Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

La parité dans la langue de bois

Il y a beaucoup de gens qui piaffent aux portes de l’émission d’Anne-Sophie Lapix. Pourquoi ne pas leur donner une chance ?

Républicain quand ça l’arrange !

Bêtement, je m’étais fait une idée de la République : un espace où on a le droit de questionner le pouvoir sous ses diverses incarnations, officielle ou officieuse. Henri Guaino, à l’évidence, n’aspire pas à être un républicain à plein temps. Républicain quand ça l’arrange.

Qui veut des minarets ?

Où est le vrai pour tous ces noeuds de la vie sociale, du destin d’un pays quand les élans du coeur et les rêves de tolérance se cognent contre l’insupportable réalité ? Est-il forcément indécent d’avoir du mal à supporter certaines situations ou à accepter un avenir quand on ne sait pas comment affronter les premières et qu’on a peur du second ? Quand on craint d’être noyé ? Est-il vraiment indigne de répondre non ? Comme en Suisse.

Courroye ou Carignon ?

Alain Carignon est un mauvais procureur : il donne envie de défendre Philippe Courroye.

Le droit est une arme

Surtout, à titre personnel, je ne déteste pas ces combats où je peux adhérer sans réserve aux démarches des avocats. Pas d’ambiguïté ni de confusion dans ce domaine, le rapport à la vérité n’est pas en cause, les philosophies du magistrat et de l’avocat ne sont pas antagonistes mais alliées : la honte des prisons légitime ces guérillas et les avocats qui les mènent méritent notre appui. Quand le droit est une arme en faveur de la justice.

Tout… et le reste à la charge du président !

S’acharner sur la caricature qu’on fait du président, c’est s’égarer deux fois. Patrick Modiano devrait demeurer dans le doux amer, le clair obscur qu’il affectionne en continuant à nous offrir ses silences murmurés à la fois exaspérants et émouvants.

La garde à vue un enfer ?

La garde à vue n’est pas un enfer. Les policiers ne placent pas en garde à vue par sadisme. Ces données acquises, tenter d’instaurer un dialogue démocratique – je rêve d’états généraux de la police et de la justice – à propos de la garde à vue, de l’efficacité qu’il convient de lui assurer, des limites naturelles qu’il serait prudent de lui imposer me paraîtrait la meilleure des démarches. Mais, de grâce, qu’on n’oublie pas ce qu’exige au quotidien la mission de la police dans cet important débat à venir.

Nous sommes disqualifiés !

Si on avait une Fédération digne de ce nom, elle aurait déjà proposé une date pour le nouveau match. A armes égales. Sans coup de main.

Une fessée pour Edwige Antier ?

La loi est banalisée. La loi est détournée. La loi est moquée, en profondeur, quand elle s’attache à ce qui ne la regarde pas et s’élabore trop vite pour l’essentiel. La loi, sauf exceptions, n’a pas à s’immiscer dans la vie domestique, dans notre espace d’autonomie où nous sommes les témoins de nous-mêmes et de nos proches, vraiment proches. Qu’on continue comme cela, avec cette frénésie de la bonne conscience, et on amplifiera cette déplorable attitude française qui prend la loi pour une menace alors qu’elle devrait être perçue seulement comme une garantie.