Édouard Philippe, naturellement candidat mais pas candidat naturel !

Le ministre Gérald Darmanin vient de se rallier à la candidature d’Édouard Philippe et il n’a surpris personne, sauf ceux qui étaient sûrs de le voir concourir sous ses propres couleurs, mélangeant droite populaire et sociale (Le Figaro).

Depuis que, pour Horizons, l’ancien Premier ministre s’est projeté à sa manière dans la campagne présidentielle et qu’il est apparu longtemps comme la seule personnalité du camp macroniste à pouvoir être présente au second tour et battre Marine Le Pen, je continue à ressentir comme un grippage, malgré les vents favorables qui lui permettent d’accumuler des soutiens de poids. S’il est naturellement candidat, je ne le ressens pas comme un candidat naturel !

Pourtant, il ne lésine pas sur les preuves d’amour à l’égard d’une famille de droite, qui était la sienne, au moins façon Juppé, mais qu’il a désertée sous l’effet conjugué de son ambition et de la séduction du Macron de 2017.

Mais on n’oublie pas que, Premier ministre, s’il a été pédagogue et modeste avec la Covid, il n’a pas été exempt de comportements qui n’ont pas permis de le considérer comme un homme de courage et d’autorité. À valider et à légitimer par principe.

On en est loin aujourd’hui et je n’aime pas la leçon que semblent vouloir donner les socialistes puisqu’apparemment ils vont réussir à organiser une primaire, Raphaël Glucksmann ayant l’intention de se déclarer officiellement le 23 août et d’y participer avec quelques autres (Le Figaro).

C’est un exemple qui devrait être suivi à droite. Je connais la constance et l’intégrité d’un Bruno Retailleau, sa sincérité aussi. Mais il est évident que, si le futur ne correspondait pas à ses espérances, il ne serait pas suicidaire et s’accorderait avec l’obligation d’avoir un seul candidat pour le camp conservateur.

Plutôt que de se rallier à Édouard Philippe, ce qui n’aurait aucun sens et représenterait à la fois une transgression intellectuelle, politique et régalienne, il vaudrait mille fois mieux organiser une primaire où on ne serait pas obligé d’intégrer Éric Zemmour, qui ne déteste pas, par ailleurs, faire bande à part. David Lisnard en serait. Gabriel Attal aussi. Xavier Bertrand s’y opposerait mais, abandonné à lui-même, il n’aurait aucune chance.

En réalité, celui qui, depuis le début, bloque ce processus de la primaire est Édouard Philippe. Il ne pourra empêcher ceux qui aspirent au retour d’une droite vigoureuse et fidèle à ses engagements de regretter qu’on prétende leur imposer Édouard Philippe au motif qu’il serait, paraît-il, le seul à pouvoir vaincre le RN.

Il n’y aurait rien de mieux qu’une primaire pour susciter un choc de confiance. Celui qui surgirait victorieux de cette compétition parfaitement démocratique dans son essence aurait une légitimité, un soutien sans faille, l’aval du peuple de droite.

Quelle allure cela aurait et comme il serait gratifiant d’opposer au gourou Mélenchon et à la primaire socialiste une alternative irréprochable, exemplaire, comme un prélude à une victoire toujours possible en 2027 !

Dans une telle joute, Bruno Retailleau l’emporterait peut-être et Édouard Philippe serait sans doute battu. Mais peu importe. Le vainqueur, quel qu’il soit, deviendrait alors un candidat naturel !

Édouard Philippe veut nous priver d’une authentique respiration démocratique. Pourquoi donc ?

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