Mon premier mouvement a toujours été de soutenir le garde des Sceaux dans ses interventions périphériques, sans qu’elles soient jamais totalement détachées de sa prestigieuse fonction de ministre de la Justice. Je ne pouvais, en effet, m’empêcher d’estimer cette personnalité qui entendait demeurer libre et refusait, même dans son expression publique, de sacrifier ses amitiés ou son estime.
Il l’a fait pour Nicolas Sarkozy, en tentant tant bien que mal de rattacher sa sollicitude à l’égard de l’ancien président à son obligation de vérifier, pour sa sauvegarde, les conditions de son incarcération. Il a été très critiqué par les syndicats de magistrats, mais, en définitive, on n’a pas considéré que la manière dont ce soutien avait été formulé portait atteinte à l’équité de l’appel à venir au début de l’année 2026.
Mais, à l’évidence, le ministre est un homme entêté dans ses résolutions, pour le meilleur en ce qui concerne la politique qu’il mène et qu’il projette, sur un mode plus ambigu s’agissant de la persistance de ses fidélités amicales et politiques malgré l’énoncé d’une condamnation.
En effet, le ministre a assuré de son « soutien » un élu du Nord condamné par la cour d’appel de Douai à dix-huit mois de prison avec sursis et à deux ans d’inéligibilité pour détournement de fonds.
Deux syndicats de magistrats se sont indignés, jeudi 18 décembre, des propos de Gérald Darmanin. Celui-ci a précisé sur X que, « sans commenter d’aucune manière une décision de justice », il avait « une pensée plus qu’amicale pour Damien Castelain, qui est un grand président de la Métropole de Lille et un maire passionné de Péronne-en-Mélantois (…), dans un moment difficile ».

Même si Gérald Darmanin délimite clairement son champ d’expression en affirmant qu’il ne relève pas du commentaire d’une décision de justice, l’USM a considéré comme « problématique » toute expression publique de soutien à un justiciable condamné « .
Pour le moins, il s’agit d’une attitude quelque peu schizophrénique du garde des Sceaux, qui choisit de rester sur une ligne de crête, conciliant les exigences de sa fonction et ses fidélités politiques et personnelles.
On notera qu’il ne s’agit pas de la démarche qui avait été reprochée à François Bayrou, lequel ne parvenait pas à comprendre que le citoyen ne pouvait pas, sur des sujets judiciaires, prendre sans difficulté la relève du garde des Sceaux.
Gérald Darmanin s’efforce de faire d’une pierre ministérielle deux coups, si j’ose dire. Il me semble que cette intervention, qui introduit un peu de liberté dans le carcan ministériel, n’a rien de gravissime.
Elle me paraît plus préjudiciable à la multitude de ceux qui soutiennent l’émergence et la pratique intelligente, très active, enfin, d’un authentique et remarquable ministre de la Justice. Non pas parce qu’il a succédé, place Vendôme, à une personnalité qui validait le contraire de ce que l’avocat plaidait – cela ne concerne que le seul Éric Dupond-Moretti – et qui n’était pas loin de faire passer pour une politique pénale ses éructations constantes, notamment parlementaires, contre le Rassemblement national.
Je demande respectueusement à Gérald Darmanin de songer, dans son expression publique, aux citoyens qui sont enfin heureux – comme hier avec Bruno Retailleau – de voir le régalien pris en charge par des responsables dignes de ce nom, qui honorent et ont honoré leur fonction sans se contenter d’être honorés par elle.
Il faut que le ministre Darmanin ne rende pas trop difficile le soutien qui lui est apporté, ni l’admiration qu’il peut susciter au sein d’un gouvernement imparfait, par son inlassable et novatrice volonté de changement, et par son action effective.
Si j’osais, j’irais jusqu’à lui demander de ne pas me contraindre, lorsque j’écris des billets pour le défendre ou l’approuver, à des exercices de plus en plus éprouvants.
« Que Gérald Darmanin nous aide à le soutenir… » (PB)
C’est plutôt mal parti.
Cher monsieur Bilger, j’avoue avoir beaucoup de mal à vous suivre dans votre « darminomania ».
Ce monsieur semble illustrer parfaitement, de pair avec ses alter ego et leurs acolytes administratifs, la maxime de Chamfort :
« En France, on laisse en paix les incendiaires et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. »
Car, en effet, c’est bien ce qu’ils font pour faire taire, après chaque crime commis par des « chances pour la France » (dialecte orwellien), les Français normaux, victimes ou défenseurs des victimes des exploits de leurs petits protégés, qui protestent contre la vie infernale qu’ils subissent du fait des conséquences délétères d’une immigration non contrôlée, qu’ils n’ont jamais, vraiment jamais, eu à choisir de façon démocratique.
Et tout cela, soi-disant pour combattre une « extrême droite » (autre création orwellienne), fantasmée de toutes pièces, et au détriment d’une liberté d’expression criée sur les toits mais particulièrement malmenée par ce régime, au point que même Donald Trump s’en est rendu compte.
Monsieur Darmanin, lors de son passage à l’Intérieur, a publié un décret réglementant ce qui concerne le port, la possession et, depuis, le type des couteaux ; décret qui pouvait partir d’un bon principe, mais qui est loin d’avoir été rédigé avec bon sens et intelligence, ce à quoi nous pouvions hélas nous attendre au vu des kilos de textes législatifs du même type.
En effet, la rubrique des faits divers, assez silencieuse sur ce sujet depuis les siècles qui nous séparent de Ravaillac, a littéralement explosé après certains changements démographiques ayant profondément altéré la nature de la population française d’origine.
Par exemple :
https://www.lefigaro.fr/faits-divers/ajaccio-un-homme-arme-d-un-couteau-abattu-par-la-police-dans-le-centre-ville-20251220
Certes, la police a fait son travail, mais nous sommes obligés de nous poser la question suivante :
« Qu’est-ce qui est le plus dangereux : les couteaux, ceux qui les brandissent avec menaces, ou ceux qui laissent entrer les habitués de ce sport en France par inconscience, bêtise, voire à des fins troubles ? »
@ Giuseppe le 20 décembre
Votre commentaire, adressé à Sylvain, est construit sur deux sources — la Fondation Jean-Jaurès et l’IFRAP — qui, elles-mêmes, commentent un document obsolète : le programme économique du RN — merci de bien vouloir arrêter votre comédie du FN/RN — présenté lors des législatives de juin-juillet 2024. En dix-huit mois, la donne a été bouleversée. On est passé de la Ve à la IVe République, trois Premiers ministres ont été remerciés, le quatrième survit… et le RN est aux portes du pouvoir.
Ce qui l’oblige à prendre la précaution élémentaire de ne pas s’exposer trop vite aux critiques de ses adversaires et à ne dévoiler que « le moment venu » un programme « de gouvernement », comprenant des promesses précises, alors que, jusqu’à maintenant, étant dans l’opposition, il pouvait se contenter d’émettre, en quelque sorte, des revendications n’ayant aucune chance d’être satisfaites.
De plus, les travaux des deux organismes que vous citez ne sont pas réellement « indépendants ». Ils reflètent des idéologies politiques, l’une libérale, l’autre progressiste, situation qui ne peut que les conduire à éreinter les propositions du principal adversaire des élus qu’ils conseillent : le RN…
Donc, pour commenter le programme économique de celui-ci lors de la prochaine élection présidentielle, il est urgent d’attendre… qu’il soit publié. Pour l’instant, au regard des discours pas toujours entièrement parallèles de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, il est évident qu’il est encore en gestation, en particulier en ce qui concerne les dispositions fiscales et sociales à mettre en œuvre pour sortir le budget de l’État de l’ornière dans laquelle la Macronie l’a mis. Étant ubuesques en raison de l’absence de menace d’emploi du 49-3, les récents débats parlementaires n’ont pas permis de percer le mystère…
On verra dans les semaines qui suivent, et surtout après le résultat du procès en appel de MLP, si la ligne du RN penche vers une social-démocratie « soft » ou vers un libéralisme social prudent. Sur le plan politique, la différence entre ces deux positions est, selon l’expression consacrée, de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette… et le risque est nul d’un clash entre les deux dirigeants.
Ce qui est d’ores et déjà certain, c’est que, pour convaincre son électorat actuel et ses électeurs potentiels, le RN mettra le pouvoir d’achat au premier rang de ses préoccupations en ce domaine — bien plus que l’hypothétique réindustrialisation ou la volonté de « Bruxelles » d’agrandir ses champs de compétence — et insistera lourdement sur la première cause, à ses yeux, de la situation dramatique dans laquelle se trouve l’économie française : la progression sans fin de l’immigration non contrôlée. Ce même dysfonctionnement étant aussi, selon le RN, à l’origine de l’insécurité, du narcotrafic et de la menace terroriste.
@ sylvain le 20 décembre 2025
Je vous conseille de regarder le match du Stade toulousain contre le LOU rugby.
Vous comprendrez le trou abyssal qui existe entre Jordan Bardella — alias Jordy Microssillonrayé — et un demi-dieu du savoir, de la vision et de la classe ; pas besoin de citer son nom, il vous ferait pleurer devant l’indigence d’un parti qui ânonne, du matin au soir, les mêmes inepties économiques. Quant au programme politique, c’est du grand écart entre Donald Trump et le Cinglé.
Elle restera pour la postérité ; à moi, elle me fait honte. Et si l’on tend l’oreille, quand un journaliste pose les bonnes questions, les réponses sont plutôt floues. Vous connaissez l’adage : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… Quelle poilade !
L’image pour la postérité :
https://www.letelegramme.fr/elections/presidentielle/le-pen-poutine-la-poignee-de-mains-qui-embarrasse-le-rn-214072.php
@ Giuseppe le 20 décembre 2025
Nous sommes un peu hors sujet, mais ce n’est pas grave. Je ne sais pas faire les noues rondes, mais je les faisais à noquets cachés pour limiter au maximum la vue du zinc. En revanche, si vous pouviez me donner la référence de votre livre, s’il est encore édité, cela m’intéresserait.
Je vais être trop vieux pour faire le zèbre sur les toits, avec mon épouse pas tranquille, mais j’aime bien compulser ce genre de livres techniques.
@ Giuseppe – le 20 décembre 2025
« Je me suis « pelé » [le] programme économique [du RN] ».
Auriez-vous un lien ? Je vous pose la question parce que j’ai eu beaucoup de mal à trouver ce genre de document par le passé.
« La Fondation Jean-Jaurès a analysé les mesures fiscales du FN/RN : elle conclut que le projet budgétaire est de nature ‘néolibérale’ […] ».
Hahaha. Faudrait savoir. Soit le RN creuse le trou du budget, soit il est libéral. Mais ça ne peut pas être les deux. Ça n’exclut pas la possible pertinence des autres conclusions de la Fondation Jean-Jaurès (socialiste).
______
@ Xavier NEBOUT – le 20 décembre 2025
« On peut éliminer la totalité de la délinquance en bande organisée […] avec du sérum de vérité type scopolamine. On peut […] épouvanter les voyous en rétablissant la peine de mort. Un cambrioleur pendu à l’entrée de la ville […]. Tout le reste n’est que du pipeau de faux culs. »
J’en conclus que la totalité des habitants de la planète, dirigeants politiques compris, sont des pipoteurs et des faux-culs, sauf vous ; puisqu’absolument aucune nation ne pratique ce que vous préconisez.
Il se peut qu’avec vous, nous soyons en présence d’un génie à l’intelligence infiniment supérieure à 8 milliards de personnes. C’est possible. Avouez, toutefois, que c’est mathématiquement très peu probable.
@ sylvain le 20 décembre 2025
Sans vouloir vous vexer, vous le voyez, vous, Jordy Barboteuse à la tête du pays ?
Le FN/RN, à qui il manquera des alliés au second tour pour franchir la barre. Je l’ai relevé ici : je me suis « pelé » leur programme économique, c’est, avec celui de LFI, l’argent qui coule à flots.
Derrière le discours, le programme du FN/RN n’est pas « social façon LFI », c’est surtout un mélange explosif de dépenses nouvelles, de cadeaux fiscaux et de flou artistique sur le financement.
Survol rapide FN/RN vs LFI/NFP sur l’économie.
Le FN/RN, c’est surtout un énorme trou budgétaire.
Plusieurs organismes ont chiffré le programme du FN/RN pour les législatives de 2024. La Fondation iFRAP estime un surcoût énorme à l’horizon 2027, avec une liste de mesures coûteuses (abrogation de la réforme des retraites, mesures sur l’immigration, aides diverses) et des économies très vagues.
L’Institut Montaigne, qui compare les programmes des principaux blocs (FN/RN, majorité présidentielle, Nouveau Front populaire), arrive à la même conclusion : dans un pays déjà très endetté, le programme du FN/RN dégrade significativement les finances publiques.
En résumé : oui, il y a des dépenses, mais surtout un gigantesque déséquilibre entre ce qui est promis et ce qui est réellement financé.
Un programme « pro-classes populaires » qui profite surtout aux plus aisés.
La Fondation Jean-Jaurès a analysé les mesures fiscales du FN/RN : elle conclut que le projet budgétaire est de nature « néolibérale et populiste ». L’étude montre que les allègements d’impôts et les dépenses nouvelles profitent davantage aux classes aisées qu’aux classes moyennes et populaires, contrairement à ce que prétend le FN/RN.
Autrement dit, le FN/RN parle « pouvoir d’achat » et « France qui souffre », mais, dans les faits, une partie significative des avantages fiscaux va vers les plus riches (patrimoine, successions, etc.), pas vers ceux qui galèrent le plus.
En bon français d’entreprise, la première des actions du FN/RN va être de « tirer la chasse ». Tout patron de région qui remplace le précédent le fait : d’abord un audit — Marine Le Pen l’a dit — alors que l’équipe à Bercy a chiffré en long, en large et en travers ce qui devrait être fait.
Pas besoin de dépenser plus de pognon à refaire ce qui est connu de tout le monde économique. Le but de l’audit sera d’en faire des tonnes, de dire que, ma foi, ils n’avaient pas prévu cet effondrement abyssal du pays, et ainsi le retour de la retraite à 60 ans passera à la trappe en premier.
Les cocus seront ceux qui pensaient aux miracles. On n’est pas à Lourdes.
Le RN ment sur le bénéficiaire réel de son programme.
Les analyses montrent que les mesures fiscales du RN profitent surtout aux plus aisés, malgré un discours pro-peuple.
Le RN n’a pas de stratégie économique, juste une stratégie électorale.
Une accumulation de promesses séduisantes (TVA, retraites, services) sans plan crédible sur la dette ni sur l’investissement productif.
Il a du pain sur la planche, Jordy Youpala. Il enfile des poncifs comme on enfile des perles ; dès qu’il est un peu mis en difficulté, il récite la messe sans jamais répondre sur le fond.
En résumé, le FN/RN, c’est le pire des deux mondes avec LFI/NFP : des dépenses + des baisses d’impôts + aucun financement sérieux. C’est moins cohérent que LFI, qui assume taxer les riches pour financer ses mesures.
Le meilleur cadeau de Noël pour Jordy Biberon, c’est de lui offrir un boulier avec le mode d’emploi, car des fiches il risque surtout d’en faire des papillons, comme sa patronne devant un Emmanuel Macron en grande forme qui l’avait renvoyée à ses chères études.
On peut éliminer la totalité de la délinquance en bande organisée, le narcotrafic, etc., en quelques mois, en faisant parler les suspects avec un sérum de vérité de type scopolamine.
On peut libérer la moitié des places de prison et épouvanter les voyous en rétablissant la peine de mort.
Tout le reste n’est que du pipeau de faux-culs.
@ Giuseppe
Votre Antoine Dupont, que vous glorifiez tant, n’est qu’un lèche-babouches macronien de plus. Il y en a déjà assez comme ça qui postulent pour prendre la même place de tueur du peuple que celui qui trône à l’Palais de l’Élysée en ce moment et se pavane, goguenard, partout dans le monde entier en nous insultant, nous ridiculisant et nous rabaissant.
Dupont s’est couché en bon soumis et a collaboré avec une trentaine de crétins sportifs aux QI de pois chiche, à la pétition honteuse contre le Rassemblement national, sur ordre du pouvoir islamo-gauchiste macronien et de la bécasse Amélie Oudéa-Castéra, ce qui en fait un traître, un fayot, un loser, le RN étant le seul parti qui aime son pays et le défend bec et ongles contre tous ces gauchiasses islamo-fachos, wokes racialistes, racistes indigénistes progressistes, vomissures sociales anti-France.
En obéissant, Dupont a gagné des points pour la suite de sa carrière : si jamais il n’était plus en mesure de jouer au rugby — baisse de niveau, blessures, handicap — il aurait toujours l’espoir d’obtenir un bon poste dans un quelconque cabinet ministériel, en remerciement de sa collaboration honteuse.
Manque de bol : de fiascos en flops et retours de manivelle, ce RN n’arrête pas de grimper dans les sondages. Emmanuel Macron va peut-être le rappeler pour remettre une seconde couche contre « le pire danger fasciste raciste d’extrrrrrêêêmeu drouaaaate qui menace la France ». LOL !
M. Dupont, laissez l’honneur, la morale et la fierté aux hommes libres qui refusent de se coucher comme vous ; continuez à jouer à la baballe.
Il y a donc la sarkolâtrie chez Praud et la darmanolâtrie chez Bilger.
Un point commun entre les deux politiciens : le mensonge.
Imposer des relations sexuelles pour rendre un service relève de la sexualité sous contrainte. Ce n’est pas parce qu’on ne met pas un couteau sous la gorge que cela change quoi que ce soit. Et, par ailleurs, GD est totalement à côté de ce qu’impose son poste dans les deux cas cités.
Malheureusement, il a une tenue bien supérieure à celle des candidats à la présidentielle, supposés ou déclarés ; il s’exprime bien et clairement, sans la ridicule emphase, la prétention et la voix d’adolescent prépubère de l’actuel locataire de l’Élysée, et a de fortes chances d’être un candidat sérieux grâce à ces « qualités » commerciales.
J’ai bien dit malheureusement, car il est manipulateur, menteur : remember le Stade de France.
@ hameau dans les nuages le 20 décembre 2025
« À propos de l’ardoise, moi qui ai appris à la poser — un très beau métier, éprouvant physiquement, mais que j’aurais aimé pratiquer — je peux vous garantir, et vous le savez aussi, qu’on va en payer le prix… »
Si mes souvenirs sont bons, il existait plusieurs carrières à Lourdes et, sur l’autre versant, côté Labassère, au moins deux. Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’une.
J’ai rarement vu une pose académique, totale, celle qui prône les noues rondes, les arêtiers avec approche et contre-approche ; pour cela, il faut aller en Bretagne ou en Anjou. Le fin du fin consistait à n’utiliser le zinc que pour les dalles, nantaises ou non.
J’ai toujours, dans un coin, le traité de pose qui fait référence, à côté de mes ouvrages de mécanique et, bien sûr, de ceux consacrés à la construction. Là, vous m’avez filé un coup de blues.
La marque espagnole Galiza est aujourd’hui incontournable, mais localement une petite résistance continue d’exploiter.
@ Serge HIREL le 19 décembre 2025
Que Dupont s’occupe de ce qu’il sait le mieux faire : maîtriser la beuchigue (Pierre Albaladejo) pour le pays entier, qui rêve enfin de gagner la Coupe du monde de rugby ; la bougresse nous file entre les doigts… Il faut se rappeler l’essai refusé d’Abdelatif Benazzi — le diable se loge dans les détails — quoique je pense toujours que son essai était valide.
Darmanin est un champion : il fait de la politique. Chacun dans son domaine, et les vaches seront bien gardées. Il a l’humilité des meilleurs. Pour vaincre, il faut la grinta : tout est dans le geste et le courage. Il est malin aussi, Darmanin. C’est une qualité.
Je me souviens d’un Compagnon charpentier, entrepreneur. Il me faisait rire, et il avait raison quand il me disait que certains n’avaient pas le fourgon assez grand pour afficher ce qu’ils pensaient savoir faire : électricien, plaquiste, multiservices…
« Mille métiers, mille misères », me disait-il le sourire aux lèvres. « Rien qu’avec la charpente et la couverture, il y a de quoi faire ; et heureusement, au pays de l’ardoise, il n’existe qu’une couleur… »
La charpente que je contemple toujours, que j’ai sous les yeux, apparente, élancée, en chêne local… Mille métiers, mille misères : il avait raison. Notre-Dame en est l’image récente ; la Sagrada Familia en est l’image éternelle.
Alors je me contenterai d’un président qui préside et qui gouverne avec le courage et la rouerie qui vont avec. Et comme nous le disait un patron de groupe :
« Les études aux étudiants, le béton à ceux qui savent le mettre en œuvre ! Creusez votre sillon, celui que vous maîtrisez ; approfondissez-le : le béton vous le rendra. »
Je me souviens aussi des paroles de Francis Bouygues, et de la manière dont il a construit ses débuts. Il ne s’est diversifié que bien plus tard, quand le béton était bien armé.
À propos de l’ardoise, moi qui ai appris à la poser — un très beau métier, éprouvant physiquement, mais que j’aurais aimé pratiquer — je peux vous garantir, et vous le savez aussi, qu’on va en payer le prix…
Toujours à propos de l’ardoise, celle des carrières de Lourdes n’a pas fait de miracle. Piètre qualité. 🙂
@ Marc Ghinsberg
Pan sur le bec ! Au temps pour moi : ce sont, vous avez raison, les deux syndicats de magistrats qui ont piaffé… ce qui, en l’espèce, n’est rien d’autre que de l’écume… mais laisse toutefois apparaître chez Gérald Darmanin un manque de clairvoyance politique, allié à un sens de l’amitié assez rare dans ces marécages putrides de la politique…
Serge Hirel a, sur le sujet, une analyse pertinente et cruelle.
Quant à le comparer, ainsi que le fait le « dégusteur-de-noisette-au-pied-du-plus-beau-panorama-du-monde », à un joueur emblématique de ballon ovale, et à assurer qu’il sera « sans aucun doute le futur Président » (sic), c’est — pour rester dans les images bétonnières ou cyclistes ressassées à l’envi par le susdit — altérer le mélange ou dérailler par saut de chaîne :
il n’a pour lui, comme son ancien collègue garde des Sceaux, que de pouvoir exciper de sa maman concierge et femme de ménage, ce qui, dans notre bon pays réducteur de têtes, n’est pas, paradoxalement, le meilleur des viatiques…
Non. Simplement non. Le tweet du garde des Sceaux est inadmissible et je m’inquiète qu’un avocat général, dont la réputation est prestigieuse, continue à lui apporter son soutien — certes en tant que citoyen libre de ses opinions, certes avec des réserves… Mais soutien il y a. Or…
Darmanin bafoue la séparation des pouvoirs, pilier immuable de l’État de droit dans toute démocratie. On ne peut pas s’indigner des propos de Mélenchon lors de perquisitions ordonnées par la justice — « La République, c’est moi ! » — et laisser passer le fait que le garde des Sceaux considère que l’amitié l’emporte sur son devoir de réserve.
Darmanin est en état de récidive. La première « infraction » de même type, sa visite — de plus médiatisée — au titulaire du numéro d’écrou 320535, relevait déjà d’une grave entorse à la règle. Qu’un garde des Sceaux assure la sécurité des prisonniers, c’est son travail ; mais il n’est pas dans l’usage qu’il se déplace auprès d’un taulard pour savoir si ses conditions de détention lui plaisent… Il est vrai que, dans cette affaire, on a appris que le président de la République lui-même avait proposé à Sarko d’intervenir auprès de la justice pour qu’elle l’incarcère dans un établissement plus confortable que la Santé.
Darmanin aggrave son cas en précisant, dans son tweet de soutien à son ami condamné, que ce geste exclut tout commentaire de la décision de justice. Il faut donc comprendre que ce message n’a pas été rédigé sous le coup de l’émotion et que le garde des Sceaux s’est posé la question de savoir s’il franchissait ou non la ligne rouge. Donc, soit ses conseillers sont incompétents en matière constitutionnelle — ce qui, à la Chancellerie, serait un comble —, soit Darmanin, en agissant ainsi, a fait volontairement un pied de nez aux magistrats… Chacun son truc… L’un de ses prédécesseurs les avait qualifiés de « petits pois », et un autre, entre autres affronts, en a sermonné deux qui avaient osé respecter leur serment de dire la vérité face à une commission d’enquête parlementaire. Vérité qui contredisait le message officiel proclamant — contre l’évidence — que la sécurité était assurée à Marseille.
On pourrait admettre d’absoudre Darmanin si, d’une part, le condamné n’était pas un élu majeur — président de la Communauté européenne de Lille, ce n’est pas rien —, et, d’autre part, s’il n’y avait pas eu d’enrichissement personnel. Il ne s’agissait pas de sanctionner un appel plus ou moins appuyé en faveur de telle ou telle entreprise — ce qui est courant et, très souvent, impuni —, mais de condamner une pratique délictuelle encore, hélas, répandue : le petit — ou gros — cadeau offert par celle qui a remporté le marché à celui qui le lui a accordé.
Corruption passive dans ce cas… mais aussi parfois active, si l’entreprise est sollicitée par le donneur d’ordre… Il est difficile de croire que Darmanin, conservant un étroit rapport avec les institutions des Hauts-de-France, ne connaissait pas la gravité des délits commis par Damien Castelain : ceux-là, mais aussi le règlement de ses frais personnels par le contribuable et l’embauche de proches, y compris par la création de postes inutiles.
En ce qui me concerne, si j’avais encore eu le moindre doute favorable quant à la légitimité de Darmanin à être candidat à l’Élysée, il est cette fois levé.
C’est non. Pas lui.
M. Darmanin n’est pas qualifié dans l’emploi, c’est tout.
Serait-il le seul dans la galaxie Macron ? Ceux qui touchent leur bille se comptent sur les doigts d’une main. Le reste est du casting.
Gérald Darmanin est le futur Président, cela ne fait aucun doute. Il a réussi le passage numérique des impôts sans coup férir, s’alignant sur les pays nordiques — les champions dans le genre —, il sait donc compter.
Ministre de l’Intérieur, garde des Sceaux, il voit juste ; pour ses troupes, on verra plus tard. Il sera au second tour. Il faut lui reconnaître que, partout où il passe, il sait faire : un sérieux client pour la finale.
Combien de divisions ? Je ne le pense pas naïf. Pour l’instant, il occupe le terrain, il réussit quelques bons 50-22, ce n’est pas facile. Il est de la trempe de Dupont, c’est indéniable. Il a ce qu’aucun des autres ne possède : cette passe sautée, droite et puissante, qui lui permet d’esquiver le premier défenseur, et qui a valu à Dupont sa médaille d’or olympique.
Il ne faut pas s’y tromper : la « chistera » aussi, il connaît. Il a une bonne vitesse de course et apparemment un gros moteur, celui des cyclistes. Il devrait créer la surprise car, si on veut battre les Sud-Africains — deux fois champions du monde consécutivement —, il en a l’étoffe. Il faudra un Dupont pour en finir de courir après un titre.
En plus de manier les chiffres, Darmanin a son style : il n’est pas dans l’esbroufe, redoutable, il défend bien au ras de sa ligne. Les présidentielles approchent, voyons sa stratégie. Il suffit d’un point, aller entre les perches et gagner un match, même à la dernière seconde.
Antoine Darmanin ?…
Si Darmanin est un clone de Dupont, pourquoi soutenir la copie plutôt que l’original ?
Dupont président !… Dupont président !…
« La culture est ce qui reste quand on n’a rien oublié. » (Philippe Bilger, 2016)
@ Marc Ghinsberg
« Soutenir Gérald Darmanin, dont les fidélités amicales et politiques l’amènent à flirter avec les limites de sa charge prestigieuse de garde des Sceaux, au point de susciter l’indignation des syndicats de magistrats. »
Soyez précis, Monsieur Ghinsberg : ce ne sont pas « les » syndicats, mais « le » Syndicat de la magistrature. Il y a des nuances que vous ne parvenez pas, semble-t-il, à saisir.
Et susciter l’« indignation » de ce syndicat du mur des cons est, à mes yeux, un brevet de républicanisme.
J’ai repris précisément les termes de Philippe Bilger qui est sur ce sujet dans son domaine de compétence : « Il a été très critiqué par les syndicats de magistrats »…
« Dis, papa, c’est encore loin, l’Élysée ? »
« Tais-toi et marche ! »
À sa décharge, depuis qu’il accepta de bon gré de devenir le président d’honneur de la branche parisienne des supporters internationaux du FC Liverpool, il lui fut beaucoup pardonné.
On vient le consulter, lui toucher deux mots, tâter sur tout son avis, régler en sa compagnie la composition des équipes.
Comme M. Sarkozy, dans le temps.
Normal qu’il rende la pareille, dans son auguste générosité.
Il laisse venir à lui le pouvoir des petites onctions, distribue d’invisibles indulgences, en Pilate inversé, reçoit les amendements de chacun.
Sans que cet emploi ne l’oblige à porter des bagues qu’un nouvel usage républicain nous forcerait à embrasser.
Aucun danger qu’il ne devienne un Andreotti français.
Question de classe naturelle.
Maire de Lille dans les années trente, peut-être — comme Herriot à Lyon ou Macron à Marseille dans les années quarante — devrait suffire à sa recherche de gloire, entre deux réceptions de condamnés à la cangue ou au pilori médiatico-politiques, pour ne pas perdre la main.
Pas facile d’être garde des Sceaux aujourd’hui avec un Syndicat de la magistrature qui est particulièrement sourcilleux dès que l’on touche à son pré carré.
Il faut bien reconnaître que Gérald Darmanin s’en tire plutôt bien, même si, parfois, « ça frotte un peu » avec ce syndicat. Mais finalement, GD réussit à conjuguer avec un certain talent les devoirs de sa charge et sa fidélité envers des amis qui ont des démêlés avec la justice.
Alors que les prétendants à la fonction suprême ne cessent de s’afficher dans les médias et sur les réseaux sociaux, GD, lui, se fait plutôt discret, ce qui ne l’empêche pas, au demeurant, de penser à 2027. Mais la route est encore longue et il s’agit de ménager ses forces quand il faudra donner toute son énergie lors de la campagne électorale.
Aussi, la solution la plus sage est-elle d’écouter la consigne de Lao-Tseu :
« Si quelqu’un t’a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre. »
Je pense que Gérald Darmanin n’aura pas longtemps à attendre.
« Pas facile d’être garde des Sceaux aujourd’hui avec un Syndicat de la Magistrature qui est particulièrement sourcilleux dès que l’on touche à son pré carré. »
Certes, certes… Mais cette fois, comme l’indique Philippe, ce sont deux syndicats qui critiquent vertement Darmanin… Et le second est… l’USM, réputée de droite…
Détendez-vous… Il vous reste une solution : « Gérald est victime d’un réflexe corporatiste »…
Certains vous croiront… Mais vous pouvez aussi reconnaître que le ministre a fauté… même si la Macronie a peu l’habitude de faire amende honorable.
« GD, lui, se fait plutôt discret (…) »
Cela semble vous conduire à l’admirer… Mais cette discrétion n’a rien de volontaire. Elle est la conséquence de l’engagement que Lecornu a exigé de lui pour lui offrir son maintien à la Chancellerie : mettre sa campagne présidentielle en veilleuse.
Il a beaucoup de mal à respecter sa parole… Son tweet le prouve : en le postant, il savait qu’il ferait l’actualité…
« Parlez de moi en bien ou en mal, peu m’importe… L’essentiel, c’est qu’on parle de moi ! »
(Le très modeste Léon Zitrone)
« Si j’osais, j’irais jusqu’à lui demander de ne pas me contraindre, lorsque j’écris des billets pour le défendre ou l’approuver, à des exercices de plus en plus éprouvants. » (PB)
La politesse Grand siècle est un authentique exercice littéraire, qui requiert d’insignes qualités : une profonde connaissance de la langue, bien sûr, mais aussi une sensibilité poussée, une imagination féconde, une rigueur extrême, ainsi qu’une authentique empathie contrebalancée par un sens aigu de la justice.
Personnellement, si j’étais Darmanin, je voterais Bilger. L’inverse, je ne sais pas.
Dire qu’il y a à peu près vingt ans, l’homme faisait ses gammes chez Vanneste. Quel grand écart il a fait depuis !
Si on ne le retient pas dans son élan, d’ici quinze à vingt ans, il devrait atteindre LFI. On sait l’homme opportuniste et très peu regardant dès lors qu’il s’agit d’augmenter son pouvoir.
Il donne déjà des gages et multiplie les signes d’amitié. Rendez-vous est pris dans quelques années pour le pari.
Cher Philippe,
La vie est rude. Soutenir Gérald Darmanin, dont les fidélités amicales et politiques l’amènent à flirter avec les limites de sa charge prestigieuse de garde des Sceaux, au point de susciter l’indignation des syndicats de magistrats.
Expliquer que Bruno Retailleau a réussi sa sortie du gouvernement, tout en vantant son autorité alors qu’il peine à imposer sa discipline à ses propres députés. Nier que le parti LR agonise, alors qu’il se disperse façon puzzle.
Endurer les quolibets de Pascal Praud, dont la suffisance s’amplifie en proportion inverse de sa maîtrise des sujets qu’il est supposé traiter.
Et le pire reste à venir : si jamais, à l’approche de la prochaine présidentielle, vous vous sentiez contraint d’exhorter vos fidèles lecteurs à porter leurs suffrages sur un jeune homme de 32 ans, dépourvu de formation solide et d’expérience substantielle pour exercer la fonction suprême.
Courage Philippe, nous admirons vos exercices d’équilibriste intellectuel autant qu’ils vous épuisent !
« Endurer les quolibets de Pascal Praud, dont la suffisance s’amplifie en proportion inverse de sa maîtrise des sujets qu’il est supposé traiter. »
Il n’est malheureusement pas le seul, parmi les journalistes et les chroniqueurs de CNews, à ne pas travailler suffisamment ses dossiers… et même à dire n’importe quoi.
Ainsi ce patron d’un périodique ami qui, hier soir, pour affirmer son opposition au Mercosur, établissait un lien entre la signature de cet accord et la croissance future du trafic de drogue en provenance d’Amérique du Sud, sous prétexte que les liaisons par cargo entre celle-ci et l’Europe seraient beaucoup plus nombreuses…
« Les narcos cacheront leur drogue dans les sacs… de riz », a-t-il déclaré.
Mais qu’on se rassure : la situation est la même sur les autres chaînes d’information. Toujours hier soir, sur l’une d’elles, le « consultant expert des affaires policières et judiciaires » semblait tomber des nues en apprenant, de la bouche d’un avocat, que les parties civiles ont accès au dossier au cours de l’instruction, et ce dès qu’elles sont constituées…