Je sais, je suis naïf…

Avec ce titre, je ne prétends pas m’inventer une nouvelle personnalité. Mais il m’est souvent arrivé, au fil des échanges et des débats, malgré mon naturel pessimiste, de m’obliger à une part de naïveté envers les êtres et les choses – surtout en politique. Sinon, l’univers risquerait de devenir irrespirable.

On approche de l’anniversaire à la fois tragique, déchirant et recueilli du 13 novembre 2015.

Je viens de lire, dans Le Monde, une double page admirable de Raphaëlle Bacqué : « Au Bataclan, la jeune femme enceinte et son sauveur ».

Ce n’est pas la première fois que je suis saisi par la grandeur et la noblesse de certains actes qui portent au plus haut l’honneur d’être humain et relativisent, dans la folie du monde, tout le reste. Mais j’avoue n’avoir jamais autant ressenti ce gouffre entre l’essentiel et l’accessoire – même le plus sérieux de la Terre – qu’en lisant le récit de cette soirée terrifiante où un jeune homme, Sébastien Besatti, a tendu la main à une jeune femme prénommée Charlotte, qui s’agrippait à la corniche d’une fenêtre pour fuir les terroristes.

Et qui juste avant, suppliait « les ombres en bas, cachées sous une porte cochère » : « S’il vous plaît, je suis enceinte, s’il vous plaît, je vais lâcher… »

Charlotte a déclaré que « le Bataclan ne fait pas partie de ma vie, mais Sébastien, oui ».

Je comprends qu’on puisse me tourner en dérision lorsque, à partir de cette émotion fondamentale que j’ai éprouvée face à ce couple sorti victorieux de l’enfer, j’ai la prétention de soutenir naïvement que, pendant un instant, plus rien d’autre n’a d’importance. Qu’il conviendrait juste de se rappeler – et d’imaginer – ce qu’a dû être l’effroi, l’angoisse, le désespoir, puis l’espoir fragile, la main qui secourt, le courage, l’insurmontable envie d’échapper aux tueurs, la volonté de sauver leur vie ; et le destin basculant enfin, grâce à eux, du bon côté.

Cet extraordinaire concentré de tout ce que l’humanité a connu de plus atroce, de plus abject, mais aussi de plus magnifique, de plus héroïque, de plus solidaire, dans une soirée à nulle autre pareille, m’a, je l’avoue, dissimulé tout ce qui, depuis des semaines, nous agite, nous oppose, nous bouleverse, nous indigne et nous paraît capital.

La condamnation de Nicolas Sarkozy et ses suites, la recherche d’un budget, les quatre activistes pro-palestiniens – dont l’un est fiché S – exprimant leur haine faussement politique, vraiment antisémite, leur défense par LFI, le RN au plus haut dans les enquêtes d’opinion, un maire de New York qui fait peur, des défaillances judiciaires qui devraient remettre en lumière l’exigence de responsabilité des magistrats, les démocrates qui montrent que Donald Trump n’est pas irrésistible, Javier Milei qui l’a emporté malgré l’aveuglement français, une Algérie qui n’est pas mécontente de Jean-Noël Barrot, un président de la République qui supporte mal de n’être plus écouté par personne et qui, pour fuir son présent détestable, songe déjà à son futur éloigné…

Cet inventaire partiel, avec ses enthousiasmes, ses dilections, ses éructations, ses adhésions ou ses stigmatisations, je peux dire sincèrement que je l’ai oublié. Il est passé au second plan de ma mémoire.

Parce que le monde, c’était « la jeune femme enceinte et son sauveur », cette sauvegarde miraculeuse, ce souffle de vie préservé. Ces instants sont devenus, pour moi, l’espace de quelques secondes, l’existence tout entière. Et naïvement, je me suis mis à espérer que tous, en France, partagent mon sentiment : que l’important apparaisse futile, les antagonismes dérisoires, la haine indécente, les hyperboles et les inconditionnalités ridicules. Parce qu’il y avait eu cet épisode tragique, magique – comme, aujourd’hui, une opportunité de concorde, une chance d’unité, une espérance inouïe.

Naïf ? Oui. Mais quel bonheur de se purifier la pensée, l’âme et le coeur !

Merci, Charlotte et Sébastien.

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Voir les Commentaires (22)
  1. @ Jean sans terre

    Bien sûr que la Genèse a une importance capitale dans l’abrahamisme ! Dieu se montre dans ses œuvres, sans parler qu’il faut bien qu’il y ait expulsion des malheureux humains sur la Terre pour qu’il s’y forge un peuple élu dont sort Jésus, eux éléments donnant naissance à l’islam. Pardon de trouver que c’est capital.
    C’est à ce moment-là que se joue notre destin, vie et mort, et vous voudriez que je me passionne pour le reste, pourquoi pas pour les fastidieux interdits alimentaires ? J’y penserai la prochaine fois que je prendrai des fruits de mer, tiens.

    Bien sûr que le monothéisme a été un facteur d’aggravation des choses : Inquisition, guerres de religion… Que Voltaire ait été plus ou moins ami du genre humain n’y change rien, pas plus que le fait qu’il était logique pour les inquisiteurs de restreindre les libertés et d’exercer diverses violences pour sauver les gens de l’enfer qu’ils croyaient découler de leur hérésie. Ce qui compte, c’est qu’en vérité, un Dieu qui vous condamne à souffrir et à mourir alors qu’il est créateur tout-puissant est la pire chose qu’on puisse imaginer dans l’univers, et je pèse mes mots. Et cette ombre inspire, comme il est fort naturel, beaucoup d’infamie — le mot est fort bien trouvé —, et démange où ça fait mal.

    Le défaut des Lumières est éventuellement d’avoir cru que les prêtres inventeraient les religions pour opprimer ou seraient plus cruels que la nécessité de sauver les gens au forceps de la violence découlant de la terreur théologique afférente à la peur de l’enfer. Que voulez-vous ? Les prêtres croient au diable, diabolisent, et leurs adversaires leur renvoient un compliment pris dans leur exemple et dans leurs abus. Je pense que c’était inévitable… Alors que le problème n’est pas le prêtre, mais l’idée de Dieu unique créateur nous condamnant à la mort et à l’enfer, d’où découle tout le reste — et c’est ce qu’il faut dénoncer, en remontant à la source.

    Bien sûr, il y a des monothéistes assez lucides pour voir qu’un Dieu tout-puissant est responsable de tout, et qui préfèrent, plus logiques, aimer un Dieu aimable, qui, en créant le monde, a perdu sa toute-puissance, monde d’ailleurs imparfait par construction… En somme, nul n’est coupable, et il serait bienvenu de faire ce qu’on peut pour réparer le monde en question.

    Cette façon si raisonnable de voir les choses n’a pas trop marché, évidemment : les gens préfèrent s’incliner devant un Dieu dit bon et tout-puissant, quand les deux s’excluent, et se diaboliser, s’ils peuvent ainsi espérer un paradis d’où ils pourront jouir de voir les damnés en enfer, comme le dit saint Augustin.

    La seule « masse de perdition » qui existe à coup sûr, ce sont des gens perdus pour toute justice et toute charité, légitimant et tirant jouissance de l’enfer comme saint Augustin. Mais est-ce sa faute ? Le monothéisme, et une partie des mythes d’avant l’abrahamisme, culpabilisent les humains pour la mort ; n’était-il pas dans l’ordre des choses qu’on en ajoute une louche avec l’enfer ?

    Cette chute vers des ténèbres de plus en plus épaisses est bien triste ; cependant, les Lumières n’ont pas su se départir de la tentation de diaboliser, imitée de leurs adversaires. Soit se laisser faire par ses adversaires, soit devenir comme eux : que de périls !

    Pas étonnant que des gens se détournent aussi bien des considérations religieuses que philosophiques pour, par exemple, la mystique, qui n’est pas forcément bien vue par diverses autorités ; ce qui va me permettre de faire une transition pour…

    @ Xavier NEBOUT

    La question de la spiritualité n’est pas des plus faciles. C’est, à mon avis, pour cela qu’elle n’est guère étudiée. De même que les rêves, et que les Grecs avaient renoncé à étudier l’électricité statique.
    À noter que les rêves ont pu être considérés comme des voyages de l’âme, d’ailleurs.

    Mais à présent, avec le constat que la religion et le mysticisme sont des invariants humains, on les étudie. Et puis, on a plus de possibilités de voir objectivement les réactions aux phénomènes par l’imagerie cérébrale.

    La question de voir les effigies des morts laisse, à mon avis, deux interprétations possibles. La vôtre est mystique. On peut aussi penser que, quand on ne voit plus les gens, le souvenir qu’on a d’eux passe de l’image animée à celle, simplifiée et figée par la perte d’une part de la mémoire — figée, photographique.
    Je suppose que la dernière interprétation est la plus simple : pas besoin d’âme ni d’autres choses improuvées pour l’avancer ; et l’amour de la vérité fait penser qu’il doit s’agir de quelque chose de ce genre. Cependant, qui ne préférerait avoir vu ses proches, et surtout les retrouver ? De même qu’on aurait voulu apercevoir un être aimé dans un train, mais surtout lui tendre la main pour cheminer ensemble, enfin.

  2. Xavier NEBOUT

    @ Jean sans terre
    @ Lodi

    Béni soit notre hôte d'inspirer de tels échanges.
    La grande question qui me semble être sous-jacente, ou jacente au fond, est "Que faire de soi après la mort ?"
    L'article de Wikipédia sur la vie après la mort semble faire un tour complet du sujet mais je n'y vois pas la réponse à la question de l'autonomie de la volonté.
    Il semble cependant établi que l'âme des morts se manifeste très souvent dans des songes sous la forme d'une effigie telle qu'on les voit sur des pièces de monnaie, pour rassurer les vivants sur leur survie.
    Il y a eu, au XIXe siècle, un grand mouvement d'interrogations et de recherches à ce sujet. Elles ont été enfouies par la pire pègre intellectuelle qui soit, et que sont les pseudo-scientifiques ou scientistes capables de tout pour anéantir la spiritualité ?
    Après la mort, notre âme rejoint l'Esprit, elle est donc délivrée des contraintes du temps et de l'espace. Je dirais donc qu'elle participe à l'Esprit qui régit le sort du monde au gré de la puissance spirituelle ou degré de sainteté qu'elle a acquis sur terre, ou se laisse aller à la tentation d'une réincarnation.

    Il fut un temps où l'on n’était considéré comme adulte qu'après avoir connu l'expérience extatique de l'initiation. Le mot en a été conservé dans toutes les impostures maçonniques, mais aussi dans le scoutisme traditionnel avec la totémisation dont le rituel doit être inspiré du fond des âges rapporté par Kipling, le copain de Baden-Powell.
    Cependant, les voyages extatiques provoqués par l'hypnose ou auto-hypnose, aussi inspirées aient-elles été par les muses, se heurtent rapidement à la question du "pourquoi faire" si l'on n’est pas en état de sainteté ; d’autant qu’il n’est pas établi que le Padre Pio n’ait pas été quelque peu pistonné...

    1. Jean sans terre

      Il est à remarquer que la mort n’a guère, autant qu’à notre époque, terrorisé les âmes, au point que la médecine spirituelle contemporaine impose d’y songer le moins possible. Que serait l’homme s’il ignorait qu’il meurt ? Il n’est possible de bien vivre qu’en ayant présent à l’esprit, à chaque instant, qu’irrémédiablement l’on mourra. En vérité, chacun ne le sait que trop ; sans quoi, ces millions d’hommes qui ne voient plus le ciel ne s’agiteraient pas avec autant d’hystérie frénétique pour profiter du moindre instant et combler le vide du néant. Il faut beaucoup plaindre les hommes qui, après s’être libérés du joug léger, se sont d’eux-mêmes enchaînés dans des fers autrement plus constrictifs. Ils ne l’avoueront pas, pas même à eux-mêmes. Ils souffrent énormément. Si nous ne mourions pas, nous oublierions que nous sommes vivants.

  3. « On approche de l’anniversaire à la fois tragique, déchirant et recueilli du 13 novembre 2015. » (PB)

    Encore un de ces crimes horribles, collectifs ou individuels, qui ne seraient pour les victimes qu’imputables à la malchance ou bien comme on l’entend trop souvent au fait de s’être trouvées « au mauvais moment au mauvais endroit », comme si les gens qui représentent l’État ne portaient pas eux-mêmes une lourde part de ces malchances qui sont en fait la résultante d’erreurs, de négligences voire de décisions aberrantes, dans un environnement globalement imposé par ce même État, souvent d’ailleurs à rebours de nos préférences personnelles ou de règles imposées par le simple bon sens et le principe de précaution.

    Or si les tueurs du Bataclan ont pu commettre le pire sans avoir été dérangés, c’est bien que dans les jours et les heures qui l’ont précédé, d’innombrables défaillances ont été constatées en France et à ce qui reste de ses frontières.

    Quand une catastrophe industrielle se produit, les gens qui sont supposés en être responsables sont interrogés, mais dans l’affaire du Bataclan, seuls les tueurs ont été pointés du doigt, après avoir écarté ceux qui en ont pourtant été les complices de fait, à commencer par ceux qui par ignorance de l’islam et des mouvements révolutionnaires qui s’en réclament ou bien par bêtise idéologique lui ont déroulé le tapis rouge depuis des dizaines d’années.

    Politiques, hauts fonctionnaires, médias, universitaires, enseignants, syndicalistes, magistrats, « artistes », la liste est longue de ceux qui, au nom d’un humanisme dévoyé et de faux bons sentiments, ont au contraire en pratique favorisé l’éclosion du mal et du crime…

    Le pire est que tous ces gens-là refusent de tirer des enseignements des crimes les plus horribles en s’enfermant mordicus dans un déni aveugle.
    Ainsi, la tuerie de Charlie Hebdo n’était pas un crime commis au nom de l’Islam, mais de façon lunaire un attentat contre « la liberté d’expression ».

    De même, à un échelon plus modeste, au vu de la manière selon laquelle M. Nuñez a présenté le drame de l’île d’Oléron, il ne s’agissait plus que d’un banal accident de la route.

    Mais puisqu’ils persistent dans l’erreur, le pire est devant nous et ils continueront de déplorer des effets dont ils chérissent les causes, jusqu’à ce que l’embrasement final mette fin à leur comportement suicidaire…

  4. Jean sans terre

    M. Bilger nous donne involontairement, sans même le savoir ou s’en être aperçu, la clé du mystère de la participation passive de la population à la désagrégation entière de la société.

    « Sinon, l’univers risquerait de devenir irrespirable. »

    Passé un certain seuil de tolérance, la vérité telle une lumière trop crue expose aux plus vives douleurs, au point qu’elle peut blesser, voire parfois tuer de chagrin. Le déni protège l’homme des radiations trop fortes de la réalité.

    Moi qui étais depuis mon plus jeune âge dépourvu de ce filtre protecteur, je mis de longues années à le comprendre. J’étais toujours saisi d’étonnement lorsque systématiquement je constatais que des intelligences égales ou supérieures à la mienne s’arrêtaient, tandis que je poursuivais à dérouler le fil d’Ariane logique de mes observations.

    Mon meilleur ami un jour me l’expliqua. Le monde serait insupportable si on le voyait comme je le vois. Aujourd’hui, je me réfère aux émotions de ma femme, qui est une des personnes les plus authentiques, sincères, et entièrement dépourvues de vanité que je connaisse, pour discerner le seuil d’acceptabilité de mon témoignage.

    Quelque rare et anormale que soit cette tare ou faculté mienne, elle ne laisse pas de malgré tout exposer. Pour être capable de baigner plus dans la lumière crue du soleil, à la fin, on n’en est pas moins tout brûlé et consumé. Je mourrai plus tôt de cancer. Je n’en ai point de peine. J’ai voulu voir et j’ai vu.

    Un jour, un homme-dieu pria son Père de pardonner aux hommes pour n’avoir point su ce qu’ils faisaient. Il était équitable et juste.

    Tandis que je me prépare, comme chaque homme, à la difficulté et au scandale de quitter la vie, il m’est possible de témoigner des rayons de lumière comme des heures : « Vulnerant omnes, ultima necat ». Par une étrange correspondance du destin, cette locution fut la devise des gens de mon métier.

    1. @ Jean sans terre

      Je suis désolé de dire que vous aussi , vous ne pouvez pas voir certaines vérités en face. Pour tout dire, je crois que nul être humain n’en est capable.

      Vous écrivez : « Tandis que je me prépare, comme chaque homme, à la difficulté et au scandale de quitter la vie ».

      Mais vous êtes chrétien, or dans la Bible, et au mépris de la réalité, l’Homme n’était pas mortel à l’origine. C’est une punition de nos premiers parents qui demeure héréditaire. Les croyants font fi de la réalité, comme de la Justice, un être qui peut tout les condamne à souffrir et à mourir, que ce soit selon la vérité de Darwin, ou la fable des abrahamistes.

      Soit on trouve que la souffrance et la mort sont inacceptables, et on rejette un éventuel dieu tout-puissant qui a fait de nous des kleenex, soit on est par exemple un catholique et on se soumet.

      Il n’y a pas à se préparer à la mort, mais la question d’opérer un choix, l’assumer, et soit en changer si on pense qu’on s’est trompé, soit persévérer dans ce qui semble juste. Toute religion a ses rites, notamment de mort, et vous avez à les suivre.
      Et sinon, chaque instant dans la vie prépare au suivant, en un sens rien n’est œuvre, tout est brouillon, ce qui peut rendre d’autant plus attirante l’idée d’un éventuel paradis. Seulement, le mysticisme me semble bien souvent semblable à cette brume, certes poétique, cachant les endroits les plus laids, paravent des abus.

      Je suppose que je n’aurais pas dit ça à quelqu’un à l’approche de la mort dans des circonstances normales, mais vous intervenez dans un débat public où la naïveté, le sommeil face à l’Islam, est mère de tous les monstres qu’on laisse faire sans réagir, passifs comme tous les dormeurs sauf lors des rêves lucides.
      Et ce sont donc toutes les impossibilités de regarder les choses en face dans le domaine religieux qu’il faut déraciner.

      1. Jean sans terre

        La mort scandalise parce qu’elle est un arrachement du mortel au monde des vivants, qu’accompagne, pour ceux qui restent et sont sans espérance, un torrent de douleur.

        «L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser ; une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien.»

        Songez encore. Si l’homme ne mourait et ne permettait pour chaque génération d’épurer l’esprit devenu par l’âge et l’orgueil malade, l’humanité deviendrait à coup sûr monstrueuse. Malgré le scandale et la douleur, il est bon que chaque homme et chaque génération meurent.

        Tout est religieux dans l’homme. Depuis sa naissance jusqu’à sa mort, son esprit est trop faible pour s’approprier le vaste et mystérieux univers. Il ne convient pas d’exagérer le pouvoir de la raison dont l’essentiel de la production est de restituer ce qu’elle a appris à croire d’autres autorités.

        Les athées, les agnostiques, les sceptiques, etc., sont autant dans une posture de croyance que les autres bien qu’ils l’ignorent. Quelle autorité les démène ?

        Parmi les religions, seule une a fait descendre Dieu sur terre, partager par amour l’humaine condition jusqu’à le sacrifier en suprême offrande en le faisant mourir abjectement sur une Croix tout en délivrant l’homme de la mort par le mystère de la Résurrection.

        Dans le cœur des contemporains s’est substituée la croyance que notre destin est limité par la brièveté de la vie terrestre et qu’il nous est une obligation impérative d’en profiter le plus. L’allégorie biblique a montré Jésus dans le désert résister aux tentations. Nous avons cédé à toutes. On peut juger de l’arbre aux fruits qu’ils portent ou continuer à croire à l’encontre des observations que l’on peut faire à la religion du progrès. Certainement l’homme contemporain s’est délivré de Dieu mais pour mieux s’asservir à qui et à quoi ?

        Un bon exercice spirituel consiste à ôter les lunettes que l’on porte et qui déforment ce que l’on voit pour revêtir celles d’un autre qui voit tout autre chose. Qui verra le mieux ? Êtes-vous toujours si sûr de détenir la vérité ? Comment vous en assurez-vous ? Pourquoi cet homme, qui n’est pas moins homme que vous, verrait-il plus mal que vous ? Des certitudes mal assises sont le plus sûr moyen de se tromper. Les nôtres, récentes et nouvelles, sont en train de faire l’expérience empirique du temps. Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a matière à douter. Un croyant obtus ne commence le plus souvent à douter qu’à l’orée du précipice. Il est souvent alors trop tard pour échapper à la fatale issue.

        1. @ Jean sans terre
          « La mort scandalise parce qu’elle est un arrachement du mortel au monde des vivants, qu’accompagne, pour ceux qui restent et sont sans espérance, un torrent de douleur. »

          Pas seulement. Dans les mythes bibliques, la mort est aggravée d’être une condamnation de dieu sur Adam, Eve et leurs enfants. Cet arrachement n’est pas qu’un accident de la nature, comme dans un univers éternel sans auteur : le crime est signé, chacun est dans le couloir de la mort sans avoir rien fait de mal.
          La religion ajoute donc au fait qu’on est des châteaux de sable, la signification que cet écroulement est voulu par le créateur. Quand on parle de consolation de la religion ! Le mal a un auteur, et les gens de l’adorer, en se disant que sinon il va leur arriver des malheurs collectifs comme le Déluge ou l’Enfer, où les châteaux de sable vont encore plus souffrir que de leur vivant. On n’a vraiment pas besoin de ravisseurs avérés pour avoir un syndrome de Stockholm chez les humains. Cela me rappelle aussi les enfants qui aiment mieux être battus plutôt qu’on ne s’occupe pas d’eux : les humains sont des serfs dans l’âme, soumis à la main qui les frappe. Ils sont aussi comme des poules, prêts à être des soumis s’ils peuvent picorer plus bas qu’eux dans la société.

          En tout cas, ils sont rarement conséquents : s’ils adorent un dieu tout-puissant créateur responsable de leur malheur, ils ont choisi de se soumettre à lui, donc leurs plaintes sur le malheur alloué par leur maître sont on ne peut plus illogique, mais la logique et les croyants… Un jour, Jésus serait tombé sur un centurion lui disant que quand il commande, on exécute, et a plus forte raison, quand Jésus le fait, et le dit Jésus a été fort étonné, les gens sont bien assez croyants pour reprocher aux autres de ne pas l’être ou de ne pas l’être assez, mais n’agissent pas conformément à leur croyance.

          Agir, ça coûte, mais jouer à les raisins sont trop verts et bons pour des goujeats, cela ne coûte rien, par contre : un coup, les humains ont mérité leur sort à cause d’une sombre histoire de pomme, un coup, s’ils étaient immortels, ils seraient trop orgueilleux.
          Punissons, rabaissons, pour un passé mythique, la pomme, ou pour un autre monde possible, teint en noir pour rendre la cendre dans laquelle nous nous traînons moins sombre.

          Par exemple :
          « Songez encore. Si l’homme ne mourait et ne permettait pour chaque génération d’épurer l’esprit devenu par l’âge et l’orgueil malade, l’humanité deviendrait à coup sûr monstrueuse. »

          Les enfants et les petits enfants ne doivent pas en principe espérer la mort de leurs prédécesseurs pour toucher l’héritage. Ils ne doivent pas non plus se réjouir de la mort des anciens pour pouvoir prendre leur place sur le marché du travail ou des idées.
          Au motif par exemple, qu’ils seraient trop orgueilleux. Je signale en passant qu’on a pu dire que ce sont les jeunes, moins cassés que les vieux, châteaux de sable pas encore trop branlants, qui étaient orgueilleux. Ou les beaux, les intelligents, et tout ce qu’on voudra. On n’a rien de concret à reprocher à quelqu’un, il ne nuit pas plus que ses congénères ? Ce n’est pas grave, on dira qu’il est orgueilleux, ou que si la mort ou tout autre obstacle ne lui tombait pas dessus, il le deviendrait. Bref, on justifiera toujours l’injustifiable.

          Le coup de « êtes-vous sûr de détenir la vérité » n’est que rhétorique. Chacun peut le balancer à l’autre tant qu’il veut. L’esprit du débat veut plutôt qu’on tente de répondre à ses questions et je suppose que c’est ce que nous tentons de faire en l’occurrence.

        2. Jean sans terre

          @ Lodi

          Résumons votre entreprise critique.

          Vous avez ouvert la Bible et l’avez refermée aussitôt à la fin de la Genèse.

          Vous reprenez à votre compte et sans sérieux examen les antiennes des philosophes des Lumières. Écrasez l’infâme, qui a toujours voulu asservir le genre humain. Vous avez oublié que l’on vous avait inoculé ce venin à force de répétitions durant toute votre enfance et vos années d’apprentissage. Vous semblez méconnaître que Voltaire n’était pas du tout l’ami du genre humain. On ne vous l’a pas dit. Plongez-vous dans ses lettres à ses amis philosophes. Vous y verrez combien il aimait le peuple et voulait sa libération.

          Tout cela fait de vous un esprit fort et objectif.

          Vous avez préféré croire que grâce au progrès des sciences et des connaissances, vous aviez pu sortir éclairé et indemne de la terreur spirituelle qui avait plongé dans les ténèbres pendant des siècles l’humanité. L’idée que des millions d’hommes si peu différents de vous aient pu être aussi sots à lier ne vous a pas effleuré l’esprit. Il est plus commode de le croire.

          Je vous pose à nouveau la question : êtes-vous si convaincu du système d’idées auquel vous avez confié toute votre créance au point que vous doutiez de tout ce que croient les hommes sans jamais douter de ce qui est dans votre cervelle ? Êtes-vous si persuadé que vos pensées sont personnelles et non pas qu’elles vous ont été inculquées sans même que votre conscience ait pu les agréer ou les rejeter ? Certainement, êtes-vous convaincu de la rectitude de votre jugement et de son objectivité. Avez-vous vraiment poussé l’examen assez loin ? Je vous le dis en ami. Il se voit trop que non. Vous répétez trop sans examiner.

      2. Lodi, ennemi déclaré jusqu’alors des monothéistes en tout genre, à commencer par les chrétiens et se muant soudain en bibliste et nouvel exégète censé nous enseigner notre dogme et nous servir de guide et de boussole dans un monde privé de repères, c’est à mourir de rire !
        Il semblerait même selon lui que sans l’intervention d’un Dieu juif et chrétien omniscient, tout-puissant et vengeur, la mort n’existerait pas !

        1. La mort et la souffrance sont des maux. Les aggrave l’interprétation qu’on en fait, par exemple en allant inventer qu’un Dieu créateur, tout-puissant et bon, condamne les humains à les endurer.
          Cela fait que les gens adorent un tyran qu’ils prétendent bon, et les prédispose à tyranniser les autres ou à en être tyrannisés, car ce sont de telles relations qui leur servent de modèle. Vous ironisez faute de pouvoir nier mes assertions, comme qui demanderait à Darwin s’il descendait du singe par tel ou tel de ses ancêtres…

          Les monothéistes fuient devant les conséquences de leurs propres textes et devant la science comme les animaux nocturnes devant le soleil ; vous en êtes une parfaite illustration. Une attaque, un nuage d’encre, et puis s’en va !

  5. « Parce que le monde, c’était « la jeune femme enceinte et son sauveur », cette sauvegarde miraculeuse, ce souffle de vie préservé. » (PB)

    Non, cher monsieur Bilger, vous n’êtes pas naïf, vous êtes tout simplement un de ces Français normaux encore émus par la Vie, en l’occurrence celle du petit humain en devenir porté par la jeune femme alors en danger, et par les efforts que l’on peut consentir pour la défendre, alors que nous sommes placés sous un régime qui, lui, est hanté par la « culture de mort » comme le disait Jean-Paul II et qui en truffe avec une joie mauvaise jusqu’à sa Constitution et ses lois, de même que les incinérateurs des centres hospitaliers qui dans un pays normal pétri de civilisation devraient être uniquement dédiés à la protection de la Vie.

  6. Xavier NEBOUT

    Et si certains pensaient que l’islam préconise de tuer ceux qu’on ne peut convertir ?
    Ce seraient évidemment des fous tombant sous le coup des lois qui condamnent les appels à la haine, etc., et il serait bien naïf de s’y laisser prendre.
    Oui, mais le propre des fous, c’est d’avoir des raisons de penser qu’ils ne le sont pas…

  7. Avant de découvrir ce billet de Philippe, j’avais lu, dans la soirée d’hier, la double page rédigée par Raphaëlle Bacqué, l’une des bonnes plumes du « Monde » (même si, souvent, elle la met au service de causes contestables). J’avoue que ce récit m’avait en quelque sorte pris à la gorge tant il est intense et surtout vrai. Vrai non parce qu’il décrit au scalpel une réalité vécue, non parce qu’il relate une histoire dans l’Histoire, mais vrai d’abord parce qu’il impose au lecteur un instant d’humanité, de fraternité, au milieu d’un chaos terrifiant, au plein cœur de la haine.

    Ce jour-là, au Bataclan, des anonymes venus faire la fête, au péril de leur vie ont sauvé des inconnus, la solidarité l’a emporté sur la terreur, les tueurs, en semant la mort, ont aussi fait exploser d’étonnants courages, de formidables amitiés, réduisant ainsi à néant l’objectif de leurs commanditaires islamistes : la destruction de notre civilisation. Parce que, ce soir-là, comme aujourd’hui encore, il s’agissait bien de cela, au-delà de la vengeance de leurs « frères » comme ils l’ont prétendu.

    Est-il naïf de placer ces actes hors du commun au-dessus des péripéties politiques et autres qui nous assaillent ? D’oublier celles-ci pour applaudir tous ensemble Sébastien et beaucoup d’autres, policiers et secouristes compris ? De croire que ces gestes se reproduiront avec la même force, la même spontanéité, la même générosité, lors d’autres carnages ou dans des circonstances moins dramatiques ? Non, il n’y a là rien de naïf. C’est tout simplement normal. Tous, nous hiérarchisons inconsciemment nos priorités… Et la première d’entre elles reste la défense d’un bien qui nous est commun, fragile et irremplaçable : la vie. Rien ne vaut une vie…

    Cependant, pour ma part, quelques lignes de l’article de RB ont rapidement dissipé mon émotion. La partisane acharnée du progressisme qu’elle est n’a pas pu s’empêcher de mentionner que le sauveur de Charlotte était communiste et que même la férocité de l’attentat ne l’avait pas détourné de sa conviction que la France et les États-Unis, qui combattaient Daech, étaient les responsables de celui-ci. Ces quelques mots, inutiles à sa narration, ramenaient celle-ci à la dimension géopolitique de l’événement, ravivaient mon propre jugement, radicalement différent de celui de Sébastien, rompaient le lien avec le lecteur que crée instantanément le récit d’un acte à la fois irraisonné et courageux.

    Une autre fulgurance de l’esprit m’a aussi « réveillé » : face aux cris, au sang, aux appels à l’aide, est-il bien « humain » de choisir de tourner une vidéo de près de six minutes plutôt que d’aller aussitôt porter secours ? Cette pratique est désormais courante grâce aux smartphones et à cause de certaines chaînes d’info qui se nourrissent d’images reçues de « témoins ».
    De prime abord, cela m’indispose. Cependant, dans le cas présent – le vidéaste étant un journaliste professionnel, dont le métier est d’abord d’observer et de témoigner -, j’avoue que j’entends les arguments que Daniel Psenny a développés dans un entretien avec Pascale Clark diffusé sur France Inter quinze jours après l’attentat… Mais j’en fais un cas tout à fait particulier, considérant que, pour la plupart, ces « journalistes de l’instant » sont avant tout des « voyeurs » en quête de gains.

    Peut-être faudrait-il que les rédactions s’interrogent à leur propos… et sur la pertinence éditoriale de ces « reportages de terrain ».

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/making-of/temoignage-de-daniel-psenny-journaliste-au-monde-sur-son-film-et-son-experience-du-13-novembre-3788711

    1. « …sa conviction que la France et les États-Unis, qui combattaient Daech, étaient les responsables de celui-ci. »

      Un rapport de la CIA (déclassifié) exposait en 2012 le principe de la création d’une « principauté salafiste ».

      https://www.judicialwatch.org/wp-content/uploads/2015/05/Pg.-291-Pgs.-287-293-JW-v-DOD-and-State-14-812-DOD-Release-2015-04-10-final-version11.pdf

      Conséquence : 22 mois plus tard, en juin 2014, l’État islamique proclame son califat exactement sur ces zones (Raqqa → Deir ez-Zor).

      Autres points explosifs du rapport :
      – Al-Qaïda est déjà en train de prendre le contrôle de l’opposition.
      – Le soutien occidental aux rebelles risque de profiter aux pires djihadistes.
      – L’objectif stratégique n’est pas la démocratie, mais de couper l’axe Iran-Irak-Syrie-Liban.

      Bref : les services US savaient dès 2012 que leur politique pouvait accoucher de Daech… et ils ont continué.

  8. xavier b. masset

    Naïf, c’est être « né », naturel (né natif, comme disait ce gros bon vieux de Chirac auquel la France pardonna tout, même condamné).
    C’est un état rare, de lui-même productif de miracle, lorsqu’il quitte, sous je ne sais quelle pression, les parages de sa situation de confort ab ovo.

    Le contraire serait de devoir se montrer réfléchi à chaque occurrence extraordinaire ou banale de la vie, accuserait d’avoir une personnalité toujours prête à peser le pour et le contre, à se livrer au recherché, jusqu’au forcé, peut-être.

    Le héros Besatti (dont le nom a le potentiel d’un palindrome envers son prénom) dut extraire de son être même la fécondité d’un courage -inconnu au bataillon de son caractère – au forceps pour donner naissance à ce sauvetage inouï et à cette gloire qui, quelquefois, voire souvent dans ce genre de catastrophe, auréole de sa grâce le quidam.

    Son action salvatrice n’était pas conçue d’avance, nous ne sommes même pas sûrs que l’urgence l’engendra tout à fait complètement.
    La jeune femme, en capture sur les vidéos témoins légèrement voyeuses, se trouva devant le dilemme d’implorer n’importe quel secours pendant plus d’une longue minute.
    Tout le monde n’a pas la carrure de Cary Grant dans la même situation face à la détresse momentanée de Eva Marie Saint.

    Même si les réflexes, les gestes, d’entraide humains et les sacrifices vitaux (surtout lorsque le sort d’une femme qui porte la vie est en jeu) sont communs à tous, la réflexivité et la conscience de soi peuvent geler les automatismes d’un sang-froid déjà pas bien chaud.

    Le bébé féconda toutes les énergies, fit crépiter dans la nuit terroriste l’intelligence verbale et physique de sa future maman.
    C’est lui qui eut la plus grande des natures humaines de l’histoire d’un soir, à peine naïf et déjà né pour croire en l’Homme.

  9. Jean sans terre

    « L’ignominie des idées a des conséquences dans la vie réelle. »

    Vous n’avez que trop raison. Il en est exactement de même pour ceux qui prônent le recours à l’immigration pour un motif de nécessité économique afin de réduire les tensions sur le marché du travail. Ce sont les idiots utiles du bloc génocidaire, tout comme l’anonyme héros que M. Bilger propose à notre admiration.

  10. Il est vain d’égrener les attentats, et de chercher la lumière dans les ténèbres, mais il faut interdire l’immigration musulmane.

  11. Robert Marchenoir

    Sur « le sauveur de la jeune femme enceinte du Bataclan », Le Monde écrit :

    « Plus tard, Sébastien se demandera : « Pourquoi n’ont-ils pas plutôt tiré sur ces musiciens américains qui jouaient sur scène ? » « 

    C’est énorme, quand même.

     » « J’en étais venu à penser que les terroristes avaient eu une bonne raison d’agir et que c’était lié à notre action internationale », reconnaît-il. C’est ce qu’il a dit au procès des attentats du 13-Novembre, six ans et demi plus tard. »

    Reconnaît-il. Le journaliste du Monde approuve. Mais d’où vient cet homme ?

    « Ce 13 novembre 2015, Sébastien a 34 ans. Il vient d’être licencié de son poste de journaliste, responsable de la locale d’Arles à La Marseillaise, cet ancien quotidien communiste alors en redressement judiciaire. »

    En 1920, au Congrès de Bakou en Azerbaïdjan soviétique, l’Internationale communiste réunissait 1 900 délégués de nombreux pays, en majorité musulmans. Objectif : déchaîner le djihad à travers le monde pour le mettre au service de l’entreprise marxiste. Ce fut le point de départ de l’islamo-gauchisme.

    En 1928, la Société des Frères musulmans a été fondée en Égypte. Celle-là même qui s’emploie à noyauter la France et l’Occident aujourd’hui. Cette année-là, Sayyid Qutb, décrit comme le Marx des islamistes, avait 22 ans. Il devint l’un des dirigeants les plus importants des Frères musulmans, et fut pendu en 1966 pour avoir tenté d’assassiner Nasser, trop laïc à son goût. Il fut l’un des maîtres à penser d’Al-Qaïda et Oussama ben Laden.

    Il y a quelques jours, Zohran Mamdani a été élu maire de New York. C’est un authentique communiste et un authentique islamiste.

    Depuis 2016, Londres, cette autre ville-phare de l’Occident, est tombée aux mains d’un autre islamo-gauchiste, son maire Sadiq Khan.

    Nous vivons des événements historiques décisifs, prodigieux, conséquences d’une guerre qui nous a été déclarée il y a juste un siècle.

    Sébastien Besatti a beau être un héros, ses qualités humaines ont beau être éclatantes, il fait partie de l’immense cohorte des militants de gauche qui ont facilité, et facilitent encore, la barbarie musulmane impérialiste, totalitaire et génocidaire. Celle-là même qui a failli le tuer, lui et la femme qu’il a sauvée. S’il faut louer ses vertus, il convient également de souligner sa responsabilité à cet égard.

    Ces gens ne peuvent s’abriter derrière l’excuse commode de « l’idiot utile ». C’est après avoir vu 90 de ses compatriotes se faire tuer par des fanatiques sanguinaires que notre communiste non repenti s’est dit, à voix haute, qu’ils auraient mieux fait de tirer sur les musiciens américains, tout de même… et que c’était un peu la faute de la France impérialiste, aussi…

    L’ignominie des idées a des conséquences dans la vie réelle.

    1. hameau dans les nuages

      Je ne connaissais pas cette version du vénérable Sébastien. Proprement hallucinant, ce comportement, finalement chrétien pour un gauchiste, de vouloir faire son mea culpa non en se couvrant la tête de cendres, mais des tripes des gens éventrés.

      1. Robert Marchenoir

        Pour ma part, je parlerais plutôt de christianisme dévoyé. L’origine chrétienne de l’ethnomasochisme gauchiste est évidente, mais enfin il faut tenir la Bible à l’envers pour comprendre ainsi le message évangélique.

        Le martyre des premiers saints est individuel, exceptionnel et facultatif, si j’ose dire. Aucun d’entre eux n’a traité ses coreligionnaires de racistes, ou d’immoraux personnages, ou de pécheurs pour utiliser le vocabulaire catholique, sous prétexte qu’ils n’auraient pas accepté de donner leur vie pour témoigner de leur foi.

        Le gauchiste s’inspirant d’un christianisme perverti bat sa coulpe sur la poitrine des autres. Est-il besoin de souligner que c’est l’exact contraire du christianisme ?

        Quant à l’Église contemporaine, elle a aussi sa part de responsabilité. Par exemple, je n’ai jamais compris pourquoi Carlo Acutis avait été récemment sanctifié. Je vois bien en quoi ériger un adolescent féru d’informatique en modèle peut aider au marketing du Vatican envers les jeunes, mais l’idée même me paraît, comment dire… assez peu catholique.

        Surtout lorsqu’on nous dit qu’il avait coutume de reprocher à ses camarades d’embrasser les filles, comportement plus proche du moralisme gauchiste que de la charité chrétienne.

        Ce n’est pourtant pas faute de catholiques qui, hélas, ont récemment recommencé à être massacrés précisément pour avoir témoigné de leur foi. Peut-être conviendrait-il de regarder en priorité en direction de ces nouveaux martyrs pour de futurs procès en canonisation, avant de distinguer un jeune homme certes dévot, mais qui s’est surtout distingué par son malheur d’être emporté précocement par la maladie ?

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