Nicolas Sarkozy : l’apparente sérénité de l’appel…

D’abord, le bonheur de pouvoir suivre médiatiquement – et tranquillement – les débats du procès en appel concernant Nicolas Sarkozy et d’autres, relatifs au financement libyen présumé de sa campagne de 2007. Avec, tout particulièrement, les chroniques de Laurent Valdiguié dans Marianne et celles de Stéphane Durand-Souffland dans Le Figaro.

Tranquillement, en effet, sans être interrompu sans cesse, comme sur CNews, par une inconditionnalité et une ignorance satisfaites d’elles-mêmes, et aussi éloignées d’une authentique information qu’Olivier Faure de la loyauté politique.

L’appel, certes, donne lieu naturellement et la plupart du temps, à des débats moins intenses, moins exacerbés, plus maîtrisés.

Le président Olivier Géron, qui connaît parfaitement le dossier, n’y est pas pour rien. Sa compétence calme y contribue beaucoup. Les avocats généraux ne sont pas en reste sur ce plan.

L’appel, dans les affaires à la fois judiciaires et politiques, offre aussi le grand avantage, du moins faut-il l’espérer, d’une remise en cause, lorsque le procès de première instance n’a pas été favorable aux prévenus, des stratégies de défense, des arguments avancés, des questionnements et des plaidoiries, parfois dans un sens radicalement contraire aux versions initiales.

Même si cela ne semble pas être le cas pour ces audiences d’appel, il y a cependant des infléchissements, voire des voltes psychologiques – Alexandre Djouhri est ainsi passé de l’arrogance à « l’imbécillité prétendue » – qui changent le climat judiciaire et le chargent de moins d’électricité. Comme si la plupart des mis en cause avaient pris acte du fait qu’un certain type de dénégations avait fait fiasco, par leur totale invraisemblance, et que l’appel ne pouvait être la continuation paresseuse et sans surprise de la première instance.

Le seul, peut-être, qui persévérera (apparemment, il l’a déjà annoncé) dans sa position initiale est Nicolas Sarkozy, parce que son incrimination ne fait pas de lui un appelant ordinaire, mais une personnalité dont la condamnation, dans une affaire gravissime, viendrait ajouter, à un tableau judiciaire déjà lourd, une ultime touche honteuse et impardonnable. C’est de son destin qu’il est question, de l’image qu’il laissera dans la mémoire des Français.

Une fois écartés les préliminaires procéduraux sans la moindre consistance, on peut s’interroger sur l’incidence, dans les débats, de la mort de Ziad Takieddine et de l’indisponibilité médicale de Claude Guéant, qui ne sera pas présent lors des audiences et ne pourra pas répliquer aux possibles accusations dont il fera l’objet. L’un ou l’autre, l’un et l’autre seront-ils des boucs émissaires commodes ou placés à leur juste niveau de responsabilité, de culpabilité ?

M’est-il permis aussi, sans tirer de conclusion du rejet opposé à Nicolas Sarkozy concernant la confusion des peines liée à son bracelet électronique, de m’interroger sur l’effet possible, dans les débats d’appel et dans l’arrêt à venir, des péripéties, parfois indécentes, qui ont suivi sa première condamnation avec exécution provisoire ? Son incarcération de vingt jours a notamment favorisé l’écriture et la publication d’un livre dans lequel, détenu, il osait se comparer au capitaine Dreyfus…

Quel que soit l’arrêt rendu, pourrait-on au moins ne pas entendre de la part des avocats de la défense, de certains médias et de quelques soutiens politiques sectaires et peu républicains, des commentaires réprobateurs inutiles ou, pire, des vitupérations dirigées contre l’institution judiciaire ?

Je le précise : ce n’est pas elle qui est poursuivie ni qui est coupable…

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Voir les Commentaires (1)
  1. À la sortie de sa condamnation en première instance, Nicolas Sarkozy avait reproché aux magistrats d’avoir dépensé près de dix millions d’euros dans ce procès. À qui la faute ? Quelle indignité ! Fallait pas tremper dans des affaires scabreuses et scandaleuses !
    Est-ce légal de demander à NS et à ses compères condamnés le remboursement de la totalité des frais que la justice a dû engager sur la période de presque 19 ans ? enquêtes pyramidales, en France et à l’étranger, etc. ?

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