Comme s’il n’était pas là…

Le président de la République, en colère, de Doha, a dénoncé les critiques acerbes, « inacceptables et stupides » de certains dirigeants étrangers sur la situation française. On songe notamment à Donald Trump et à Javier Milei. En affirmant qu’ils n’aimaient pas la France et que celle-ci s’en souviendrait. L’orgueil d’Emmanuel Macron ne pouvait, en effet, qu’être offensé par les conseils dispensés, les analyses faites ou les remèdes proposés, par des dirigeants étrangers, pour sortir notre pays de son état tragiquement récent ( France Inter, LCI).

C’est, en effet, la démonstration la plus éclatante d’une humiliation sans pareille. Nous ne sommes plus au bord du gouffre mais dans un glissement peut-être fatal.

Contre toute urbanité démocratique, contre l’hypocrisie cultivant, dans l’apparence, sinon respect, du moins discrétion et retenue, on n’hésite plus à faire comme si nous n’avions plus de président, que le Premier ministre était inexistant et que la nation était à l’agonie.

Les autres pays s’en donnent à coeur joie, occupant un terrain qui ne l’est plus vraiment, se comportant comme s’ils étaient les maîtres, répudiant toute pudeur dans l’expression et l’immixtion, désignant des culpabilités, par exemple l’immigration, contre lesquelles nous n’avons pas su lutter, ou trop mollement. Ils occupent, au moins par leur interventionnisme intellectuel, politique et économique, constant, un pays qui recherche désespérément à sauver un peu de sa fierté. Ils prodiguent ce qu’on ne leur a pas demandé. Ils se mêlent de ce qui nous regarde parce que nous ne le regardons pas ou mal.

Face à l’opprobre déversé par des nations qui, observant la France, savent tout ce qu’il faudra absolument éviter, le président se rebiffe. Mais son récent discours, court pour une fois, a été calamiteux.

Ailleurs, Giorgia Meloni mobilise l’armée quand nous discutons du sexe des anges ou de l’état d’urgence. Les atermoiements sont notre politique. Ailleurs, tout bêtement, on agit, on réagit.

Imaginons comment nos adversaires véritables et constants doivent se réjouir puisque nos vrais alliés n’hésitent plus à déclarer avec force que le roi est nu et que la France est à prendre. On conçoit que de telles provocations – nous semoncer comme s’il n’était plus là, ce président qui parfois a déplu par son arrogance – sont traumatisantes et qu’Emmanuel Macron ne les accepte pas.

Mais à qui la faute ?

En 2027, reviendra à la surface démocratique un beau, un magnifique sentiment, pour en déplorer l’absence ou promettre de le ressusciter : l’honneur de la France.

Article précédent

David Lisnard se lâche !

Ecrire un commentaire

Laisser un Commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *