Il est chevalier et il le mérite !

C’est une magnifique destinée que celle d’Ali Akbar (AA), âgé de 70 ans, le dernier vendeur à la criée de journaux à Paris, sur la rive gauche, à Saint-Germain-des-Prés, dont il est une figure de toujours. Arrivé dans notre pays à l’âge de 20 ans, en provenance du Pakistan, il avait été poussé à l’exil par « la pauvreté, les violences et le travail forcé » (Le Figaro).

Il a offert à la France son amour, sa reconnaissance, son impeccable moralité, ainsi qu’un travail profondément utile – qu’il poursuit d’ailleurs encore – dans un monde où, n’allant plus vers les kiosques, il était devenu nécessaire que quelqu’un vînt vers nous…

Le président de la République lui a remis une distinction qui fait de lui un « chevalier » du mérite. Décoration ô combien méritée.

Face à cet honneur légitimement octroyé – sans tomber dans la démagogie – et aux propos naturellement élogieux d’Emmanuel Macron, je souhaiterais formuler quelques observations, afin de prévenir le risque de faire d’AA un exemple trop facilement généralisable.

D’abord, qu’AA ne devienne pas, pour certains, le « bon immigré », comme des antisémites ont leur « bon Juif ». Qu’il ne serve pas de caution à ceux qui, à longueur de journée, pourfendent l’immigration, même la plus nécessaire, la plus honorable…

Toutefois, acceptons de considérer que la venue d’AA en France s’est avérée une chance, parce qu’il avait des motifs douloureux et dramatiques justifiant son départ de son pays d’origine, et parce qu’il possédait les dispositions et la personnalité les plus appropriées au pays d’accueil.

Un cumul singulier et exemplaire, qui doit être salué, mais qui n’infirme pas, globalement, ce que Bruno Retailleau a pu dire de l’immigration : qu’elle n’est pas forcément une chance pour la France.

Il serait donc absurde, face au défi que l’immigration pose et aux malfaisances graves qu’elle entraîne, au moins pour partie, de s’appuyer sur la parfaite intégration et le comportement irréprochable d’AA pour prétendre imposer l’obligation d’un humanisme global, d’une naïveté généreuse pour tous, quand un seul cas servirait d’argumentation en faveur d’un pays ouvert à tous vents…

Ce n’est pas parce qu’AA est extra-ordinaire que l’ordinaire de l’immigration lui ressemble.

Rendons-lui hommage au singulier, sans être dupes pour le pluriel.

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Les citoyens se rebiffent...

Voir les Commentaires (6)
  1. L’Immonde ? Il vend ce papelard gaucho ?
    Il y en a bien qui vendaient la revue Signal pendant la guerre, triés sur le volet par la Pétainie.
    La gestapo gauchiste d’aujourd’hui pratique les mêmes méthodes de recrutement que leurs aïeux.

  2. Bof, il vend Le Monde.
    Je préfère cette vendeuse :
    https://www.youtube.com/watch?v=sTTNsZB5FNs

    J’en ai connu une qui lui ressemblait.
    Le coup de foudre… j’ai fait l’erreur à ne jamais commettre avec un coup de foudre : je l’ai épousée.
    Évidemment, elle m’a trahi… elle a vieilli !

    Il paraît que c’est le cas de tous les coups de foudre : ils trahissent tous de la même façon. 😉

  3. Xavier NEBOUT

    Il ne peut y avoir d’immigration honorable provenant d’une nation n’ayant pas la même religion.
    Une civilisation, ce qui résulte de ci-vit ensemble, ne peut en effet qu’être fondée que sur des mœurs communes formant une morale commune, donc sur des principes communs, donc sur une spiritualité commune et, enfin, sur ce qui met la spiritualité à la portée de tous : une religion commune.
    C’est trop simple pour les cancres intellectuels qui pourrissent l’Occident depuis mille ans. Ils vont être dépassés, anéantis par l’IA, et l’IA ne pourra jamais prier.

  4. « C’est une magnifique destinée que celle d’Ali Akbar, âgé de 70 ans, le dernier vendeur à la criée de journaux à Paris, sur la rive gauche, à Saint-Germain-des-Prés, dont il est une figure de toujours. Arrivé dans notre pays à l’âge de 20 ans, en provenance du Pakistan, il avait été poussé à l’exil par « la pauvreté, les violences et le travail forcé . » (PB)

    Cet émigré, qui a été obligé de quitter son pays à cause de la misère et des exactions d’un régime violent — et non pas, comme c’est devenu généralement le cas, grâce aux largesses du regroupement familial — a bien plus de mérite que ces personnalités du monde du show-biz, de la politique ou des affaires qui obtiennent la Légion d’honneur grâce à leurs relations mondaines.
    AA n’a certes pas accompli une action d’éclat ni un acte de bravoure. Il s’est simplement intégré dans notre société, il a accepté les coutumes du pays qui l’a accueilli. Il s’est distingué par son sens du contact avec les personnes des rues où il opérait. Cela est parvenu jusqu’aux oreilles du président de la République, qui lui a remis lui-même cette prestigieuse décoration.

    Une belle histoire, comme on aimerait en entendre tous les jours. Hélas, elles sont rares !

  5. hameau dans les nuages

    Ah, souvenirs de jeunesse ! Sans doute l’avez-vous connu aussi !

    https://scontent-mrs2-1.xx.fbcdn.net/v/t39.30808-6/557052820_1401606155303095_6377847342684632778_n.jpg?stp=dst-jpg_p526x296_tt6&_nc_cat=109&ccb=1-7&_nc_sid=127cfc&_nc_ohc=QUQUed7jitcQ7kNvwF0ZnNY&_nc_oc=AdmEWF_SrV2kD2wSCtfIm3KiwY_9nx_2aUGvh9cf1hwXSNcmh7-WTbKF33HGr6cnJtBeC_As6hPERZib-hlbA6Yd&_nc_zt=23&_nc_ht=scontent-mrs2-1.xx&_nc_gid=96WvwYqzICwCEtHbuL_v5A&oh=00_AfodweTHeMSNVZI2u1TGazxsawXbjtPVYkuJqHl1kj9O-A&oe=6981CC39

    Avec son fameux slogan : « Allez, lisez Mouna ! »

    Je le vois encore passer devant la Rhumerie, boulevard Saint-Germain, alors que moi j’étais planté, amoureux transi, juste à côté, devant le 168, où habitait mon amour platonique.

    Soupirs…

  6. Ce monsieur vend Le Monde. S’il propose d’anciens numéros, je suis preneur.

    Je n’ai pas lu votre interview, cher Philippe, et il semble qu’elle ait eu un certain écho.

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