Ce titre met en évidence un contraste auquel je tiens.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas de l’expression d’une incommensurable naïveté, mais de la volonté de séparer des domaines distincts pour rendre notre vie publique plus respirable.
Il y a bien sûr celui de l’affrontement et de la contradiction. Le combat pour éviter que des idées que l’on juge mauvaises pour la France soient validées par une majorité. La lutte pour démontrer que les programmes des adversaires sont, ponctuellement ou globalement, préjudiciables au pays.
Il s’agit d’une opposition politique qui sera au cœur des mois qui viennent et dont aucune fatalité n’impose qu’elle se dégrade en antagonismes de charretiers. On peut dénoncer avec force les extrémismes sans leur dénier le droit d’exister dès lors qu’ils s’inscrivent dans notre espace républicain et, formellement, je n’en vois aucun qui échappe à cette obligation. Il est permis de pourfendre les courants dominants sans les caricaturer ni les estimer indignes.
Ce que je nomme « bienveillance démocratique » est ce qui manque absolument dans notre climat actuel. Ce devrait être une sorte de curiosité naturelle et d’intérêt sincère pour ce qui émane de la pensée de nos compatriotes, qui sont aussi parfois des opposants politiques.

On constate chaque jour l’inverse. Comme s’il convenait à toute force, pour prévenir le péché mortel d’être dupe ou complaisant, d’apposer immédiatement sur n’importe quoi le grief de la médiocrité et du conformisme, le reproche de n’être pas à la hauteur, avant même d’avoir examiné le détail des mesures.
En ce sens, j’ai été récemment agacé, mais pas surpris, par les réactions qui ont suivi l’annonce de la candidature à la primaire socialiste de Raphaël Glucksmann ou par l’atonie des appréciations sur le projet présidentiel de Bruno Le Maire, pourtant aussi éblouissant dans la forme qu’il peut solliciter l’intelligence et l’esprit critique sur le fond.
Cette bienveillance démocratique, à laquelle je fais référence, devrait nous conduire également à ne jamais confondre la partie avec le tout. Ce n’est pas parce que Jean-Luc Mélenchon est inconditionnellement encensé par ses soutiens qu’il faut traiter tous ceux-ci à la même aune. De la même manière, pour l’écologie, quoi de commun entre Yannick Jadot et Marine Tondelier ?
Le seul motif de rejet, dans notre univers républicain, devrait concerner ceux qui dénient l’esprit républicain de leurs adversaires en révélant ainsi, par là même, l’inexistence du leur. Dans un monde partisan qui n’aurait pas perdu tous ses repères, ceux prônant « l’insurrection » ou « la désobéissance », si venait à l’emporter l’ennemi – comme si, entre citoyens d’une même nation, on pouvait se permettre d’avoir des ennemis ! -, devraient être ostracisés pour immoralité démocratique.
À l’exception de ces mauvais coucheurs, il me semble qu’un processus pourrait se mettre en place qui, commençant par la bienveillance démocratique, déboucherait, s’il y a lieu, sur l’opposition politique.
Ce ne serait pas une mince révolution que celle qui substituerait à la haine la curiosité et aux stigmatisations de principe la bonne foi et la lucidité.
Rien d’angélique dans cette approche, mais l’espérance d’une paix permettant de choisir les meilleurs en connaissance de cause.
« Cette bienveillance démocratique, à laquelle je fais référence, devrait nous conduire également à ne jamais confondre la partie avec le tout. » (PB)
Nous pourrions croire que ne jamais confondre la partie avec le tout pourrait relever de la simple logique et du bon sens élémentaire et pourtant, par exemple quand Jean-Marie Le Pen a cru pouvoir appliquer ce principe universel dans une certaine affaire, mal lui en a pris.
Marc Ghinsberg cherche une vraie idée qui ne soit pas un slogan, alors qu’il l’a lui-même formulée : la main tendue qui permet de sortir du néant, quintessence de la foi chrétienne.
Peut-être devrait-il rouvrir le grand livre des Hébreux, hélas refermé pour beaucoup par les dérives cléricales qui l’ont manipulé, pour lire que tout y est déjà écrit et que la main salvatrice qu’il tend y est tendue avant la sienne.
Désormais, le texte est la dernière victime émissaire, le remède y est pourtant séparé du poison par la révélation du phénomène propitiatoire : la haine est toujours sans raison.
Qu’importe alors d’être abaissé plus bas que terre, quand le sens de nos vies est dans nos mains, tendues vers autrui.
La bienveillance est un sentiment qui a toute sa place dans une société qui se sent unie, qui ne doute pas de son avenir, qui est certaine que la génération suivante profitera du progrès généré par celle d’aujourd’hui.
Le peuple français est-il actuellement dans cette situation ? Nos jeunes auront-ils une plus belle vie que nous ? Nos traditions survivront-elles ? Notre culture conservera-t-elle son aura de par le monde ? Serons-nous à nouveau économiquement puissants ? Parviendra-t-on à éviter que les « va-t-en-guerre » déclenchent un troisième conflit mondial, cette fois nucléaire ? Il ne fait aucun doute que ces inquiétudes et beaucoup d’autres sont le lot commun des Français.
Dans un tel climat de peur du lendemain, la vertueuse bienveillance paraît anachronique. C’est la méfiance qui l’emporte. La méfiance envers les politiques, qui promettent sans tenir. La méfiance à l’égard des institutions et de ceux qui les gèrent sans se soucier du citoyen — de « l’usager », disent-ils. La méfiance vis-à-vis de toutes les autorités, parce qu’aucune n’est plus à la hauteur des attentes… à commencer par le chef de l’État.
Pourquoi le citoyen aurait-il à approfondir les propositions d’hommes et de femmes politiques qui s’engagent à faire ce qu’ils n’ont pas fait lorsqu’ils étaient aux affaires ? Pourquoi faudrait-il écouter des ex-Premiers ministres qui, sans s’excuser de leurs erreurs passées, projettent des mesures qu’ils ont combattues âprement ? Pourquoi devrions-nous accorder la moindre bonne foi à une personnalité qui a trahi ses électeurs en franchissant le Rubicon sans d’abord démissionner de ses mandats ?
Avant l’essor d’une bienveillance que la France, en fait, n’a jamais connue, il faut d’abord purger ce gigantesque contentieux entre les Français et leurs dirigeants. Il n’est plus possible de supporter les discours sur la désormais « indispensable » maîtrise de l’immigration de ceux qui, depuis quarante ans, ont fait de nos frontières une passoire. Il n’est plus possible d’entendre les européistes forcenés prêts à vendre Marianne comme si elle était une fille de joie offerte aux technocrates de « Bruxelles ». Il n’est plus possible de prendre le risque de remettre au pouvoir des élites qui ont placé la France à une encablure de la faillite.
Il n’est pas non plus admissible qu’un parti politique puisse, d’une part, bénéficier d’un statut de mouvement républicain lui permettant de présenter un candidat à l’élection présidentielle et, d’autre part, que celui-ci et ses sbires aux ordres crachent quotidiennement sur nos forces de l’ordre. « La police tue » est bien plus qu’une simple insulte. C’est un refus assumé des règles de la République, l’annonce de sa mise à mort si LFI s’emparait de l’Élysée, la promesse d’une tentative de guerre civile si le vieux gourou mordait encore une fois la poussière.
Il n’est plus admissible que la République ne se défende pas à la hauteur du danger que ces gens-là représentent pour notre démocratie, que le président de la République reste quasiment silencieux face à cette agression contre une institution majeure de l’État… Il est vrai que lui-même, en la matière, a commis un dérapage « inexcusable »…
Pour l’heure, la bienveillance n’est pas de mise. Il faut d’abord faire place nette pour que nous retrouvions une République, sinon exemplaire, du moins respectée et respectable. Ce sera l’enjeu essentiel de l’élection du printemps prochain. On ne rebâtit pas une maison en ruines sans d’abord dégager les gravats…
Plus tard, peut-être, si les Français font ce premier pas, si le nouveau pouvoir parvient à obtenir leur confiance, une certaine bienveillance pourra se faire jour vis-à-vis de la sphère politique… Mais le chemin sera long tant, depuis trop longtemps et surtout depuis dix ans, notre beau pays a été chahuté, meurtri, méprisé par des dirigeants qui avaient promis « des jours heureux ».
@ Exilé 26/08/2026
Depuis que notre pays existe, sous quelque régime que ce soit, l’histoire nous apporte les preuves que les citoyens de cette même nation se sont trop souvent comportés plus en ennemis qu’en adversaires. Cela ne date malheureusement pas de l’institution du régime républicain.
Le pouvoir, politique entre autres, est en fait une lutte pour le conquérir ou le conserver et cette lutte, quel que soit le régime, exacerbe les tensions, au point que politiques et citoyens, de simples adversaires en deviennent souvent de véritables ennemis.
Quant au qualificatif d' »extrémiste » attaché au parti RN et par extension à ses électeurs, il n’a guère semble-t-il freiné ces dernières années l’ascension de ce mouvement et l’engouement de son électorat. Au-delà du qualificatif « extrême », qui ne paraît plus effaroucher autant que par le passé, ce qui est beaucoup plus inquiétant et moins superficiel de mon point de vue sont les recettes que propose ce parti. Ce n’est point parce que celles appliquées par nos dirigeants actuels n’ont pas fait leurs preuves que celles proposées par ceux qui n’ont jamais exercé le pouvoir réussiront obligatoirement. Là est le véritable débat.
« Le pharmakós (en grec ancien φαρμακός) est une victime expiatoire humaine ou animale utilisée dans un rite de purification dans la Grèce antique. Le mot est intimement lié à phármakon (φάρμακον), un terme grec profondément ambigu qui signifie à la fois le remède, le poison et le bouc émissaire. Le pharmakos incarne cette dualité : il est vu comme le poison qui infecte la cité, mais son expulsion apporte le remède et le salut. »
On y arrive doucement, on va enfin pouvoir commencer à mieux travailler.
« … comme si, entre citoyens d’une même nation, on pouvait se permettre d’avoir des ennemis ! » (PB)
C’est pourtant le fonds de commerce du Régime, sa seule raison d’être, depuis sa création dans des flots de sang jusqu’à nos jours.
Pourquoi, par exemple, s’applique-t-il à qualifier les Français normaux d’« extrémistes » et les partis qui les représentent « d’extrême droite » alors que la bienveillance démocratique – mais sommes-nous en démocratie ? – voudrait qu’on leur demande leur avis sur la question avant de leur coller arbitrairement une étiquette dans le dos.
Oui !
@ duvent
Et l’annonce arrive enfin, claire comme un coup de vent dans les feuilles. Déjanir n’est peut-être pas une influenceuse.
Déjanir n’est peut-être pas une experte.
Déjanir pourrait bien être autre chose : une invitation.
Une invitation à regarder autrement ce qui émane encore, quelque part, dans le bruit. Sophocle savait que la robe empoisonnée n’est pas forcément une fin.
Parfois le flocon de laine n’est qu’un test.
Un test pour voir si Marianne, sous le tissu, reste capable de se lever, de secouer la poussière, de demander : « Et maintenant, on fait quoi ? » Alors on court.
On court vers le bar des inquiets, vers les réseaux, vers les coins où l’on ose encore se contredire.
On cherche le cygne, le visionnaire, le Nostradamus de salon ou de rue.
On trouve, de temps en temps, une phrase qui accroche, une idée qui n’a pas encore été digérée par les têtards.
On trouve des blondes de souche, des brunes de synthèse, et surtout des regards qui ne se contentent plus de répéter.
Et moi, dans ce tumulte, je continue de chercher.
Je fouille les commentaires, les livres à peine ouverts, les pensées qui n’ont pas encore trouvé leur forme.
Je cherche ce qui pourrait émaner.
Une idée. Une vraie. Pas un slogan. Pas un flocon. Pas une robe.
Quelque chose qui sente encore la curiosité, celle que Philippe appelait de ses vœux. Alors j’annonce : il y a peut-être une Déjanir.
Ou plutôt : il y a nous,
debout dans la rumeur,
capables encore de distinguer
le poison du remède,
et de choisir,
si l’on veut bien regarder.
Quand surgit la photo de groupe, le cran de sûreté saute tout seul !
À noter que malgré le nombre de candidats potentiels, il en manque quelques-uns et pas des moindres :
– François Hollande, ancien président de la République qui compte bien revenir aux commandes.
– Ségolène Royal, finaliste de l’élection présidentielle de 2007, théoriquement imperdable mais qu’elle a perdue quand même.
J’ajouterai pour le fun Francis Lalanne dont la candidature n’est finalement pas plus croquignolesque que celle de Marine Tondelier.
Et Poutou ? Et Sandrine Rousseau ? La lie de la fange du gauchisme, vous êtes méchant, excusez-vous auprès d’eux !
Ta gueule et annonce, pauvre pitre lépreux, la nonne acariâtre émettra sa fatwa pour te faire taire et attendre celui qui défera le monde, pourtant écroulé sous nos yeux.
Le progressiste oublie que son aïeul humaniste ravalait le noir à la femme comme chaînon manquant avec le singe, que les philosophes désormais miment chez CNews pour sauver la civilisation des menteurs.
C’est l’athée désormais qui étale sa science pour encore nier l’évidence éclatée au bois de la croix il y a deux mille ans, quand l’amour s’apprêtait à tout détruire des hypocrites bienveillances. Il s’approprie la main tendue, que pourtant il reconnaît à même de le sortir du néant, mais qu’il garde pour lui, à l’abri de son orgueil de parvenu.
La baleine pourtant a vomi Jonas aux rivages de Ninive, lui l’exclu bazardé par-dessus bord du navire des humains, mais bien contraint alors de témoigner de la parole vivante seule à même de sauver la cité corrompue.
Jusqu’à quand pécherons-nous volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, quand il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais l’attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles ?
Nous connaissons celui qui a dit : À moi la vengeance, à moi la rétribution! et encore : Le Seigneur jugera son peuple. C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant.
Jusqu’à quand les démocrates vont-ils nier la vérité de la parole qui ne peut plus servir le mensonge de leurs chères illusions d’autonomie vaniteuse, flattées par un père qui n’existe que dans les représentations de leur cerveau inadapté d’ainsi se penser premier pour toujours assassiner la vérité ?
Il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés, fussent-ils catholiques, progressistes ou musulmans.
Il n’y a que les pervers pour définir la naïveté et nier l’évidence de celui venu dans le rouleau du livre nous informer de notre structure mentale et des moyens qui permettent de l’assumer, quand enfin nous conviendrions d’avoir ce corps mortel et ressuscité doté des moyens de proclamer Sa vérité, elle seule première et qui nous a créés aptes à ne plus se soumettre aux meurtriers, quand il n’y a strictement plus de sociétés ni de civilisations ni de politique, mais des individus déterminés à vivre leurs différences dans la justice et la paix, dotés des moyens de reconnaître la voie sainte et toute-puissante à même de garantir l’avenir de l’humanité, quand chacun, face à la pierre roulée devant le tombeau déserté, se voit nommé comme la femme éplorée par le plus simple jardinier : France, pourquoi pleures-tu ?
Debout, citoyens, il est temps d’assumer ce que nous sommes :
« 16Voici l’alliance que je ferai avec eux, Après ces jours-là, dit le Seigneur: Je mettrai mes lois dans leurs cœurs, Et je les écrirai dans leur esprit, il ajoute:
17Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités.
18Là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. »
https://saintebible.com/lsg/hebrews/10.htm
La photo est atroce, quelle horreur ! Ce sont ces tocards qu’il faudra supporter après Macronéron ?
Un beau mélange de torchons et de serviettes, un bric-à-brac de guignols de gauche et de certains de droite encore à peu près valables, mais trop mous du genou, trop timorés et terrorisés par les islamistes qui ont mis le pays à sac.
Rassurez-vous, rien ne changera, tout sera comme avant : crimes, viols, home-jackings cruels et violents, squats indélogeables, OQTF inexpulsables, refus d’obtempérer et coups de couteau en hausse, police démissionnaire, juges rouges complices de criminels s’ils sont de la bonne couleur, élus couards (voir la photo), victimes priées d’aller se faire voir, etc., etc.
Mais comme on ne change pas des charlots, charlatans, losers, tocards qui gagnent à être connus, toute la cause de cette anarchie sera imputée à ??? Je vous le donne en mille :
« L’extrême droite ! » Ben voyons.
Bonjour cher ami,
Je trouve que Mélenchon sort quand même du lot. Bel homme, programme construit, esprit vif, non ?
En effet vous avez raison, même faciès, mêmes rictus, mêmes grimaces, mêmes hurlements, mêmes vociférations, mêmes propos haineux que Hitler lui-même.
Oh le bel homme comme dirait Jack Lang.
« Rien d’angélique dans cette approche, mais l’espérance d’une paix permettant de choisir les meilleurs en connaissance de cause. » (PB)
Je crains, Philippe Bilger, que vos propos qui font appel à la « bienveillance démocratique » ne restent lettre morte. Les comportements de certains candidats montrent clairement que la campagne électorale sera rude, sans aucune concession de part et d’autre.
Déjà, les porte-flingues de J.-L. Mélenchon ont annoncé la couleur. En cas de victoire du RN, l’extrême gauche n’acceptera pas le verdict des urnes et est bien décidée à tout mettre en œuvre pour semer le désordre dans le pays.
Je pense d’ailleurs qu’il en sera de même si c’est le candidat LR, celui de la « macronie nouvelle mouture », ou même le candidat socialiste Raphaël Glucksmann qui est déclaré vainqueur.
LFI est d’abord un mouvement révolutionnaire et doctrinaire qui n’acceptera rien d’autre que « son programme, rien que son programme, mais tout son programme » (dixit J.-L. Mélenchon lui-même).
Je crains donc que les années à venir ne soient particulièrement agitées. D’autant que certaines officines étrangères ne manqueront pas d’attiser les discordes par des infox glissées dans les réseaux sociaux.
Notre belle République, si soucieuse du respect de la démocratie, de la liberté d’expression et des droits des citoyens, est en train de perdre son âme.
Pas besoin d’être Nostradamus pour le prédire.
Cher hôte, vous oubliez que ces politiciens prennent avec tout leur mépris, et la volonté de plaire à leurs financiers qui va avec, des décisions qui entraînent la mort de nombreuses personnes. Ils le savent. S’en moquent. Je n’ai aucune raison d’avoir la moindre bienveillance pour ces gens.
« Ce devrait être une sorte de curiosité naturelle et d’intérêt sincère pour ce qui émane de la pensée de nos compatriotes, qui sont aussi parfois des opposants politiques. » (PB)
Mais, M. Bilger, de quelle émanation de la pensée parlez-vous ?
J’ai beau chercher, je ne vois pas ce qui pourrait susciter ma curiosité, non, vraiment, je ne vois pas…
Dites-moi, je vous en supplie, qui est ce cygne que je ne distingue pas ?
Montrez-moi ce visionnaire énigmatique qui, nouveau Nostradamus, va nous pondre ses Centuries…
Où sont les sorcières et leurs sortilèges ?
Qu’il vienne celui qui sait, qui voit et qu’il dise quel monde est celui qu’il a cuisiné pour nous.
Les politiques sont usés jusqu’à la corde, ils savent quelle vacuité remplit leur poitrine de têtard.
Une rumeur envahit les rues, mais non, quelle idiote je fais !
Une rumeur envahit les réseaux disant que Déjanir avec son flocon de laine peut soigner Marianne comme elle a soigné son époux !
Vite, vite, il faut courir !
Où ?
Vers Déjanir ?
Qui est-elle ?
Une influenceuse ?
Quel est son métier ?
Euh ! Experte !
Ah, c’est bon ça ?
Oh, ben c’est ce qu’il nous faut !
À la guerre comme à la guerre !
Au fait, elle sort d’où cette Janine ?
Pas Janine, abruti par l’alcool ! Déjanir !
C’est ça, elle est de souche au moins ?
Ché pas trop, mais elle est blonde !
Ouf ! Et elle sait ce qu’elle fait ?
Oui, elle veut faire le bien !
Qui la connaît ? Toi ?
Non, moi je ne la connais pas, mais Sophocle et M. Bilger en disent le plus grand bien !
Merde alors, je t’aurais pas rencontré au bar des inquiets, que je me rongerais les sangs…
T’en fais pas mon vieux, ils ont tous cané les vieux de la vieille, personne aujourd’hui n’a assez de burnes pour prendre des risques et faire s’effondrer l’ordre mondial.
Ma foi, si tu le dis… j’espère que ta Janine elle connaît du monde !
Pourquoi tu dis ça, emplâtre ?
Parce que moi aussi le doute m’habite !
Ta gueule et annonce !
Cher Philippe,
Vous appelez à une « bienveillance démocratique » préalable à toute opposition politique. L’intention est noble : séparer les personnes des idées, substituer la curiosité à la haine, permettre enfin un débat digne de ce nom.
Le choix présidentiel se jouait autrefois, lorsque le PCF était puissant, sur un axe clair : le socialisme « vrai », celui de la collectivisation, contre le capitalisme de propriété privée.
En 1981, les Français tranchaient un véritable choix de société, à l’intérieur d’un même monde commun.
Aujourd’hui, certains, à droite comme à gauche, voudraient déplacer la ligne de fracture : non plus un choix de société, mais un choix de civilisation, la France nouvelle contre la France éternelle, dressées l’une contre l’autre pour 2027.
Votre conception de la vie politique suppose un consensus minimal sur quelques principes républicains partagés. C’est précisément ce socle qui manque. La France n’a jamais totalement fait le deuil de 1793 : elle peine encore à admettre qu’un adversaire ne soit qu’un adversaire, et non un ennemi à abattre. L’identité, l’immigration, la souveraineté, le rapport à l’Histoire, tout cela est vécu par une part non négligeable des citoyens comme relevant moins de la politique que de l’anthropologie.
On comprend dès lors, sans l’approuver, le climat de défiance et parfois de haine qui entoure nos scrutins présidentiels. Quand l’enjeu est perçu comme existentiel, la bienveillance a des allures de luxe, ou de naïveté. Votre appel n’en perd rien de sa justesse. Il explique seulement pourquoi, pour l’heure, si peu l’entendent.