Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Antigone n’a pas sa place en Syrie

C’est seulement prendre acte du fait que nous n’avons plus droit à l’irresponsabilité magnifique d’Antigone – en Syrie ou dans d’autres pays troublés – mais que nous avons absolument besoin d’un Créon intelligent, constant et pragmatique pour nous diriger. Dans un monde qui n’autorise plus la facilité du Tout ou Rien.

Un Nicolas Sarkozy de rêve…

Il y a encore tellement de choses à mener à bien, à inventer, une droite concentrée sur elle, une justice à la fois vigoureuse et humaine, tant de redressements à opérer, tant de confiance à retrouver, tant d’unité à restaurer, tant d’insupportables inégalités et discriminations à mettre à bas, tant de vrais mérites à récompenser. La République du verbe n’a que trop duré ! Alors, avec de telles perspectives, président de l’UMP, ce serait bien, non? Au moins jusqu’en 2017 ? Mais je me suis réveillé.

Le président du Crif est quelqu’un de bien !

Pas de plus éclatant démenti à ce reproche, qui n’est pas nouveau, que la sincérité salubre d’un président du CRIF n’acceptant pas d’occulter la réalité des êtres pour s’abandonner à cette triste dérive : si ce n’est toi, c’est donc ton père… Parce que Roger Cukierman est quelqu’un de bien.

Roland Dumas est-il un bloc ?

Roland Dumas n’est pas plus un bloc que nous tous. L’humanité n’est pas une leçon qu’on peut réciter par coeur parce qu’elle aurait été apprise une fois pour toutes.

Grave à partir de quand ?

Maintenant que le tour des cimetières aura été accompli et qu’on aura montré comme on a l’âme généreuse et profonde, pensons à l’avenir. N’oublions pas de donner le mode d’emploi à ceux qui suivent notre culte de la dérision au pied de la bêtise et questionneront : graves à partir de quand ?

Le bonheur du contrôle

Mais j’ose à peine le dire : pour la sécurité de tous, je serais prêt à concéder un peu de ma liberté superficielle. La profonde me resterait.

Contre les démocraties gnangnan…

Un combat de longue haleine. La mobilisation de tous. Et d’abord de ceux qui nous gouvernent. Se dire Charlie Hebdo ou danois ne suffit plus. Gnangnan, nos démocraties seront une proie trop facile. Corsetées et armées, elles ne feront plus rire et on n’y tuera plus comme dans du beurre des journalistes, des juifs, des policiers, des citoyens.

Une préhistoire d’amour

Les préhistoires d’amour sont belles parce qu’elles s’inventent contre, parfois, la rudesse du présent.