Rien de tel qu’une campagne présidentielle pour révéler la médiocrité ou l’intelligence et le courage… David Lisnard (DL) a démontré que ces deux dernières qualités ne lui étaient pas étrangères.
Il a répondu grossièrement à une étudiante proche de LFI qui le questionnait sur le massacre du 17 octobre 1961 : « Non mais je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie » (BFMTV).
Que le remarquable maire de Cannes, candidat à la prochaine élection présidentielle, se soit laissé aller à un langage qui ne lui est pas habituel tient sans doute à un état d’exaspération que l’on peut comprendre.
Cette étudiante n’était pas née en 1961 et son questionnement orienté n’avait d’autre finalité que d’entraîner DL dans un débat qui, selon lui, n’était plus d’actualité depuis longtemps et de le contraindre à se sentir coupable de morts et de tragédies dont il n’était pas responsable.
Il a parfaitement senti le piège, tout en étant conscient que sa culture historique aurait pu le conduire à évoquer cette journée du 17 octobre sur laquelle, en tant que citoyen, il avait évidemment un avis à donner.

Mais cet échange vif va bien au-delà. Son irritation a probablement été nourrie aussi, plus profondément, par le caractère stérile de ce ressassement du passé qui permet trop souvent à la gauche de se croire légitime en dénonçant et condamnant certains épisodes de l’histoire de notre pays, comme si la droite d’aujourd’hui était vouée à assumer les pages sombres d’un passé lointain.
Il conviendrait d’autant plus de changer de registre. La réaction de DL a été celle d’un responsable politique qui en avait assez de cette inquisition partiale et unilatérale. La droite ne devrait plus s’interdire de mettre en cause une certaine gauche extrémiste pour les horreurs imputables à des régimes ou à des groupes révolutionnaires qu’elle continue à louer et à admirer. Dans sa vision de l’Histoire, les morts innombrables ne comptent pas. Robespierre et la Terreur de 1793-1794 mériteraient, bien plus que cette journée du 17 octobre, d’être sans cesse questionnés.
Peut-être faut-il aussi analyser cette libération de la parole de DL comme l’expression d’un soulagement, comme si elle lui permettait de sortir d’un corset historique, intellectuel et moral qui n’a que trop longtemps engoncé le camp conservateur. Il est temps que ce dernier n’accepte plus la présomption de culpabilité et la lancinante et masochiste mauvaise conscience que la gauche lui impose.
Les hauts cris de la gauche contre DL n’ont pas la moindre importance. Ils révèlent qu’elle a compris que ce « rien à foutre » est une petite révolution.
Lisnard n’est pas encore considéré comme un candidat sérieux, il doit sortir de l’anonymat.
Ce n’est pas en répondant tel un concierge de palace (cannois) qu’il fera parler de lui.
L’opération, non préméditée, est réussie.
« Ce Lisnard me semble intéressant, il dit les choses. »
Grâce à son intervention, certes un mélange de Sarkozy et de Cresson, Lisnard devient audible, ce que n’est toujours pas Retailleau.
Alors oui, on peut lui reprocher une certaine forme de trumpisme dans son propos, mais les Français veulent des politiques qui ont quelque chose dans le pantalon, et Lisnard semble faire partie de ceux-là.
Dehors les Bertrand, Pécresse et autres ! Lisnard arrive, et inutile de revenir pour manger sa soupe, on veut du neuf.
David Lisnard jouera un rôle important dans la France que nous aimerions retrouver, celle de l’avant-Mitterrand-Hollande-Macron : il est droit, carré, dynamique et lettré, un vrai mousquetaire !
Les Cannois l’aiment et les maires de France le plébiscitent. Son ascension ne fait que commencer…
Cher Philippe,
Dans Lettres du voyageur à son retour, Hugo von Hofmannsthal montre comment nous sommes tous aspirés par l’illusoire. C’est l’histoire d’un homme qui a fait le tour du monde et qui raconte comment, au plus profond de ses moments de détresse, il se raccrochait à des souvenirs ancrés dans l’Autriche campagnarde de sa jeunesse.
De retour dans son pays natal, il constate qu’il en est exclu, que tout a changé. Et la question qu’il se pose alors est de savoir où il se trouvait lorsque tout s’écroulait à nouveau autour de lui.
« Où étais-je ? », hurla-t-il.
C’est bien la question que la grande majorité des Européens se pose aujourd’hui.
Où s’est envolé notre pays ? Que faisons-nous dans cette galère !
françoise et karell Semtob
Retailleau va se retirer de la présidentielle et Lisnard aura les mains libres et ratissera large.
Le retrait de Retailleau ne sera pas gratuit. La présidence du Sénat fera partie du deal, ce qui lui assurera un rôle national important au lieu de tomber dans l’oubli.
Et d’une pierre deux coups : des économies substantielles à la cantine.
Concernant Lisnard, je verrais bien une campagne façon Fillon en 2016. Il en a la capacité.
N’oublions pas non plus que Retailleau sera rattrapé non par Lisnard, mais par sa tricherie à Intervilles.
Hahaha… J’étais juste en train de me repasser en boucle le « Je m’en fous, Madame… J’en ai rien à cirer » de David Lisnard. Le plafond en flammes des « valeurs républicaines » est en train de s’effondrer sur les gauchistes. Tout le monde est en train de se lâcher, les verrous posés par l’élite bien-pensante sautent les uns après les autres : même un centriste mou président de l’Association des maires de France (le notable par excellence, donc) est en train de se lepéniser et de se zemmouriser à cent miles à l’heure. Il n’a pas dit : ta g…, s…pe, mais c’est tout juste.
Notez que c’est un type qui, dans la même émission, se reprend lorsqu’il dit : « Mélenchon ». « Monsieur Mélenchon », a-t-il corrigé juste après. Le niveau d’exaspération du Français moyen est en train de faire péter le manomètre.
Les loups sont entrés dans Paris une fois de trop, et il se confirme une fois de plus que Paris, c’est la France : il faut frapper à la tête pour que ça réagisse. « L’anti-racisme », le « vivre-ensemble », les « kartchés défavorisés » et toute cette dégoûtante purée verbale marxisto-africano-pleurnicharde sont en train de se démonétiser de façon explosive.
Bon, le Français est pinailleur et jamais content, donc je dois dire ma frustration quant à cet échange. David Lisnard lâchant un « Je m’en fous, Madame », face à une improbable étudiante communiste issue d’une famille aisée ayant fait d’excellentes études à l’étranger, et exhibant ses formes avantageuses sur son compte Instagram à l’occasion de vacances de rêve, c’est une claque royale à l’insupportable élite islamo-gauchiste. Parfait. Simplement, c’est mieux à l’écrit qu’à l’oral.
Sur le plateau, Lisnard, amorçant l’incident, a paru énervé, dépassé par la rhétorique de Lola-Fleur Whittaker (nom pas modifié, Les Inconnus n’auraient pas trouvé mieux). Il n’a pas eu l’aplomb, l’autorité qu’on attend d’un futur président de la République face à une péronnelle de Sciences-Pipo débitant des sottises en barres. Il a dit une ânerie : « Je n’étais pas né » en 1961, lors de la manifestation interdite du FLN à Paris que la pépette, ex-candidate aux élections municipales pour LFI, lui jetait à la figure. La même chose que Marine Tondelier s’excusant de n’avoir rien à dire sur Pompidou.
Il n’a pas su trouver les mots justes pour expliquer que les immigrés d’origine algérienne avaient du culot de se plaindre, alors que l’Algérie indépendante est une telle poubelle, soixante ans plus tard, qu’ils ont éprouvé le besoin de se réfugier dans cette France qu’ils vilipendent du matin au soir.
Il aurait aussi dû corriger la propagande sur les fameuses « centaines d’Algériens jetés à la Seine par la police », en rappelant qu’il s’agit d’un mythe gauchiste, qu’il n’y a pas eu plus de quelques dizaines de morts, que la plupart n’ont pas été « jetés dans la Seine », que cette manifestation était interdite et se déroulait en temps de guerre, guerre que le FLN menait en métropole même, tuant des centaines de Français lors d’attentats. Et tuant des milliers d’Algériens dans l’Hexagone, pour le seul crime de ne pas soutenir le FLN ou de se soustraire aux prescriptions musulmanes, déjà : pour avoir bu de l’alcool, par exemple. Certains des Algériens assassinés par le FLN ont été… jetés dans la Seine, justement.
On imagine comment Sarah Knafo aurait, bien mieux que David Lisnard, mouché la bimbo éléfiste sur le plan de la politique contemporaine comme sur le plan de l’histoire. Celle qui a osé prétendre que sa mère, professeur, mourait de faim : ne pouvant même pas se payer la cantine, elle serait obligée de prendre avec elle une « boîte de gâteaux » pour son déjeuner. Alors que la fifille a fait des études à 90 000 livres en Angleterre… À ce niveau de moquage de figure, LFI choisit ses porte-parole pour faire passer Marine Le Pen au premier tour, c’est pas possible autrement.
M’enfin, on va pas bouder son plaisir. Chaque petit pas vers la démolition du gauchisme est bon à prendre.
Concédons d’abord l’essentiel : David Lisnard avait parfaitement le droit de ne pas se laisser entraîner sur un terrain choisi par d’autres. Un candidat n’est pas tenu de passer chaque réunion publique au tribunal de la mémoire, et refuser la culpabilité par héritage est une position défendable. Encore fallait-il la défendre.
Car la réponse n’est pas digne d’un candidat à la présidence de la République. « Je m’en fous », « rien à foutre », « rien à cirer » : trois variations sur un même thème, c’est beaucoup pour quelqu’un qui prétend incarner la France et qui aura, s’il est élu, à traiter avec Alger.
Quant au « j’étais pas né », il est d’une bêtise rare. Avant moi, le néant. On attend le jour où quelqu’un l’interrogera sur la rafle du Vel d’Hiv, Lisnard n’était pas né non plus en 1942. Jacques Chirac non plus n’était pas responsable, ce qui ne l’a pas empêché d’en parler en 1995. Décidément, la droite a un problème avec l’histoire. D’ordinaire, elle veut nous imposer un roman national. La voici qui découvre que le passé ne la concerne pas. Il faudrait choisir : ou bien l’histoire fait la nation, ou bien elle commence à la date de naissance du candidat.
Philippe Bilger lui-même n’y croit pas. Il réclame qu’on interroge sans cesse Robespierre et la Terreur. Que je sache, ni lui ni David Lisnard n’étaient nés en 1793. Le critère qui clôt le débat sur 1961 interdit celui sur 1794. L’histoire serait-elle prescrite quand elle dérange et imprescriptible quand elle accuse l’adversaire ?
Enfin, on s’étonne que Philippe Bilger, si attaché à la forme, président de l’Institut de la Parole et pourfendeur constant de la vulgarité, ne condamne pas plus largement ce langage. Il le relève en passant, l’excuse par l’exaspération, puis le célèbre comme une « petite révolution ». Si la révolution conservatrice consiste à remplacer l’argument par le juron, elle aura au moins le mérite de la nouveauté.
David Lisnard pourrait adopter pour devise : « Avant moi le néant, après moi le déluge. » Seul ennui, la seconde moitié date de Louis XV, et il n’était pas né…
Bravo David Lisnard, ça fait du bien ! Cette dame ne méritait rien d’autre que d’être malmenée de la sorte. Il faudrait enrober son vocabulaire à l’égard de ces faux indignés qui accusent au moment même où ils détruisent ? Et puis quoi encore ?
Il a bien raison, d’autant plus que c’est une légende, une escroquerie.
Bernard Lugan l’explique très bien ici :
https://bernardlugan.blogspot.com/2021/10/17-octobre-1961-un-massacre-imaginaire.html?m=1
« David Lisnard a répondu grossièrement à une étudiante proche de LFI qui le questionnait sur le massacre du 17 octobre 1961 : “Non mais je m’en fous, madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie.” » (PB)
Moi, je le déplore comme tout massacre, mais, en revanche, j’en nie toute responsabilité directe ou indirecte. Ce sont les dirigeants de l’époque qui ont décidé de la colonisation, on n’a pas demandé leur avis aux Français. En revanche, ces mêmes dirigeants, jusqu’à de Gaulle, ont raflé les nôtres (Occitans, Bretons, Basques, Corses…) pour les envoyer au front, sur des terres qui n’étaient pas les leurs et dont ils n’avaient que faire. Combien des nôtres ont ainsi perdu un fils, un père, un frère, un mari ou un fiancé ?
Lorsque l’on a enfin demandé leur avis aux Français, lors du référendum organisé en métropole sur l’indépendance de l’Algérie, le résultat a été sans appel.