La liberté se mérite…

Bizarrement, l’actualité médiatique me confronte à des réflexions qui concernent deux de mes amies : Élisabeth Lévy, qui a écrit dans Causeur un éditorial intitulé « Liberté cherra », et Sonia Mabrouk, qui fait l’objet d’une polémique parce qu’elle inviterait sur BFM TV des personnalités de droite ou d’extrême droite.

Cette dernière a répondu sur France Inter à Benjamin Duhamel de manière à la fois convaincante et acide.

Il n’empêche qu’on a le droit de s’interroger sur la liberté intellectuelle et médiatique ainsi que sur le pluralisme.

Il me semble que deux écueils principaux menacent la première.

D’abord, bien sûr, l’absence de pluralisme, que la gauche ou la droite en soit victime. Sur CNews, la gauche n’était pas vraiment souhaitée, ou alors sur un mode étique.

Que des personnalités de droite, journalistes ou analystes, soient invitées sur BFM TV n’est pas un problème. Cela ne le deviendrait que s’il n’y avait plus la moindre imprévisibilité ni la moindre spontanéité dans l’expression de leur pensée sur la France, la société ou l’état du monde.

C’est parce qu’il existe, en réalité, des esprits systématiquement partisans, enkystés dans leurs certitudes, que le défaut de pluralisme est un fléau. Sur BFM, une atmosphère rafraîchissante a précisément surgi lorsque de véritables débats contradictoires ont été organisés.

Le second écueil, à l’inverse, consiste à ranger sous le pavillon de la liberté d’expression des postures qui n’en relèvent pas – à confondre l’exercice, même provocateur ou dérangeant, d’une pensée libre avec l’allégeance à une cause ou à une puissance qui la dicte. C’est précisément ce que l’éditorial à la fois brillant et, selon moi, discutable d’Élisabeth Lévy me conduit à interroger.

En substance, elle considère que Franz-Olivier Giesbert, ciblé par l’Arcom pour certains propos tenus sans contradiction sur CNews, des rassemblements libertins interdits et Xénia Fedorova, ostensiblement et constamment prorusse, auraient dû être protégés au nom de la liberté d’expression : ce beau pavillon devrait donc recouvrir n’importe quelle marchandise, n’importe quelle posture intellectuelle et médiatique.

L’assimilation qu’elle opère entre ces trois problématiques me semble confondre l’exercice d’une liberté honorable, aussi discutable et controversé puisse-t-il être, avec l’asservissement à une puissance étrangère, responsable et coupable de l’invasion de l’Ukraine.

De FOG, on peut, j’en suis persuadé, espérer, sur tel ou tel thème, des glissements, des variations, l’affirmation d’une solitude intellectuelle évolutive qui, par exemple, l’inciterait un jour à ne plus cracher systématiquement sur la Justice.

De Xénia Fedorova, aucune imprévisibilité à attendre ni à espérer : le même sillon est sans cesse creusé. Mais le plus grave, ce qui à mes yeux lui interdit de se réclamer de la protection d’une liberté d’expression démocratique, n’est pas là.

Il réside dans le constat que ses propos et ses écrits procèdent d’une même source et d’une même inspiration, qu’ils sont prémédités, organisés, commandés, peut-être rémunérés. On n’est pas libre quand sa dépendance est tarifée, quand on pense sur ordre et qu’on déroule un récit venu d’ailleurs. Et je n’évoque même pas son contenu, qui a cette particularité de constituer la victime en coupable, avec un cynisme qui dépasse l’entendement.

Oui, la liberté se mérite, doit se mériter. Je ne crois pas, avec ce billet, trahir la passion commune qu’Élisabeth Lévy et moi éprouvons pour la plus belle liberté qui soit : celle de penser, d’écrire ou de parler sans être immédiatement judiciarisé.

À condition qu’elle émane d’une personne elle-même libre, non inféodée, non soumise.

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Voir les Commentaires (29)
  1. @ Robert Marchenoir le 7 septembre
    « C’est vrai que vous ne cessez de nous éblouir, en ce qui vous concerne, par votre connaissance du dossier russe… »

    Un observateur, même « bien informé » comme vous — plus exactement, vous tentez, à longueur de vos commentaires sans fin et sans nuances, de nous le faire croire —, ne peut pas tout voir, tout lire, tout savoir. Mais je préfère être dans cette situation plutôt que dans la vôtre. Dans votre recherche d’informations, vos a priori, vos certitudes préétablies, votre volonté de contredire quiconque n’est pas de votre avis jamais ne vous quittent. Ce qui vous conduit, selon les sujets et votre humeur, à « enquêter » à charge… ou à décharge, avocat de mauvaise foi de la défense ou inquisiteur sans scrupule.

    Xénia Fedorova… « Très probablement »… Votre arrière-pensée était tellement évidente que je me suis permis de la traduire… Me suis-je trompé ? Après tout, elle s’est peut-être réfugiée au fin fond d’un manoir breton…

  2. Robert Marchenoir

    @ Serge HIREL – le 5 septembre 2026
    « De là où [Xenia Fedorova] s’est réfugiée — ‘la Russie naturellement’, sait le remarquable R6M —, elle continuera à bourdonner et à dire ses quatre vérités. »

    Vous mentez. J’ai écrit, très précisément, que les futures interventions de Xenia Fedorova par visio-conférence, annoncées par CNews, se feraient « très probablement depuis la Russie ou un pays complice », puisqu’elle a fui la France qui lui a ordonné de quitter le territoire (après avoir annoncé qu’elle allait tenter de rester en contestant cette décision). Ce qui tombe sous le sens.

    « Votre méconnaissance du dossier étant abyssale. » (À Attila, le 7 septembre 2026)

    C’est vrai que vous ne cessez de nous éblouir, en ce qui vous concerne, par votre connaissance du dossier russe…

  3. @ Attila le 6 septembre

    « Là où Attila est passé, l’herbe ne repousse plus ». Je crois que je vais me contenter d’utiliser cette phrase célèbre pour toute réponse à votre… disons commentaire. Votre méconnaissance du dossier étant abyssale, il est inutile d’ouvrir un débat avec vous, qui semblez l’archétype du gars bien décidé à chercher la bagarre sans trop savoir si ce qu’il défend mérite de l’être.
    Je vous laisse à votre rage… et ne vous salue point.

  4. Le commentaire de Serge HIREL coche toutes les cases du sophisme contemporain, drapant la défense de la propagande d’État dans les oripeaux d’un libertarianisme de pacotille. Sa démonstration s’effondre sous le poids de trois contresens majeurs.

    ​1. La confusion infantile entre opinion et guerre d’influence

    ​il feint de ne pas voir la différence entre une conviction politique — fût-elle radicale — et une opération d’influence dirigée par une puissance belligérante. Faire passer Xénia Fedorova pour une simple chroniqueuse « franchouillarde » qui dirait « ses quatre vérités » relève soit d’une naïveté confondante, soit d’une mauvaise foi caractérisée. Quand une parole est le relais documenté du récit d’un État agresseur, elle n’est pas le produit d’une « pensée libre » : elle est une arme de guerre hybride. Exiger de l’État qu’il assiste passif à sa propre désinformation au nom de la « liberté » est une niaiserie suicidaire.

    ​2. L’attaque poujadiste contre l’Arcom

    ​Sa charge contre l’Arcom réutilise les ficelles éculées du « système » contre le « peuple ». Reprocher à un gendarme de l’audiovisuel de faire respecter les règles élémentaires du pluralisme et de la déontologie sur des fréquences qui, rappelons-le, appartiennent au domaine public, est un pur non-sens. Vouloir supprimer la régulation pour laisser le champ libre aux seuls empires médiatiques privés sous prétexte de « modernité » revient à livrer le débat public au plus offrant.

    ​3. L’inversion perverse des rôles

    ​Le sommet du cynisme est atteint lorsqu’il transforme les relais du Kremlin en martyrs de la liberté et l’État démocratique en régime autoritaire. Selon cette logique tordue, dénoncer l’ingérence étrangère deviendrait de la « censure », tandis que servir de haut-parleur à une dictature qui emprisonne ses propres journalistes deviendrait un acte de résistance.
    ​En réalité, le discours de Serge HIREL ne défend pas la liberté d’expression : il en prône le dévoiement intégral. Il cautionne la soumission d’une partie du paysage médiatique à des intérêts hostiles aux démocraties, en se gargarisant de grands principes dont ses protégés ne feraient qu’une bouchée s’ils étaient au pouvoir.

  5. Si prendre la défense de la liberté des clubs libertins d’exercer leur commerce dans un éditorial consacré à la liberté d’expression n’est pas nécessairement pertinent, juxtaposer les remontrances adressées par l’Arcom à CNews et à FOG et l’expulsion par le ministre de l’Intérieur, sur le mode panique, de Xénia Fedorova, qui chroniquait l’actualité dans plusieurs médias du groupe Bolloré, est parfaitement recevable. La pratique du… disons libertinage ne relève que d’un jugement moral — à condition, bien sûr, que la loi soit respectée. En revanche, s’exprimer, donner son opinion, la faire connaître, c’est exercer une liberté fondamentale, la première des libertés. « L’Américain » et « la Russe » sont victimes l’un et l’autre d’une censure qui ne dit pas son nom.

    Pourquoi l’Arcom est-elle allée mettre son nez dans une affaire qui n’en est pas une ? Les propos de FOG sont d’une banalité affligeante dans une émission politique au lendemain d’un scrutin marqué par la véhémence des discours. Qu’il n’ait pas eu de contradicteur ? La belle affaire ! Depuis quand, en démocratie, faut-il que l’équilibre des paroles soit immédiatement assuré ?

    En fait, ce nouveau mouvement d’humeur du président de l’Arcom et de ses huit « sages » confirme un constat inquiétant déjà bien établi : une « autorité », dite « indépendante » — mais, en réalité, en lien étroit avec les autorités de l’État, ne serait-ce qu’en raison de son financement et du mode de nomination de ses membres — s’immisce de plus en plus dans le saint des saints des médias audiovisuels, leur ligne éditoriale, prétextant le non-respect de leurs cahiers des charges, fondés sur la base de la loi sur l’audiovisuel de 1986.

    Une loi totalement obsolète tant, en quarante ans, les progrès techniques ont provoqué la multiplication des canaux de communication et permettent aujourd’hui d’assurer le pluralisme par la création de chaînes et de radios d’opinion — encore interdites en France !

    L’Arcom, dans sa structure actuelle, doit disparaître, d’autant plus que, de simples « gendarmes », les « sages » sont devenus des « magistrats »… dont les compétences personnelles et la neutralité dans certaines affaires qui leur sont confiées sont plus un dogme qu’une réalité. En matière audiovisuelle, ne sont à conserver, au sein d’une direction de Bercy, que les questions techniques, les dossiers relevant de l’éditorial, quels qu’ils soient, étant confiés à des juges judiciaires spécialisés, la loi de 1881 sur la liberté de la presse, dans sa rédaction actuelle, étant leur seul guide. L’exécutif et ses « proxys » ne doivent en aucun cas y avoir accès.

    Quant au cas de Xénia Fedorova, il n’est pas inquiétant, il est extrêmement grave. Que lui reproche l’État ? D’être une espionne ? Il n’en a pas pris le risque, ne disposant d’aucune preuve tangible. D’être « aux ordres » du Kremlin ? Pas plus de preuves formelles à présenter. Non, ce qui horripile au plus haut point nos dirigeants actuels, ce sont ses chroniques dans lesquelles, avec franchise et sans prendre de gants, elle décrit une autre histoire que celle qu’ils tentent d’imposer, tient un autre discours sur la Russie et l’Ukraine que celui qu’ils veulent entendre, et exprime son souhait d’une issue diplomatique quand eux jouent avec le feu.

    Pourtant, le pire n’est pas là… Le pire, c’est qu’elle est écoutée et souvent approuvée… et cela n’est pas acceptable par les « va-t-en-guerre » et le premier d’entre eux, encore installé à l’Élysée… et bien décidé, au nom de prérogatives dites « constitutionnelles », à ne pas accepter de demander aux Français leur avis, soit par un débat avec vote à l’Assemblée nationale, soit ne serait-ce que par un sondage réellement indépendant.

    Alors, contre cette « dangereuse manipulatrice », on emploie le marteau-pilon, l’expulsion, qu’on souhaitait manu militari… Mais la mouche — pardon « la guêpe » — s’est envolée et, de là où elle s’est réfugiée — « la Russie naturellement », sait le remarquable R6M —, elle continuera à bourdonner et à dire ses quatre vérités. Elle n’en sera que plus « dangereuse » puisque désormais hors de portée. À moins que…

    À moins qu’un beau matin, le ministère de l’Intérieur, sur ordre supérieur, dépêche dans les locaux de CNews, d’Europe 1 et du JDD — voire chez Vincent Bolloré, accusé d’affection pour Xénia — des escouades de CRS chargées d’empêcher la diffusion des messages de la « poutinienne », considérés comme des éléments de la « guerre hybride ».

    Bien sûr, cela n’arrivera pas n’est-ce pas… dans cette France qui, urbi et orbi, se vante d’être le temple de la liberté de pensée, mais qui a déjà fermé C8.

  6. Michel Deluré

    @ duvent 04/09/2026
    « Vivre libre ou mourir ! »

    Est-on jamais réellement libre et devons-nous en conclure qu’il vaut mieux alors mourir ?

    J.J. Rousseau affirmait : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit le maître des autres, qui ne laisse pas d’être plus esclave qu’eux. »

    Chacun en fait n’a-t-il pas sa propre conception de sa liberté et qu’importe alors qu’un autre lui explique que cette conception est erronée à partir du moment où lui a le sentiment de vivre libre ?

  7. @ duvent le 4 septembre 2026
    « Vivre libre ou mourir ! »

    J’aime mieux vivre ivre que pourrir ; tchin tchin !

  8. @ caroff (@ Patrice Charoulet)
     
    « Sous le pont Mirabeau cherra le bras de la Seine » (dernière strophe) »

    D’ailleurs, Mirabeau, invité à la (Allah) dernière émission d’« Apostrophes », gêné par ses dents sur pivots, passait son temps à chanter sous les ponts ; il est à l’origine de la chanson : « Que cherra, cherra, laissons l’avenir venir… », reprise par la chanteuse Gloria, la championne de lasso.

    Pour l’anecdote, Mirabeau était surnommé Miramôche tant il était laid.

  9. @ Patrice Charoulet
    « Il est peu probable que les lecteurs dudit article de presse aient tous compris « cherra ». L’auteur de l’article s’est fait plaisir, mais a oublié l’essentiel : être compris par ses lecteurs. »

    Non seulement cette déclinaison archaïque se trouve dans un conte de Perrault archiconnu mais aussi dans le fameux poème d’Apollinaire « Le pont Mirabeau »:

    « Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passé
    Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau cherra le bras de la Seine » (dernière strophe)

    Une bonne occasion de relire ces trésors !

  10. @ Patrice Charoulet le 2 septembre 2026
    « Le verbe « choir » se trouve certes à l’infinitif ou au participe passé chez Ronsard, Scarron, Molière, Colette, Martin du Gard, Aragon, notamment. »

    Y a aussi le verbe « perchoir », il est de moi, çuilà, ça concerne la cruche macronienne de l’A.N., en espérant qu’elle va « perchoir » ou se « perchevra » au participe futur chez mézigue en se ramassant une bonne gamelle en 2027. Y a aussi le verbe « dépotoir » ; choir dans le dépotoir, voilà l’avenir bien mérité de cette gourde.

  11. Michel Deluré

    @ Marc Ghinsberg
    @ Tipaza

    Vous soulevez effectivement tous les deux l’un des problèmes majeurs de toute démocratie, ce que Jankélévitch nommait cette « casuistique de la tolérance ».

    Une démocratie qui édicterait trop de lois liberticides serait intolérante mais, à l’inverse, une démocratie qui laisserait faire tout et n’importe quoi serait trop tolérante et, par là-même, se condamnerait, puisque manquant à ses devoirs de défendre le droit par le recours si besoin à la force et la liberté par l’utilisation de la contrainte.

    Après avoir évoqué son « paradoxe de la tolérance », Karl Popper ne manque pas d’ailleurs de préciser : « Je ne veux pas dire par là qu’il faille toujours empêcher l’expression de théories intolérantes. Tant qu’il est possible de les contrer par des arguments logiques et de les contenir avec l’aide de l’opinion publique, on aurait tort de les interdire. Mais il faut revendiquer le droit de le faire, même par la force si cela devient nécessaire car il se peut fort bien que les tenants de ces théories se refusent à toute discussion logique et ne répondent aux arguments que par la violence. » Autrement dit, démocratie ne doit pas être faiblesse, sauf à ce qu’elle se condamne.

    C’est ainsi condamner moralement et politiquement une tolérance universelle, et par là-même confronter chaque démocratie à la question de savoir où elle situe ce seuil de tolérabilité et à partir de quand il sera atteint et dépassé, pouvant alors représenter une dangerosité effective pour la démocratie, pour la liberté.

  12. @ Mary Preud’homme le 2 septembre 2026

    Vous avez tout à fait raison, mais je préfère mettre à l’honneur, à l’horreur, à l’odeur, au choix, par souci d’équité, toutes ces sous-me*des gauchiasses. Eux aussi ont une charte, niveau rouleaux de papier toilette assurément, mais une charte différente, très orientée, qui les autorise à proférer insultes, caricatures, attaques ad nauseam, propos haineux et violents dans les débats publics, similaires à ceux de leurs alliés de LFI, du même niveau : celui du caniveau, du dépotoir et de la fosse septique gauchiste.

    Rats d’égout, rats-cailles, rats-clures, ces gauchistes dégénérés continuent, grâce à la protection de l’Arcom, acquise à leur cause, à vomir leurs fientes verbales contre la droite et l’extrême droite. Delphine Ernotte est toujours à son poste ; dans un pays mentalement équilibré, elle aurait été virée manu militari, mais nous sommes au pays des gauchos, où tous les coups, même les plus sordides, sont permis.

    Une image : le rat-Meziane barbotant dans sa fange malodorante, jaloux de l’étoile Tanguy qui scintille dans le ciel.

  13. La liberté… socialiste.

    Le socialisme nous a apporté les « bienfaits » des bonheurs collectifs aux palmarès mortuaires prolifiques en ossuaires et en millions de morts partout où il a sévi.

    Chez nous encore, pays attardé et nostalgique de ces heures sombres épouvantables, nous prônons toujours la chasse aux riches, l’Éducation nationale socialiste marxiste, la stigmatisation des investisseurs, des créateurs, des financiers, des banquiers, de tous ceux qui réussissent grâce à leur labeur, leur génie, leur audace, leurs prises de risques.

    Le socialisme, c’est la jalousie, la haine, la division, l’inquisition, la solidarité pour les autres, la liberté d’expression muselée, censurée, bafouée, la propagande, la dictature de la bien-pensance de gauche, etc., etc., ad nauseam ; la justice sociale à sens unique, revue et corrigée par le socialisme.

    Un autre exemple de liberté d’expression à géométrie… gauchiste : « Le champion de natation Léon Marchand victime de racisme anti-blanc »
    https://www.europe1.fr/emissions/ledito-de-laurent-tessier/le-champion-de-natation-leon-marchand-victime-de-racisme-anti-blanc-1050083

  14. Mary Preud'homme

    @ sylvain

    Jean-Philippe Tanguy est un homme de valeur et un authentique patriote. Sans parler de ses dons oratoires manifestes, doublés d’un humour qui ne peut faire que des jaloux de toutes parts.

    Comment donc, vu son niveau intellectuel et la qualité habituelle de ses réparties, a-t-il pu s’abaisser à réagir aux attaques sordides d’une sous-mer*e que personne ne connaissait jusqu’alors, hormis dans le cercle restreint des gauchistes islamistes puants et racialisés à outrance ?

    Prière donc de ne pas vous tromper de combat, sylvain, quand vous vous égarez à ne juger que sur les apparences !

    Des hommes et des femmes intègres, de bonne volonté et conscients de leur libre arbitre, il en existe de toutes origines, couleurs, religions et sexualités. Tanguy en fait partie et surtout n’essayez pas de le défendre en l’enfonçant et en le reléguant au rang vil et honteux de ses détracteurs et calomniateurs.

  15. Patrice Charoulet

    Vous commentez un article de presse titré « Liberté, liberté cherra ». On notera d’abord que ce titre fait écho à la célèbre « Liberté, liberté chérie ». Mais que veut dire « cherra » ?

    On ne le sait que si un professeur de collège a expliqué en classe le conte de Perrault « Le Petit Chaperon rouge ». On y rencontre en effet la phrase : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. »

    Nulle part, à ma connaissance, un auteur n’a employé le verbe « choir » au futur simple sous sa forme surannée « cherra » (au lieu de « choira »).

    Le verbe « choir » se trouve certes à l’infinitif ou au participe passé chez Ronsard, Scarron, Molière, Colette, Martin du Gard, Aragon, notamment.

    Il est peu probable que les lecteurs dudit article de presse aient tous compris « cherra ». L’auteur de l’article s’est fait plaisir, mais a oublié l’essentiel : être compris par ses lecteurs.

  16. Quand on commence à définir les limites de la liberté d’expression, on l’entame déjà. Puis, la dérive pénètre dans le champ de la liberté de penser… et, après, dans celle de tenir un journal intime.
    Le confinement de la pensée conforme est déjà en marche.

  17. Marc Ghinsberg

    @ Tipaza

    Vous avez raison de déplacer la question : le problème n’est pas tant de savoir si la tolérance a des limites que de savoir qui a l’autorité de les fixer, et à quel moment on bascule du débat politique au jugement moral. Tant que l’adversaire reste un contradicteur, on discute ; dès qu’il devient un ennemi du genre humain, on ne discute plus, on exclut.

    Sur l’inversion que vous pointez, droit individuel contre droit collectif, elle mérite d’être formulée avec prudence, tant elle appelle immédiatement la controverse : ce que vous lisez comme un affaiblissement du corps politique, d’autres le lisent comme son achèvement, l’émancipation de l’individu étant depuis la rupture de 1945 érigée en fondement même de la légitimité des États. Le débat n’est donc pas tranché par les faits mais par une hiérarchie de valeurs qu’on choisit, ou dont on hérite.

  18. « La liberté se mérite… » (PB)

    Mais surtout, la liberté n’est pas gratuite et son prix peut parfois être celui de sa vie.

    Dans la France actuelle, ce prix consiste le plus souvent en l’opprobre que subissent ceux qui rament à contre-courant de la pensée unique véhiculée par les médias « mainstream », parfois érigée au rang de dogme indiscutable par des gens qui prétendent pourtant combattre ces derniers et être favorables à la liberté d’expression.

    Parfois aussi ceux qui, fidèles à la maxime de Péguy enjoignant de dire ce que l’on voit, peuvent être la cible des sycophantes et être jetés en pâture à la justice, le plus souvent par la technique consistant à détourner des propos anodins relevant d’une observation objective afin de les charger de façon aussi spécieuse qu’arbitraire et par torsion du droit d’une signification haineuse qu’ils n’avaient pas nécessairement à l’origine.

    En son temps Boileau disait : « J’appelle un chat un chat, et Rollet (un procureur malhonnête de son époque) un fripon ». 
    Mais de nos jours, Boileau ne risquerait-il pas les galères, la paille humide des cachots ou simplement l’interdiction de son compte bancaire pour moins que cela ?

  19. Beaucoup de dissertations pour expliquer ce qu’est la liberté d’expression, c’est très bien et je les trouve bien construites, mais perso je préfère prendre un exemple concret, rapide et qui ne risque pas d’endormir les lecteurs :

    Depuis hier circule sur les réseaux sociaux l’injure faite à un député RN, Jean-Philippe Tanguy, qualifié de « rat » par un « humoriste » de France Inter, un dénommé Ameziane.

    Beaucoup de protestations s’en sont suivies. En réponse, pour défendre Ameziane, les gauchistes complices invoquent cette fameuse « liberté d’expression » qui permet toutes les pires horreurs et passages à l’acte.

    Je retiens une réaction hyper géniale, celle d’un participant qui a préféré répondre par l’humiliation de cet humoriste au QI de bulot, niveau France Inter :

    Il s’est servi du site PIXIZ. Vous tapez « Pixiz – rat » dans la fenêtre, aussitôt apparaît le dessin du corps d’un rat avec un vide au niveau de la tête, vous incluez la photo de celle d’un individu au choix et vous avez le résultat immédiatement.

    Pour en revenir à cette affaire de l’arroseur arrosé : depuis, sur tous les réseaux sociaux circulent les photos d’un rat avec la tête d’Ameziane, succès phénoménal garanti, vu par des millions de personnes, avec en en-tête le titre : « Rat-Meziane, rat-caille, rat-dégoût, rat-thon, rat-louf, etc. »

    Le pire, ce sont les réactions des défenseurs d’Ameziane qui invoquent à leur tour la liberté d’expression bafouée, l’attaque contre une personne dans le but de l’humilier, etc., etc. ; à mourir de rire !

    La gauchisserie dans toute sa splendeur, dommage qu’on ne puisse inclure des photos sur ce blog, grosse marrade garantie.

  20. @ Marc Ghinsberg

    J’avoue ne pas avoir compris cette phrase :
    « C’est le paradoxe de la tolérance formulé par Popper : une société qui tolère l’intolérance illimitée finit par livrer la tolérance à ses ennemis. »

    Je suis donc allé chercher l’original, et voici ce que dit Popper exactement :
    « La tolérance illimitée ne peut que conduire à la disparition de la tolérance. Si nous accordons une tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas prêts à défendre une société tolérante contre les assauts des intolérants, alors les tolérants seront détruits, et la tolérance avec eux… Avec cette formulation, je ne veux pas dire, par exemple, que nous devrions toujours réprimer les philosophies intolérantes ; tant qu’il nous est possible de les contrer par des arguments rationnels… etc. »

    Le problème est de savoir qui décide de fixer la limite de la tolérance.
    C’est au fond le vieux débat de la démocratie, avec son principe d’accepter une opposition. Si l’opposition est assimilée au mal, voire au mal absolu, on sort du débat politique pour entrer dans celui de la morale. Et la morale est par essence intolérante, car elle repose sur des principes rationnels mais aussi irrationnels.

    L’équilibre est difficile à tenir.
    L’homosexualité, qui n’était pas tolérée il y a quelques dizaines d’années, est à présent célébrée sous la forme des « Gay prides » et le patriotisme, la notion du pays à défendre contre l’envahisseur est battue en brèche par les immigrationnistes, y compris par ceux qui sont au pouvoir.
    Bref l’inversion des valeurs que n’avait pas prévue Popper fait que tolérance et intolérance ont permuté, sous l’effet d’un changement de paradigme qui a consisté à placer le droit individuel comme premier et le droit collectif comme second dans nos sociétés occidentales.
    Les droits de l’homme, comme individu, étant considérés comme les fondamentaux des sociétés modernes au détriment de celui de la nation.
    La tolérance maximale qui résulte de cette inversion des valeurs conduira à l’anéantissement de nos sociétés.

  21. « Il n’empêche qu’on a le droit de s’interroger sur la liberté intellectuelle et médiatique ainsi que sur le pluralisme.
    Il me semble que deux écueils principaux menacent la première.
    D’abord, bien sûr, l’absence de pluralisme, que la gauche ou la droite en soit victime. Sur CNews, la gauche n’était pas vraiment souhaitée, ou alors sur un mode étique. » (PB)

    Le problème, notamment en politique, est que chaque camp prétend détenir la vérité, en particulier les chaînes d’infos en continu qui ne donnent plus depuis longtemps une information objective, mais clairement orientée.

    Le pire dans cette attitude toxique étant CNews qui prétend défendre la liberté d’expression, alors qu’elle mêle allègrement information et propagande, non seulement dans le domaine national, en soutenant clairement la droite radicale, mais également internationale, certains chroniqueurs défendant ouvertement la Russie dans le conflit qui l’oppose à l’Ukraine.

    On peut également reprocher à France Inter des propos provocants de la part de certains humoristes de la matinale, dont un qui s’appelle Ameziane particulièrement bête et méchant dans sa chronique consacrée à Jean-Philippe Tanguy. Mais là aussi, il s’agit de liberté d’expression. Ce sera à l’Arcom d’apprécier.

    La liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres. Elle ne saurait permettre l’insulte, la calomnie et la propagande. À charge pour chacun de nous d’opter pour celle de France Inter ou celle de CNews.
    Le mieux étant finalement de se forger notre propre vérité, en évitant de se faire influencer par certains médias orientés. Mais ce serait méconnaître l’influence de ceux-ci.

  22. Robert Marchenoir

    L’éditorial d’Élisabeth Lévy n’est pas brillant : il est consternant. Sa confusion morale et intellectuelle est abyssale.

    Elle veut défendre la liberté d’expression ? Très bien. Elle a raison. Elle est gravement menacée. Si tel est son but, il ne manque pas d’outrages à dénoncer dont elle ne dit mot.

    1.- Les multiples cas, au cours des années écoulées, où les autorités ont interdit des rassemblements de droite pour la seule raison que des propos « susceptibles de troubler l’ordre public » seraient « susceptibles d’y être tenus ». Voilà qui va beaucoup plus loin que la censure qui était en vigueur sous le Second Empire, lorsqu’un commissaire de police assistait aux réunions publiques et avait le pouvoir d’y mettre fin instantanément en cas de propos déplaisant au gouvernement. Au moins, attendait-on que des opinions pabien soient émises. Il y avait quelque limite à l’arbitraire. Aujourd’hui, sous le règne des prétendues « valeurs de la République », on n’attend même plus le délit d’opinion : on le présume.

    2.- Les multiples cas où la simple opposition à l’immigration, voire l’exposition des raisons pour laquelle elle est nécessaire, conduisent à des persécutions silencieuses (interdictions bancaires, par exemple) voire à des condamnations judiciaires : Thaïs d’Escufon, Pierre Sautarel et j’en passe.

    3.- Les multiples cas où l’islam, le banditisme et l’immigration conquérants imposent le silence à leurs opposants par l’intimidation et la violence.

    4.- L’existence même des lois prétendument « anti-racistes », qui sont une arme de destruction de la liberté d’expression comme on le voit jour après jour, y compris dans les commentaires de ce blog.

    5.- Les innombrables tentatives de censure massive et invisible au travers du contrôle, par le gouvernement, des plateformes d’expression existant sur Internet.

    6.- L’inégalité flagrante de traitement des militants de droite et de gauche, par la justice, au regard de la liberté d’expression.

    Et j’en oublie, bien sûr.

    Au lieu de cela, que fait Élisabeth Lévy ? Elle s’indigne que Franz-Olivier Giesbert soit attaqué par l’Arcom pour avoir osé rappeler l’évidence : les Juifs sont persécutés en France, et pour avoir exprimé son opposition à cette situation. Elle a raison, c’est un scandale.

    Cet organe de censure gouvernemental n’a même pas le courage de dire qu’il est interdit de défendre les Juifs contre la persécution qui les frappe. Il dit qu’on a le droit, certes, d’être anti-antisémite, mais à condition que des antisémites soient mobilisés pour vous apporter une contradiction immédiate à l’antenne. L’Arcom pourrait tout autant mettre une croix gammée et un croissant islamique en tête de son papier à lettres, ce serait plus franc du collier.

    C’est très bien qu’Élisabeth Lévy réagisse ainsi, mais enfin cela ne lui demande pas trop d’efforts. Elle est juive, elle s’oppose à la persécution des Juifs, cela n’exige aucune lucidité ni courage particuliers de sa part.

    En revanche, elle se vautre lamentablement en défendant Xenia Fedorova et une poignée de proxénètes mondains.

    L’activité de la première ne relève nullement de la liberté d’expression. Qu’on arrête de se payer notre tête en prétendant qu’elle ne fait « qu’exprimer son opinion ». Xenia Fedorova est une espionne russe, envoyée en France par une puissance étrangère qui nous a déclaré son hostilité stratégique, multiplie les menaces d’attaque nucléaire à notre encontre et nous mène une guerre d’agression active : sabotage de nos infrastructures vitales et de nos installations militaires, assassinats, cyber-attentats, envoi d’immigrés illégaux, mesures actives de désinformation et ainsi de suite.

    Cela ne relève pas de la liberté d’expression : cela relève de la répression des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

    En 1980, Pierre-Charles Pathé, journaliste, a été condamné à 5 ans de prison pour avoir agi comme agent d’influence soviétique. Il était au service du KGB depuis 1959. En 1979, il a été arrêté par la DST au moment où il remettait des documents à son officier traitant. Pendant 20 ans, il a rédigé une pseudo-lettre confidentielle sur les relations Est-Ouest intitulée Synthesis. Plusieurs centaines de parlementaires y étaient abonnés. Les « analyses » et les « opinions » de Pierre-Charles Pathé lui étaient en réalité fournies par l’ambassade d’URSS, et servaient à biaiser clandestinement les orientations de la politique française.

    La Cour de sûreté de l’État, à juste titre, n’a pas considéré qu’il s’agissait de « liberté d’expression », mais d’intelligence avec des agents d’une puissance étrangère. En bon français, d’espionnage.

    Et Pathé était un citoyen français. Fedorova est une ressortissante russe, et elle ne cache même pas la nature de ses activités ni ses liens avec le Kremlin, contrairement à Pathé. N’importe quel semi-analphabète muni d’une connexion Internet peut l’écouter à la télévision, apprendre ce qu’elle faisait à la tête de RT France, connaître les liens de RT avec le pouvoir russe, découvrir sa nature d’arme de préparation militaire dans des guerres d’agression revendiquée par Margarita Simonian, sa dirigeante, découvrir les liens entre celle-ci et Poutine, prendre connaissance des liens étroits de Xenia Fedorova avec la classe dirigeante à Moscou, etc.

    D’après Élisabeth Lévy, le ministère de l’Intérieur « laisse entendre » que Xenia Fedorova « serait mouillée dans les manigances et manipulations menées par les Russes dans notre pays, mais sans fournir la moindre preuve ». Élisabeth Lévy se moque du monde. Les « preuves » sont étalées en public depuis des années – par l’intéressée elle-même, qui les revendique.

    Xenia Fedorova aurait dû, non pas être frappée d’expulsion, mais arrêtée, condamnée à une longue peine d’emprisonnement pour espionnage, et conservée à l’ombre par les autorités françaises, en prévision d’un échange le jour venu contre quelque Français arrêté sans motif en Russie – ou contre quelque autre contrepartie importante pour nos intérêts. Comme le font les Américains, en réponse à la stratégie de prise d’otages de Poutine.

    Il ne manque pas de bases légales pour cela. Au hasard : Code pénal, livre IV, titre Ier, Des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation (articles 410-1 à 414-9) :

    « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende. »

    « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, lorsqu’il est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. »

    Il y avait motif à boucler Fedorova pour 10 à 30 ans. Après, on boit frais, et on attend les propositions de Poupou. Des années durant. Jusqu’à ce qu’elles nous conviennent. C’est comme ça que ça se danse, normalement.

    Au lieu de cela, on la laisse s’échapper et narguer la France à distance, tandis que des intellectuels dévoyés, soi-disant de droite, défendent sa cause.

    Enfin, Élisabeth Lévy veut protéger, non pas seulement le libertinage, mais le proxénétisme. Une entreprise organise des séances de relations sexuelles tarifées en groupe : une femme, de nombreux hommes, on achète son billet et on consomme. Ça se passe dans la cave d’un immeuble cossu de Paris. Les voisins protestent, à juste titre.

    En une époque plus sage, la prostitution était tolérée, mais les autorités s’arrangaient pour la reléguer dans des quartiers mal famés et pour maintenir une pression constante contre ses fournisseurs. La modernité a balayé tout cela.

    Non seulement on voit mal ce que ce petit bordel a à voir avec la liberté d’expression, mais il ne s’agit même pas de liberté sexuelle. Élisabeth Lévy assure que les femmes concernées n’étaient pas payées pour leurs prestations, ce qui serait censé exonérer les organisateurs. Elle nous promet que les femmes étaient « consentantes ». On se demande comment elle peut le savoir, surtout à l’heure où les hommes s’entendent dire que si une femme dit « oui », cela peut vouloir dire « non » – avec des poursuites pour viol à la clé. Mais là, c’est différent. L’argent change de mains, ça fait de la « relance économique » qui nourrit les « cotisations » du modèle social que le monde nous envie, donc ça va.

    Si Élisabeth Lévy ne défend pas là le viol collectif organisé, elle défend au moins le proxénétisme. Si je suis son propos, il y a bien une entreprise qui fait payer ces « prestations ». Je ne doute pas que des juges soient capables de couper les cheveux en quatre pour démontrer l’indémontrable, mais si cela n’est pas du proxénétisme, je ne sais pas ce que c’est.

    Sans compter que ce faisant, la justice conforte le sentiment d’impunité des violeurs musulmans qui, eux, considèrent comme normales de telles pratiques lorsqu’elles sont forcées – en prétendant qu’elles sont consenties.

  23. Marc Ghinsberg

    La liberté d’expression se mérite, elle se rend aussi.

    Une liberté d’expression totale, sans aucune borne, autoriserait l’expression qui vise précisément à détruire les conditions d’exercice de cette liberté : l’appel au meurtre de l’opposant, la négation de la dignité d’autrui, la propagande qui prépare l’anéantissement du pluralisme lui-même. C’est le paradoxe de la tolérance formulé par Popper : une société qui tolère l’intolérance illimitée finit par livrer la tolérance à ses ennemis. Poussée à son terme, la liberté absolue d’expression devient l’instrument de sa propre abolition.

    Le débat actuel sur la désinformation, les ingérences étrangères dans le débat public, ou l’usage des plateformes par des régimes hostiles, rejoue ce paradoxe à l’échelle numérique : une démocratie qui s’interdit toute régulation du discours au nom de la liberté d’expression s’expose à voir cette liberté instrumentalisée par des puissances qui, chez elles, ne la pratiquent pas. La réciprocité se rompt et le principe appliqué unilatéralement se retourne contre ceux qui le professent avec le plus de conviction.

    On peut donc soutenir que la liberté d’expression n’est jamais un absolu mais un équilibre pratique, sans cesse renégocié entre l’exigence du pluralisme et la préservation des conditions qui le rendent possible. Ce qui disqualifie aussi bien les censeurs qui invoquent l’ordre public à tout propos que les absolutistes qui refusent toute limite au nom d’une pureté conceptuelle inapplicable.

    Ceux qui exigent une liberté d’expression sans limite oublient qu’ils l’accordent aussi à ceux qui n’en veulent qu’à sens unique et c’est ainsi que le principe le plus généreux devient, faute de réciprocité, la ruse la plus efficace de ses adversaires.

  24. « Sonia Mabrouk, qui fait l’objet d’une polémique parce qu’elle inviterait sur BFM TV des personnalités de droite ou d’extrême droite. » (PB)

    Je ne vois pas pourquoi Sonia Mabrouk devrait être critiquée parce que, à la suite d’un conflit avec la direction de CNews, elle a choisi de la quitter.

    Depuis cette semaine, elle a son émission « 100 % Mabrouk » sur BFM-TV, qui débute à 18 h 45.
    Mais, curieusement, l’émission « Face à l’info » de Christine Kelly sur CNews, qui démarrait à 19 h les années précédentes, commence désormais à 18 h 30.

    Il est facile de deviner que c’est pour inciter les téléspectateurs à se caler sur l’émission de Christine Kelly au détriment de celle de Sonia Mabrouk. En effet, une fois qu’un sujet est abordé dans l’émission, le spectateur est tenté de rester pour connaître la suite.
    Petite guéguerre ridicule que se livrent les deux chaînes pour s’attribuer le titre, ô combien prestigieux, de « première chaîne d’info de France ».

    Personnellement, j’ai trouvé l’émission « 100 % Mabrouk » très intéressante. Le choix des invités, les questions qui sont développées, les échanges dynamiques et sans concessions.
    Bref, je pense qu’à l’avenir je vais regarder l’émission « 100 % Mabrouk », ne serait-ce que pour m’évader des thèmes choisis dans « Face à l’info » et qui ont bien du mal à se renouveler. Au bout d’un moment, ça finit par lasser.

  25. Une liberté est mise en cause ces jours-ci, la liberté individuelle, qui a valeur constitutionnelle et conduirait sans doute le Conseil constitutionnel et/ou le Conseil d’État à censurer une disposition, législative ou réglementaire, qui interdirait purement et simplement le port du voile islamique dans l’espace public.

    Sans entrer dans le débat, et ce d’autant plus que cette mesure ne verra probablement jamais le jour, j’observe qu’une fois de plus, chaque fois que le Rassemblement national, précédemment le Front national, ou un parti du même acabit a le vent en poupe, certains de ses responsables prennent la parole pour mettre en danger le parti par des propos souvent farfelus, suscitant des critiques et des altercations (cf. l’affaire des prénoms à consonance étrangère suscitée par Éric Zemmour, qui lui fut dommageable). Étrange, vraiment étrange…

  26. Cher hôte, merci d’évoquer l’échange de jeudi matin entre Benjamin Duhamel et Sonia Mabrouk.

    B. Duhamel, dans cette interview à charge, reproche à S. Mabrouk de porter et d’afficher autant ses convictions : tout autant que lui-même, pétri qu’il est de sa propre bien-pensance… avec « sa » fenêtre d’Overton, véritable police de la pensée et de la parole.

    On ne saurait trop lui conseiller d’écouter les interviews d’un de ses talentueux prédécesseurs, dont Pierre Bouteiller.
    B. Duhamel et d’autres intervenant(e)s des matinales de France Inter [après le départ des regrettés Ali Baddou et Marion L’Hour, fins, distanciés et cultivés en dépit de leur mésentente] y découvriraient la subtilité qui cherche à cultiver la concorde plutôt que de faire le buzz et autres infantilismes façon influenceurs.

  27. « La pensée unique », comme l’a dénommée Alain de Benoist il y a près de 40 ans, a fait florès pour le plus grand mal de notre démocratie.
    De Louis Pauwels à Marine Le Pen, un cycle d’atrophie intellectuelle s’achève.

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