en rappelant sans cesse qu’elle exerce son activité « au nom du peuple français ». Les citoyens pourraient demander des comptes sur un mode plus vindicatif que celui qui est permis — et qu’il est si difficile de mettre en œuvre pleinement — avec le Conseil supérieur de la magistrature.

Le Conseil constitutionnel s’est fait une spécialité, encore récemment avec l’extension de la notion de cavaliers législatifs, de mettre à bas ce que le vote parlementaire avait décrété et, par conséquent, d’exclure le peuple du jeu. Comme s’il existait, dans certaines circonstances, des enjeux si graves et si importants qu’il convenait de les soustraire immédiatement au pouvoir des citoyens et à leur vigilance.
Dans le registre culturel, est-il même besoin d’insister lorsqu’on constate le gouffre qui existe entre, d’un côté, les flatteries et les célébrations hyperboliques qui n’intéressent que des minorités, toutes tendances politiques confondues, et, de l’autre, la réalité des existences et des quotidiennetés d’un pays aux antipodes de cette mousse et de ces éclats ?
La culture, si elle est nécessaire, ne requiert pas une exposition qui révèle sans fard les inégalités criantes entre ceux qui la vantent comme un besoin essentiel et d’autres, nombreux, pour qui elle demeure un luxe.
La vie médiatique est, à la fois, celle qui montre cet écart entre les privilégiés — ceux qui sont informés, ceux qui savent et, parfois, ceux qui cachent —, les élites réelles ou prétendues, et celle qui fait venir sur ses plateaux, dans ses entretiens et ses confrontations, des consultants et des experts spécialistes des pronostics, multipliant prévisions et analyses, prêts, du jour au lendemain, à se contredire puisque le réel a eu le front de les démentir !
De droite ou de gauche, jamais véritablement neutres au fond, ils ne sont séparés que par la cause conservatrice ou progressiste qu’ils servent.
Et, bien sûr, le peuple n’est jamais au cœur de ces débats : ils se parlent entre eux !
C’est une immense déconnexion entre ceux, tellement nombreux, qui sont soumis au pouvoir, quelles qu’en soient les formes et les modalités d’expression, et cette catégorie de citoyens qui, dans l’arrogance ou l’indifférence, ne savent pas que le peuple existe ou font semblant de ne pas le voir.
Le constat est triste. Il n’est pas démagogique…
« À tort ou à raison, si l’on veut bien considérer tout ce qui est public, officiel, affiché, sur quelque plan que ce soit — politique, judiciaire, culturel ou médiatique —, l’impression qui domine est celle d’un hiatus entre la France de la lumière (ne pas confondre !) et celle qui demeure dans l’ombre. Et qui se sent abandonnée. » (PB)
Remercions Philippe Bilger pour cet excellent billet, et également pour ne pas avoir confondu la lumière — celle que l’on a avec le gaz à tous les étages — et les prétendues « Lumières », aux conséquences ravageuses que nous subissons encore de nos jours, notamment la prétention d’un État à régenter les moindres aspects de nos vies, y compris ceux qui ne le regardent en rien.
Et cet État, qui ne sait que multiplier les lois idiotes au détriment de celles qui sont nécessaires, en les accompagnant généralement d’obligations aussi liberticides que ruineuses, a tendance à tourner à l’État policier à force de vouloir contrôler l’usine à gaz qu’il s’obstine à échafauder, en dépit du bon sens, pour montrer aux Français qu’il les tient sous sa coupe, sans qu’ils puissent y trouver quelque avantage.
Ce que l’on appelle « l’Ancien Régime » a en partie été victime du système fiscal de la gabelle, très mal vu à l’époque, de même que les gabelous chargés de la percevoir, ce qui a fini par entraîner sa chute.
Mais de nos jours, combien de nouvelles formes de gabelles ne nous accablent-elles pas sous la forme d’une myriade de taxes plus ou moins discutables, supposées participer au financement de chaque nouvelle loi, dont le traitement des nouveaux percepteurs de taxes, ce qui à chaque fois ne fait que faire croître le nombre des nervis étatiques dont certains, persuadés d’incarner une importance qu’ils n’ont pas ne savent qu’accabler leurs concitoyens de leur morgue alors qu’en principe ils sont avant tout au service de la nation, donc de ces derniers qu’ils ont le devoir de respecter en tant que « Peuple souverain » ?
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@ Serge HIREL le 25 mai 2026
« Ne vous en faites pas pour Achille. Il a du bon sens et de la souplesse… Il saura sauter dans le nouveau train avant le déraillement programmé du sien. »
Ne vous en faites pas pour la Macronie. Elle va continuer son petit bonhomme de chemin jusqu’en avril prochain. et même après.
Comment en serait-il autrement quand on voit où veut nous conduire le vieux gourou de LFI, à savoir une dictature à la Chavez ou à la Maduro.
Que dire des tergiversations du RN dont le binôme Le Pen-Bardella n’est même pas capable de présenter un programme homogène. MLP laissant même entendre qu’elle n’est ni de droite, ni de gauche (*) , tandis que Jordan Bardella reprend clairement la ligne du fondateur du FN : à droite toute !
Que dire du PS et de son cortège de prétendants, incapables de définir un programme commun porté par un candidat fédérateur. François Mitterrand doit se retourner dans sa tombe !
Que penser de LR (anciennement UNR, UDR, RPR et UMP), vestige du gaullisme qui aujourd’hui voit le RN s’approprier le message du Général.
Non, la macronie n’est pas morte, elle bouge encore. Et les Français, face à l’incurie des candidats des autres partis, finiront par y revenir.
C’est Jacques Prévert qui a dit : « On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va ».
(*) Belle formule qui permet de rassembler les électeurs de gauche et de droite
@ hameau dans les nuages le 25 mai
Achille est aujourd’hui dans l’état d’esprit quelque peu encalminé de la Macronie agonisante, qui a tout loupé mais croit encore pouvoir se refaire grâce à un clone du président déchu, qu’il s’agisse d’Édouard Philippe ou de Gabriel Attal…
Voilà tout… Il faut le laisser à ses illusions et ne pas s’attarder à le dessiller. Il y a beaucoup mieux à faire : préparer le chantier de la reconstruction et, d’abord, comme vous le souhaitez, envisager les moyens de nous débarrasser d’une politique migratoire particulièrement dangereuse.
Ne vous en faites pas pour Achille. Il a du bon sens et de la souplesse… Il saura sauter dans le nouveau train avant le déraillement programmé du sien.
Dans son commentaire, Marc Ghinsberg le 24 mai 2026 rejoint la première affirmation de votre billet, Monsieur Bilger : « « Démagogique », « populiste » : tels seront sans doute certains des qualificatifs qui cibleront ce billet. »
De fait, beaucoup ne se réfèrent plus ni à la lettre, ni à l’esprit de la Constitution qui pourtant dans son Titre premier DE LA SOUVERAINETÉ est très claire :
ARTICLE 2.
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
ARTICLE 3.
La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
D’évidence, ces dispositions sont contournées par la plupart des institutions chargées du contrôle de légalité, à commencer par le Conseil constitutionnel (CC) qui par la simple qualification de cavalier législatif, à présent prise dans une acception très extensive, censure les textes de lois votés par le Parlement, pourtant seul représentant du peuple français, hors élections ou référendum.
On l’a vu avec le fondement sur lequel le CC a censuré quasiment tous les articles qui avaient été votés en 2024 dans la loi sur l’immigration, comme il vient de le faire sur les ZFE…
Dès que la moindre organisation politique ou le moindre citoyen ose évoquer l’appel au peuple par la voie référendaire, ils sont aussitôt taxés de « populistes », ce qui suffit à les disqualifier aux yeux d’une certaine élite qui prétend gouverner et mieux connaître que le peuple ce qui est bon pour lui.
Si tel était le cas, la France devrait être budgétairement en mesure de dégager des capacités d’action. Or, ce sont bien les choix retenus par cette élite de gouvernement et sur lesquels repose le budget national qui paralysent toute capacité d’action. Malgré ces échecs patents, ces gouvernants, principalement de la gauche sociétale, du centre et d’une certaine droite, s’autorisent encore à donner des leçons de gouvernance à toute opposition qui prétendrait agir autrement !
Aussi votre constat final : « C’est une immense déconnexion entre ceux, tellement nombreux, qui sont soumis au pouvoir, quelles qu’en soient les formes et les modalités d’expression, et cette catégorie de citoyens qui, dans l’arrogance ou l’indifférence, ne savent pas que le peuple existe ou font semblant de ne pas le voir » me semble frappé au coin de l’observation honnête de la situation de la France.
Cette déconnexion s’observe notamment dans le refus de prendre en compte les problèmes des Français de la périphérie tels que Christophe Guilluy les a analysés, nos gouvernants, en particulier en matière d’écologie politique, ne raisonnant qu’en habitants des métropoles. Et ce n’est pas parce que monsieur Attal, parfait représentant de cette élite déconnectée, a fait acte de candidature à la présidence de la République depuis l’Aveyron que cela changerait la politique qu’il initierait !
Je vous rejoins donc, Monsieur Bilger, dans votre conclusion sans appel : « Le constat est triste. Il n’est pas démagogique… »
Un de mes confrères d’ici, plus en verve, plus drôle, plus informé, plus talentueux, plus inspiré, plus abondant, plus présent que moi est, aussi… raciste. Il l’a dit et prouvé cent fois. C’est peut-être la raison principale pour laquelle il écrit sous pseudo*. Le racisme étant (je m’en réjouis) dans notre pays un délit, écrire en signant de son vrai nom l’exposerait peut-être à des poursuites judiciaires.
Il a donc, depuis des lustres, en divers endroits de la Toile, choisi le prénom et le nom d’un célèbre personnage d’un roman de Léon Bloy comme faux nom. Libre à lui. Il a tenté bien des fois de justifier son racisme. Il a lu des livres là-dessus qui l’ont convaincu définitivement. Il ne changera jamais d’avis jusqu’à son dernier souffle.
Un Noir, à ses yeux, aurait un QI en moyenne très inférieur à celui d’un Blanc. Je l’informe, en passant, que je suis certain d’avoir un tout petit QI. Quand j’achète un truc à monter, je ne comprends rien à la notice explicative dont le vendeur m’a pourtant assuré que c’était très facile à comprendre. Ne jamais rien comprendre, quelle meilleure preuve d’un manque d’intelligence ?
L’un de ses procédés, assez souvent, est de déformer le terme « raciste » en « ouaciste ». Je critique cette façon de faire. « Raciste » a une signification. Qu’il ouvre n’importe quel dictionnaire. Écrire « ouaciste » ne disqualifie en rien le terme « raciste ».
*D’autres que lui, ici, écrivent sous pseudo pour d’autres raisons.
Il me paraît d’abord nécessaire d’identifier avec précision les multiples tiroirs de notre société dans lesquels nous rangeons nos « élites ». Il me semble difficile de mettre dans le même sac les « élites » du monde culturel — au sens large, de l’académicien au rappeur — et celles de la vie politique, qu’il s’agisse de dirigeants élus ou de hauts fonctionnaires nommés.
En réalité, il existe des « élites » dans tous les secteurs de l’activité humaine, du champion sportif au « grand patron », des journalistes aux magistrats, des sommités médicales aux responsables religieux… Et il n’est pas nécessaire qu’elles soient célèbres et adulées pour mériter ce titre. Il est, par exemple, de nombreux professeurs de médecine qui sont des « élites » dans leur spécialité sans pour autant avoir construit leur réputation en fréquentant davantage les plateaux TV que les blocs opératoires.
Parmi ces « élites », seules celles qui possèdent une parcelle plus ou moins importante de pouvoir régalien leur permettant d’agir concrètement sur la société et, de ce fait, sur la vie de chacun des Français — élus, fonctionnaires, magistrats… — me semblent devoir être systématiquement sous le feu des appréciations plus ou moins critiques de l’opinion publique, si celle-ci estime que tel ou tel qui « gouverne », en adoptant un comportement éloigné de ses attentes, n’agit pas dans « l’intérêt général ».
Encore faut-il que celui-ci soit clair et constant… ce qui, depuis quelque temps, est rarement le cas.
Quant aux « élites » qui ne possèdent qu’un pouvoir d’influence — sportifs, chanteurs, comédiens, écrivains… —, il est bien sûr possible pour chacun de les critiquer ou de les approuver… Mais il est inutile de s’attarder dans un tel combat, d’autant plus vain que, pour la plupart, elles sont elles-mêmes sous l’influence de leur entourage et, en provoquant, soignent d’abord leur ego.
C’est cette même attitude qu’il faut opposer aux quelques dizaines de journalistes parisiens et « experts » de tout poil qui, autoproclamés « élites », se pavanent sur les plateaux TV et organisent des débats entre eux sans prendre garde au fait que des téléspectateurs les regardent. La télécommande du téléviseur offre deux solutions : changer de chaîne ou l’éteindre… et lire la presse écrite, autrement plus respectueuse de ses lecteurs.
Mais il est aussi indispensable de ne jamais oublier que ces « élites », du moins celles qui ignorent le peuple ou l’estiment subalterne, voire gênant, ne sont que l’infime partie visible des professionnels qui exercent les mêmes activités qu’elles. Ne jamais oublier que ceux-ci, sans besoin de gloriole ni d’applaudissements constants, « font le job » et, à leurs postes, sont les maillons solides de la chaîne qui assure, vaille que vaille, le maintien de notre société, loin d’être aussi invivable qu’on le dit par habitude.
Finalement, que des « cultureux » perturbent le Festival de Cannes, que Patrick Cohen et ses semblables déversent leurs sarcasmes, que les Molières et les César soient devenus le terrain des « gauchos », ne sont que des soubresauts qui annoncent une même prochaine réalité : ces « élites »-là, qui se croyaient invincibles et pensaient diriger les Français, auront, dans quelques mois, l’occasion de se voir clouer le bec…
À condition toutefois que les Français envoient à l’Élysée, puis au Palais-Bourbon, des dirigeants politiques plus prêts et fiers de les respecter, de les écouter et de les servir que d’accéder à la caste des « élites », qui n’a jamais été aussi puissante et arrogante que pendant ces dix dernières années.
@ Achille le 24 mai 2026
Donc, d’après vous, la politique du chien crevé au fil de l’eau doit continuer ? Si vous croyez que la faiblesse va résoudre les problèmes… Plus vous attendez, plus ce sera difficile à gérer, vu le basculement des pourcentages de populations autochtones/allochtones. Et c’est vous qui recevrez le coup de bâton, l’islam étant d’origine politico-religieuse, avec le principe de l’Oumma.
A fuera ! Et vite.
Quelques règles simples d’expulsion, avec la fin des aides sociales pour tout délinquant et sa famille. « On est des gentils » avec la règle « la valise ou la valise », au lieu de « la valise ou le cercueil », qui a été appliquée aux pieds-noirs et aux harkis.
Les îles Kerguelen peuvent être aussi un beau lieu de villégiature pour les récalcitrants. Ce que le Maroc ne se prive pas de faire en plein désert.
L’ironie basée sur rien ne vaut rien !
Et sinon, en vérité, pour ceux qui s’intéressent à la vérité, en effet, la nature ne nous fait pas de cadeaux. En effet, le monothéisme a aggravé les malheurs du monde et poursuit son travail de sape par des immigrés musulmans dont trop nous rendent le mal pour le bien.
Ce n’est pas en mélangeant tous les propos de gens avec qui Aliocha n’est pas d’accord qu’il montre la fausseté du moindre d’entre eux, mais il doit compter sur le fait que les gens ne réfléchissent pas, impressionnés par son chaos et le surplomb moral qu’il affecte.
Sinon, je ne suis ni d’accord avec Aliocha, prétendant contenir et dresser le peuple jusqu’à ce qu’il se rende à ses idées, si on peut appeler ça des idées, ni avec notre hôte, pour qui le peuple semble au contraire un recours.
La démocratie est le meilleur régime, car il est juste que tous les citoyens concourent également aux choix politiques, ce qui se fait par apprentissage, essais et erreurs, comme avec les individus. Et d’autre part, chaque pouvoir — exécutif, législatif et judiciaire — doit se tenir en équilibre avec les autres : ce n’est pas le peuple, le suspect, mais le pouvoir qui, toujours, va vers l’abus.
Il n’y a pas plus d’organes politiques éducateurs du peuple que d’hommes providentiels. Il y a, ou plutôt il devrait y avoir, des contre-pouvoirs pour chaque pouvoir, montrant au peuple qu’il ne faut jamais être trop absolu.
Or cela existe à peine en France, et on intime, oui, on intime au peuple d’être responsable quand l’élite ne l’est pas. Comme toujours, la morale n’est jamais que ce qu’on tente d’imposer aux autres pour se dédouaner de ne pas la suivre. Après avoir refusé d’imiter les meilleurs, les Anglo-Saxons avec leur équilibre des pouvoirs, on recycle l’antiaméricanisme dans ce pays en tapant plus sur Trump que sur les tyrans du peuple iranien : cherchez l’erreur.
Tout cela est vraiment n’importe quoi. Ce n’est pas la potion magique qu’il nous faudrait, mais de la lucidité, pour changer.
Le polythéisme serait bien utile dans ce pays, véritable pense-bête du multiple : il y a beaucoup de problèmes à régler en France. Mais ce n’est pas une raison pour dire que celui de l’immigration musulmane n’en est pas un, à mon avis très grave, car quoi de pire que de laisser courir un déficit ? Des gens dont trop nous rendent le mal pour le bien, une minorité bien suffisante pour imposer son pouvoir, comme l’ont fait les chrétiens dans l’Empire romain et les totalitaires plus près de nous…
Tandis que les gens normaux survivent, et parfois vivent et œuvrent, de tels individus ne cessent de tendre à s’emparer du pouvoir, et y réussissent très bien, pour le plus grand malheur du monde.
J’espère que la lucidité de certains, alertant et poussant à l’interdiction de l’immigration musulmane, nous épargnera de vivre un « jamais deux sans trois ».
« Quand on lit l’entretien avec Édouard Philippe dans Le Parisien, même s’il envisage de consulter les Français par référendum entre les deux tours des législatives après l’élection présidentielle, je ne parierais pas sur le respect de cette promesse » (PB).
Édouard Philippe, qui, pourtant, s’y connaît en kilomètres/heure, semble confondre vitesse et précipitation. Certes, si ED est élu président de la République – simple hypothèse d’école -, la stratégie consistant à dissoudre immédiatement l’Assemblée nationale et à organiser un référendum le dimanche entre les deux tours des élections législatives lui permettrait de tenter de solidifier son électorat, qui, constitué contre l’autre candidat – Marine Le Pen ou Jordan Bardella probablement -, sera peu homogène au soir de son accession à l’Élysée.
Encore faut-il que la question posée soit rassembleuse… Ce qui n’est pas le cas de celle des retraites, qui semble être envisagée.
Mais… inutile de se prendre la tête pour en trouver une autre, plus consensuelle. L’organisation de ce référendum précipité semble condamnée par les dispositions de l’article 11 de la Constitution. Celui-ci précise que « lorsque le référendum est organisé sur proposition du Gouvernement [ce qui serait le cas, ED pouvant le nommer dès le premier jour de son mandat], celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d’un débat. »
« Devant chaque assemblée »… De deux choses l’une : le nouveau Premier ministre présente son projet de loi à une Assemblée nationale pas encore dissoute, mais sur le départ et donc hostile – ce qui ne serait pas la meilleure façon de promouvoir son texte, même s’il n’est pas tenu de le retirer, les députés n’étant appelés qu’à « débattre » ; l’autre : le Palais-Bourbon est déjà vide… et la Constitution ne peut pas être respectée…
Conclusion : Édouard Philippe en est déjà à faire des promesses dont il sait que, s’il était élu, il ne pourrait pas les tenir. Mais on comprend aussi que, bien qu’installé à l’Élysée par une majorité -probablement étroite – d’électeurs disparates, il craindrait de ne pas pouvoir obtenir une majorité présidentielle claire, voire absolue, lors du second tour des élections législatives. Ce qui le mettrait peu ou prou dans la même situation que son prédécesseur… et ne permettrait pas à la France de quitter la chienlit des années Macron.
Cette catégorie du peuple, qui constitue l’élite du pouvoir, n’ignore pas le peuple ou ne fait pas semblant de le voir, puisqu’elle émane du peuple, qu’elle fait partie intégrante du peuple, qu’elle dépend du peuple. Cette élite est parfaitement à l’image du peuple dont elle est issue et qui lui a confié son destin. Et c’est peut-être aussi parce que ce peuple est si difficile à diriger que la tâche de ceux qui en ont justement reçu la mission s’en trouve aussi ardue et complexe.
Ce peuple, addition d’individualités et donc d’égoïsmes, et qui compte pourtant bien des qualités, est aussi tout en nuances, différences, contradictions, incohérences, ignorances. Il disserte sur tous les problèmes d’actualité sans pour autant maîtriser les domaines en question, se jugeant plus experts que les experts.
Il sait parfaitement que le redressement ne peut se faire qu’au prix d’un effort collectif mais à la condition que, pris individuellement et toujours pour évidemment de très bonnes raisons, chacun soit dispensé de cet effort.
Il a conscience que l’on ne peut distribuer que la richesse créée mais privilégie cependant le temps de loisir à celui du travail, sachant pourtant que seul ce dernier est en mesure de générer cette richesse à laquelle il aspire.
Peuple et élite au pouvoir ne sont finalement pas si différents qu’on se plaît à le dire, présentant bien des similitudes et mus par des motivations, des sentiments, qui sont proches. Nous n’avons en fait que les politiques que nous méritons. Cette situation n’est peut-être pas satisfaisante, mais alors, que le peuple, qui en est en partie responsable et pas seulement l’élite au pouvoir, s’interroge et agisse. Et demandons-nous parfois s’il ne serait pas préférable d’avoir raison avec l’élite au pouvoir que tort avec le peuple.
Expulsons le Canon français !
Le ministère insoumis de la Détection du Jambon déclare :
Mesdames et messieurs, citoyens vigilants, l’heure est grave.
Selon plusieurs experts autoproclamés du vivre-ensemble anxieux, la France serait aujourd’hui confrontée à une menace d’une ampleur inédite : des gens se réunissent autour d’une table.
Oui, l’heure est grave !
Ils mangent du saucisson.
Parfois même du fromage.
Et certains, dans un accès de radicalisation gastronomique absolument terrifiant, osent ouvrir… une bouteille de rouge.
Le phénomène porterait un nom de code inquiétant : « le Canon français ».
Expulsons expulsons !
Fondamentalement, la marée montante des partis radicaux est causée par le même déni, celui du détournement du principe constitutionnel de souveraineté du peuple. Les élites ne l’écoutent pas, elles l’éduquent à leur profit et s’en méfient tellement qu’elles truquent par tous moyens son expression dans les scrutins. Le scandale du référendum de 2005 aurait dû provoquer une insurrection, il n’en fut rien, le coq était chapon.
Le peuple instinctif doit être canalisé dans l’expression de ses attentes et doit penser droit afin que la partition démocratique soit jouée jusqu’à la fin et que la Casta perdure et s’engraisse. Ainsi furent concoctés des modes de scrutin complexes, absolument impossibles à expliquer à qui n’est pas français. Normalement les votes devraient être reçus comme ils viennent et les élus chargés de former entre eux le gouvernement central du pays. S’ils n’y parviennent pas, cela n’est pas dû aux électeurs foutraques mais à l’incapacité des élus à surmonter leurs différences au bénéfice de l’intérêt général. Autant dire que dans une impossible coalition d’idées, le scrutin visé s’est trompé de candidats !
Appliquer les revendications du peuple est aussi le meilleur moyen pour qu’il juge ses propres exagérations et soit dessillé d’illusions construites par les planteurs de coton de la République. La maturité politique n’est atteignable que par l’expérience des choix par celui qui choisit. Au lieu de quoi la classe politique déresponsabilise l’électeur, surtout à gauche. La démonstration en vraie grandeur de la démocratie en action est faite aux États-Unis d’Amérique où chacun touche du doigt maintenant les effets désastreux du populisme orange qui a conduit au sabotage de la protection sociale et à l’inflation des prix par un réarmement douanier.
S’y ajoute la découverte de la lâcheté de beaucoup de parlementaires qui va renforcer l’antiparlementarisme de souche signalé par une forte abstention chronique. La prébende à vie reste leur objectif indépassable, on le savait, la preuve en est faite.
Comme chez nous !
La photo correspond pas mal à ce que je pense du personnage. Il a l’air de débarquer, mais il s’accroche. En dehors de ceux qui ont décidé de l’inscrire à la compétition pour des raisons à eux, qui pourrait bien le voir comme président de la République ? Pas moi en tout cas. Et puis, ses petites lunettes d’apparatchik me dérangent.
Expulsion ? Ça tombe bien, un sujet me vient à l’idée :
Je pense à Ben-Gvir, un héros mondial, résistant aux islamo-gauchistes complices des terroristes, qui a infligé une des pires humiliations à cette flottille alliée au Hamas, au Hezbollah et à d’autres criminels antisémites, anti-Israël.
Honte à Emmanuel Macron, Pedro Sánchez, Giorgia Meloni, Keir Starmer et Friedrich Merz, qui ont le toupet de le menacer d’expulsion s’il venait sur leurs territoires conquis et soumis aux islamistes narcos.
Ces ligues de la honte absolue, composées de pays antisémites et anti-Israël, viennent de prendre la pire des décisions honteuses : empêcher Ben-Gvir de venir sur leurs territoires pour sa conduite prétendument scandaleuse envers les islamo-fachos-gauchistes antijuifs, complices des assassins criminels terroristes islamistes.
Évidemment, la France, qui se couche encore et encore devant les criminels sévissant en toute impunité sur le territoire, qui a peur d’expulser des OQTF et qui sanctionne Robert Ménard pour son refus de marier certains délinquants, se distingue encore et toujours par sa complicité ignoble avec ces fachos islamo-gauchistes de la croisière « qui s’amuse au casting des plus beaux c*ls tendus » et par sa haine envers le peuple israélien, qui doit seul au monde se battre pour sa survie.
Ben-Gvir, qui s’en moque totalement de ces guignols occidentaux et de leurs réactions de collabos soumis, pleutres, agenouillistes, ventriloques lèche-babouches, est devenu subitement un héros mondial de la lutte contre la barbarie sanguinaire et diabolique islamiste.
La publicité odieuse, ignoble et honteuse faite à son égard, en réaction, lui a finalement rendu hommage : elle a rehaussé son prestige et rabaissé les pays qui le sanctionnent au rang de complices collabos, traîtres et antisémites.
Bravo Ben-Gvir. Nous attendons tous avec impatience vos prochaines vidéos. Et surtout, ne mettez pas les pieds dans ces pays de traîtres collabos qui puent le fumier islamo-gauchiste antijuif.
@ hameau dans les nuages le 24 mai 2026
« Justement il va falloir, vu la gravité de la situation du pays, sortir de la normalité. »
Selon l’expression consacrée : « Il faut que tout change pour que rien ne change », c’est ça ?
Encore faut-il que le changement proposé ne soit pas pire que la situation actuelle.
Ce qui reste à démontrer…
Voilà qui donne raison à Macron d’avoir dissous l’Assemblée, après l’odieuse campagne européenne qui a vu notamment nos actuels candidats présidentiels du centre s’acoquiner avec les pires contempteurs du président.
Le Kadyrov de Jérôme a rendu la parole au peuple, le mettant face à sa contradiction incarnée par les séducteurs de tous bords, qui n’ont que les mensonges de la force pour rassembler la meute avant de les voir se dissoudre à l’épreuve du pouvoir, s’offrant aux désastres de la division.
Depuis, Lecornu n’a plus que la possibilité de se soumettre, comme le soulignait le sagace Malhuret, au prix auquel les socialistes s’estiment, pour éviter le sort de ses prédécesseurs,
Le rite républicain ne sait plus que répéter sa symbolique sacrificielle, sans plus d’effets réels que depuis les quarante années d’errance démagogue du clivage publicitaire qu’est devenue la politique démocratique, offrant ses bêtes à corne – l’Europe, les étrangers, les musulmans, les catholiques, les hétéros ou les homos, les femmes, les hommes, les politiques eux-mêmes, tous ces vilains monothéistes, fruits de l’ingrate nature – pour tenter de rassembler des citoyens de plus en plus inconscients de leur mode de fonctionnement, accoutumés aux invectives de la violence du débat comme aux subventions, avec pour objectif ultime d’éviter d’assumer individuellement l’effort collectif qu’exige l’héritage d’une société qui a basé sa reconstruction post-impériale sur la mutualisation solidaire des risques, au niveau national comme européen.
Le choix du modèle de notre société ne vient pas de nulle part, notre histoire de domination donne encore l’illusion qu’il faudrait à nouveau répéter l’allégeance aux vainqueurs qui n’offrent que l’alternative impériale américano-chinoise entre la soumission et la soumission à ce que pourtant nous savons historiquement voué à l’échec.
Il semblerait que l’Abraham bolloréen n’a pas vu la divinité retenir son bras quand il s’est agi de lui offrir notre hôte en holocauste, point d’agneau ni de bélier offert en alternative pour faire taire la vérité pourtant manifestement légitime de propos justement défendus.
Il est donc l’heure d’avoir le courage de la cohérence, de ne plus offrir en sacrifice – comme le fit Chirac avec le référendum en 2005 pour tenter de sauver sa démagogie par une démagogie supérieure – ce que nous sommes à même d’identifier clairement et simplement : proposer au peuple de renoncer aux lynchages de la meute pour incarner la parole juste et indubitable de la solidarité qui seule permet l’égal exercice de la liberté, quand chacun en aurait admis la réalité de l’effort individuel nécessaire et suffisant à la paix collective.
Jérôme s’apercevrait alors que Kadyrov se prénomme Emmanuel, dont l’échec n’est pas d’avoir su nommer le réel mais de ne pas avoir pu entraîner les Francs à choisir l’origine étymologique de leur nomination, ce javelot qui rend libre de savoir par expérience renoncer aux illusions de la force, quand la main d’une divinité véritable retient le couteau des sacrificateurs, la tronçonneuse des ultra-libéraux, la tyrannie des inquisiteurs de tous bords qui envoient à la boucherie ses enfants comme toute parole libre, démontrant par l’histoire européenne que sa nature amoureuse détruit tout ce qui est fondé sur le mensonge.
Le pays des Lumières saurait alors enfin assumer sa révolution pour atteindre l’âge viril de sa maturité, celle qui répond au nom féminin de fille aînée de l’amour, quand l’ingratitude supposée d’une nature envisagée première par les fantasmes de la force, se voit corrigée par la réalité de sa condition toute humaine, invitée par la toute-puissance à se reconnaître seconde et ainsi emprunter le glorieux chemin d’en être l’incarnation, ce peuple enfin souverain qui saurait enfin répondre au doux nom de France, renouvelant à tout jamais son pacte avec la liberté du monde.
”La culture, si elle est nécessaire, ne requiert pas une exposition qui révèle sans fard les inégalités criantes entre ceux qui la vantent comme un besoin essentiel et d’autres, nombreux, pour qui elle demeure un luxe.” (PB)
Monsieur Bilger, il me semble qu’animé des meilleures intentions, vous vous jetez toujours dans le fossé, ce qui m’intrigue infiniment.
Alors, je vais vous donner mon sentiment superficiel.
La politique est une mer de me*rde dans laquelle se baignent ceux qui ont des cascades de moyens, par avidité du pouvoir et le pouvoir, chacun le sait, grandit et s’épanouit dans la me*de.
La culture est un cadeau que l’homme s’est accordé pour supporter toute cette me*de qui le cerne, elle n’est pas nécessaire à sa survie, elle est seulement indispensable à la souffrance de vivre…
Dès lors, s’attacher à repéter que l’élite méprise le peuple est une vérité sans intérêt, sachant que le peuple, lui, est attaché à sa veulerie comme le veau à la mamelle.
Rien ne devrait empêcher l’homme libre de choisir, mais il ne choisit pas, il ne veut pas, il ne peut pas et pourquoi me direz-vous ?
Je crains de vous froisser par une réponse brutale, mais vous surpasserez cela, et lisez bien :
L’homme est grégaire, il a peur de tout, il lui faut frotter son flanc contre celui du congénère pour s’assurer qu’il existe bel et bien, disons-lui que cela ne l’empêchera pas de mourir, et c’est là que la culture lui donne à voir le génie universel, la beauté et la grandeur, l’irréel qui prend corps pour dire au commun que vivre comme des rats est bon pour les rats…
Voyez-les défendre chacun son pré, n’aimer que soi, ne vouloir que pour soi, ne vivre que pour soi, ne souffrir que par soi, mais SOI est infiniment étroit, une prison fétide de laquelle on ne s’échappe que par l’autre… l’autre que l’on hait, que l’on envie, que l’on méprise, l’autre est un univers qui dérive, insensible et serein…
@ Marc Ghinsberg le 24 mai 2026
« Inversement, les élites (catégorie à laquelle vous appartenez vous-même) ne sont pas uniformément méprisantes. »
Je pense que c’est parce que monsieur Bilger a dû défendre la société en avocat général et le fait en magistrat honoraire et que les gens du peuple sont plus exposés que les élites aux transgresseurs.
Et puis, il fait partie de l’élite et souffre forcément plus de ses travers que de ceux du peuple parce qu’on peut mieux voir ce qui est près de soi, si toutefois un réflexe de caste ne vous aveugle pas.
Comme tout le monde, notre hôte a des biais, mais ce qu’ils révèlent de lui ne sont-ils pas charmants ?
Il serait utile et éclairant de confronter la teneur de votre billet avec celui de Philippe Bernard (sur le site du Monde) où il est bien expliqué comment le ”ressenti” des électeurs faisant fi des données objectives et mesurées est capté par les partis politiques qui l’exploitent à des fins purement démagogiques.
Bonjour cher hôte,
Perdre un référendum et s’en aller n’est pas la preuve d’un tempérament de démocrate. Pourquoi la désapprobation majoritaire d’une proposition devrait faire loi sur l’ensemble d’une politique ?
Si vous êtes désapprouvé en tout, je comprends. Pour le reste, ça relève d’un des sept péchés capitaux.
« Tout démontre, en effet, que jusqu’à aujourd’hui, le peuple a été perçu comme un intrus dans le jeu des professionnels de la politique, … » (PB)
Encore faudrait-il définir ce qu’est le peuple, vu que celui-ci n’a jamais été autant en contradiction avec lui-même.
Qu’y a-t-il de commun entre un militant de LFI et un partisan du RN ?
Même si parfois les élus de ces deux partis votent de concert une motion de censure pour faire tomber le gouvernement en cours, ils se détestent cordialement. Au point d’ailleurs qu’ils en arrivent même jusqu’à ignorer les autres candidats potentiels à l’élection présidentielle d’avril prochain.
Pour eux aucun doute, le candidat LFI sera opposé à celui (ou celle) du RN, les autres candidats n’étant là que pour faire de la figuration.
À noter également le nombre de candidats déclarés ou « qui se préparent » à la grande confrontation de 2027. Ils sont une bonne trentaine à estimer qu’ils sont en mesure de sortir le pays de l’impasse dans lequel il se trouve, avec des programmes qui parfois confinent au délire. Qui représente vraiment le peuple parmi eux ?
Qu’en sera-t-il si c’est vraiment le candidat d’un de ces deux partis qui sera amené à diriger le pays ?
Pour le maire de Saint-Denis, les choses sont claires, si c’est le candidat RN, ce sera l’insurrection.
Pour le RN, il faudrait d’abord que Marine Le Pen et Jordan Bardella se mettent d’accord sur le programme qu’ils comptent proposer aux Français car il est clair qu’ils suivent deux lignes différentes…
Ceci étant, je pense pour ma part que les Français s’orienteront vers des candidats vraiment à la hauteur des responsabilités d’un État. Je citerai Gérald Darmanin, Gabriel Attal, Bernard Cazeneuve, éventuellement Bruno Retailleau et pourquoi pas Manuel Valls. Bref, un candidat normal.
« Bref, un candidat normal. »
Justement il va falloir, vu la gravité de la situation du pays, sortir de la normalité.
Si ce n’est pas trop tard vu le basculement de la population.
Cher Philippe, vous avez raison sur un point : votre billet est délibérément provocateur, et il flirte ouvertement avec les registres démagogique et populiste que vous revendiquez presque par anticipation. Une fois de plus, vous opposez le « peuple » aux « élites » comme si le premier constituait un bloc homogène porteur d’une sagesse instinctive, tandis que les secondes ne seraient qu’arrogance et mépris de caste.
Or le peuple n’est pas cette entité vertueuse et unie que l’on nous décrit. Il est traversé de contradictions, d’intérêts divergents et de passions contradictoires. La preuve en est que les élections nationales n’arrivent même plus à dégager une majorité absolue, ni même relative. Inversement, les élites (catégorie à laquelle vous appartenez vous-même) ne sont pas uniformément méprisantes. Une partie d’entre elles tente de gérer des problèmes d’une complexité extrême : démographie, dette publique abyssale, transition climatique, désordres géopolitiques et immigration mal contrôlée. Des réalités que nombre d’électeurs et de leurs représentants préfèrent regarder avec déni ou colère plutôt qu’avec lucidité. L’échec rapide de la tentative de François Bayrou pour tirer les conséquences de l’endettement dramatique de la France en est l’illustration la plus récente et la plus emblématique.
Vous présentez une nouvelle fois le référendum comme la grande solution démocratique qui permettrait enfin au peuple de s’exprimer vraiment et de résoudre les difficultés du pays. C’est une illusion. Les questions complexes ne se tranchent pas par un simple « oui » ou « non ». Le peuple n’a pas naturellement la solution, et il n’est pas davantage immunisé contre les manipulations des démagogues, des réseaux sociaux ou des passions du moment. Vous citez le référendum français de 2005. Il serait tout aussi utile de tirer les leçons du référendum britannique sur le Brexit : ce que l’on vendait comme un acte de souveraineté populaire s’est révélé une formidable machine à divisions, à simplifications trompeuses et à conséquences économiques et politiques que beaucoup regrettent aujourd’hui.
La réponse à votre diagnostic sur la déconnexion, cher Philippe, ne peut se réduire à une sacralisation du peuple supposé vertueux contre des élites forcément coupables.
Démagogique, je ne sais pas. Inexact, certainement. En fait, conforme à l’idéologie de Didier Maïsto à Sud Radio.
Ce serait tellement simple si le seul problème était que les politiciens ignorent le peuple… En fait, c’est le contraire. Ils l’écoutent trop. Ils sont… démagogues, justement.
Qui pousse tellement pour que l’on « sauve la planète » ? Le « peuple ». Qui pousse tellement pour que l’on « fasse payer les riches » ? Le « peuple ». Qui pousse tellement pour que l’on mette des pistes cyclables partout ? Le « peuple ». Qui pousse tellement pour que l’on « aide les petits paysans », que les hypermarchés leur payent le « juste prix », que l’on « réindustrialise la France » (mais pas à côté de chez moi), que l’on « bloque les loyers » (mais pas ceux que je perçois), que l’on assure la « souveraineté alimentaire », la « souveraineté du Doliprane », la « souveraineté du slip » ?
Alors certes, on lui bourre largement le mou, au « peuple », ce par quoi il finit par penser des sottises.
« De Gaulle n’avait pas peur de ces consultations précisément parce qu’il leur assignait des finalités éclatantes : il gagnait et il était confirmé ; il perdait et il s’en allait. » (PB)
Ce qui était très mauvais. Ce qui montre que c’était un dictateur, et non un démocrate. Un démocrate, un libéral, lorsqu’un référendum lui dit de faire quelque chose, il ne se barre pas comme un lâche : il le fait.
C’est comme ça que ça marche en Suisse. Les référendums de De Gaulle étaient de faux référendums. Le référendum plébiscitaire, c’est une arnaque. C’est le cache-sexe des fascistes.
Alors vous allez me dire : vous vous contredisez. De Gaulle ne faisait justement pas ce que le peuple voulait, il faisait ce qu’il voulait, lui.
Objection rejetée. Le véritable libéral (et quand de Gaulle s’est-il proclamé libéral ?) est entre les deux. Il fait ce que veut le peuple, mais auparavant il fait le nécessaire pour le convaincre. Même si cela va à l’encontre des idées reçues.
Et la question du référendum, il la pose avant d’être élu. Pas après. Il prend le risque de ne pas être élu si le « peuple » lui répond non. C’est avant l’élection qu’il faut faire campagne pour la retraite par capitalisation, la suppression de l’obligation d’adhérer à la Sécurité sociale, etc.
Après, nul n’oblige personne à faire de la politique. Il y a des métiers honnêtes.