Longtemps, la frénésie de panthéonisation du président de la République m’est apparue comme le culte d’une solennité par compensation, par défaut.
Puisque les vivants ne pouvaient pas être fiers de la France, on allait flatter cette dernière avec ses morts illustres et, d’une certaine manière, par contagion, Emmanuel Macron ne pourrait-il pas recueillir le bénéfice de ces cérémonies à répétition ? Il n’était pas illégitime que leur organisateur prétendît percevoir une part de ces majestueuses commémorations…
Si mon sentiment n’était pas dominant, combien de fois, cependant, ici ou là, des propos similaires étaient tenus, exprimant une lassitude devant l’instrumentalisation de certaines gloires de notre passé…
Le président de la République, il est vrai, n’a pas lésiné : Simone Veil en compagnie de son époux ; Maurice Genevoix ; Joséphine Baker ; Missak Manouchian avec son épouse Mélinée, elle-même résistante ; Robert Badinter ; Marc Bloch et son épouse Simonne Vidal.

Pourquoi la panthéonisation de Marc Bloch, dans la soirée du 23 juin, m’a-t-elle particulièrement touché ?
Parce qu’à l’exception d’une double interrogation, l’hommage rendu à Marc Bloch ne prêtait à aucune discussion ni réserve et, s’il ne fallait que deux justifications fortes, son amour absolu de la France, avec les cinq citations l’ayant honoré durant les deux guerres, et son admirable héroïsme face à la torture, suivi de son assassinat, suffiraient déjà largement.
Pour avoir été un très grand historien, une sorte de surenchère admirative pour toute son œuvre était-elle nécessaire ?
La petite-fille de Marc Bloch, développant l’ostracisme historique habituel à l’encontre du RN, a refusé sa présence lors de la cérémonie, LFI y étant en majesté ! Comme s’il était impossible pour Marine Le Pen, et interdit à celle-ci, d’ajouter sa voix à celle de la France légitimement émue et fière de cet homme hors du commun. Un parti, à cause de son passé, doit-il être condamné à perpétuité à la stigmatisation quand ses responsables ont sincèrement abandonné les délires d’antan ?
La totale adhésion apportée à la panthéonisation de Marc Bloch, comme une évidence irréfutable, historique et humaine, a été évidemment de nature à projeter un autre regard sur la démarche présidentielle. Si on veut bien présumer son entière bonne foi, on pourrait l’inscrire, à la fin de son dernier mandat, dans une séquence importante qu’il a lui-même évoquée.
Le récit de ses deux quinquennats, son rapport à l’Histoire et la trace qu’il laissera : il paraît qu’il a sollicité plusieurs historiens pour tenter de dégager avec eux les contours d’une relation non seulement acceptable mais fondamentale avec son action. De quoi celle-ci sera-t-elle le nom ?
À partir de cette obsession, ses panthéonisations, les choix opérés, la symbolique qui s’en dégage ne constituent-ils pas aussi, non plus une illustration consolatrice de lui-même, mais une part fondamentale de ce qu’il va nous léguer ?
Non plus des grands travaux, mais de magnifiques et sublimes mémoires ?
Désolé, je ne pensais pas que l’actualité confirmerait aussi vite mes propos. Nous venons d’assister à un accès de gaullisme viscéral, fulgurant et pathologique chez Audrey Pulvar, adjointe au maire de Paris chargée des relations internationales.
Si Paris étouffe sous la canicule, si 109 morts à domicile ont été relevés en un seul jour au lieu de 7 habituellement, ce n’est pas parce que la gauche à laquelle elle appartient, et qui dirige la ville depuis 25 ans, s’est constamment opposée à la climatisation pour des raisons idéologiques.
Ce n’est pas parce que la gauche est responsable de la « haine viscérale de la climatisation », soigneusement entretenue depuis la canicule de 2003 qui a fait 15 000 morts.
Non. C’est la faute… je vous le donne en mille… des Américains.
Sur son compte Instagram, Audrey Pulvar, vexée par les remarques indignées des touristes américains coincés dans cette ville de sauvages, incapable de se doter de climatiseurs à l’instar de n’importe quelle poubelle du Tiers-monde, explique, en anglais et à leur intention, que si des milliers de vieux et de malades vont, vraisemblablement, mourir cet été à Paris et à travers toute la France, c’est… parce que les Américains utilisent trop la climatisation.
Amputée de la honte à la naissance.
Je traduis en français le texte écrit par notre « diplomate » über-gaulliste :
« Chers journalistes américains et influenceurs des réseaux sociaux, depuis plusieurs jours, certains d’entre vous critiquent la ville de Paris et se moquent de nous parce que nous n’avons pas la climatisation dans chaque pièce de chaque immeuble… mon Dieu, quel culot ! »
« En tant que deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, vous portez une lourde responsabilité dans le réchauffement climatique et ses conséquences qui s’imposent à nous, en France. Vos villes, qui sont climatisées à 90%, n’y sont pas étrangères. »
Alors qu’il a bien été expliqué, ces jours-ci, par des esprits plus rationnels, dans les médias, qu’un climatiseur ne crée pas de chaleur : il ne fait que la déplacer. N’augmentant que très peu la température extérieure, de façon très localisée et encore, pas toujours.
Et que nul n’a jamais été en mesure de démontrer que la faible consommation d’électricité qu’il occasionne, si elle était supprimée, ferait suffisamment baisser la température pour permettre de s’en passer. Surtout en France, où l’écrasante majorité de l’électricité est d’origine nucléaire, disponible en surplus en été, et donc même pas soupçonnée de pouvoir contribuer au « réchauffement climatique » !
Le Telegraph de Londres, qui rapporte cette abyssale sottise sur sa page d’accueil, titre sobrement, avec l’humour britannique pince-sans-rire qui le caractérise : La France reproche aux États-Unis sa canicule mortelle.
Non seulement on tue nos vieux par obscurantisme scientifique et sectarisme idéologique, mais on passe pour des brêles à l’étranger.
Comme Marc Bloch le remarquait déjà en 1940, ce n’est jamais la faute de personne, en France. Irresponsabilité et gaullisme à tous les étages.
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@ Michel Deluré – le 28 juin 2026
« Touchante preuve d’humilité certes mais qui n’en rend pas, pour autant, vos propos plus convaincants. Ces propos ne sont l’expression que de votre opinion. Acceptez que d’autres la contestent. C’est le grand mérite de ce blog que de permettre cette contestation. »
Il ne s’agit pas de contester. N’importe quel bébé vagissant est en mesure de contester.
Il s’agit, éventuellement, de réfuter. Ce que vous avez été bien incapable de faire.
C’est curieux qu’un grand garçon comme vous ne comprenne pas les bases du débat rationnel. C’est curieux que vous puissiez considérer que « chuis pas convaincu » soit un argument.
Vous pouvez, bien sûr, « contester » n’importe quoi en publiant n’importe quelle opinion infondée à sa suite.
Personne ne vous conteste ce droit. Même des malades mentaux certifiés, ici, ont la possibilité de publier leurs divagations. Merci, donc, de ne pas jouer à la pauvre victime.
Allons plus loin. Le débat est parti de l’irresponsabilité de certains dans la magistrature et la gendarmerie, qui a conduit à un viol et un assassinat parfaitement évitables (comme bien d’autres). Il est parti de la panthéonisation de Marc Bloch, et du gaullisme d’atmosphère parfaitement visqueux, inutile et d’ailleurs nocif qui l’entoure.
Qu’avait reproché de Gaulle aux élites de son temps ? De faire la guerre d’aujourd’hui avec les idées d’hier. De ne pas tenir compte de l’invention des blindés, qui allaient conduire à la défaite de 1940 comme les drones vont conduire à la défaite de la Russie au XXIe siècle.
Pourquoi a-t-on panthéonisé Marc Bloch, et pas un autre ? Pas seulement parce qu’il a été Résistant, et fusillé par les Allemands. Il y en eut beaucoup d’autres. Parce qu’il a écrit L’Étrange défaite, qui désignait les causes de l’effondrement de 1940. Et parmi elles, le fait de toujours avoir une guerre de retard. De faire celle d’aujourd’hui en se référant à celle d’hier.
Exactement le reproche fait par de Gaulle. La même chose que font les gaullistes aujourd’hui. Pour eux, comme pour tous les Français qui baignent dans ce répugnant fonds de sauce moisi depuis près d’un siècle, tout se rapporte à la Seconde Guerre mondiale. Du matin au soir, tels de petits enfants, ils jouent aux nazis et aux Résistants. Comme Emmanuel Macron passe son temps à le faire au Panthéon. C’est très rigolo, et les Résistants gagnent toujours à la fin.
Seulement, cela fait belle lurette qu’il n’y a plus de nazis, de même qu’en 1939, on ne chargeait plus à cheval contre des avions (la dernière charge de cavalerie qui a eu lieu dans l’armée française – les avions étaient au sol).
Les problèmes d’aujourd’hui, c’est l’immigration, l’islamisation, la délinquance de masse, la dépense publique étouffante, les impérialismes russe et chinois, l’affaiblissement des États-Unis, l’effondrement du quotient intellectuel et celui de la natalité.
Rien à voir avec la Seconde Guerre mondiale ni avec le nazisme.
Marc Bloch, dans L’Étrange défaite, a cette phrase : « Nous venons de subir une incroyable défaite. À qui la faute ? Au régime parlementaire, à la troupe, aux Anglais, à la cinquième colonne, répondent nos généraux. À tout le monde, en somme, sauf à eux. »
Saisissante description du gaullisme. La France, grâce à l’ombre tutélaire de De Gaulle, est doulce et noble. Quand ça foire, ce n’est jamais sa faute. C’est la faute aux Anglais, aux Américains, à « l’Europe », à la mondialisation, au capitalisme, aux multinationales, aux GAFAM, aux « riches », au « changement climatique », et même à l’immigration (qu’il suffirait de juguler pour que le socialisme dans un seul pays devienne viable, selon le très gaulliste Rassemblement national).
La Frônce, elle, a toujours le coeur sur la main, elle est toujours disponible pour s’interposer entre les méchants Anglo-Saxons et le gentil Tiers-Monde. Elle est bonne de nature, grâce à Jeanne d’Arc. Le monde entier l’admire, et réclame éperdument qu’elle répande sur lui sa bienfaisante substance faite de Valeurs Républicaines, de Culture, de francophonie – bref, de gaullisme.
Déjà, pendant la Seconde Guerre mondiale, de Gaulle vomissait sur les Anglais et les Américains. Si l’analyse de Marc Bloch rejoint, sur bien des points, la posture gaullienne de 1940-1945, elle en constitue, aussi, une vive critique.
Marc Bloch dénonçait le culte du chef et le pacifisme. Les gaullistes passent leur temps à nous vanter le chef charismatique introuvable, à faire l’éloge de l’État fort et stratège. Ils passent leur temps à nous expliquer qu’il faut faire la paix avec la Russie de Poutine, sous prétexte que nous étions alliés avec elle lors de la guerre d’avant.
Si de Gaulle était de retour aujourd’hui, il serait viscéralement – comme disent les bonnes âmes – anti-gaulliste.
Le gaullisme consiste à roupiller en se payant de mots, et en réclamant les avantages acquis pour lesquels nos ancêtres se sont battus – de Gaulle, en l’occurrence. C’est oublier que ce dernier s’est sorti les mains des poches.
En revanche, il nous a laissé ce funeste héritage : la croyance qu’il suffisait de dire un truc pour faire disparaître la réalité. En l’occurrence, la collaboration et le gouvernement de Pétain. À l’époque, c’était une recette pour l’action. Depuis, c’est devenu une justification pour l’irresponsabilité et l’inaction.
De même que l’idéologie de gauche est une religion de substitution qui prend la place du christianisme, de même, le gaullisme est un christianisme dévoyé.
De Gaulle, c’est le Christ. Il a racheté les fautes des Français : la défaite et la collaboration. En partant à Londres, il a consenti à sa Passion. Par de mystérieuses adresses à la radio, il a baptisé ses compatriotes, qui constituent désormais le peuple élu. Depuis, ces derniers attendent le retour du Messie. Ils scrutent l’horizon avec anxiété, en guettant l’arrivée de son successeur : sera-ce, enfin, le Chef charismatique tant attendu ?
Nous avons eu Pompidou, le Fils du Fils de Dieu. Puis Giscard, puis bien d’autres… Ce n’est jamais le bon. Mais, un jour, mon prince viendra.
Malheureusement, il manque une brique cruciale à cette parodie religieuse : la confession des péchés, la pénitence et la cessation des fautes. En termes politiques, la réforme des maux que nous tenons à perpétuer, et dont l’origine est nationale.
@ Robert Marchenoir 28/06/2026
« …et ici je ne peux mieux faire que de me citer… »
Touchante preuve d’humilité certes mais qui n’en rend pas, pour autant, vos propos plus convaincants. Ces propos ne sont l’expression que de votre opinion. Acceptez que d’autres la contestent. C’est le grand mérite de ce blog que de permettre cette contestation.
Me faire panthéonise par un Président de gauche à côté de Jean Monnet, soupçonné d’être un agent de la CIA, distributeur de Cognac, franco-américain… concepteur de cette UE qui a volé aux États leur souveraineté – y compris juridique – me demanderait beaucoup d’efforts. Le cimetière Montparnasse est plus accueillant aux âmes tourmentées par le destin de leur patrie ! Amen.
@ Robert Marchenoir
« Et ne parlons pas de son livre Libres d’obéir : le management, du nazisme à aujourd’hui, dont le titre seul est déjà un mensonge, et révèle l’extrême partialité du personnage. « Le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne », prétend la présentation de l’ouvrage. »
Le titre est comme tous les titres. Vous vous y connaissez en titres d’ouvrages ? Vous n’avez pas l’air de savoir à quoi sert un titre…
C’est d’une imbécillité crasse de croire que jeter certains mots dans un certain ordre, pour alerter sur le contenu, va avoir un effet…
Ce serait possible, mais la ficelle doit être aussi fine et solide qu’une toile d’araignée, et vous, vous utilisez des haubans…
On ne doit donc pas écrire qu’un titre d’ouvrage est un mensonge, comme on ne doit pas écrire que la pluie est remplie de bruit ou que le ciel est plein de bleu…
« Il faut ne rien connaître à l’entreprise privée pour établir un parallèle entre le management et la dictature… »
Ici, chez M. Bilger, les gens sont affranchis, et rares sont ceux qui ont encore peur des mots. Dès lors, « dictature » est un mot comme les autres. C’est pourquoi certains peuvent voir votre petit jacquard…
Quant au privé et à sa mécanique, elle a précisément à voir avec ce qui semble vous rendre timoré…
Pour ceux qui savent, il n’est pas pertinent de brasser du vent. Et je dirais même plus, si vous pouvez le concevoir : il est recommandé de raisonner avec logique !
De Gaulle est ce que vous n’êtes pas !
@ Michel Deluré – le 27 juin 2026 (@ Robert Marchenoir 25/06/2026)
« Or, De Gaulle est l’homme qui a durablement inscrit, en France, non seulement la culture, mais le dogme de l’irresponsabilité. » (RM)
« On s’y reprend à deux fois pour vérifier que ce qui est écrit est réellement ce que l’on a lu ! » (MD)
Oui. Parce que vous n’avez aucune ouverture d’esprit. Parce que vous êtes incapable de prendre en compte et d’évaluer des idées qui contredisent vos préjugés, le petit confort intellectuel qui vous tient lieu de pensée.
Si vous en étiez capable, vous tenteriez de réfuter les faits que j’ai présentés à l’appui de mon analyse. Ou bien – soyons fous ! – vous les reconnaîtriez, ainsi que le bien-fondé de mes propos. Au lieu de cela, vous présentez d’autres faits, qui n’ont rien à voir et qui ne réfutent nullement les miens. Vous déplacez la cage de buts à roulettes, malhonnêteté rhétorique bien connue :
« Ainsi, l’Appel du 18 juin 1940, le vote accordé aux femmes en 1944, la Constitution de 1958 validée par un vote des Français, l’élection au suffrage universel de celui ou celle entre les mains de qui est confié le destin du pays, pour ne citer que ces points, constituent, selon vous, autant de témoignages de l’existence d’un « dogme d’irresponsabilité », alors même qu’ils visent justement à plus responsabiliser le citoyen ? »
Pour l’un d’entre eux, oui. La façon dont de Gaulle a imposé l’élection du président de la République au suffrage universel, contraire à la Constitution qu’il avait lui-même fait adopter, et qui a été jugée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel prévu par cette Constitution même, est, en effet, une manifestation éclatante de l’irresponsabilité du personnage : c’est moi qui décide, je le veux et je vous emm…
Mais pour le reste, non. Les autres faits que vous citez ne démontrent pas la promotion de l’irresponsabilité par le général de Gaulle.
Pas plus que le fait qu’il s’appelait Charles, que sa chambre était tapissée en bleu (j’invente, remplacez par la couleur véritable), qu’il payait son électricité, ou – je m’étonne que vous n’ayez pas cité ce point – qu’il ait promis de se retirer si les Français ne l’approuvaient pas par référendum, ce qu’il a fini par faire.
Les faits que vous mentionnez ont peut-être « visé à responsabiliser davantage le citoyen », mais il semble vous avoir échappé que le citoyen d’aujourd’hui est totalement irresponsabilisé – et plus encore le fonctionnaire et l’homme politique, pourtant directement issus de cette Ve République dont nous sommes censés être éternellement redevables à Charles de Gaulle.
C’est d’ailleurs la raison même pour laquelle nous avons cette discussion en ce moment. Peut-être que de Gaulle voulait promouvoir la responsabilité, mais on s’en tape prodigieusement, de ce qu’il voulait. Ce qui compte, c’est ce que ses actes ont fini par promouvoir.
Ce qui compte, c’est la différence entre la théorie et la réalité. Point de vue qui distingue la droite de la gauche.
Or, ce que de Gaulle a réellement installé dans la mentalité française, c’est la chose suivante, et ici je ne peux mieux faire que de me citer, puisqu’apparemment vous avez délibérément omis de me lire :
« De Gaulle est l’homme qui a durablement inscrit, en France, non seulement la culture, mais le dogme de l’irresponsabilité. C’est un article de foi de la religion gaullienne que la France n’a pas collaboré : seul le gouvernement de Vichy l’a fait. La seule France, la vraie, c’était Lui et la France Libre de Londres. »
« Ce mythe a perduré pendant des décennies après sa mort. Il est encore vivace aujourd’hui. […] »
« C’est lui qui a permis à d’innombrables personnes, nées après la Libération, de s’exonérer de toute responsabilité quant à leurs décisions politiques ou simplement leurs préconisations […]. »
Voilà ce qu’il conviendrait de réfuter si vous n’êtes pas d’accord avec moi. Au lieu d’écrire cette prodigieuse sottise :
« Nourrir une haine viscérale à l’encontre de De Gaulle ne doit pas conduire, par simple jouissance, à développer sur le personnage des thèses insensées. »
Toujours la « haine ». Toujours « viscérale ». Vieux truc des gauchistes quand ils sont incapables de réfuter les faits et les arguments présentés par leurs adversaires.
Il n’y a nulle trace de haine dans mes propos relatifs à de Gaulle, et nulle trace de réactions « viscérales ». Cette analyse est tellement « viscérale » que je l’ai minutieusement étayée, et que je ne l’ai adoptée que très récemment, après des décennies à penser le contraire, parce que je n’avais pas connaissance des faits qui me permettent, aujourd’hui, de la justifier.
Éprouverais-je de la haine envers de Gaulle, que je vois mal en quoi cela réfuterait mes propos. Le nazisme est assez communément considéré comme une façon inappropriée de diriger une nation. A-t-on, pour autant, jamais entendu quiconque reprocher à autrui une « haine viscérale » envers Hitler ?
En politique, la haine, ou l’amour, sont une conséquence. Le discrédit des adversaires politiques en fonction d’une « haine » bien souvent absente, improuvable et en tous cas impertinente, est malhonnête.
La question n’est pas si l’on hait ou si l’on aime. La question est qui, ou quoi, il faut haïr, et qui il faut aimer.
Et cela se démontre. Comme je viens de le faire. Et comme vous ne l’avez pas fait.
En vérité, votre réaction scandalisée est la preuve que le gaullisme est un dogme, un mythe, une religion. C’est bien le problème. C’est bien pour cela que le gaullisme nous bloque, qu’il est totalement inadapté à la réalité contemporaine et que nous devons nous en débarrasser.
@ caroff – le 26 juin 2026
« En l’occurrence, ce film retrace des événements décrits par les historiens. Lesquels ne sont pas toujours honnêtes : prenez par exemple le cas de Boucheron, du Collège de France […]. Vous avez aussi Johann Chapoutot, professeur à la Sorbonne […]. »
Nous sommes parfaitement d’accord. Il ne suffit pas de lire des livres : encore faut-il choisir les bons ! Il paraît que Chapoutot a quelque compétence en tant qu’historien de la Seconde Guerre mondiale. Mais je l’ai définitivement rayé de ma liste des livres à lire quand j’ai pris connaissance de l’invraisemblable mépris avec lequel il prétend que l’intelligence et la culture sont exclusives à la gauche.
Et ne parlons pas de son livre Libres d’obéir : le management, du nazisme à aujourd’hui, dont le titre seul est déjà un mensonge, et révèle l’extrême partialité du personnage. « Le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne », prétend la présentation de l’ouvrage. En somme, les patrons sont des nazis, et le capitalisme est aussi immoral qu’Hitler. Il faut ne rien connaître à l’entreprise privée pour établir un parallèle entre le management et la dictature…
« Quant à de Gaulle, il convient de distinguer l’homme de la France libre, qui a pris ses risques (pour parler comme le sous-commandant Macron) et auquel je faisais allusion, et celui de l’après-guerre décrit par Jean-Luc Barré (De Gaulle, le premier des Français, 1944-1958, chez Grasset, 2025). »
Nous sommes bien d’accord. Il faut aussi distinguer entre de Gaulle et les gaullistes. Entre les gaullistes de la guerre et ceux d’après. Entre les gaullistes du vivant de De Gaulle et ceux qui ont exploité le mythe après sa mort. D’ailleurs, le général lui-même avait dénoncé ces faussaires à l’avance.
« Il ne faut pas oublier que le PCF obtint 26 % des suffrages aux élections législatives cette même année et que le rapport de force était suffisamment conséquent pour que de Gaulle autorisât l’arrivée d’une centaine de militants communistes dans les cabinets ministériels, cadeau fait à Staline. »
Tout à fait. Cependant, l’analyse conventionnelle de ce rapport de forces crédite de Gaulle d’avoir sauvé la France d’une révolution communiste, gérant au mieux le pouvoir du PCF et l’avantage stratégique de Staline obtenu sur le front. Elle omet, cependant, la responsabilité de l’intéressé dans la constitution même de ce pouvoir pendant la guerre.
Mon analyse met en cause à la fois le caractère de De Gaulle lui-même (y compris pendant la guerre), contrairement à la statue qui lui est dressée ordinairement ; et des actions qui l’incriminent sérieusement dès cette période.
Certaines d’entre elles étant inconnues du plus grand nombre, car révélées par des archives qui ne se sont ouvertes que très récemment. C’est le cas de ses avances secrètes à Staline en 1941, via l’ambassade russe d’Ankara.
Je souscris sans réserve à l’intégralité du commentaire de Serge HIREL le 25 juin 2026 que je ne veux pas paraphraser.
Du commentaire de Tipaza le 25 juin 2026 je retiens ce passage que je partage pour l’essentiel : « Quant à Marc Bloch, sa panthéonisation, que je ne conteste pas, est l’objet d’un superbe contresens. Dans son livre, il dénonce une bureaucratie impotente, une irresponsabilité des élites à tous niveaux, que nous traînons encore dans la société, et dont l’irresponsabilité des magistrats, irresponsabilité dans tous les sens du mot, est la meilleure preuve. C’est cela l’essentiel de la pensée de Marc Bloch, l’esprit de résistance qui suit est d’abord la résistance à cette irresponsabilité généralisée, et évidemment la résistance à l’ennemi qui en profite. »
Il est historiquement exact et nécessaire de souligner que la pensée et l’engagement de Marc Bloch sont fondamentalement inconciliables avec l’idéologie du Front national (devenu Rassemblement national).
Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce que Marc Bloch représentait, tant par ses idées que par son sacrifice ultime.
1. Le refus du nationalisme exclusif
Marc Bloch était un patriote, mais un patriote « universaliste ». Dans son œuvre posthume majeure, L’Étrange Défaite (écrite à chaud en 1940), il livre une analyse lucide de la débâcle française.
Contre le repli identitaire : Bloch était un intellectuel juif alsacien, profondément attaché à la France, mais sa conception de la nation n’était pas fondée sur le sang, la race ou le rejet de l’autre. Il définissait la France par une culture, une histoire et un héritage humaniste ouvert.
La nation inclusive : Là où les courants d’extrême droite prônent une « préférence nationale » ou un repli sur soi, Marc Bloch croyait en une communauté de destin façonnée par le brassage des idées et l’héritage des Lumières.
2. Le combat contre le fascisme et le racisme
Marc Bloch a vécu dans sa chair la montée de l’antisémitisme et du fascisme européen dans les années 1930.
Sa réponse au racisme : Dans L’Étrange Défaite, il dénonce le poison de l’antisémitisme qui a gangrené la société française et l’a affaiblie de l’intérieur. Il s’opposait frontalement à toute idéologie hiérarchisant les citoyens selon leur origine ou leur religion.
L’antifascisme militant : Lorsque la France est occupée, Bloch ne se contente pas d’observer. Il entre dans la Résistance (réseau Franc-Tireur) à l’âge de 56 ans. Son engagement était celui d’un républicain convaincu, pour qui la liberté et la dignité humaine sont indissociables de la citoyenneté.
3. La méthode historique comme rempart contre l’idéologie
En tant qu’historien (cofondateur de l’École des Annales), Marc Bloch prônait une méthode fondée sur la rigueur, le doute critique et le refus des simplifications abusives.
La haine des mythes : Sa pensée visait à déconstruire les mythes nationaux et les récits simplistes. À l’inverse, les mouvements d’extrême droite construisent souvent leur rhétorique sur une lecture mythifiée, figée et romantique de l’histoire, utilisée comme outil de propagande.
La recherche de la vérité : Pour Bloch, l’histoire ne devait pas servir à flatter les passions nationalistes, mais à comprendre la complexité humaine. Cette démarche scientifique et rationnelle est aux antipodes des discours fondés sur l’émotion, la peur de l’étranger et le ressentiment.
4. Le sacrifice de soi
Le destin de Marc Bloch est le point final de cette opposition : arrêté par la Gestapo, torturé, puis fusillé par les nazis en juin 1944, près de Lyon, il est mort pour une certaine idée de la France : une France libre, démocratique et ouverte.
Citer Marc Bloch aujourd’hui pour cautionner ou justifier une idéologie nationaliste, comme le fait parfois l’extrême droite, constitue un profond contresens historique. C’est instrumentaliser la mémoire d’un homme qui a donné sa vie pour combattre précisément les dérives que ces courants ont historiquement portées : le nationalisme radical, l’antisémitisme et le rejet de l’autre.
Comme il l’écrivait dans son testament :
« Je meurs comme j’ai vécu, en bon Français. »
Emmanuel Macron passe son temps à s’écouter parler de personnes qui ont essayé de faire en sorte que la France survive, alors que lui la détruit.
Un pantin au Panthéon.
@ Michel Deluré le 26 juin 2026
« … même si nous voulons bien croire que la France constitue un réservoir de grands hommes ou de grandes femmes… »
C’était bien la peine de disposer d’un tel réservoir si c’est pour nous retrouver dans un pétrin pareil…
Mais peut-être que les prétendues valeurs stockées dans cette nécropole étaient quelque peu surfaites.
@ Robert Marchenoir 25/06/2026
« Or, De Gaulle est l’homme qui a durablement inscrit, en France, non seulement la culture, mais le dogme de l’irresponsabilité. »
On s’y reprend à deux fois pour vérifier que ce qui est écrit est réellement ce que l’on a lu !
Ainsi, l’Appel du 18 juin 1940, le vote accordé aux femmes en 1944, la Constitution de 1958 validée par un vote des Français, l’élection au suffrage universel de celui ou celle entre les mains de qui est confié le destin du pays, pour ne citer que ces points, constituent, selon vous, autant de témoignages de l’existence d’un « dogme d’irresponsabilité », alors même qu’ils visent justement à plus responsabiliser le citoyen ?
Nourrir une haine viscérale à l’encontre de De Gaulle ne doit pas conduire, par simple jouissance, à développer sur le personnage des thèses insensées.
Mais, bon sang de bonsoir, quand donc allez-vous les pendre, tous ces zouaves ?
Sinon, qui va calmer la queen Learette ?
Et qui va remettre à l’endroit la culotte au bon vieux Dagobert ?
Un peu de responsabilité, s’il vous plaît, la bête a faim.
Qu’on donne à manger au peuple souverain, panty de l’une sur la tête de l’autre, la royauté a besoin d’évacuer les produits enfin digérés de sa défaite : exonérée de la faute, elle n’est responsable de rien, réclame la pitance dans laquelle elle se vautre pour mieux s’offrir aux chiens !
Après tout, ce n’est pas si grave, Zézette, avec la République, attendra.
À multiplier ces cérémonies, nous finissons logiquement par nous demander si l’objectif recherché de ces panthéonisations est réellement d’honorer celui qui entre dans ce prestigieux monument ou s’il n’est pas plutôt de braquer les projecteurs sur celui qui en est, en fait, le maître de cérémonie.
La panthéonisation, plus qu’un moment de solennité témoignant de la reconnaissance de la Nation envers une grande personnalité, n’en devient-elle pas, du fait de sa récurrence et même si nous voulons bien croire que la France constitue un réservoir de grands hommes ou de grandes femmes, un moment surtout éminemment politique et de communication au bénéfice de celui qui officie ?
Marc Bloch à peine panthéonisé, voilà que nous entendons déjà bruisser certains noms dans la liste de ses prochains successeurs. EM aurait-il pour objectif d’inscrire encore, avant l’expiration de son mandat, une nouvelle panthéonisation à son palmarès ?
@ Robert Marchenoir
« C’est lui qui a permis à des millions de gens de se prétendre Résistants à la Libération, par le seul fait d’un ralliement ultérieur. C’est lui qui a permis de rapidement glisser sous le tapis l’antisémitisme français et les responsabilités de la France dans la collaboration………… »
Et c’est lui qui a permis la main d’ma soeur dans la culotte du zouave…
Faut en parler de ça, mon vieux !!!
Il est clair que Monsieur Macron, se parant des plumes du paon, récupère les mérites d’autrui dans le cas de Marc Bloch (ou les malheurs d’autrui dans le cas de l’Ukraine) pour faire parler de lui, à temps et à contretemps.
Lui, lui avant tout, encore lui, toujours lui, lui quelle que soit l’actualité et les drames qu’elle porte : ce n’est pas la discrétion qui l’étouffe.
Ceci dit, sans porter atteinte aux mérites de Marc Bloch, ne pouvons-nous pas regretter qu’un homme de sa valeur, de ses connaissances historiques et de son expérience de l’art militaire en tant qu’ancien combattant, ainsi que de l’imbrication de ce dernier avec la politique, se soit contenté de se comporter en simple analyste de la défaite alors qu’il disposait des outils intellectuels pour éventuellement avoir eu aussi un rôle de Cassandre, que de nos jours nous appelons un lanceur d’alerte ?
L’un d’entre eux avait par exemple été le maréchal Lyautey, qui avait ainsi préfacé en 1934 l’édition française (clandestine) de « Mein Kampf » : « Tout Français doit lire ce livre. »
https://vendeeresistance.fr/documents/ou002-edition-clandestine-de-mein-kampf/
Mais déjà à l’époque, les magistrats – ou du moins certains d’entre eux – ne faisaient pas passer l’intérêt national au-dessus de tout…
Autre lanceur d’alerte : Charles Lindbergh, qui, ayant eu l’occasion de visiter des usines d’aviation allemandes, avait fait part de ses doutes sur le niveau quantitatif de l’armement français équivalent.
Mais en France, les lanceurs d’alerte sont très mal vus lorsqu’ils vont à l’encontre de la doxa des hommes en place…
« Une sortie officielle qui vire au drame en plein coeur de la capitale. Ce jeudi 25 janvier, plusieurs révélations indiquent que la berline de Jean-Pierre Raffarin a été impliquée dans un impressionnant accident de la circulation, le 11 juin dernier. Son chauffeur, qui circulait toutes sirènes hurlantes dans le huitième arrondissement de Paris, a violemment percuté un homme circulant à scooter. »
Ben, mon colon ! Une déclaration de guerre, au moins, pour justifier ce grand Zampano à tombeau ouvert… Au fait, il était autorisé pour ce type de cirque ? Et la bagnole et le chauffeur, je pensais que c’était terminé… Suis pas sûr que c’était de sa poche.
Le temps presse. Avant la passation du pouvoir, c’est la dernière sortie d’Emmanuel Macron, où il ne risque pas, pendant son discours au Panthéon, d’être hué sur fond de bruit de casseroles.
@ Robert Marchenoir
« Les seules sources valables, en la matière, sont des livres. Écrits par des historiens reconnus dans leur domaine. À défaut, des articles s’appuyant sur de tels livres, écrits par des auteurs ayant démontré leur fiabilité. »
En l’occurrence, ce film retrace des événements décrits par les historiens.
Lesquels ne sont pas toujours honnêtes : prenez par exemple le cas de Boucheron, du Collège de France (mazette !), qui est un des auteurs de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, dont la délicatesse et l’à-propos ont enchanté plus d’un !
Boucheron est à gauche toute, la preuve : il a micro ouvert à France Culture et n’a de cesse d’idéologiser ses analyses. Et à la question de l’antisémitisme de la secte mélenchoniste, il préfère le silence !!
Vous avez aussi Johann Chapoutot, professeur à la Sorbonne, spécialiste du nazisme et compagnon de route de LFI, dont la thèse est que ce sont les élites centristes des années 1930 qui, en Allemagne, ont porté Hitler au pouvoir par peur du bolchevisme. Le parallèle avec la situation d’aujourd’hui devient évident : les macronistes sont les crypto-nazis de l’époque, comme le fut von Papen en 1933.
Voilà pour les historiens et ce ne sont que deux exemples, bien résumés par Pierre-André Taguieff : « Les intellectuels sont souvent involontairement comiques quand ils s’engagent. L’historien engagé se sent probablement obligé de soutenir cette thèse (celle d’une bourgeoisie libérale ayant livré le pouvoir à Hitler) parce que c’est celle de Mélenchon. Un cas de soumission idéologique et lexicale. »
Quant à de Gaulle, il convient de distinguer l’homme de la France libre, qui a pris ses risques (pour parler comme le sous-commandant Macron) et auquel je faisais allusion, et celui de l’après-guerre décrit par Jean-Luc Barré (De Gaulle, le premier des Français, 1944-1958, chez Grasset, 2025).
Ainsi, de Gaulle préféra pactiser avec Thorez, qui accepta fin 1944 de dissoudre les milices communistes et de lancer le PCF dans la reconstruction économique du pays. L’État-providence dans lequel nous baignons encore aujourd’hui fut promu par l’alliance gaullo-communiste : nationalisation des mines, du gaz, de l’électricité, de Renault et de la Sécurité sociale en octobre 1945.
Il ne faut pas oublier que le PCF obtint 26 % des suffrages aux élections législatives cette même année et que le rapport de force était suffisamment conséquent pour que de Gaulle autorisât l’arrivée d’une centaine de militants communistes dans les cabinets ministériels, cadeau fait à Staline.
L’Histoire a jugé : la France est devenue le seul pays dans lequel le communisme a été mis en œuvre avec un certain succès.
C’est une part négative à ajouter au Général. Je vous suis sur ce terrain !
@ Robert Marchenoir
Vous confirmez votre ignorance à penser que votre fiction haineuse peut éluder la vérité gaullienne.
Qui a doté la France des instruments institutionnels et militaires lui donnant les moyens de se relever et d’incarner les valeurs fondamentales de la démocratie ?
Cela ne vous intéresse pas, vous préférez régler vos comptes de vaincu.
Allez donc rejoindre ceux qui sont soumis univoquement à la puissance américaine plutôt que de tenter les compromis entre les vainqueurs de 1945, vous confirmez votre allégeance à l’esprit de domination impériale dont les nations européennes ont expérimenté l’échec inéluctable.
Vous choisissez d’être remplacé, en bon défaitiste collaborateur franchouillard.
À considérer l’apologie chrétienne la plus puissante du XXe siècle comme purée indigeste, de vous-même – As-sez-De-hors – vous vous expulsez de la réalité, celle qui met universellement l’être humain face à sa condition de persécuteur, et lui permet de discerner librement le bien du mal.
À vous de voir si vous désirez en rester aux inconsciences infantiles ; tant que j’en aurai la force, je vous signalerai que vous exercez votre liberté pour choisir l’esclavage.
J’ajoute, à mon dernier commentaire, une raison très importante pour rejeter l’héritage gaulliste.
Philippe Bilger, depuis plusieurs billets, suite à des événements funestes, souligne l’importance qu’il y a à rétablir la responsabilité à tous les étages du gouvernement. Il est d’ailleurs suivi en cela par une grande partie de la société.
Or, De Gaulle est l’homme qui a durablement inscrit, en France, non seulement la culture, mais le dogme de l’irresponsabilité. C’est un article de foi de la religion gaullienne que la France n’a pas collaboré : seul le gouvernement de Vichy l’a fait. La seule France, la vraie, c’était Lui et la France Libre de Londres.
Ce mythe a perduré pendant des décennies après sa mort. Il est encore vivace aujourd’hui.
C’est lui qui a permis à des millions de gens de se prétendre Résistants à la Libération, par le seul fait d’un ralliement ultérieur. C’est lui qui a permis de rapidement glisser sous le tapis l’antisémitisme français et les responsabilités de la France dans la collaboration.
Et c’est lui qui a permis à d’innombrables personnes, nées après la Libération, de s’exonérer de toute responsabilité quant à leurs décisions politiques ou simplement leurs préconisations : mais, euh, je suis gaulliste, moi, donc je suis dans le camp du Bien. Valeurs de la République et patin-couffin.
C’est lui qui a permis à n’importe quel pignouf de se déclarer Résistant pour tout et n’importe quoi : parce qu’il n’était pas content de la couleur du papier peint dans son bureau, parce qu’il refusait toute réforme de la fonction publique sans avoir à réfuter les arguments de bon sens qui lui étaient présentés, etc.
C’est lui qui a permis à la société de s’abriter derrière une unité illusoire, de rester dans le déni des conflits fondamentaux, de se payer de mots au lieu d’affronter les combats nécessaires. Qu’il s’agisse d’immigration, de délinquance, de dépense publique ou de tout autre chose.
De Gaulle, c’est le magicien tutélaire qui a, par le seul pouvoir de son Verbe, effacé toutes les fautes présentes et à venir de son Peuple. Le drame, c’est que cette posture, qui pouvait avoir son utilité en 1940, a durablement infecté la culture politique du haut en bas de la société. Personne n’est plus responsable de rien.
@ caroff – le 25 juin 2026
« Et après, on peut imaginer ce qu’il se serait produit sans ce personnage que vous critiquez à mauvais titre. »
Tout à fait. On peut l’imaginer, et c’est précisément ce qu’absolument personne ne fait, en France.
J’ai déjà fourni cette explication, mais l’on sait bien que les arguments qui ne cadrent pas avec les idéologies en vigueur sont ignorés.
Imaginons, donc, ce qui se serait passé, en France, s’il s’était passé ce qui s’est passé dans d’innombrables autres pays européens.
Il ne manque pas de nations qui ont été envahies par Hitler, où un gouvernement de collaboration s’est installé, voire où les nazis ont directement administré l’ensemble du territoire, contrairement à ce qui s’est passé en France. Et qui n’ont pas eu leur de Gaulle, puisque, fort heureusement, il n’a été créé qu’en un seul exemplaire.
Parmi ces pays, plusieurs ont eu des gouvernements en exil, dirigés par des hommes qui n’avaient ni la morgue, ni l’aventurisme, ni les tendances égotistes et dictatoriales du général, et qui baisaient les pieds des nations qui avaient bien voulu les accueillir, comme il se doit (l’Angleterre, bien souvent).
Certains n’ont, tout simplement, pas eu de gouvernement en exil. Ils ont vécu la vie traditionnelle des vaincus.
Certains ont eu, comme la France, leurs mouvements de résistance locaux et clandestins.
D’autres, non.
Qu’est-il arrivé à tous ces pays ?
Certains ont eu le malheur d’être « libérés » par l’Union soviétique, et on sait ce que fut leur sort.
D’autres ont eu la chance d’être libérés par les Américains, les Anglais et les autres alliés occidentaux.
Que leur est-il arrivé, eux qui n’ont pas eu leur saint de Gaulle ? Eh bien, rien. Rien de ce que les propagandistes du gaullisme rétrospectif nous prédisent, si jamais leur grand homme n’avait surgi pour sauver la Frônce.
Pas de « monnaie d’occupation » durable. Pas de « colonisation américaine ». Aucun de tous ces périls imaginaires dont de Gôl nous aurait sauvés.
Pendant la guerre, les mouvements de résistance locaux, s’ils existaient, se sont développés avec le soutien des Anglais, quand c’était possible. Avec celui de leur gouvernement en exil normal, s’il existait. Pas besoin d’une mouche du coche telle que de Gaulle.
Après la guerre, les armées de libération se sont installées localement pendant un temps, comme lors de toute guerre de libération. Elles ont assuré la transition. L’élimination des ennemis restants. Le châtiment des collaborateurs. Le rétablissement des institutions souveraines et démocratiques du pays. La sortie du rationnement.
Et puis, elles sont reparties.
Où en sont ces nations, aujourd’hui ? Eh bien, plusieurs, pour ne pas dire la plupart, se portent nettement mieux que nous.
Leur déficit budgétaire est plus faible. Leur fonction publique n’est pas aussi obèse et aussi intouchable. Elles ont un meilleur système de santé. Un meilleur système de retraite. De meilleurs tribunaux. De meilleurs syndicats. Elles sont en avance sur nous quant à la lutte contre l’immigration, contre l’islamisation et contre la délinquance.
Les gouvernements s’y succèdent plus ou moins normalement. Aucune ne pleure après l’homme providentiel, n’espère un nouveau de Gaulle qu’elles n’ont jamais eu.
Alors ? Qu’est-ce qui se serait produit, en France, si de Gaulle n’avait pas existé ?
Eh bien, très vraisemblablement, la même chose que dans ces nations. Et nous aurions presque certainement évité la prise du pouvoir de fait par les communistes, en 1945, qui est entièrement due aux ambitions personnelles de De Gaulle, à la prodigieuse surestimation qu’il avait de ses pouvoirs, à la volonté qu’il avait de jouer l’avenir de la France sur un coup de dés, et, disons-le, à sa complaisance pour les idées de gauche, à sa haine de l’argent et à son ignorance de l’économie.
Ce sont les ambitions personnelles de De Gaulle qui l’ont poussé à conclure une alliance secrète avec Staline, en 1941, et le prix de cette alliance fut la réhabilitation du parti communiste, interdit en 1939 pour cause de collusion avec les nazis, et la prise en otage du général par les communistes.
Il est bien certain qu’une armée anglo-américaine d’occupation, n’ayant pas les mains entravées par de Gaulle, aurait réglé leur compte aux communistes de façon plus appropriée.
Or, nous vivons encore sous l’emprise du coup d’État communiste silencieux permis en 1945 par de Gaulle.
Si la gauche tient, encore aujourd’hui, les bastions de l’éducation, de la culture, des tribunaux, des syndicats, de la fonction publique, de la Sécurité sociale, du Conseil constitutionnel et des associations subventionnées, c’est bien à cause du cadre institutionnel que les communistes ont réussi à imposer en 1945, et à leur noyautage de ces institutions.
Acte fondateur largement tenu pour sacré par les Français aujourd’hui, comme le montre la démagogie avec laquelle Emmanuel Macron exploite les thèmes du Conseil national de la Résistance (noyauté par les communistes), des « Jours heureux » (titre quasi soviétique du fameux « programme du Conseil national de la Résistance », lequel fait figure d’Évangile pour la plupart des Français quel que soit leur bord politique), etc.
Les incessantes panthéonisations aux accents gaulliens auxquels nous assistons, actuellement, sont une façon de plus de s’accrocher désespérément à cet héritage délétère. Porté au pinacle parce que nous sommes impuissants à régler les problèmes d’aujourd’hui.
Mais c’est précisément parce que nous refusons de rejeter ces orientations funestes, que nous sommes incapables de sortir de nos maux actuels.
En somme, être anti-nazi est la vertu suprême, aujourd’hui (comme s’il existait une menace nazie, en dehors de la menace islamiste), et être anti-nazi c’est être de gauche. Voilà l’arnaque à laquelle de Gaulle n’a pas peu contribué, et qui nous emprisonne encore à cette heure.
______
Note : je remarque que, pour soutenir votre argument, vous vous référez à un film. Un film de fiction. Petite remarque : c’est bien parce qu’il s’agit de fiction que ce n’est pas une référence. On entend partout, désormais, cet argument fallacieux : je l’ai vu dans un film, donc c’est vrai. Signe du prodigieux effondrement intellectuel qui est en cours.
Les seules sources valables, en la matière, sont des livres. Écrits par des historiens reconnus dans leur domaine. À défaut, des articles s’appuyant sur de tels livres, écrits par des auteurs ayant démontré leur fiabilité.
Une cérémonie est d’autant plus solennelle qu’elle est rare, sinon unique.
C’est la rareté qui lui donne de la hauteur et la place en surplomb par rapport aux cérémonies de la banalité quotidienne.
Toute cérémonie qui devient répétitive, à fortiori si on la veut solennelle, provoque involontairement un effet de comique de répétition.
Un comique de répétition qui est d’autant plus fort lorsque la solennité veut être appliquée à des situations trop disparates pour être crédibles.
Dès lors le comique de répétition en devient encore plus important par le contraste entre le but visé et la réalité de la situation.
Quels sont les points communs, vraiment communs, entre Joséphine Baker, Robert Badinter et Marc Bloch, pour ne citer qu’eux, mais j’aurais pu en citer d’autres, panthéonisés par l’ineffable Monsieur Loyal qu’est devenu Emmanuel Macron dans ces cérémonies ?
Pour Joséphine Baker, aimable et toujours souriante « chanteuse de couleur » *, quoi de commun avec Robert Badinter, dont le visage toujours mauvais et haineux quand ils s’exprimait donnait à penser que Frankenstein était toujours présent parmi nous.
Quant à Marc Bloch, sa panthéonisation, que je ne conteste pas, est l’objet d’un superbe contresens.
Dans son livre, il dénonce une bureaucratie impotente, une irresponsabilité des élites à tous niveaux, que nous traînons encore dans la société, et dont l’irresponsabilité des magistrats, irresponsabilité dans tous les sens du mot, est la meilleure preuve.
C’est cela l’essentiel de la pensée de Marc Bloch, l’esprit de résistance qui suit est d’abord la résistance à cette irresponsabilité généralisée, et évidemment la résistance à l’ennemi qui en profite.
(*) Je me permets de paraphraser Éric Coquerel qui a parlé des « maires de couleur ». J’aime bien quand le surmoi de l’extrême gauche disparaît et qu’elle devient sincère à l’insu de son plein gré. 😉
S’il y a une vie après la mort et qu’on peut y étudier, je pense que Marc Bloch étudie les panthéonisations. Quel lire intéressant il pourrait écrire sur le sujet !
Sujet proche, dans la série Sandman, le maître du royaume des rêves peut lire les livres que les écrivains n’ont pu écrire qu’en rêve.
https://www.reddit.com/r/Sandman/comments/tk8rg/the_library_of_dreams_full_of_books_never_written/?tl=fr#lightbox
@ Aliocha – le 25 juin 2026
« Vous avez toute latitude de préférer démolir le portrait de la poupée Aliocha. »
Vous vous donnez une importance que vous n’avez pas. Tout le monde a bien compris que vous cassez les pieds à tous, ici, dans le but de vous attirer une attention que vous n’arriveriez pas à obtenir autrement.
Croyez bien que s’il m’arrive de démolir vos assertions grotesques à l’occasion, c’est parce qu’elles s’alignent avec un mouvement politique plus important qui s’appelle le gauchisme et que vous n’avez nullement inventé. Il s’agit de réfuter des arguments largement monétisés au sein de la société, pas de s’occuper de votre petite personne.
Pour ce qui est de votre délire personnel, cela fait bien longtemps que je l’ai testé et que j’en ai sondé l’inanité, de concert avec d’autres. Donc vous recevrez quelques baffes de loin en loin, quand vous insisterez par trop pour vous comporter comme une racaille maghrébine ou africaine.
Pour le reste, on se contentera de vous ignorer sans vous lire.
Relisez à l’occasion ce que dit sur l’humilité la religion dont vous vous revendiquez, et que vous cherchez à imposer aux autres sans leur avoir demandé leur avis – ce qui est, une fois de plus, de la dernière grossièreté.
« De Gaulle a été viré par la Constitution même qu’il avait promulguée, cet instrument propitiatoire élaboré pour donner aux atavismes révolutionnaires leur guillotine institutionnelle, évitant aux excités dans votre genre de se sauter à la gorge en pensant qu’en sacrifiant quelques bêtes à cornes […] »
STOP. ASSEZ. DEHORS.
C’est précisément ce genre de purée verbale aussi prétentieuse que dépourvue de sens qui vous coupe de tout auditoire potentiel. Mais vous êtes tellement sot et imbu de vous-même que vous ne vous en rendez même pas compte.
Macron s’imagine glorieux, il est pitoyable. Il pense appartenir au Panthéon qu’il condescend à accorder. Il trône au Panthéon des précieuses ridicules.
Bien qu’elle ne soit pas nécessaire à sa gloire, j’approuve la panthéonisation de Marc Bloch et celle de son épouse, qui ne fut pas pour rien dans les deux vies de son mari. Cet hommage de la France à l’un de ses illustres citoyens a beaucoup plus de raison d’être que la plupart de ceux décidés par Macron durant ses deux mandats. En particulier, je n’ai toujours pas digéré la panthéonisation politique de Badinter.
Néanmoins, je n’ai pas regardé la cérémonie et ne veux rien entendre du discours présidentiel. D’abord parce que l’Élysée a accepté que 14 millions de Français ne soient pas autorisés à rendre hommage à Marc Bloch. Voulue par la petite-fille de celui-ci, aux amitiés gauchistes, l’absence de la présidente du groupe RN à l’Assemblée est une atteinte honteuse à la règle républicaine d’unité du peuple français. Une fois de plus, Macron a manqué à son devoir et préféré la posture « politichienne » au respect de notre devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Et ce devant le cercueil d’un homme qui est mort pour les imposer.
Ensuite, parce que, même si cela s’est déjà produit, la dépouille mortelle de Marc Bloch n’a pas été déposée au Panthéon. Sur ce point aussi, Macron, en obéissant à la famille de celui-ci, transgresse la règle, comme il l’avait déjà fait pour Badinter. Il ne faudrait pas qu’à l’avenir les Français n’aient plus à s’incliner que devant des tombeaux vides. En désaffectant l’église Sainte-Geneviève, voulue par Louis XV, les révolutionnaires, adorateurs de « l’Être suprême », avaient à l’esprit d’imiter la tradition royale qui avait fait de la cathédrale de Saint-Denis le lieu de sépulture des rois de France et des principaux dignitaires. Il est difficile de croire qu’ils auraient accepté cette idée bizarre de placer dans les cercueils de la terre ou des objets symboliques, censés représenter les dépouilles… Faire du Panthéon un simple symbole laïc de reconnaissance de la nation, c’est oublier la philosophie des Lumières et l’importance qu’elle accorde aux forces de l’esprit.
Enfin et surtout parce que cette cérémonie grandiose, qui aurait dû être simple, avait moins pour objet de glorifier Marc Bloch que d’être l’occasion pour le locataire de l’Élysée de se servir – pour la dernière fois, je l’espère – d’un « grand Français » pour paraître l’être. La récupération du cri d’alarme qu’avait lancé d’abord l’historien, bientôt affermi par le résistant, est une supercherie indigne. Macron n’a rien, strictement rien du héros qu’il a instrumentalisé pour tenter de se refaire une beauté. Il en est même le contraire. En moins de dix ans, il a amoindri la France, disloqué le corps social, jeté des millions de citoyens dans la pauvreté, détruit son prestige, mis à mal son économie, laissé se développer l’insécurité… tout en paradant, satisfait de lui, sans le moindre doute sur ses choix, quasiment tous désastreux.
Comment ne pas regretter qu’un autre Marc Bloch, tout aussi lucide, tout aussi déterminé, tout aussi droit, ne se soit levé pour décrire « l’étrange défaite » que Macron nous laissera pour seul héritage ?
« il paraît qu’il a sollicité plusieurs historiens pour tenter de dégager avec eux les contours d’une relation non seulement acceptable mais fondamentale avec son action. » (PB)
Ah ! Les historiens à la sauce Macron…
Méfiance.
Il ne faut pas le panthéoniser, mais l’empailler, l’exposer, lui bâtir un mausolée. Jamais la France n’aura connu, et surtout subi, un tel « personnage » (restons polis) ; il nous aura tout fait, ce gugusse : invasion, immigration islamiste criminelle, ruine économique record, dette pharaonique, changement de race, la blanche au profit de la noire, juges complices de la criminalité si elle convient au programme macronien de destruction de la France, anarchie, désordres, émeutes, trafics de stupéfiants records, cambriolages, squats, home-jackings, agressions, attaques, lynchages, tortures et tueries de jeunes innocents par des multirécidivistes maintes fois relâchés par la justice rouge aux ordres du grand chaos macronien.
Pas de Panthéon, mais des statues, des affiches, des bouquins expliquant aux citoyens comment ce personnage machiavélique, sadique, haineux, pervers a pu les endormir, les anesthésier, les cocufier à ce point de lui redonner une deuxième fois le pouvoir de les détruire ; c’est hallucinant. Les experts historiens ont du pain sur la planche pour trouver les causes de ce carnage économique, social et sociétal.
@ Robert Marchenoir
Peut-être allez-vous enfin comprendre ce qu’est une idole et qu’il ne suffit pas de dire « As-sez-De-hors » pour prendre la mesure de l’étrange défaite de l’Occident.
De Gaulle a été viré par la Constitution même qu’il avait promulguée, cet instrument propitiatoire élaboré pour donner aux atavismes révolutionnaires leur guillotine institutionnelle, évitant aux excités dans votre genre de se sauter à la gorge en pensant qu’en sacrifiant quelques bêtes à cornes – les immigrés, l’Islam, les pauvres, les riches, vos contradicteurs ou la main du zouave dans la culotte de votre sœur – nous serions à même d’enfin nous prendre en charge comme vous le désirez, cette partie recevable de vos diatribes que je rejoins.
Il s’agit donc ici de prendre conscience que les simplismes réciproques ne suffiront pas à tirer enseignement du désastre colonial puis décolonial des empires européens, nous offrant aux résurgences impériales engendrées chez les vainqueurs de Quarante, dont aujourd’hui l’oncle Sam comme l’oncle Xi sont la parodie, répétition des mêmes erreurs qui entraînèrent les nations européennes à l’effondrement comme Israël à l’impasse dans laquelle il se trouve, illustration actuelle que les caricatures d’extrême droite que vous appelez de vos vœux sont illusoires et seront, à nouveau, inopérantes.
Saurons-nous tirer cet enseignement, au-delà du vide des répétitions lassantes des célébrations du rituel républicain, du rejet perpétuel de la faute collective sur le nazi par le communiste et réciproquement, ces doubles monstrueux engendrés par notre échec à identifier leur similitude ?
Nous saurions alors incarner l’idée exposée par le président et qui se perd dans les récupérations partisanes, histoire d’encore ne pas assumer ce que nous sommes :
« L’histoire est la science des hommes dans le temps », écrit-il. Elle n’est pas une succession d’événements bruts, initiés par des individus, aussi exceptionnels soient-ils parfois, mais une construction de temps long. Marc Bloch entend lire le passé aussi dans les mentalités des peuples. Pour ce médiéviste, les croyances du paysan de la France féodale comptent autant que les gestes du roi de France. S’il est des rois thaumaturges qui guérissent par miracle et que le peuple accepte de croire à cette légende, il est indispensable de comprendre les ressorts de cette relation entre roi et peuple.
https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2026/06/23/ceremonie-dentree-au-pantheon-de-marc-bloch
La France a éprouvé cette ambivalence du double corps de l’idole en assassinant son roi, quand le poison du sacrifice sert de remède pour décharger le peuple de sa violence endémique.
De Gaulle en a institutionnalisé le rituel.
Reste aux citoyens que nous sommes à prendre la mesure réelle de notre histoire, quand il ne suffit plus de répéter une erreur pour en faire une vérité, accusant l’un ou l’autre responsable de l’imposture dont nous sommes tous les représentants, pour soi-même s’exonérer de la faute collective et retourner aux lynchages éternels des idolâtres vengeurs, ces boursouflures que vous dénoncez à raison en répétant, hélas, ce que vous refusez de reconnaître en vous-même.
Nous avons ici l’occasion d’accéder à la convergence des interprétations de la littérature profane ou religieuse, quand le phénomène propitiatoire est désormais parfaitement révélé à la raison des humains, que le Coran affirme que ce ne sont pas les Juifs qui ont tué le Christ mais Dieu qui l’a élevé, qu’Emmanuel Levinas conclut que chaque être est messie, quand enfin nous aurions reconnu en nous-mêmes ce que l’on accuse chez autrui, pour accéder avec Bloch à notre réalité toute humaine, entendre et répondre à la seule question qui permet à chacun de progresser et d’assumer sa responsabilité indispensable à l’exercice de la liberté démocratique :
Pourquoi me persécutes-tu ?
L’idole alors n’aura même plus besoin d’être abattue, l’humanité éclairée pourra alors accéder au stade suivant de son destin de déchiffreur de réel, ayant répondu favorablement à l’invitation mirifique d’être l’incarnation du Verbe souverain.
Vous avez toute latitude de préférer démolir le portrait de la poupée Aliocha.
En effet, il y a quelque chose d’indécent dans ces commémorations incessantes. Et au Panthéon, il faudrait ajouter la cour des Invalides, qui sert elle aussi de petite scène de théâtre des impuissances pompeuses.
C’est très bien, les commémorations, à condition qu’elles soient menés à bon escient et avec mesure. Par exemple, quand Volodymyr Zelensky remet des médailles à ses soldats, ou quand les Ukrainiens observent une minute de silence, tous les matins à 9 h, en l’honneur de leurs morts, cela a un sens.
Mais que constate-t-on, dans la liste que vous faites des panthéonisations macroniennes ? Marc Bloch, Joséphine Baker, Simone Veil, Missak Manoukian : nous sommes toujours dans la vieille scie de l’auto-glorification gaulliste. Gna-gna-gna les nazis c’est des méchants, gna-gna-gna on les a vaincus, gna-gna-gna nous sommes d’héroïques Résistants.
Bah nan, abruti. T’as rien fait. Personne de vivant n’a rien fait, pendant la Seconde Guerre mondiale. Quant à l’arnaque gaulliste, elle a essentiellement consisté à se faire sauver sa peau par les « Anglo-Saxons », tout en leur crachant à la figure et en s’attribuant le mérite après coup.
Donc déjà, entre 40 et 45, la manip’ était hautement suspecte, mais 80 ans après, il conviendrait de la mettre en veilleuse.
Surtout quand on n’a rien fait, soi-même, concernant les tragédies de l’heure – pas celles dont on se contente de s’attribuer la gloire : l’invasion migratoire génocidaire, l’islamisation totalitaire qui menace d’éradiquer notre civilisation, la délinquance mafieuse qui noyaute les institutions, le communisme délirant qui étouffe la France, les agressions impériales russes qui ont essentiellement rencontré notre complaisance, l’offensive musulmane pour éradiquer Israël que l’on traite avec une frauduleuse impartialité (deux États, l’un pour Hitler, l’autre pour Churchill)…
Et comme par hasard, l’arnaque gaulliste se résout dans le communisme : Suzette Bloch, petite-fille de Marc, parvient à interdire le Panthéon aux élus du Rassemblement national – ce que le ministre des Affaires étrangères soutient, de façon scandaleuse -, mais elle pose complaisamment, à l’intérieur du monument, avec tout l’état-major de La France Insoumise, le parti qui a pris la place du PCF en ajoutant à sa doctrine un antisémitisme quasiment hitlérien. Lors d’une cérémonie honorant un Juif martyr du nazisme.
Si ça, ce n’est pas le symbole parfait de l’imposture gaulliste, je ne sais pas ce que c’est…
Une fois de plus, on peut dire du gaullisme ce qu’Atatürk disait de l’islam : « Cette idéologie absurde d’un militaire immoral est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies. »
De Gaulle est le cache-sexe grâce auquel toute une théorie de boursouflures inopérantes peuvent prendre la pose du matin au soir en ne faisant strictement rien pour sauver le pays, tout en confisquant le fruit du travail des Français à leur bénéfice personnel pour prix de leurs efforts. Emmanuel Macron n’est que le plus visible de ces guignols. A-ssez. De-hors.
« Quant à l’arnaque gaulliste, elle a essentiellement consisté à se faire sauver sa peau par les « Anglo-Saxons », tout en leur crachant à la figure et en s’attribuant le mérite après coup. »
J’ai vu le film De Gaulle, l’âge de fer, tout sauf hagiographique, qui montre comment, avec quelques valeureux, trois bouts de ficelle et des engueulades avec Churchill, fasciné par ce personnage inflexible et grandiloquent, le Général parvient à faire exister la France, notamment, et, c’est le clou du film, en gagnant la bataille de Bir Hakeim. C’est le tournant pour les Anglais, qui reconnaissent que, sans les Français libres, ils auraient été écrasés par Rommel.
Et après, on peut imaginer ce qu’il se serait produit sans ce personnage que vous critiquez à mauvais titre.
Que la petite-fille de Marc Bloch ait refusé que des représentants du RN assistent à la panthéonisation de son grand-père, je peux le concevoir. J.-M. Le Pen s’était distingué par des propos clairement antisémites lorsqu’il était le patron du FN et, même si sa fille s’est démarquée de son père lorsqu’elle a pris sa relève, on peut admettre sa décision.
Ce qui, par contre, est incompréhensible, c’est sa sympathie envers J.-L. Mélenchon et sa bande qui ne cessent de tenir des propos antisémites à longueur de journée.
Elle a même poussé l’incongruité jusqu’à poser avec J-L Mélenchon et quelques-uns de ses affidés sous la coupole.
Je ne suis pas certain que son grand-père, là où il est, apprécie cette photo.
Que la famille n’ait pas souhaité la présence du RN, cela peut effectivement se comprendre — c’était son droit le plus respectable — même s’il est possible d’en débattre, mais cette position n’en a rendu, à l’inverse et en une telle circonstance solennelle, que plus incompréhensible et incongru l’affichage plus qu’ostensible avec LFI. Nous sortions de l’Histoire pour entrer dans l’affichage et la récupération bassement politiques.
« Un parti doit-il être condamné à perpétuité à la stigmatisation en raison de son passé, lorsque ses dirigeants ont sincèrement renoncé aux excès idéologiques d’antan ? »
Philippe Bilger pose là une question essentielle.
S’agissant du Rassemblement national (RN), issu du Front national (FN), peut-on affirmer sans risque d’être contredit qu’il a véritablement abandonné ses délires d’antan ?
Une contradiction majeure ne se fait-elle pas jour dans un parti qui place l’identité nationale et les racines au cœur de son discours, tout en cherchant à faire oublier ses propres origines ? Rappelons en effet que parmi les fondateurs du FN figuraient des personnalités issues de la collaboration ou ayant appartenu à la Waffen-SS, à l’image de Pierre Bousquet, qui cosigna les statuts du parti avec Jean-Marie Le Pen et en fut le premier trésorier.
Les propos tenus par Louis Aliot, l’une des figures les plus importantes du FN puis du RN, dans l’entretien qu’il a accordé le 6 décembre 2013 à l’historienne Valérie Igounet, jettent un éclairage particulièrement cru sur la stratégie de « dédiabolisation » :
« La dédiabolisation ne porte que sur l’antisémitisme.
En distribuant des tracts dans la rue, le seul plafond de verre que je voyais, ce n’était pas l’immigration, ni l’islam… D’autres sont pires que nous sur ces sujets-là.
C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n’y a que cela…
À partir du moment où vous faites sauter ce verrou idéologique, vous libérez le reste. »
Cet aveu explicite révèle que l’effort de normalisation visait avant tout à lever un obstacle électoral spécifique, afin de rendre le reste du discours, notamment sur l’identité, l’immigration et l’islam, politiquement plus accessible. Un tel constat entretient légitimement un profond malaise quant à la profondeur réelle du changement opéré au sein du parti.