Nicolas Sarkozy : un compte de Noël…

Pendant la période de Noël, tout est possible : des rêves se réalisent, des miracles se produisent et des élans soudains de générosité se manifestent.

J’ose à peine dire comment j’en suis arrivé, pour ce billet, à évoquer la situation de Nicolas Sarkozy sur un mode, j’espère qu’on me le concédera, tranquille et serein. En réalité, tout est parti d’une excellente analyse parue dans Le Parisien Week-End, consacrée au couple « So Royal » : Sir David et Lady Beckham.

Le premier, footballeur de génie, a connu, à une période de sa carrière sportive, un état de disgrâce totale : détesté par une majorité d’Anglais, il a fait l’objet de moqueries, de caricatures et d’insultes. Avec des conséquences éprouvantes, non seulement pour lui-même, mais aussi pour son couple.

Il a su remonter le courant et regagner l’estime de ses compatriotes. Son attitude après la mort d’Elizabeth II a consacré, de manière éclatante, une réhabilitation déjà bien amorcée. Alors qu’il aurait pu, en tant que VIP, entrer sans attendre pour honorer sa dépouille, David Beckham a choisi de faire la queue comme tout un chacun, durant treize heures. Ce geste, sans doute mûrement réfléchi, a profondément modifié la perception qu’avaient de lui ses concitoyens. Ce qu’il avait perdu, il l’a regagné au centuple.

Lisant cela, j’ai immédiatement songé à Nicolas Sarkozy, qui compte autant d’admirateurs inconditionnels que d’adversaires compulsifs. Il est aujourd’hui plus que jamais impliqué dans un processus judiciaire : non seulement en appel pour l’affaire libyenne, mais également, avec son épouse et d’autres protagonistes, à la suite de la rétractation de Ziad Takieddine (aujourd’hui décédé), ayant donné lieu à des réquisitions de renvoi devant le tribunal correctionnel.

Je ne doute pas que, comme d’habitude, l’ancien président, privé de son formidable avocat Me Thierry Herzog, qui s’était dévoué corps et âme pour lui avec talent, contestera – si les juges suivent le Parquet – les infractions qui lui sont reprochées. Il n’en demeure pas moins que ce n’est pas faire injure à la présomption d’innocence que de souligner que, sur le plan judiciaire, le climat est loin d’être confortable et s’avère même particulièrement chargé. Son image n’est plus virginale – si tant est qu’elle l’ait jamais été – et une danse ne suffira pas pour l’effacer !

Dans des conditions relevant d’un tour de force éditorial, Nicolas Sarkozy a publié, une semaine seulement après sa sortie de prison, Le Journal d’un prisonnier, qui connaît un succès fulgurant, dépassant les cent mille lecteurs. Ce succès s’explique à la fois par le fait que les ouvrages de Nicolas Sarkozy ont souvent été passionnants à lire – et parce que, dans son cas, le soufre pénitentiaire a encore amplifié la curiosité du public.

Certains ont été choqués par la publication d’un tel livre, mais une multitude de lecteurs s’est ruée sur lui, et les analyses politiques de Nicolas Sarkozy ont suscité un débat qu’il a eu raison d’engager, et dans le sens qu’il a choisi.

Lorsque j’avais écrit un billet, le 23 novembre 2025, intitulé Entre Sarkozy et Sansal, il n’y a pas photo !, j’y avais glissé le paragraphe suivant :
« Nicolas Sarkozy a très vite annoncé qu’il publierait un livre, Le Journal d’un prisonnier, le 10 décembre, aux éditions Fayard. Sauf à verser dans l’indécence, il me paraît évident que l’ancien président reversera à des causes — l’administration pénitentiaire, par exemple — les droits et revenus qu’il percevra. »

Je ne crois pas que Nicolas Sarkozy ait décidé de faire preuve de cette générosité, qui me semblerait pourtant évidente compte tenu à la fois des revenus considérables du couple Sarkozy–Bruni et du caractère très particulier de ce dernier livre, dont on imagine aisément comment les ventes pourraient servir des causes humanistes, pénitentiaires, judiciaires ou policières.

Mon rapprochement avec David Beckham se justifie alors pleinement. Si Nicolas Sarkozy mesurait l’opportunité unique qui s’offre à lui de purifier toute cette entreprise par l’abandon enthousiaste de ses gains substantiels, combien serait-il applaudi ! Non seulement par ses multiples partisans, qui n’ont jamais douté de son altruisme, mais aussi par ses adversaires, qui salueraient un tel geste, et par les indifférents à la politique, dont le regard sur la moralité publique s’en trouverait transformé.

Je suis convaincu que cela relèverait du même coup de génie que celui qui a sauvé David Beckham : Nicolas Sarkozy deviendrait un exemple de classe et de décence.

Pourquoi serait-ce impossible ? C’est Noël dans peu de jours.

Je crois au compte de Noël, au conte de Noël.

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Revoir Poutine, mais pourquoi et comment ?

Voir les Commentaires (35)
  1. Le débat qui s’est ouvert ici sur le sort de Xavier Moreau (XM) est manifestement hors sujet, mais les questions soulevées sont suffisamment importantes pour s’y intéresser… Et d’abord celle du respect des faits.

    Dans les commentaires sur ce blog, comme dans la plupart des médias, la manière dont cette affaire est relatée donne l’impression que c’est la France – en l’occurrence le courageux Jean-Noël Barrot (JNB) – qui a « puni » cet éditeur en ligne qui osait, à propos de Poutine, de la Russie et du conflit russo-ukrainien, raconter une autre histoire que celle imposée par les diverses autorités qui ont en commun de soutenir Zelensky.

    En réalité, XM fait l’objet de sanctions prises par le Conseil européen des ministres des Affaires étrangères. Celui-ci a décidé de lui interdire de pénétrer sur le territoire de l’Union européenne, de bloquer ses comptes dans les banques de l’UE et d’ordonner aux plateformes numériques de ne plus diffuser ses publications en ligne, chacun des 27 États membres ayant à mettre en œuvre ces « condamnations » strictement administratives.

    Petit problème : XM, qui vit et travaille à Moscou, est franco-russe… et la France, respectant le droit international, ne peut pas interdire son territoire à l’un de ses ressortissants… D’autant que celui-ci possède un pied-à-terre à Paris et qu’il doit donc y payer téléphone, électricité et… impôt foncier. La France s’est donc mise en situation d’empêcher l’un de ses citoyens de respecter sa loi…

    Une telle bévue n’a pas conduit JNB à faire profil bas. Au contraire. Il s’est précipité sur les micros pour faire croire qu’il était le décideur de ces sanctions… Très probablement, il en est à l’origine. Il a demandé au Conseil européen de les prendre, tout simplement parce qu’en France il aurait dû saisir la justice et attendre la décision de celle-ci… qui risquait fort de ne pas lui être favorable.

    On notera que l’UE, elle, ne s’embarrasse pas de cette contrainte démocratique et qu’elle a « oublié » la nationalité française du russe XM… Cela en dit long sur sa conception du respect des souverainetés nationales et sur son goût pour la liberté d’expression.

    Comme le « condamné » n’est pas tombé de la dernière pluie, il a déjà prévu de poursuivre l’UE devant la Cour européenne des droits de l’homme et devant la Cour de justice de l’Union européenne. Nul doute que, par idéologie gauchiste, au moins la première de ces deux juridictions tentera de le débouter, mais l’affaire risque de faire beaucoup de bruit. Il en aurait été de même si elle était restée franco-française…

    Cette condamnation est en effet l’exemple même d’une atteinte à la liberté d’expression. Si l’on met de côté les élucubrations de Robert Marchenoir qui, oubliant que nous ne sommes pas en temps de guerre et que la loi martiale n’est pas en vigueur, veut faire du Franco-Russe un traître à offrir à la guillotine, rien, absolument rien, dans la loi française n’interdit d’exprimer l’opinion de XM. Et il serait très difficile de justifier auprès des plateformes un ordre de retrait de ses sites. Passer par « Bruxelles », où elles sont dans le collimateur de la Commission, était une solution plus… efficace. La preuve : ils ne sont déjà plus accessibles. Une réactivité bien plus grande, semble-t-il, que dans des cas de pédo-criminalité, par exemple…

    On peut ne rien partager des points de vue de XM, et même les combattre avec vigueur par médias interposés… Mais il est parfaitement en droit de les exprimer, et on ne peut pas admettre ce qu’il faut bien appeler une censure. Une censure strictement politique. Une censure imposée par la doxa ambiante, exécutée par les « gendarmes » de « Bruxelles » et contrôlée par les « va-t-en-guerre » qui, un peu partout en Europe, mais surtout en France semble-t-il, cherchent à envenimer le conflit.

    Un détail amusant pour conclure : pour l’heure, les gauchos de RSF, gardiens autoproclamés de la liberté de la presse de par le monde, ne se sont pas fendus d’un communiqué apportant leur soutien à… peut-être l’UE. Quand celle-ci, en février 2022, a interdit la diffusion de RT France sur son territoire, ils ont applaudi… Mais cette fois, l’affaire est plus complexe : l’éditeur n’est pas Poutine, mais un Français… qui est aussi russe…

    Pour ceux que cela intéresse : un entretien que Xavier Moreau a accordé à Frontières. Attention, âmes sensibles et pro-Z s’abstenir… ce média en ligne est qualifié d’« extrême droite »…
    https://www.youtube.com/watch?v=OqfD3Wkxycg

  2. @ Achille Le 21 décembre
    « Je n’aime pas cet acharnement sur l’ancien président de la République, qui donne l’impression que ses procès, qui s’enchaînent en cascade, sortent du cadre judiciaire (ou juridique) pour devenir un contentieux politique. C’est très malsain ! »

    Il n’y a là rien de « malsain ». Bien au contraire. Cette « cascade » de procès de l’ex-président, qui, avant d’en arriver à l’audience publique, ont tous connu, durant l’instruction, de multiples recours émanant des avocats du prévenu, montre que la justice française sait encore ne pas ménager les puissants tout en respectant la défense, même lorsque celle-ci joue la montre et l’obstruction.

    Certes, les procureurs du Parquet national financier, dont il se dit qu’ils sont « rouges », sont à l’origine de toutes les « affaires Sarko », mais on ne peut ignorer que celles-ci évoluent aussi au gré de décisions d’autres magistrats, y compris ceux de la Cour de cassation. Tous seraient-ils « rouges » ? Tous seraient-ils prêts à violer le code pénal pour se payer Nicolas Sarkozy ? Tous se vengeraient-ils, au prix d’une malhonnêteté, du terme fort peu courtois employé par celui-ci pour les désigner… et les ridiculiser ? Difficile à croire.

    Toutes ces affaires sont strictement d’ordre judiciaire, et NS n’a pas été, n’est pas et ne sera jamais un condamné politique. Il n’y a en France aucun prisonnier politique, étant entendu que le racisme et l’antisémitisme ne sauraient être des attitudes acceptables.
    Que certaines décisions judiciaires aient des conséquences dans la sphère politique, oui — cf. le cas de Marine Le Pen —, mais aucune d’elles n’est d’essence politique.

    Sarko s’est beaucoup abstenu de respecter la loi, voilà tout… et c’est d’autant plus grave qu’il en était le garant.

    En règle générale, pour éviter les désagréments d’une « cascade » de procès, mieux vaut faire en sorte de ne pas prendre le risque de les mériter…

    P.-S. : Certaines lois mémorielles sont un peu inquiétantes quant au respect de la liberté d’expression… et il faudrait se battre jusqu’au dernier souffle si, par exemple, il venait à l’esprit d’Emmanuel Macron, avant de quitter l’Élysée, de tenter de graver dans le marbre de la loi son opinion selon laquelle la colonisation serait un crime contre l’humanité que la France aurait commis.

  3. Cher jean,

    Je précise que je ne considère pas que la haute trahison ne concerne qu’un « camp ».
    Gérard Araud, diplomate qui se serait vendu aux Israéliens — lesquels sont loin d’être des amis, cf. le conflit azéro-arménien —, mériterait tout autant la cour martiale qu’un François Fillon.
    Il y a bien des commentateurs qui sont hémiplégiques.

  4. Même les trois grandes supportrices, voire groupies, de Sarkozy sur ce blog n’ont pas émis l’hypothèse qu’il ait fait un don tellement discret que personne n’en aurait entendu parler… jusqu’au prochain livre intitulé « Le don de soi ou la générosité discrète ».
    Sacré Nicolas : on ne l’aurait pas eu qu’il aurait vraiment fallu ne pas l’inventer.

  5. Revenons à Nico, c’est quand même plus gai. « Il a un réel problème de comportement » : Cécilia Attias dézingue son ex-mari Nicolas Sarkozy, qu’elle décrit comme « pingre » et « sauteur »…

    Oui, je sais, on me dira que c’est du people, des paillettes, du clinquant, mais au fond, le Père Noël aurait-il les poches cousues ? C’est quand même amusant, mais il faut lui reconnaître un adage sur le sujet qui l’habillerait bien : « Être riche, ce n’est pas avoir beaucoup d’argent, c’est surtout savoir ne pas le dépenser. »

    C’est un peu comme pour les économies d’énergie : vous pouvez avoir le système de chauffage le plus perfectionné du moment, ce qui compte, c’est le manteau.

    Nico a tout bon d’ailleurs : dans ses costards, il n’y fait jamais mettre de poches. Il me fera toujours rire ; ce n’est pas avocat qu’il devrait être, c’est BET thermique.

    https://www.msn.com/fr-fr/divertissement/celebrites/il-a-un-r%C3%A9el-probl%C3%A8me-de-comportement-c%C3%A9cilia-attias-d%C3%A9zingue-son-ex-mari-nicolas-sarkozy-qu-elle-d%C3%A9crit-comme-pingre-et-sauteur/ar-AA1SPVDW?ocid=msedgdhp&pc=EDGEESS&cvid=6949abec5b7a426bb62d4c1d2b3a18dd&ei=11

  6. Bonjour jean,

    Il va sans dire que, vu sans autres considérations que la liberté de parole, votre propos ne peut que susciter l’adhésion. Ennuyer deux personnes au prétexte qu’elles ne reprennent pas la doxa gouvernementalo-médiatique a de quoi choquer et laisser penser que nous sommes en voie de « totalitarisation », ce qui n’est pas totalement faux par ailleurs, mais c’est un autre sujet.

    Si l’on rajoute à cela que ni la Russie ni l’Europe — la France entre autres — ne se sont déclarées officiellement en guerre, on peut parfaitement admettre des points de vue divergents.

    Mais, il y a quand même un mais. Si nous ne sommes pas officiellement en guerre, il ne faudrait pas être trop hypocrite et laisser penser que nous n’y participons pas. Bon, la France a envoyé deux Sig Sauer et une vingtaine de balles : ce n’est pas ce qui fera reculer les Russes, mais c’est déjà ça. L’Europe fournit des armes, de l’argent et se tient officiellement du côté ukrainien. Macron, lui, se tient du côté du miroir qui lui renvoie une image positive. Du coup, il change de côté en permanence, son image n’étant que négative. Il se voit, à l’instar de Trump, comme le grand faiseur de je ne sais quoi — paix, guerre, surtout guerre — et pets de nonne, avec une cup of tea à la main, en annonçant ses volontés d’enfant gâté. Trump, en plus vulgaire et tout aussi ridicule.

    Perso, cher jean, je ne conteste pas que l’Occident ait joué avec l’Ukraine, mais cette dernière est une victime, pas une coupable.

    Et pour en rester aux simples faits, c’est la Russie qui a envahi l’Ukraine, pas l’inverse. Les propos que l’on peut entendre régulièrement sur la « responsabilité » de Zelensky dans la poursuite de la guerre ne sont pas audibles. Il faudrait, selon les contempteurs, qu’il cède au plan de paix américain. Ce n’est pas un plan de paix, mais une reddition en rase campagne. On baisse son froc et on fournit la vaseline. À entendre les accusateurs de VZ, il eût fallu que nous cédions l’Alsace et la Lorraine, que la Grande-Bretagne lâche quand Londres se faisait aplatir par les V1 et V2… Ça manque un peu de tenue, non ? Quoique, l’Alsace et la Lorraine aux Allemands, je réfléchis.

    On entend des propos de toutes sortes : VZ et son entourage seraient corrompus. Poutine serait un archange de la probité, tout le monde sait ça. Il y a des nazis en Ukraine — en France aussi — quant à la Russie, il suffit de voir quelques torses tatoués des ex-Wagner…

    Tous les arguments utilisés pour tenter de faire un contrepoids à l’alliance avec l’Ukraine sont bons à débiter, mais n’ont objectivement aucun sens.

    Pour terminer, je pense que Fillon, bien avant la guerre, aurait mérité le passage en cour martiale pour haute trahison. Il s’est jeté dans la gueule des oligarques russes afin de remplir sa caisse, alors que détenteur de tous les secrets d’État au plus haut niveau : Premier ministre n’est pas un poste subalterne.

    Alors je dois dire que vos deux amis…

    PS — Je me suis penché sur le sujet avant de voir que vous vous faisiez admonester par quelques blogueurs. Loin de moi l’idée de hurler avec les loups, d’autant que, fondamentalement, je partage l’idée que nous ne vivons plus vraiment en liberté et que le fait du prince remplace assez facilement la loi. Mais les deux gaillards dont vous me parlez pourraient relever de la cour martiale pour intelligence avec l’ennemi, non ? Enfin, si l’on considère que la Russie en est un… Pour le moment, elle n’est pas déclarée comme telle, d’où l’ambiguïté et votre légitime inquiétude.

  7. Robert Marchenoir

    @ Sourcet – le 22 décembre 2025
    « Vous avez raison d’attirer l’attention sur le cas de Xavier Moreau. Citoyen français, n’ayant commis aucune infraction, aucun crime ni délit, mais lourdement sanctionné à titre personnel par une autorité administrative qui n’en a pas la capacité juridique. »

    Tiens, les trolls poutiniens sont de sortie. Deuxième pseudo jamais vu ici intervenant hors sujet… et faisant semblant de « dialoguer » avec le premier, un certain Jean. Vieille technique des faux comptes russes.

    « N’ayant commis aucune infraction, aucun crime ni délit »… Vous êtes sûr ? Xavier Moreau est un traître, et de surcroît un ancien militaire ayant trahi son pays.

    Code pénal

    Livre IV : Des crimes et délits contre la nation, l’Etat et la paix publique

    Titre Ier : Des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation

    Chapitre Ier : De la trahison et de l’espionnage

    « Les faits définis par les articles 411-2 à 411-11 constituent la trahison lorsqu’ils sont commis par un Français ou un militaire au service de la France et l’espionnage lorsqu’ils sont commis par toute autre personne. »

    Section 2 : Des intelligences avec une puissance étrangère

    Article 411-4

    « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende. »

    Au hasard, hein. Il y a pléthore d’articles de ce tonneau… « Citoyen français », dites-vous, en oubliant d’ajouter : ayant pris la nationalité russe, vivant en Russie et ayant pour profession d’attenter à la sûreté nationale de la France.

    Estimez-vous heureux que Xavier Moreau se soit seulement vu frappé d’interdiction d’entrée sur le territoire de l’Union européenne, de posséder un compte bancaire dans l’UE et de réaliser des transactions financières avec l’UE. Pour le moment…

  8. Oui c’est possible ! La France est le pays des possibles, que dis-je, de l’impossible !

    https://x.com/grandserresylv1/status/2002831433929539777?s=58&t=VD2Ene-M1AwwcyLHd1ncEg

    « Nicolas Sarkozy : un compte de Noël… » (PB)

    Sarkozy, qui va faire un séjour sans doute aussi long qu’en cabane, pourra publier dans la foulée Le journal d’un vacancier. C’est beau, c’est grand, c’est magnifique. Il va nous faire au moins autant rire que les passages relevés dans Charlie et ailleurs.

    Je ne pense pas avoir lu qu’il allait se fendre d’un don magique quelconque, mais on ne sait jamais : un séjour tropical qui ressemble davantage à une bénédiction touristique qu’à une retraite pénitentielle, alors forcément, imaginer l’île comme une sorte de sanctuaire de purification express, où l’on irait chercher une absolution médiatique, ça prête à sourire.

    Il cherche toujours à exister. Après Macron, c’est Jordy Youpala pour ressusciter. On n’a pas fini de rire, pour peu que Carlita ait emporté la mandoline : les photos souvenirs vont être inoubliables, comme les pages illustres de son Journal d’un prisonnier. Et, dans la trilogie Le retour d’un prisonnier et ses vacances… C’est beau !

  9. @ Sourcet le 22 décembre 2025
    « Citoyen français, n’ayant commis aucune infraction, aucun crime ni délit, mais lourdement sanctionné à titre personnel par une autorité administrative qui n’en a pas la capacité juridique. Arbitraire, « lettre de cachet »… »

    Il faut comprendre que, dans une France qui ne l’est plus vraiment, il y a deux systèmes qui coexistent : l’un au profit des copains et des coquins, qui peuvent tout se permettre et pour qui les « valeurs » et les « principes » sélectifs peuvent s’appliquer ; et l’autre au détriment des gueux, des sans-dents, des petits et des sans-grade, qui auront toujours tort, quoi qu’ils disent ou non et fassent ou non, taillables et persécutables à merci par les roués des premiers, et privés, en pratique, de l’application des « valeurs » et des « principes » réservés à ces derniers.

    Pour la petite histoire, il faut savoir que Voltaire, présenté par la propagande comme un apôtre de la « liberté », déjà dévoyée alors, n’hésitait pas à faire embastiller ses adversaires…

  10. @ Sourcet le 22 décembre 2025
    @ jean 21 décembre

    « Citoyen français, n’ayant commis aucune infraction, aucun crime ni délit… »

    Oh, réveil ! Comme nous le faisait avec un coup de « Rangeo » au pied du lit le MDL avant la marche commando. Vous plaisantez ? Vous ne seriez pas, sur les bords, un peu comiques ?

    Lorsqu’on choisit de quitter la France pour s’installer en Russie, qu’on adopte la nationalité du pays et qu’on passe des années à relayer fidèlement la ligne du Kremlin, il ne faut pas jouer les étonnés quand la France finit par considérer cela comme un engagement clair — et assumé — en faveur d’une puissance étrangère. Les sanctions ne tombent jamais du ciel : elles sanctionnent un positionnement, une cohérence, une trajectoire.

    On ne peut pas se présenter comme un simple « analyste indépendant » tout en reprenant mot pour mot les éléments de langage d’un régime autoritaire, du cinglé criminel de guerre qui tue tous les jours des civils en Ukraine.

    On ne peut pas se draper dans le patriotisme alors qu’on a choisi d’être la voix d’un autre État. À un moment, il faut accepter que les actes parlent plus fort que les discours. On pourrait appeler cela un agent propagandiste, un peu traître au pays dont il se revendique.

    Être sanctionné n’est pas une injustice, c’est la conséquence logique d’un choix politique, d’un alignement assumé. On ne peut pas servir deux drapeaux à la fois. Et surtout, on ne peut pas se poser en victime quand on a passé des années à défendre les intérêts d’un pays qui s’oppose frontalement à ceux de la France.

    Il y a ceux qui assument leurs engagements, et ceux qui jouent les martyrs quand la réalité les rattrape. Mais la cohérence, elle, ne ment jamais.

    Oh, réveil ! Les bisounours, on parle du cinglé, celui qui capture des enfants et les déporte.

  11. @ jean 21 décembre

    Vous avez raison d’attirer l’attention sur le cas de Xavier Moreau
    https://odysee.com/@STRATPOL:d/2693comp:b
    Citoyen français, n’ayant commis aucune infraction, aucun crime ni délit, mais lourdement sanctionné à titre personnel par une autorité administrative qui n’en a pas la capacité juridique. Arbitraire, « lettre de cachet »…
    Qu’en pense Monsieur l’avocat général honoraire ?

  12. Michel Deluré

    N’oublions cependant pas que la générosité doit davantage au cœur et au tempérament qu’à l’esprit et à la raison. Elle révèle en cela beaucoup de la personnalité de celui qui use ou non de cette qualité que l’on nomme générosité.

    Et à supposer que votre joli conte, Philippe, se concrétise miraculeusement après-coup, sa grandeur en serait dans ce cas profondément dénaturée du seul fait que, n’ayant pas été délibérément décidé a priori, ce choix n’en paraîtrait alors dicté que par l’intérêt, ce qui est incompatible avec la générosité.

  13. Je lis ici ou là l’affirmation que les procès faits à NS seraient politiques. C’est merveilleux, le neuneuisme céniouzesque.

    Les faits sont accablants. Déjà condamné définitivement deux fois.

    Le merveilleux tour de passe-passe réalisé par ses avocats et la clique médiatique fonctionne. On parle, par exemple, de l’affaire des écoutes, comme si le fond de l’affaire était là. Que nenni ! Il s’agit de la corruption d’un magistrat, révélée par des écoutes par ailleurs parfaitement légales.

    Bref, un neuneu reste un neuneu. Les pires d’entre eux sont les totalitaires de gôôôche qui veulent se donner l’apparence de libéraux.

  14. Nicolas Sarkozy devra faire mieux. Il est battu par Valérie Trierweiler (l’ancienne compagne de François Hollande), dont le livre people « Merci pour ce moment » s’est vendu à 441 000 exemplaires en 2014. Comme quoi, les potins et les scandales d’un couple politique se vendent bien mieux. C’était juste pour amuser les lecteurs. Le pauvre Hollande, dont le rêve était ailleurs, n’avait plus d’autre choix que de fuir l’enfer et de s’échapper en moto, en toute discrétion…

  15. Robert Marchenoir

    @ jean – le 21 décembre 2025
    « Hier, j’ai tenté d’attirer votre attention sur la mise sous sanction de deux chroniqueurs, Xavier Moreau et le colonel Jacques Baud, qui présentent à intervalles réguliers une analyse des relations avec la Russie et de l’évolution du front. »

    Hahaha, deux chroniqueurs… pourquoi pas, aussi, romanciers, poètes, historiens ?

    Ils « présentent une analyse des relations avec la Russie et de l’évolution du front » comme moi j’opère des cancers du cerveau le samedi soir pour me détendre. Vous ne manquez vraiment pas de culot.

    Xavier Moreau et Jacques Baud sont deux espions russes. Ce sont des agents d’influence professionnels qui diffusent les mensonges du Kremlin à jet continu en direction de la France. Le premier vit à Moscou et possède la nationalité russe. Le second est suisse. L’un comme l’autre sont des traîtres à leur patrie.

    Moreau est un militaire raté qui a quitté l’armée après trois ans (*), mais il se présente toujours comme saint-cyrien, ce qui fait se pâmer les pseudo-souverainistes. Installé à Moscou en 2000, au moment où Poutine est arrivé au pouvoir, il a créé une entreprise de sécurité privée pour protéger les entreprises françaises. Il a même travaillé pour l’ambassade de France, avant de se faire virer pour sa servilité par trop manifeste envers le Kremlin.

    Il va de soi qu’un étranger ne peut créer une entreprise de sécurité à Moscou à moins de faire allégeance aux services secrets russes. D’ailleurs Moreau est proche d’Alexeï Korotaïev, ex-général du SVR expulsé de Suisse pour espionnage. Il a obtenu la nationalité russe en 2013, un an avant la première invasion de l’Ukraine.

    Jacques Baud, lui, a fait partie des services secrets suisses. Comme un autre agent d’influence russe très connu, Tyler Durden (pseudonyme), créateur du blog américain Zero Hedge et ami de Charles Gave.

    On peut se rendre compte de l’énormité des mensonges diffusés par Moreau au moyen des montages de sa chaîne vidéo réalisés par le compte X parodique Chaudron Production (du terme chaudron utilisé jusqu’à l’écoeurement par Xavier Moreau pour se donner un vernis d’expert militaire, lorsqu’il prétendait décrire « l’évolution du front » pendant la première invasion de l’Ukraine en 2014).

    La succession de ses prévisions sur la deuxième invasion du 24 février 2022, toutes démenties les unes après les autres, possède un effet comique certain : « Il n’y a jamais eu de risque d’invasion russe en Ukraine »… « La mobilisation, y’en aura pas, c’est clair »… « On peut dire que la mobilisation se déroule selon le plan »… « Si ça continue comme ça, on appellera ça la Guerre des Deux jours »… « La Russie a gagné la guerre [le 2 mars 2022] »… « On parle beaucoup du 9 mai, date de la victoire contre les nazis, pour la fin des combats »… etc.

    C’est un nul de chez nul qui ne fait même pas semblant d’élaborer des mensonges crédibles. Sa désinformation n’est même pas amusante.

    J’ai moins suivi Jacques Baud, mais il fait partie de la même catégorie.

    Les sanctions qui viennent de leur être appliquées par l’Union européenne sont une excellente nouvelle. Ils ne peuvent plus entrer sur le territoire européen, et toute opération financière en liaison avec l’Europe leur est interdite. Il était grand temps que la France se protège de ces individus. La Russie nous ayant déclaré la guerre, il était parfaitement anormal que ces deux agents de l’étranger aient été laissés libres aussi longtemps d’exercer leurs activités subversives.

    Concernant Xavier Moreau, il serait souhaitable, maintenant, de lui retirer la nationalité française. Je ne vois pas pourquoi l’extrême droite réclamerait le retrait de la citoyenneté pour les bi-nationaux coupables de menées islamistes, et pas pour ceux coupables de menées pro-russes. Les deux types d’activités menacent tout autant la sûreté de l’État.

    Il va falloir aussi que la justice se penche sérieusement sur les dizaines de députés, ministres ou présidents de la République qui ont activement défendu les intérêts de la Russie au détriment de ceux de la France, en se faisant rémunérer par Moscou, en vendant à Poutine des navires de guerre destinés à ses guerres de conquête, en allant en Russie participer à de fausses missions d’observation des élections elles-mêmes truquées, en allant en Ukraine occupée soutenir des parodies de référendums légitimant l’invasion en violation du droit international, etc.
    ______

    (*) Le ciblage des ratés est une méthode bien rodée de l’espionnage russe. Ceux qui estiment ne pas avoir eu la carrière qu’ils méritaient sont des proies de choix pour être manipulés par les experts de l’ex-KGB. Le contraste est frappant entre la mine de bureaucrate résigné qu’affiche Xavier Moreau sur sa chaîne de désinformation, et le qualificatif de « parachutiste » qui lui est complaisamment attribué par les canaux pro-russes relayant ses âneries.

  16. hameau dans les nuages

    Vingt jours de taule, pendant lesquels il a prié la Vierge, laquelle lui a révélé le troisième secret de Fatima, valent bien de faire le trottoir pour acheter ce livre.
    Sursum corda.

  17. @ Giuseppe le 21 décembre 2025
    « Même en admettant 100 000 exemplaires vendus, cela représente quoi face aux 48 millions de personnes inscrites sur les listes électorales en France ? »

    Certes, 100 000 exemplaires (en moins d’une semaine), cela peut sembler peu au regard de la population française, mais je ne connais pas beaucoup d’auteurs qui peuvent se targuer d’un tel succès en librairie, en particulier parmi les hommes et femmes politiques.

    Pour appartenir à la catégorie des best-sellers, un livre doit se vendre à plus de 10 000 exemplaires. Là, Nicolas Sarkozy a explosé le plafond. Même des auteurs célèbres comme Guillaume Musso, Marc Lévy, Leïla Slimani ou Amélie Nothomb n’atteignent pas un tel score, surtout en si peu de temps.
    Il s’agit véritablement d’un exploit digne de figurer dans le livre des records.

    Ceci étant, il ne faudrait pas croire que je suis un « sarkolâtre » de la trempe de Pascal Praud.
    Je n’ai pas voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, ni même en 2012. Mais je n’aime pas cet acharnement sur l’ancien président de la République, qui donne l’impression que ses procès, qui s’enchaînent en cascade, sortent du cadre judiciaire (ou juridique) pour devenir un contentieux politique. C’est très malsain !

  18. Votre blog est assez amusant car inclassable… Hier, j’ai tenté d’attirer votre attention sur la mise sous sanction de deux chroniqueurs, Xavier Moreau et le colonel Jacques Baud, qui présentent à intervalles réguliers une analyse des relations avec la Russie et de l’évolution du front. Ceci n’a pas plu au ministre Barrot qui, lors du dernier Conseil européen, s’est vanté d’avoir fait mettre ces deux personnes sous sanctions : blocage de leurs comptes bancaires, gel de leurs avoirs, interdiction de se déplacer en Europe (à vérifier). Bref, le retour des lettres de cachet.

    En droit, il ne peut y avoir de sanction que si une loi le prévoit. En l’espèce, c’est une commission qui décide, sans que l’on sache sur le rapport de qui et avec quels éléments. Ce type de sanction pourra désormais frapper n’importe qui dont le discours aura déplu.

    Alors, la prose sarkozyste, à côté de cela, me paraît sans intérêt…

  19. À l’époque où Nicolas Sarkozy est entré à l’Élysée, un dessin — je crois qu’il était de Plantu — le croquait en vareuse étoilée lui tombant en gros plis jusqu’aux chevilles, et képi d’apparat du Général enfoncé jusqu’aux oreilles…
    Récemment, il était devenu le plus frêle des frères Dalton… Mais en faire un Père Noël prêt à distribuer des petits cadeaux à plus malheureux que lui ! Il fallait oser l’imaginer… ou croire au Père Noël.

    Sarko, qui aime l’argent, le luxe, les belles montres et les bracelets — à condition qu’ils ne soient pas électroniques —, ne lâchera rien de ses précieux droits d’auteur. Ce qui, reconnaissons-le, est d’une prudence certaine de sa part.
    Au printemps prochain, les « petits pois » pourraient bien l’inviter à un nouveau séjour « yaourts-prières » et, cette fois, un tantinet plus long. Ce qui, certes, lui permettrait d’entreprendre — enfin ! — ses Mémoires, source de nouveaux profits, mais aurait aussi la désagréable conséquence de ne plus lui permettre de donner des conférences internationales à 150 000 euros l’unité (tarif révélé par NS lui-même en 2008).

    Plaignons ce pauvre bougre, injustement poursuivi par l’odieux Parquet national financier, qui ne cesse de le tourmenter, lui qui est l’exemple même de la bonne foi, du respect de la règle et de la pratique des vertus dont ne peut se départir un chef d’État sans devenir quelque peu corrompu… ou corrupteur.

  20. Jean sans terre

    Si le publicitaire n’était pas aussi l’éditeur, il mériterait d’être récompensé à la hauteur du service de réhabilitation qu’il rend à la réputation de l’ancien président.

    On ne s’étonnera pas qu’il s’agisse du même pour Éric Zemmour et Philippe de Villiers. Le premier n’a jamais caché son désir de refonder le RPR des années quatre-vingt-dix. C’est dire toute l’inoffensivité du projet : revenir trente ans en arrière pour reproduire le même. La nostalgie des temps meilleurs du passé saisit souvent les personnes au soir de leur vie. Un RPR en 2025 sera tout aussi inutile pour résoudre les problèmes qu’il ne l’était en 1990, et ce pour les mêmes causes et motifs. La même formule erronée revient toujours : si cela a alors échoué, c’est que l’on n’a pas fait assez. La vérité est plus élémentaire, et heurte davantage les sensibilités : si cela a échoué, c’est que c’était insuffisant et mauvais.

    Dire que beaucoup sont à ce point dépités ou ignorants qu’ils en viennent à espérer le retour et la réhabilitation de l’ex-plus américain président des Français. Je crois que, de tous les présidents que la France a pu avoir sous la Ve République, celui-ci était le plus déraciné. Heureusement qu’il affirmait à qui voulait l’entendre qu’il aimait passionnément la France. S’il ne l’avait pas dit, on ne l’aurait pas cru. Emmanuel Macron est bien plus enraciné que lui, même si son enracinement ne va pas au-delà du XVIIIᵉ siècle. Ce dernier aime furieusement la France, mais en idéologue humaniste, c’est-à-dire en Européen, c’est-à-dire une France de fond en comble déconstruite et entièrement régénérée.

    On s’étonnera davantage pour Jordan Bardella. Sans doute un effet de plus de la normalisation et, je le répète, de son inoffensivité. Il est sans doute nécessaire de passer par cette étape de la déception des électeurs afin que quelque chose de mieux puisse apparaître désirable au public, dont le goût est devenu très médiocre à force d’avoir été déshabitué des mets plus raffinés.

    Je ne lirai aucun des quatre livres de ces auteurs. Je préfère de beaucoup les suggestions de Patrice Charoulet, dont le goût est incomparablement plus sûr que celui de la meute de ses pourfendeurs !

  21. Vous voulez certainement parler du livre que l’on a écrit pour lui. C’est un inculte.
    Comment arrivez-vous à suggérer qu’il ait une once de qualité littéraire.

  22. Cher Philippe Bilger,

    Le conseil que vous donnez à Nicolas Sarkozy est, de façon involontaire, une manière de le faire encore davantage détester par ses contempteurs. Outre les railleries que cela engendrerait, ce serait, après son livre et sa tournée triomphale, une nouvelle façon indirecte et méprisable de jouer l’opinion contre les juges.

    Il n’y a rien de pire, en effet, que ces personnages pleins aux as (dont Nicolas Sarkozy fait probablement partie) et qui font publiquement l’aumône en distribuant une infime partie de leurs biens. Cela a notamment été le cas de la marraine du Téléthon. Pour eux, c’est une goutte d’eau qui leur permet de se vêtir à peu de frais de la bure du bon samaritain.

    Si tel est leur désir, c’est en toute discrétion, et en verrouillant toute fuite possible, que cela doit se faire. Le faire savoir est détestable et contre-productif.

    Ou alors, jouer vraiment les grands seigneurs et distribuer la plus grande partie de ses biens pour ne garder que de quoi subvenir décemment à ses besoins : là, ça a de la gueule ! Et là, on peut le faire savoir. Sinon, la discrétion s’impose.

    P.-S. Je doute fort que votre vœu soit exaucé. On connaît le personnage, qui n’est qu’esbroufe. Avant son élection, il avait promis, en cas de victoire, de se retirer dans un monastère pour méditer sur les lourdes charges de sa mission : il s’est pavané sur le yacht de Vincent Bolloré.
    De même, après sa libération, son avocat avait promis que Sarko mettrait toute son énergie à préparer son procès en appel : on voit où va son énergie…
    N’oublions jamais qu’après Jacques Chirac, il a durablement discrédité la droite classique : le pauvre Bruno Retailleau en paie aujourd’hui les pots cassés.

  23. En une demi-journée, Nicolas Sarkozy a suscité deux fois plus de commentaires que Bruno Retailleau.
    Ça en dit long sur les chances de Retailleau pour la prochaine présidentielle…

  24. @ Achille

    Même en admettant 100 000 exemplaires vendus, cela représente quoi face aux 48 millions de personnes inscrites sur les listes électorales en France ?

    Faisons le calcul :
    100 000 lecteurs potentiels sur 48 000 000 d’électeurs, cela représente environ 0,2 % du corps électoral.
    Autrement dit : deux dixièmes de pour cent. Une poussière statistique. Un signal microscopique.

    Même si l’on se limite à son propre camp politique, qui rassemble plusieurs millions de votants lors d’une présidentielle, on reste dans des proportions dérisoires. Ce qui semble un raz-de-marée éditorial devient, ramené à l’échelle du pays, un événement infinitésimal, un phénomène de niche, sans aucune portée populaire réelle.

    Bref : présenté en chiffres absolus, ça impressionne.
    Mais replacé à l’échelle de la population qui vote, c’est du peanuts, du quasi invisible, du statistiquement négligeable.

  25. Et si l’on oubliait M. Sarkozy pendant la trêve des confiseurs ?
    Après l’Épiphanie, son actualité judiciaire sera riche en accusations, dénégations, surprises et rebondissements médiatisés !
    Mais, pour le moment, grâce !

    Il y a une vie à part de celle d’un président à la réputation ruinée !

  26. Je pense que vous imaginez mal la voracité contée par Vincent Jauvert, celle de la grande majorité de ces personnages. Il faut l’avoir lu pour comprendre ces mécaniques qui les animent.

    On peut rêver : Nicolas Sarkozy laisserait passer quelques jours pour ne pas passer pour un opportuniste de la générosité, puis ferait fuiter qu’il a fait don, non pas de sa personne, mais d’un peu de sonnant et trébuchant — la beauté du geste dans une discrétion tout de même un peu travaillée.

    Sans entrer dans des détails privés, plusieurs épisodes ont été rapportés au fil des années sur celui qui fut tant moqué : des aides financières ponctuelles à des familles en difficulté ; son soutien à des associations locales, notamment dans le Nord ; sa participation à des actions humanitaires lors de ses passages en Turquie et en Allemagne ; et son altruisme à travers des engagements personnels auprès de jeunes joueurs ou de quartiers défavorisés.

    Franck Ribéry n’a jamais cherché à capitaliser sur ces gestes. C’est d’ailleurs ce qui contribue à cette image paradoxale : un joueur parfois controversé, mais profondément généreux dans sa vie privée. Un vrai humaniste, sans aucun doute, que certains journalistes ont méprisé, plus avides de moqueries que d’encenser ce qui est moins porteur : l’honnête homme au sens du XVIIᵉ siècle.

    Ribéry mérite beaucoup, toujours dans l’humilité — celle qui est la plus belle.

  27. Le fisc, comptable de l’argent des contribuables, le plus vorace et le plus dépensier, sera le premier à se servir : et hop, 70 % sur la vente des livres de Nicolas Sarkozy.
    Et rien pour remercier le personnel ayant pris soin de sa sécurité pendant vingt et un jours ?

  28. Voilà un conseil qui ne sera pas suivi d’effet.
    Comment un personnage qui fut aussi haut placé, qui a une aussi bonne opinion de lui-même, comment un personnage un tantinet — et le tantinet est énorme — vaniteux et vindicatif, deux qualités qui vont de pair, pourrait-il suivre un tel conseil, provenant — horreur suprême — d’un magistrat appartenant à la cohorte de ceux par qui le destin a imposé sa férule ?

    Non, je le verrais bien céder ses droits d’auteur à l’association des victimes d’erreurs judiciaires, faisant preuve de générosité, et d’une générosité bien ordonnée puisque cette somme lui reviendrait, à lui, la victime absolue.

    L’effet boomerang parfait, le plus merveilleux des contes de Noël. 😉

  29. Il n’y a que l’argent qui intéresse Nicolas Sarkozy ; il avait déclaré, en 2007, qu’il ferait du fric après avoir été président… C’est la seule « promesse » qu’il a tenue.
    Ce personnage ne mérite que le plus grand mépris. Les fonds anglo-saxons d’Accor l’ont contraint à démissionner du conseil d’administration du groupe hôtelier… À prendre pour exemple.

  30. Une prose remarquable, qui transpire la haine envers un homme indestructible, porté par un égocentrisme hors norme. Une vérité traduite par une belle plume.
    Vous êtes, Monsieur Philippe Bilger, un élément essentiel chez Praud.

  31. 7UD ou 7UF…
    Peut-être, sans le faire savoir urbi et orbi, l’une ou l’autre de ces cases de déclaration de dons sera-t-elle remplie par Nicolas Sarkozy en 2026…
    Le bien ne fait pas toujours de bruit…

    Et les recommandations des bonnes âmes, qui se rassurent en invitant les autres à une générosité dont, souvent, elles-mêmes sont dépourvues, sont comparables aux meilleures scènes de Tartuffe…
    Ah, les Torquemada de plateaux ! Ils ont remplacé les tricoteuses : le progrès n’est pas patent…

    PS : On aurait pu espérer que notre hôte, orfèvre en nuances, chroniqueur littéraire dans des revues aussi prestigieuses que confidentielles, s’essayât à une critique exhaustive de ce Journal d’un prisonnier, dont je reste persuadée qu’il l’a dévoré dans les jours de sa parution…
    Que nenni ! Il préfère le coup de pied de l’âne : pensez donc, cent mille exemplaires… Un tel flot est une insulte aux gagne-petit… Tant d’argent se doit d’être distribué aux nécessiteux, aux peines-à-jouir et, après tout, pourquoi pas, aux orphelins de la magistrature — cela changerait des orphelins de la police (on me susurre à l’oreille qu’il n’en a pas été trouvé…).

    1. Vous n’allez tout de même pas tenter de nous faire croire que cet opus, rédigé à la va-vite sur un coin de table de cellule et destiné à faire oublier que son auteur n’est pas tout à fait blanc comme neige, est une œuvre littéraire de première importance qui mérite que les meilleurs critiques y consacrent une chronique ?

      Nicolas Sarkozy est tombé de cheval et il essaie de le monter à nouveau, tout en se disant cabossé… Voilà tout.
      Un bon point, cependant : il n’a pas osé titrer son bouquin Le journal d’un prisonnier « Le Journal d’un innocent prisonnier »…

  32. « Si Nicolas Sarkozy mesurait l’opportunité unique qui s’offre à lui de purifier toute cette entreprise par l’abandon enthousiaste de ses gains substantiels, combien serait-il applaudi ! Non seulement par ses multiples partisans, qui n’ont jamais douté de son altruisme, mais aussi par ses adversaires, qui salueraient un tel geste, et par les indifférents à la politique, dont le regard sur la moralité publique s’en trouverait transformé. » (PB)

    Si l’on se réfère au succès de son livre « Le Journal d’un prisonnier » qui bat tous les records de vente en librairies (*) – et à la file interminable d’admirateurs qui ont fait la queue pendant des heures pour obtenir une dédicace de l’ancien président de la République – Nicolas Sarkozy a encore un beau capital de sympathie auprès d’un public de tout âge et de tout horizon social, ceci malgré les démêlés avec une Justice bien décidée à le traîner plus bas que terre, puisque, outre les trois semaines de prison ferme qu’elle lui a infligées – sur la base d’un document de Mediapart qui pourrait être un faux – elle a réussi à lui retirer sa Légion d’honneur. Humiliation suprême !

    Alors il est fort possible que Nicolas Sarkozy abandonne les gains substantiels de la vente de son livre à une noble cause, mais ce ne sera certainement pas par un « coup de génie » et surtout pas par un calcul sordide … enfin je n’ose l’imaginer.

    (*) dépassant au passage le succès des livres de Philippe de Villiers « Mémoricide » et « Populicide » dont l’auteur semble si fier, snobant au passage Jordan Bardella qu’il appelle « le Rital » , ce qui n’est pas très sympa…

  33. Cher Philippe, vous êtes le premier des anti-Sarkozy et, par là même, mon porte-voix. Croyez-vous sincèrement à ce que vous écrivez ?
    N’est-il pas déjà trop tard pour faire ce geste que vous qualifiez de généreux ? N’auriez-vous pas tendance, si un tel geste avait lieu, à dénoncer soit une envie de se faire bien voir, soit une décision bien tardive ?

    Je pense que la sagesse devrait pousser Nicolas Sarkozy à utiliser le produit de la vente pour rembourser son ancien parti, qui a été bien dispendieux quant au financement de ses campagnes présidentielles. Pour le reste, si « il a des sous », comme dirait ma cousine, c’est bien parce qu’il sait ne pas les distribuer.

    Allez, avouez-le, vous avez tenté de faire de l’humour. Comme l’avait demandé Jacques Chirac en 1994 à Arlette Chabot : « vous êtes sérieux(se) ou vous faites de l’humour ? »

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