Les rapports d’inspection, qui seront complétés le 10 juillet avant d’être définitivement finalisés au mois de septembre, n’ont révélé aucune surprise dans leur analyse des carences, dysfonctionnements et négligences ayant marqué la gestion des viols multiples commis sur la petite Rosa, après le dépôt d’une plainte en août 2025.
Un substitut du parquet d’Auch a été mis en cause, avec cette étonnante circonstance que les éloges adressés à la procureure n’aient pas été tempérés par le constat d’un contrôle et d’une autorité qu’elle n’a, à l’évidence, pas su exercer.
Du côté de la gendarmerie, la compagnie de Condom a été blâmée, ainsi que la brigade de Lectoure qui en dépend.
Jusqu’à présent, les ministres concernés ont tenu leurs promesses de rigueur, même si le garde des Sceaux, après des conclusions initialement précipitées, a pris soin de rendre hommage à la magistrature. De la même manière, le Premier ministre a su, avec finesse, insister à la fois sur les graves failles révélées par les inspections et sur le fait qu’elles ne jetaient aucun opprobre sur les corps tout entiers.
Le syndicalisme judiciaire est resté fidèle à lui-même, privilégiant le corporatisme plus que la lucidité : il a retenu, dans le rapport judiciaire, l’insuffisance des moyens en déplorant la désignation de coupables » : pourtant, en l’occurrence, nécessaire .
Si j’ose dire, la terrifiante tragédie liée au crime de Lyhanna a conduit, sous l’effet de l’indignation collective, à une double prise de conscience.

Ceux-là mêmes qui, durant longtemps, étaient vent debout contre toute responsabilité des magistrats, hormis lorsqu’elle concernait des comportements indélicats, grossiers ou vulgaires, ont considéré — sincèrement, il faut l’espérer — qu’on ne pouvait s’en tenir là et qu’il convenait également de s’intéresser aux pratiques professionnelles lorsqu’elles excèdent, par leurs imperfections, les limites de l’acceptable.
Par ailleurs, comme l’a souligné Marc Bloch à propos de « la défaite de 1940 » (cité par Guillaume Perrault dans Le Figaro) : « On s’était accoutumé, durant de longues années de bureaucratie, à beaucoup d’insuffisances qui prenaient rarement un caractère tragique… » Cette remarque d’une extrême lucidité s’applique au monde judiciaire comme à d’autres univers gangrenés par l’habitude et, à la longue, par le défaut de vigilance.
La tragédie, ce fut Lyhanna. Avant cela, il y avait une routine que la charge de travail rendait, paraît-il, inévitable, avec de nombreuses concessions faites à la lenteur, à l’enlisement et à l’oubli du citoyen.
Ce dont la France a besoin, c’est d’une véritable révolution. Dans toute la sphère publique, la responsabilité doit devenir un principe, une règle, un honneur ; et la faute, lorsqu’elle est établie, doit entraîner les sanctions adéquates. On ne peut plus laisser croire à l’immunité totale de certains — au point que leur échec semblerait les promouvoir — et à la mise en cause des seuls corps auxquels leur discipline interdit de ruer dans les brancards.
L’affaire Lyhanna est une horreur. Un fiasco.
Mais, au-delà d’elle, elle constitue peut-être une sombre chance de transformer la vie publique.
De ce billet, Monsieur Bilger, j’aurais retenu de même passage que Giuseppe le 24 juin 2026 mais j’éviterai la répétition inutile. En revanche je préfère me référer à deux paragraphes qui me semblent fondamentaux : celui dans lequel vous citez Marc Bloch et celui qui le précède.
De fait, le vrai problème de notre administration comme de notre personnel politique est celui de la fonctionnarisation qui est maintenant bien vissée dans de trop nombreux esprits. Y compris dans celui de nombre de magistrats qui, interprétant la loi en fonction de leurs idées politiques, prennent des décisions préjudiciables à un certain type d’accusés parce que non responsables des effets de leurs choix. Ceux-là sont donc très heureux de bénéficier de leur irresponsabilité trop souvent consacrée par les décisions d’un CSM qui les défend bien plus qu’il ne les sanctionne.
Il convient de relativiser cet avis à la lumière de la « Déclaration commune de M. Christophe Soulard et de M. Rémy Heitz, en leur double qualité de premier président de la Cour de cassation et de procureur général près ladite Cour, et de présidents des formations siège et parquet du Conseil supérieur de la magistrature » (https://www.courdecassation.fr/toutes-les-actualites/2026/06/24/declaration-commune-du-premier-president-et-du-procureur-general) que certaines bonnes âmes ont méchamment traduit par une forme de « circulez, il n’y a rien à voir ». En réalité, c’est une défense quasi pro domo du CSM.
Je rejoins aussi le commentaire de revnonausujai le 23 juin 2026. Le pré-rapport des inspections générales de la Justice et de la Gendarmerie nationale est insatisfaisant parce qu’il s’attache principalement à dédouaner les deux chefs de Parquet de Toulouse et Auch, visant principalement un substitut récemment entré dans la fonction pour ce qui concerne le ministère de la Justice.
Quant à la gendarmerie, l’enquête met en cause principalement le directeur d’enquête et deux commandants d’unités, dont le commandant de la compagnie de gendarmerie de Condom.
Dans son commentaire cité supra, revnonausujai dénonce le rattachement en 2009 de la Gendarmerie nationale au ministère de l’Intérieur qui, au plan départemental, a effectivement placé le commandant de groupement de gendarmerie départementale sous les ordres du préfet auquel il fait à présent rapport, alors que précédemment, autorité militaire, il était simplement placé sous son autorité en matière administrative comme sous celle du procureur de la République en matière de police judiciaire.
À mon sens, d’autres éléments doivent intervenir dans cette appréciation de l’action de la gendarmerie.
Dès 2001, le ministre de la Défense a voulu imposer l’application des 35 heures aux forces armées. Qui plus est, une quinzaine ou une vingtaine d’années plus tard, la France a été rappelée à l’ordre, de mémoire par la CJUE, parce qu’elle n’avait pas intégralement appliqué à ses forces armées, donc à la Gendarmerie nationale, les dispositions de la directive européenne sur le temps de travail (https://employment-social-affairs.ec.europa.eu/policies-and-activities/rights-work/labour-law/working-conditions/working-time-directive_fr).
D’évidence, de telles dispositions ont réduit la disponibilité du personnel et sans doute induit un esprit de bureaucratisation préjudiciable à son action. D’évidence aussi, il ne saurait être officiellement question de mettre en cause les décisions de la CJUE !
@ Lodi 26/05/2026
En ce domaine, comme en beaucoup d’autres, l’idéal me semble difficile à obtenir. En quoi une élection confèrerait-elle au juge plus d’indépendance à l’égard de ceux qui l’ont élu qu’une nomination à l’égard de celui qui l’a effectuée ? Et, en poussant le raisonnement à la limite, le juge est-il même réellement indépendant par rapport à ses propres convictions en matière de morale, de politique, de religion ?
En fait, le meilleur garant de cette indépendance n’est-il pas encore cette volonté qu’a le juge, qui est l’expression de son entière liberté, d’agir en toute indépendance, de manière intègre, en plein accord avec sa conscience ?
C’est cette manière d’être, de disposer de soi et de sa volonté – qui faisait dire à un personnage de Corneille « Je suis maître de moi comme de l’univers ; je le suis, je veux l’être » – qui permet de tendre vers cet objectif d’indépendance.
@ Michel Deluré le 26 juin 2026
Intéressant… Et sinon, avez-vous quelque idée conciliant indépendance de la Justice face à l’Exécutif pour éviter l’arbitraire de ce dernier, et efficacité pour défendre les victimes, sans parler de la paix publique ?
Ayant goûté à la justice, je fais maintenant un grand écart autour de son Palais. Obligé, dans une procédure en première instance, d’écrire à l’adresse personnelle d’un juge pour lui expliquer la jurisprudence bien fournie à propos d’un article totalement basique en droit civil… Son erreur, j’espère d’inattention, nous a coûté la bagatelle de plus de dix ans de procédure, avec un recours devant la Cour de cassation pour enfin retrouver le bon droit. Je vous laisse deviner le coût financier et moral d’une telle opération. De la hauteur de sa suffisance, et outré par notre démarche factuelle et correcte dans les termes, il fit savoir à notre avocat qu’un juge ne répondait pas.
Il prit sa retraite dans les îles. Nous avons beaucoup pleuré et nos enfants se souviennent des dossiers qui s’empilaient partout.
Quand la justice est dans une impasse, la rue devient un boulevard.
@ Achille
@ Lodi
Dans ce régime fédéral que sont les USA, n’oubliez pas que le système d’élection des juges est en réalité beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et peut varier d’un État à un autre et parfois à l’intérieur d’un même État. Quant à ces modes d’élection, j’imagine que certains ne manqueraient pas de susciter vos critiques et je ne suis pas convaincu, pour ma part, qu’ils soient forcément de nature à assurer la compétence et l’indépendance réelles des juges ainsi élus.
@ Achille le 25 juin 2026
Vous avez raison, mais les Américains sont si hauts, et nous, si bas ! Mon espoir est de nous rehausser en imitant meilleurs que nous.
@ Lodi le 25 juin 2026
« Et passer par des juges élus. »
C’est la solution qui existe aux États-Unis. Elle semble plutôt bien marcher chez eux.
Mais je ne suis pas sûr qu’elle serait adaptée en France, car le pays est constitué d’une bonne vingtaine de courants politiques, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite, contrairement aux États-Unis qui en sont restés à deux partis, les Républicains et les Démocrates.
Ceci a le mérite de stabiliser les courants de pensée qui ont tendance à s’éparpiller dans tous les sens en France, y compris dans les grands partis républicains (LR et le PS, notamment).
Par ailleurs, les Américains ont un patriotisme chevillé au corps et donc sont naturellement protégés des ingérences étrangères lors des élections de toute nature. Contrairement à la France, où l’on sent bien que certains partis subissent l’influence d’officines étrangères.
Élire les juges pourrait alors avoir un effet pervers et rendre le remède pire que le mal.
Mais ce n’est que mon avis.
@ Achille
Si on peut réformer la magistrature, la voie que vous préconisez peut être valide. Comme je n’y crois guère, comme je ne pense pas non plus que le Conseil constitutionnel soit bon à grand-chose, au contraire, peut-être vaut-il mieux s’en passer.
Et passer par des juges élus.
Puisque l’on demande certaines démissions, j’y rajouterai celle de Gégé, au plus haut rang de l’État depuis des décennies ; et on en est encore à se demander ce qu’il faut faire ?
Nous sommes fous, du balai pour lui aussi ! Il est de toutes les décennies, un rentier de la politique qui n’a servi à rien : dette, violences, etc. Un pays qui n’est même pas dans la moyenne des richesses en Europe, et c’est ça qui nous gouverne encore ! Nous sommes fous de reconduire ces types, et au bout du chemin : « On ne les a pas essayés ! » Et un Mélenchon radieux que ces personnages soient encore en place : ils lui ont permis de prospérer. Le déclassement est le seul moteur qui profite aux extrêmes.
Gérard Larcher, dans l’opulence de mandats successifs, qui n’a rien vu venir et qui nous expliquerait encore et toujours des fadaises sur la justice. Assez de ces types, qu’enfin ils dégagent ! Cette fois-ci semblerait être la bonne, c’est triste, mais lui ne peut pas dire non plus qu’il n’y est pour rien… Deuxième personnage de l’État, nommé presque à vie, ça suffit, le pays a besoin d’autres que ces gérontocrates cités par Marc Bloch, ceux de la Débâcle, on en a soupé !
Winston Churchill :
« Le politicien devient un homme d’État quand il commence à penser à la prochaine génération plutôt qu’à la prochaine élection. »
Dans quel camp faut-il placer Gégé ?
Président du Sénat
1er mandat : 1er octobre 2008 → 30 septembre 2011
2e mandat : depuis le 1er octobre 2014 (réélu en 2017, 2020, 2023)
Sénateur des Yvelines
1re période : 2 octobre 1986 → 30 avril 2004
2e période aussi.
Vice-président du Sénat
16 janvier 1997 → 30 septembre 2001
Président de la commission des Affaires économiques et du Plan
4 octobre 2001 → 30 avril 2004
Secrétaire du Sénat
5 octobre 1989 → 30 septembre 1995
Fonctions gouvernementales
Ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à l’Insertion professionnelle des jeunes
2 juin 2005 → 15 mai 2007
Ministre délégué aux Relations du travail
31 mars 2004 → 31 mai 2005
Mandats locaux
Maire de Rambouillet
1re période : 18 mars 1983 → 7 juillet 2004
Durée : 21 ans !!!
2e période : 18 juin 2007 → 4 avril 2014
Nous en mourrons de ces viagers cossus, la routine s’installe et, au bout, un pays émergent. Dehors !
@ Achille
Qui est cette personne qui est « honnêtement » si dépourvue ?
Il me semble « honnêtement » qu’elle se scandalise d’une façon qui laisse rêveur…
Le mieux serait « honnêtement » qu’elle cesse de se scandaliser…
Les magistrats ne doivent pas servir de fusible à un incapable ! Honnêtement…
Je ne sais pas si, honnêtement, je me suis assez scandalisée… Honnêtement !
Ici, nous avons le nec plus ultra de l’opportunisme et ça fout la gerbe !
Silence ! On tourne !!!
@ Lodi le 25 juin 2026
Il est clair qu’il convient de reconsidérer le Conseil constitutionnel en le limitant à un pouvoir purement consultatif et non décisionnaire, comme c’est le cas actuellement, avec pour effet de bloquer des propositions de loi votées par le Parlement, composé d’élus, alors que les membres du CC sont nommés.
Arrêter de remplir la Constitution de textes sur tout et n’importe quoi. Elle est devenue un véritable foutoir où l’on peut lui faire dire ce que l’on veut et son contraire.
Et puis, surtout, reconsidérer le syndicalisme des magistrats qui, depuis la loi Taubira, sont devenus intouchables. « Le mur des cons » est un exemple consternant de leur arrogance.
Le ministre de tutelle n’a plus aucun pouvoir sur leur comportement.
Certains magistrats syndiqués n’hésitent pas à organiser une fronde visant à faire tomber Gérald Darmanin, quitte, pour cela, à utiliser des procédés illégaux.
Il est temps de remettre de l’ordre dans notre magistrature, dont le corporatisme est devenu un véritable pouvoir de nuisance.
@ Achille
Ce qui coûterait cher mais laisserait, je pense, le Conseil constitutionnel impuissant et les magistrats démobilisés, serait qu’on les envoie tous à la retraite. Remplacés par des juges élus… Puis il faudrait changer la Constitution en établissant un vrai équilibre des pouvoirs, moins de pouvoir à l’exécutif, plus au législatif, et un pouvoir judiciaire, ce qui lui donnerait plus de dignité, mais un pouvoir judiciaire contrôlé par l’élection. Quoi de mal ? Le pouvoir ne vient-il pas du peuple, en principe ? Et, à voir comme les gens sont remontés contre les juges, ils n’éliraient pas n’importe qui. On me dira que les lois sont complexes ? Trop, les procédures, d’une lenteur de train de sénateur, donnent aux pires le temps de récidiver.
En France, soit on se perd dans les méandres, soit on appelle quelque homme providentiel, consentant même au coup d’État démocratique du Général.
https://halldulivre.com/livre/9782213601250-resurrection-naissance-de-la-ve-republique-un-coup-d-etat-democratique-christophe-nick/
Il faut faire comme les Japonais en leur entrée dans la modernité : étudier le monde et en extraire le meilleur pour l’imiter.
Certes, le jury et le juge élu existent en France. Mais peu, et on tend à réduire cette fenêtre de liberté. Certes, on se dit piteux de notre impéritie. Mais sans songer à imiter plus efficaces. Comment peut-on croire devenir meilleur sans imiter les meilleurs ? Nous sommes insensés, décidément.
@ Serge HIREL le 24 juin 2026
« Mais qui peut mettre les mains dans le cambouis du « système » pour le réformer, si ce n’est le gouvernement et donc, en ce qui concerne la justice, le garde des Sceaux ? Le sieur Darmanin ne l’a pas fait… »
J’ai bien compris que je ne pourrai pas vous détourner de votre fixette sur Gérald Darmanin. Ce n’est pas grave !
Si vous aviez pris la peine d’ouvrir mes deux liens consacrés aux propos tenus par l’ancien magistrat Georges Fenech, vous auriez compris que le ministre de la Justice n’a aucun pouvoir contre une magistrature toute-puissante, protégée par la sacro-sainte « indépendance de la justice » et qui, à ce titre, se fiche comme d’une guigne des circulaires que leur ministre de tutelle lui envoie.
En clair, la situation est complètement figée, à tel point que, même si vous virez Gérald Darmanin, son successeur, quel qu’il soit, sera confronté à la même situation en cas de nouveau drame comparable à celui de la petite Lyhanna.
Le pouvoir exécutif a certes encore de l’autorité sur la gendarmerie et la police, et là, les sanctions vont tomber, mais contre les juges, « nada » !
La seule solution serait de voter une loi modifiant le statut des juges, ainsi que l’explique Georges Fenech, qui connaît bien le sujet vu qu’il a été dans « la maison » pendant quarante ans, mais là encore, les membres du Conseil constitutionnel seraient capables de dire que c’est anticonstitutionnel.
Alors, on fait comment ?
@ Achille le 23 juin
« Il faut arrêter de mettre sur le dos du ministre de la Justice les dysfonctionnements de notre justice (…) le problème est systémique. »
Au-delà de votre « Y-a-ka-faut-que », cher aux commentateurs du Café du commerce, il me semble que votre énième plaidoyer en faveur de Darmanin contient en creux la principale raison pour laquelle un homme d’honneur aurait démissionné le jour même de la découverte du corps de Lyhanna.
« Le problème est systémique », dites-vous. Mais qui peut mettre les mains dans le cambouis du « système » pour le réformer, si ce n’est le gouvernement et donc, en ce qui concerne la justice, le garde des Sceaux ? Le sieur Darmanin ne l’a pas fait… Avant le drame, il n’avait proposé aucune mesure de fond en matière de réorganisation de l’autorité judiciaire.
Discourir sur les plateaux TV n’est pas agir. Pondre des circulaires n’est pas agir. Ne pas s’inquiéter qu’elles restent lettre morte dans la plupart des juridictions relève de la faute politique. Tenter de se dédouaner en mettant en avant la faute de lampistes, c’est, pour le moins, se moquer des Français révoltés par un scandale qui a révélé, non pas des « dysfonctionnements », mais un effondrement de l’administration judiciaire et l’absence de toute volonté de la place Vendôme de redresser la barre.
Ses prédécesseurs, Taubira, Belloubet et autres Dupond-Moretti — sans oublier Guigou —, eux, ont « ouvert le capot »… mais pas pour améliorer l’efficacité de la justice. Bien au contraire. Ils ont réglé le moteur pour aggraver la situation, pour se préoccuper plus du bien-être des délinquants que du respect dû aux victimes, pour satisfaire les desiderata du Syndicat de la magistrature, pour exempter les « petits » délinquants de tout séjour en prison… Ils ont fermé les yeux sur le retard que prenait notre justice face à l’évolution inquiétante de notre société…
Darmanin, lui, alors membre des mêmes gouvernements qu’eux, n’a pas émis la moindre réserve, plan de carrière oblige. Aujourd’hui, il ne peut pas prétendre qu’il ne savait pas, qu’il n’a découvert le pot aux roses qu’à son arrivée à la Chancellerie. La réalité est qu’il n’a pas osé bouger le petit doigt pour modifier la trajectoire, pour s’opposer aux résistances corporatistes, pour « réveiller » le CSM, pour identifier les magistrats les plus laxistes et les mettre hors circuit… Son bilan est désastreux : quelques mesures spectaculaires, certes… pour soigner sa com’… mais rien, absolument rien pour remettre la magistrature sur les rails.
Dufoix s’est dite « responsable, mais pas coupable ». Lui en est à présenter des excuses au nom des lampistes… et à jurer ses grands dieux qu’il sera intraitable avec eux. Ni responsable, ni coupable !
Quelle indignité !… comme aime à dire un autre de ses prédécesseurs qu’il cherche à imiter…
Que le département de la Justice souffre en France d’un manque de moyens, cela n’est hélas pas nouveau et ne date pas de l’ère Macron, ce dernier ayant au contraire fait plus que ses prédécesseurs pour combler le retard de notre pays en la matière. S’agissant du dossier Lyhanna, il est cependant odieux de se retrancher derrière ce seul argument pour justifier ce drame épouvantable et inacceptable, balayant d’un revers de main l’incroyable désinvolture, l’insouciance et l’irresponsabilité dont ont fait preuve certains exécutants des services de gendarmerie et de justice dans le traitement du dossier Barella.
Qu’au XXIe siècle, par exemple, un dossier sensible et donc prioritaire soit transmis d’un parquet à un autre sans le moindre signe distinctif ou information attirant l’attention sur sa spécificité et qu’il mette, pour rallier Toulouse à Auch, plus de temps qu’il n’en fallait, dans le pire des cas, au Moyen Âge, frise vraiment le ridicule. Le simple bon sens ne suffisait-il pas à conduire les intervenants sur ce dossier à prendre en compte la dangerosité du mis en cause et à décider ainsi de l’urgence de son traitement ?
C’est donc bien, au-delà du seul problème des moyens, que l’on ne peut éluder, celui de la responsabilité de tous les agents de la sphère publique que soulève aussi l’affaire Lyhanna. Ces agents bénéficient d’un statut qui ne doit pas leur donner le sentiment qu’ils sont inattaquables, indéboulonnables et que leurs actes, dans l’exercice de leurs fonctions, n’engagent nullement leur responsabilité.
« Ce dont la France a besoin, c’est d’une véritable révolution. Dans toute la sphère publique, la responsabilité doit devenir un principe, une règle, un honneur ; et la faute, lorsqu’elle est établie, doit entraîner les sanctions adéquates. On ne peut plus laisser croire à l’immunité totale de certains — au point que leur échec semblerait les promouvoir — et à la mise en cause des seuls corps auxquels leur discipline interdit de ruer dans les brancards. » (PB)
Eh bien voilà, c’est dit !
Mais il faut au minimum un plan de bataille et un objectif, pas comme le Cinglé ni comme Trump, qui ne sait plus où il habite et dont les mollahs amusent la galerie.
Trump a été nul, il faut bien le dire, et au bout du compte les pauvres Iraniens, qui ont rêvé et sont morts par milliers, en sont la conséquence directe.
Un plan, un calendrier d’exécution, des pénalités de retard, virer tous ceux qui sont inutiles et tout ce qui est inutile. Bien sûr, comme pour toute entreprise qui doit mener un commando afin de livrer sans réserves : un architecte d’opération, un directeur de travaux, des directeurs de chantier et des chefs de chantier qui ne soient ni des gazelles ni des pleurnicheuses.
Et, comme pour tout bon pilote et coordinateur de chantier, interdiction du frein à main ; seul le frein à pied est autorisé, mais avec le talon-pointe pour repartir plus fort.
Ceux qui se sont occupés de l’affaire de cette enfant devraient pleurer de honte. Une histoire de m… de téléphone qui n’a pas fonctionné ; ils en étaient encore à l’enveloppe en papier kraft, paraît-il. Morte pour un timbre à l’heure de l’IA. Huit jours pour faire Toulouse-Auch alors qu’il faut, à tout casser, deux heures ; et si vous mettez des gendarmes devant, une misère.
C’est terrifiant et horrible, cette p… de sacro-sainte routine. Il y en a eu d’autres, mais celle-là a fait sauter le bouchon. Il était temps.
Les sanctions sont ridicules, dans leur nature même et dans ce qu’elles représentent. Il faut prendre garde aussi aux révolutions : souvent, elles engendrent des monstres, Saint-Just et d’autres, en France, mais aussi en Russie, en Chine et ailleurs.
Je ne suis ni juge ni juriste, mais constituer une bonne équipe pour construire n’importe quelle tour ou n’importe quel hôpital n’a rien d’un défi : il s’agit simplement d’atteindre le but fixé. Il faut du courage, pas des larmoyants, et surtout de l’exemplarité.
« Quand est-ce qu’on envoie du béton ? »
Pour ceux qui ont connu le fil tendu et les punaises pour suivre l’avancement quotidien, cela suffisait largement. Le plus emblématique hôpital toulousain s’est construit avec des fiches cartonnées de couleur et un support métallique du commerce ; rien de plus pour le planning, tout le reste est littérature.
Le samedi était consacré au contrôle général des cloisons Promonta, et la masse était un excellent outil de persuasion : ce qui avait échappé à la vigilance était systématiquement cassé.
Toujours en place aujourd’hui, une référence avec son rose et ses briques de parement.
C’est facile !
En complicité avec la macronie, la gauche lèche-babouches anti-France, anti-républicaine, collabo, soumise, pétainiste, confirme qu’elle signe des deux mains et des deux pieds pour le chaos, l’anarchie, le désordre, la guerre civile, les narcotrafics, les invasions migratoires clandestines incontrôlées, en complicité avec les terroristes du Hamas et du Hezbollah, les attaques contre les FDO et les juges rouges complices des criminels.
La gauche kiffe la drogue, l’insécurité, le fascisme gauchiste qui se répand sur tout le territoire. Elle défend ce néonazisme islamiste et ses records de crimes dont le but serait d’éradiquer notre race blanche de souche, notre religion, notre culture, nos mœurs et nos coutumes. Elle veut supprimer notre Éducation nationale, jugée raciste et colonialiste, pour la remplacer par une nouvelle idéologie de reconditionnement plus conforme à Allah et à une nouvelle population importée islamiste.
Macron et ses alliés, les perfides sectes islamo-gauchistes NFPalestine et LFI-Hamas, auront atteint leur but : la France n’est plus qu’une vaste zone criminelle, faite de narcopoints de deal islamistes, de policiers tabassés en toute impunité, de juges gauchistes qui se font un plaisir pervers de relâcher des bombes humaines, tueurs d’une atrocité diabolique, d’écoles gangrenées par des racailles arabo-africaines mineures et intouchables, de professeurs agressés, de directeurs morts de trouille, dans le « pas de vagues », l’omerta et le silence radio des médias gauchistes complices.
Mais ! Car il y a ce fameux « mais », les seuls et uniques dangers pour la France, et il est bon de le rappeler et de le marteler en boucle, ce sont :
Ouvrez le ban !
Zemmour, les Le Pen, le FN/RN, Bardella, l’extrême droite, l’ultra-droite, les fachos, les nazis !
Ben voyons !
@ sylvain le 23 juin 2026
« Après Lyhanna, on fait quoi ? »
Vous connaissez le phénomène El Nina après celui d’El Nino ?
Après des hôpitaux qui ferment ici pour une meilleure rentabilité, ce sont les prisons qui vont fermer faute de personnel :
https://www.midilibre.fr/2026/06/23/il-ny-a-pas-de-personnel-disponible-pour-la-conduire-au-tribunal-accusee-de-trafic-de-cocaine-et-dagression-elle-est-finalement-remise-en-liberte-13433510.php
Pour notre communauté de communes il y a 22 gendarmes pour… 22 communes d’où les réunions publiques organisées par ceux-ci demandant aux gens de s’enfermer chez eux pour éviter les home jacking.
On vit une époque épatante.
Chez nous, malgré la chaleur, beaucoup de gens se sont rendus à la Fête de la musique.
Pendant que les cigales chantaient et dansaient sur les places publiques, les fourmis cambrioleuses s’en sont donné à cœur joie. Un record cette année, qui se reproduira sans aucun doute pendant les feux d’artifice : les guetteurs attendent le moment propice pour vider les maisons en toute tranquillité et, selon certains, avec la complicité de juges rouges qui leur trouveront des excuses et les relâcheront s’ils se font prendre la main dans le sac.
On vous a dit, « hameau dans les nuages », que ce n’est pas un problème de moyens… mais de fautes individuelles.
On ne va pas demander aux ministres de l’Intérieur et de la Justice de démissionner !!
Comme remettre le judicaire sous la griffe de l’exécutif fragiliserait la séparation des pouvoirs déjà exsangue en France, mais qu’il faut que cesse la dérive de trop de juges, je propose que les nouveaux soient élus.
CQFD.
Il faut arrêter de mettre sur le dos du ministre de la Justice les dysfonctionnements de notre justice, ainsi qu’ont tendance à le faire certains élus des partis d’opposition.
Raisonnement plutôt léger, pour ne pas dire simpliste, vu que le problème est systémique.
Ce dernier ne saurait être responsable des manquements intolérables dans la chaîne de traitement, depuis le dépôt d’une plainte à la gendarmerie jusqu’au traitement de celle-ci par les juges chargés de prendre les décisions qui s’imposent.
Georges Fenech, dans les deux liens ci-joints, a parfaitement décrit les raisons de ces dysfonctionnements, qui peuvent conduire à des drames comme celui de la petite Lyhanna, violée et assassinée par un prédateur sexuel récidiviste.
1 – « On a joué à l’apprenti sorcier, on a créé un monstre démocratique, qui est un pouvoir autonome, qui ne rend compte à personne
2 – «Il faut entièrement revoir la place du juge dans notre société, de son recrutement, à sa formation, jusqu’à sa responsabilité »
Venant de la part d’un ancien magistrat, je pense que cette approche ne saurait souffrir aucune contestation.
Il faut, il faut !
Dès que je lis « il faut » au début d’une phrase, terminé, je zappe, en sachant qu’il y aura de plus en plus de Lyhanna et que certains viendront nous dire encore et encore : « Il faut ! »
Ben moi, quand quelqu’un dit quelque chose d’intelligent, j’ai tendance à en tenir compte, même si je ne partage pas toujours ses idées. Ce qui est le cas avec Georges Fenech…
Rien de pire que d’être prisonnier de ses certitudes.
« quelqu’un dit » voilà le problème, il dit mais ne fait rien, voilà tout est dit.
Après Lyhanna, on fait quoi ?
Comme d’hab, après le café matinal, on tamponnera les « papiers-des-naturalisés-récents ».
On leur accordera le RSA, la CAF, l’APL, la CMU, le RSA, l’AME, l’ATA, la Sécu… ; on donnera le feu vert à nos consulats en Algérie pour augmenter le nombre de visas ; on débloquera des crédits pour de nouveaux centres culturels islamiques ; on aidera les assocs islamo-gauchistes à débarquer encore plus de réfugiés sur nos côtes ; on trouvera un emploi à la Mairie de Paris pour ces petits jeunes pleins de dynamisme ; on délivrera des allocations aux membres de leurs familles qui sont toujours au bled ; on accueillera de nouveaux imams ; on fera de la place dans les prisons par des libérations anticipées de bombes humaines repenties (lol) ; on demandera aux magistrats de se montrer compréhensifs ; on enterrera un certain nombre de victimes de dommages collatéraux ; on reconstruira les écoles, les bibliothèques et les centres sociaux incendiés dans les quartiers ; on recasera les fonctionnaires ayant fait valoir leur droit de retrait desdits quartiers ; on déblayera les carcasses des voitures brûlées lors de la nuit du réveillon ; on augmentera les impôts pour financer tout ça…
La routine, quoi.
Mais désormais, tout cela dans un merveilleux esprit d’union nationale et de béatitude démocratique…
Il m’est arrivé souvent de citer ici Marc Bloch et L’Étrange Défaite, mon livre de chevet quand je vais chez le dentiste ou pour prendre mon mal en patience. Un livre à mettre entre toutes les mains, surtout pour tous ceux qui sont chargés de veiller sur nos vies.
Ce dernier assassinat sur cette enfant est indigne de tous ceux qui y ont participé de près ou de loin ; c’est trop et c’est le déshonneur pour cette machinerie faite de routine, qui ne se regarde jamais en face et dont personne, jusqu’à ce jour, n’a osé déchirer le rideau.
À la page 153 de Folio Histoire, j’avais corné et souligné : « D’un bout à l’autre de la guerre, le métronome des états-majors ne cessa de battre plusieurs mesures de retard. »
Un musicien comprendra cela ; pour des parents, c’est un déluge ; pour cette enfant, la mort de trop pour juste quelques mesures de retard.
Comme prévu, les inspections ont tourné à la farce tragicomique : deux, trois boucs émissaires et passez muscade !
Première conclusion de l’inspection du ministère de la Justice : le parquet de Toulouse est mieux en cour que celui d’Auch ; outre ses lenteurs propres, il a transmis le dossier comme il aurait transmis n’importe quel dossier anodin, sans rien signaler, ne serait-ce que par un mail ou un coup de bigophone, quant à son caractère sensible, et hop, bon débarras !
La substitut d’Auch n’a certes pas fait preuve de flair, mais elle a dû naïvement considérer que, comme Toulouse n’avait signalé ni urgence ni gravité, il n’y avait ni urgence ni gravité.
Le cas des gendarmes est différent ; depuis le néfaste rattachement de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur, le préfet de département est non seulement l’employeur principal des gendarmes, mais pèse lourdement sur leur carrière ; c’est dire que ses priorités deviennent ipso facto celles de la gendarmerie du département.
En clair, dans le Gers, la priorité des brigades territoriales était d’emme*der les agriculteurs de la Coordination rurale, ce qui est fichtrement consommateur en personnel et temps de service.
Quiconque a la moindre idée du fonctionnement préfectoral sait qu’à moins de suicide professionnel, le motto du corps est : « Pas de couille, pas d’embrouille », et que les discrètes injonctions des petits marquis qui gravitent autour soit du larbin servile de Matignon, soit du bon à rien adipeux de Beauvau comptent plus que les circulaires.
Bien évidemment, il ne fallait pas attendre que les inspections aillent au fond des choses, mais le paratonnerre est non seulement foireux, mais plus encore odieux.
Au passage, des sanctions statutaires, ça se prend dans le respect des formes légales (conseil d’enquête, débat contradictoire, etc.) ; le ministère de l’Intérieur fait-il de la com foireuse ou est-il encore plus nul qu’à l’accoutumée ?
« Mes ennemis sont nombreux, et je suis seul ; mais, au tribunal de l’équité, le plus ferme appui de l’innocence est de n’en avoir aucun. » — Supplément au Mémoire – Beaumarchais
La justice devait quelque chose à l’innocence, qu’elle a jetée aux orties, et la sanction administrative ne saurait laver la faute, ni faire oublier le mal, ni dissiper ce magma de honte qui a enseveli l’honneur de la charge…
Coupe du monde de foot suivie du Tour de France : l’affaire Lyhanna ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. En outre, elle est blanche, donc pas de la « bonne » couleur, comme celle de Nahel, la bonne victime médiatique, seule autorisée par l’islamo-gauchisme idéologique qui gangrène la France.