Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Pourquoi Patrice Evra serait-il suspendu ?

Je n’ai pas honte de traiter de cette controverse. C’est du foot, certes, mais il est partout. La grande conscience humaniste – donc de gauche – du foot Lilian Thuram est empêtré dans des soucis et on lui permet de s’expliquer au Grand Journal. Quel privilège ! La France va rencontrer l’Ukraine. Le PSG joue bien. Ribéry est en grande forme. Même le président de la République s’est penché sur des sujets dérisoires comme Leonarda. Il ne va pas en sortir aussi aisément.

A l’UMP : courage, fuyons !

La responsabilité collective pour éviter d’avoir eu à proclamer en face le 17 octobre ce qu’on se disait entre soi ou devant les médias. S’affirmer tous coupables pour s’abstenir de nommer le seul ! Un bouclier tremblant ! Lamentable. Courage, fuyons ! Pour l’UMP, un slogan d’avenir !

Mais la Justice, Dupontel !

Pourquoi Dupontel, un jour, ne mettrait-il pas son talent au service de la vérité et de sa profondeur ambiguë, complexe plutôt qu’à celui de grimace ? Mais la Justice, Dupontel !

La vie d’Adèle : un long fleuve trouble

Je suis persuadé qu’il était hors de question, pour quelque critique que ce soit, de se faire passer pour un conservateur même éclairé en portant sur cette Vie d’Adèle et son réalisateur un regard à la fois admiratif, ironique et lucide. Il fallait que tout fût exceptionnel puisque la provocation était au rendez vous. Pourtant, comme Kechiche aurait mérité d’entendre des objections qui n’auraient pas flatté son contentement de soi mais sans doute rendu exceptionnelle sa prochaine oeuvre ! La vie d’Adèle : un long fleuve trouble.

Quelle médiocrité !

Ce sont de petites choses, des broutilles ou les grimaces d’une démocratie qui, à force de se désirer éthique, perd l’intelligence et le bon sens. A l’horizon, le calme plat. Recherche désespérément élan. Aucun sauveur.

Bertrand Cantat : un monstre commode

C’est vrai de tous ceux qui survivent, modestes, anonymes, brisés, quand un être cher a été victime d’un criminel. Le condamné, lui, sortira quand le deuil, lui, s’éternisera. L’ombre ou la lumière ne font rien à l’affaire.

Le bras d’honneur de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, au propre et au figuré, a fait plus d’un bras d’honneur dans sa vie. François Fillon, courtoisement, lui en a fait un et c’est doux, bon et riche d’avenir s’il ne se contente pas de croire en son destin mais s’il l’impose, s’il s’impose.