Bruno Retailleau : l’annonce faite à la France ?

Il y a parfois de bonnes nouvelles dans l’actualité et dans les analyses politiques.

Par exemple, quand je lis dans La Tribune Dimanche cet article de Ludovic Vigogne nous expliquant « pourquoi Bruno Retailleau va accélérer ».

Il me paraît évident que le président des Républicains n’a pas un arbitrage à opérer, mais un cumul à assumer, qui concerne à la fois le présent et l’avenir. Il a une mission fondamentale à remplir : redonner à la droite une image inventive, courageuse, libre, intègre et intelligente (voir mon billet du 18-11-2025 La révolution doit être à droite… ). Nul doute que cette entreprise pourrait déjà suffire à une personnalité ordinaire, mais j’ai la faiblesse de penser que Bruno Retailleau (BR), malgré sa volonté de ne jamais apparaître comme supérieur ou condescendant à l’égard de ses concitoyens, échappe à cette banalisation et qu’il est capable de se préoccuper aussi bien d’aujourd’hui que de demain.

Demain, ce sera l’élection présidentielle de 2027. Quel que soit le mode de désignation qui sera choisi par les adhérents de LR et la qualité de ceux qui participeront probablement à ce débat capital – je songe tout particulièrement à David Lisnard -, comme les plus proches conseillers de BR, je suis persuadé qu’il est urgent, pour lui, d’annoncer sa candidature aux Français.

J’imagine la richesse intellectuelle et politique qui naîtra d’un parti prêt à toutes les ruptures bienfaisantes qu’appellera un programme de véritable droite, et de sa reprise talentueuse et convaincante lors d’une campagne présidentielle où la sincérité, la constance et l’expérience feront la différence. Essayons d’imaginer en BR un François Fillon tel qu’il fut lors de sa primaire conquérante, mais qui ne serait pas disqualifié par les sautes de son caractère ni par une imprévisibilité trop solitaire pour la victoire à atteindre.

Il ne faut surtout pas que BR se sente obligé de choisir entre ses responsabilités créatrices de président de parti et son devoir de faire gagner la droite en 2027. Les premières irrigueront le second, et son ambition présidentielle, déclarée au sein du parti, apportera puissance, densité et crédibilité à la révolution qu’il entend mener en son sein.

Ce dessein mené sur un double front sera aussi un moyen d’éradiquer la lutte sournoise ou ostensible que Laurent Wauquiez (LW) mène contre lui, déplorable posture de mauvais perdant qui a permis à Sébastien Lecornu de déployer ses manœuvres et ses connivences occultes au détriment de l’intérêt du pays. LW, qui dirige le groupe parlementaire, n’a pas le moindre scrupule à faire obstacle, de manière obsessionnelle, au président du parti ; mais j’espère qu’il adoptera une autre attitude face à un BR candidat crédible et respecté à l’élection présidentielle. Rien n’est assuré, mais, sauf à considérer LW comme totalement irresponsable et cynique jusqu’à l’extrême, on peut encore croire à une embellie au bénéfice de 2027.

Cette annonce faite à la France, attendue par beaucoup, sera d’autant plus nécessaire qu’elle fera justice du reproche d’erreur tactique et de légèreté adressé à BR, alors même que le défaut de loyauté qu’il a imputé à Sébastien Lecornu révèle bien davantage son authenticité humaine que sa maladresse politique. Lui faire grief de n’avoir pas démissionné à cause de l’Algérie, c’est oublier qu’il n’a cessé de se battre pour durcir la pratique molle d’une diplomatie dite offensive, offensive surtout à proportion de l’absence de risque, mais frileuse lorsque l’adversaire est de taille et fait peur.

Jusqu’à aujourd’hui, BR a eu l’élégance de ne pas tirer toutes les conséquences de son éclatant triomphe face à LW pour la présidence du parti. On frémit à l’idée de ce qu’il aurait pu devenir sous cette autre égide !

Désormais, il doit sortir les griffes et ne plus accepter que l’on abuse de sa tolérance. Il ne s’agit pas seulement de lui, mais de la droite, de son avenir et du besoin qu’a le pays de sortir du macronisme, avec un homme véritablement de confiance.

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Voir les Commentaires (19)
  1. @ Serge HIREL 16 décembre 2025

    Je vous rejoins dans cette analyse très fine.
    Et j’ai entendu ce matin l’entretien de monsieur Wauquiez avec Sonia Mabrouk sur Europe 1 : elle confirme en tous points ce que vous et moi en pensons.

  2. Je crains, cher Philippe, que l’espoir et l’élégance, qui sont des vertus précieuses pour l’honnête homme, ne soient en politique que des pièges à éviter.

    Je crains que votre espoir d’un geste de fraternité de Wauquiez ne soit déçu — et encore déçu — tant le major de l’ENA qu’il est se croit programmé pour accéder au Château. Il tentera tout, y compris la trahison et le coup de pied de l’âne.

    Je crains que l’élégance de Retailleau, que vous saluez, ne soit perçue par son ancien rival que comme une faiblesse. Lui laisser les rênes du groupe LR à l’Assemblée nationale est un beau geste, mais il s’est déjà avéré dangereux.

    Je crains aussi que le Vendéen ne soit pas un tigre, qu’il ne possède pas les griffes nécessaires pour neutraliser quiconque se met en travers de son chemin ou se croit permis de défier son autorité.

    Les questions sont précises : a-t-il envie de « cheffer », en a-t-il l’intention… et, d’abord, sait-il « cheffer » ?…

    Il n’est pas admissible, pour un chef bien décidé à « cheffer », que, par leur vote en faveur du PLFSS socialo-macronien, dix-huit députés LR, qui auraient dû au pire s’abstenir, fassent porter aux Républicains la responsabilité d’un texte comportant 2,5 milliards d’euros de charges supplémentaires pour les contribuables et les entreprises. Son adoption a été acquise à treize voix près…

    Il n’est pas admissible que les six ministres LR du gouvernement Lecornu II n’aient été que suspendus. Demain, les agriculteurs, qui sont l’un des piliers du vote LR, se souviendront qu’Annie Genevard a envoyé les Centaures de la gendarmerie contre un troupeau de vaches au lieu de, d’abord, dialoguer. Ils s’en souviendront dès les municipales…

    Il n’est pas admissible que Laurent Wauquiez se comporte en électron libre et contredise publiquement celui qui lui a fait mordre la poussière. Avant tout autre chantier, Bruno Retailleau doit lui faire craindre la foudre. Et vite… sinon sa crédibilité, déjà interrogée en raison de sa sortie rocambolesque du gouvernement, sera mise à mal, sans espoir de la restaurer par la suite.

    Quant à sa déclaration officielle de candidature… Si elle intervenait tout de suite après la trêve de Noël — « les fêtes de l’hiver » en novlangue —, il me semble qu’elle ne réglerait rien du premier problème qui se pose aux LR : la définition claire et précise d’une ligne politique. Ce louvoiement entre une aile régalienne et une autre… disons « sociale »… se traduit aujourd’hui par une pléthore de candidats plus ou moins sur la ligne de départ et, surtout, plus ou moins prêts à admettre que BR est plus légitime qu’eux.

    Si David Lisnard, qui, en tant que président de l’Association des maires de France, est un vrai poids lourd, est loyal, il n’en est pas de même d’un Xavier Bertrand, qui ne déparerait pas dans les rangs du camp présidentiel.

    Pour les départager, le recours à une primaire interne est, semble-t-il, envisagé… Chacun se souvient de celle de 2022 et de l’effondrement de Valérie Pécresse. Même Sarkozy, le « père fondateur », ne l’a pas soutenue. Rééditer le même cirque produirait les mêmes effets : la division des troupes et une défaite telle que LR n’aurait rien à négocier pour être payé de son appui — plus ou moins discret — au candidat (ou à la candidate) de droite présent(e) au second tour.

    Il ne faut se faire aucune illusion. Lors des prochaines présidentielles, le parcours de LR s’arrêtera là. Donné aujourd’hui à 8 % dans les sondages, le parti « néo-gaulliste » n’a et n’aura aucune chance de placer son poulain dans l’emballement final.

    Ce qui conduit à réfléchir à la pertinence d’une candidature Retailleau. Très bien élu à la tête du parti, en proie cependant à une lutte interne qui le fragilise, seul néanmoins à paraître capable de sauver les meubles, faut-il qu’il aille lui-même croiser le fer dans un combat perdu d’avance ?

    Il est probable que ce dilemme traîne dans la tête de BR… Doit-il prendre le risque de figurer en cinquième ou sixième position ou, au contraire, envoyer au feu un dirigeant moins exposé que lui, mais malgré tout de qualité ? David Lisnard, par exemple…

    En prenant du recul lors de cette élection majeure, il servirait peut-être mieux son parti et la France en se réservant pour d’autres combats… Au Sénat, par exemple. Quel que soit le nouveau (ou la nouvelle) locataire du Château, il faudra que le rôle de « poil à gratter » du Palais du Luxembourg se poursuive… du moins si, après les élections sénatoriales de septembre 2026, la droite « classique » et le centre y conservent la majorité — le résultat des municipales sera, sur ce point, déterminant.

    Si tel est le cas, il se pourrait même que BR accède à la présidence de la Haute Assemblée dès l’automne prochain. Tout dépend de l’envie de Gérard Larcher de lâcher ou non son fauteuil avant la fin de son quatrième mandat de sénateur (en 2029). Il aurait alors 80 ans — non, Giuseppe, retenez-vous !

    Être le deuxième personnage de l’État, à défaut de tenter d’en être le premier, voilà tout de même une belle fin de carrière…

  3. Jean sans terre

    L. Wauquiez, c’est l’homme qui, par calcul, s’est effacé de la campagne présidentielle de 2022 parce qu’il la savait perdue d’avance, afin de se ménager des chances de gagner lorsqu’Emmanuel Macron quitterait le pouvoir (s’il le quitte jamais). Or, plus le temps passe et plus les élections se succèdent, plus la France s’enfonce, jusqu’à risquer de disparaître.

    De cette observation, il se déduit avec une certitude absolue que cet homme s’aime plus qu’il n’aime la France. Il en ressort qu’il n’y a rien à attendre de lui. On ne calcule pas comme un boutiquier ou comme un banquier d’affaires lorsque l’objet de son amour est en train d’expirer.

    Certains députés ou sénateurs, par calcul, suivent cet homme. Il s’en déduit que ces députés et ces sénateurs…

    Une règle impérieuse devrait s’imposer à tous les hommes politiques : celle de ne pas permettre, par leurs actes, que se perde un temps précieux.

    Que penser de B. Retailleau ? Après avoir quitté Philippe de Villiers pour le confort douillet d’une place chez Les Républicains, il s’est fait connaître pour avoir été ministre de l’Intérieur d’un gouvernement macronien, fonction où il a brillé par les paroles tandis que son impuissance se révélait dans les actes. Comme maints autres personnages de ce parti, durant l’interminable intermède macronien, il lui a été nécessaire, pour montrer qu’il existait encore, de collaborer. Cette tache restera indélébilement inscrite à son bilan. Le pari paresseux a été fait, dès 2021, que la place serait libérée en 2027 et qu’il suffirait de tendre la main pour se l’approprier.

    Qu’est-ce que LR ? L’aile droite de la macronie, et rien d’autre.
    Pour s’en convaincre, il suffit de les écouter :
    https://www.youtube.com/watch?v=6T0wmG1ol00

    Toutes les vieilles lunes ressurgissent avec éclat. Que proposent-ils ? Des réductions d’impôts pour rassurer la bourgeoisie et les retraités — ce qu’ils annoncent toujours mais ne font raisonnablement jamais — et la lutte contre les extrêmes. Ah, les extrêmes ! S’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer. Leur utilité est avérée : ils ont garanti la pérennité de l’arc républicain malgré ses résultats exécrables. Peut-être seront-ils demain ses fossoyeurs ? Ils l’auront mérité.

    Hormis cela, le projet pour la France se limite à sa dissolution dans l’empire européen, avec toutes les conséquences que l’on connaît : perte de puissance, vassalisation, désindustrialisation, destruction du pôle énergétique nucléaire, destruction de l’agriculture locale, submersion migratoire incontrôlée accompagnée d’un changement de population, appauvrissement généralisé des classes moyennes, destruction des identités locales, etc. Il se double d’une soumission militaire aux intérêts américains au sein de l’OTAN. Depuis Giscard d’Estaing, la France serait devenue trop petite. Il n’y a pas plus humbles et sournois défaitistes que ces républicains de droite, du centre et de gauche, europhiles et atlantistes.

    Qu’est-ce que la macronie ? La synthèse de la droite, du centre et de la gauche de gouvernement, autrement dit la synthèse de ce qui échoue depuis cinquante ans et conduit la France, au-delà de son déclin accéléré, vers sa disparition.

    Je me suis laissé convaincre par les arguments de Marchenoir, même si je sais que l’homme est un libéral réaliste, toujours prêt à des accommodements circonstanciels.
    « Afuera ! »
    Voilà tout ce que ces gens nuisibles et inutiles méritent.

  4. « Ce dessein mené sur un double front sera aussi un moyen d’éradiquer la lutte sournoise ou ostensible que Laurent Wauquiez mène contre lui, déplorable posture de mauvais perdant qui a permis à Sébastien Lecornu de déployer ses manœuvres et ses connivences occultes au détriment de l’intérêt du pays. » (PB)

    Ce comportement déplorable de M. Wauquiez est emblématique de celui de ces caciques LR et antérieurs aux dents qui raient le parquet, alors que, dans l’intérêt de la France, ils devraient « jouer collectif », comme le diraient les sportifs, sans se rendre compte qu’ils sont aussi jugés par leurs électeurs potentiels sur leurs mesquineries actuelles, que ce soit dans le parti qu’ils utilisent comme un tremplin leur permettant de se propulser vers un destin national, ou bien dans leurs actions et interventions, parfois discutables, à l’hémicycle ou bien ailleurs dans le paysage politique.

  5. Depuis trop longtemps, la droite française souffre moins d’un déficit d’idées que d’un déficit de crédibilité. Elle a parlé fort sans convaincre, promis sans durer, gesticulé sans gouverner. La première mission d’un chef politique digne de ce nom n’est pas de conquérir le pouvoir, mais de restaurer une exigence. « Le pouvoir ne corrompt que ceux qui sont déjà corrompus », écrivait Bernanos ; encore faut-il qu’il y ait, en amont, des hommes que le pouvoir n’attire pas comme une proie mais comme un fardeau. Redonner à la droite une image inventive, courageuse, libre et intègre n’est pas un luxe esthétique : c’est la condition même de sa survie historique.

    Présider un parti ou se préparer à l’échéance suprême ? Réformer l’outil ou viser la fonction ? Les esprits courts exigent un arbitrage, les esprits longs assument la synthèse. Tocqueville rappelait que « les grandes révolutions ne sont pas faites par les événements, mais par les caractères ». Il est des hommes pour qui le présent n’est pas un refuge mais un tremplin, et l’avenir non une chimère mais une responsabilité déjà engagée. Gouverner un parti en profondeur et préparer une candidature nationale ne sont pas deux entreprises concurrentes : la première donne sa substance à la seconde, la seconde confère sa gravité à la première.

    L’enjeu dépasse de beaucoup les personnes. Il s’agit de savoir si la droite française peut enfin rompre avec ce qui l’a tant affaiblie : les querelles intestines, les fidélités flottantes, les ambitions personnelles déguisées en stratégies collectives. Machiavel, souvent invoqué à contresens, avertissait pourtant que « les divisions internes sont plus dangereuses pour un État que les ennemis extérieurs ». Il faut nommer cette menace sans complaisance, tout en refusant le cynisme. Espérer un sursaut de loyauté n’est pas naïveté : c’est parier sur ce qui reste de sens de l’État chez ceux qui prétendent encore le servir.

    Une candidature présidentielle réussie n’est pas une construction artificielle, mais l’aboutissement naturel d’un itinéraire. Elle ne cherche pas à ressusciter des fantômes, mais rappelle qu’une victoire peut naître d’une alliance rare entre rigueur intellectuelle, constance morale et confiance populaire. Ce qui a manqué autrefois, ce n’était pas le programme, mais la solidité intérieure. « Le caractère, écrivait Goethe, c’est l’habitude de la volonté » ; sans cette épaisseur intime, la meilleure plateforme devient friable au premier choc.

    La sincérité est cruciale. Non pas la sincérité exhibitionniste, mais celle qui se lit dans la cohérence des actes et la continuité des positions. À une époque saturée de postures, cette vertu discrète devient révolutionnaire. Elle explique aussi pourquoi certaines accusations, retournées contre leur auteur, deviennent paradoxalement des titres de noblesse : il est des fidélités qui blessent ceux qui ont choisi la manœuvre, et des refus de compromission qui dérangent les professionnels de l’ambiguïté.

    L’enjeu ultime n’est pas une carrière, mais une sortie de crise. La France est fatiguée de l’improvisation permanente, de l’autorité gothique pusillanime et de la morale à géométrie variable. Elle aspire à ce que de Gaulle appelait « la continuité de l’État », cette vertu presque romaine qui suppose sang-froid, mémoire et sens du long terme. « La vraie politique est une morale », écrivait Péguy ; non une morale de sermon, mais une morale de responsabilité.

    Dans le fracas des ambitions et la confusion des discours, Philippe Bilger discerne la possibilité d’une figure de confiance, d’un chemin étroit mais droit, où la patience n’est pas un renoncement et l’ambition pas une vanité. C’est croire que la politique peut être autre chose qu’un théâtre d’ombres : une œuvre de reconstruction, exigeante, lente, et profondément humaine. Et c’est peut-être cela, au fond, qui aujourd’hui fait le plus défaut – et le plus espérer.

  6. Les LR ont leurs racines dans une résistance de voyous auto-anoblis que de Gaulle méprisait. Mais, comme il faut bien choisir un camp dans une démocratie représentative — régime pourri par définition — les uns et les autres font semblant de penser bien faire en y adhérant.

    En réalité, l’essentiel est que ça paie bien. Quant au souci du bien public, il relève tout simplement du choix du bon créneau.

    Sauf probablement concernant Philippe de Villiers, dont Bruno Retailleau est le rejeton, et qui a quitté son maître (ou à qui ce dernier a filé un coup de pied au c*l) pour les LR.

    La question serait de savoir s’il brille toujours en dressage, car, comme les chevaux ressentent les troubles subconscients du cavalier via ses raideurs, un pourri n’arrive à rien. Alors voyons donc si M. Retailleau nous sort une belle transition enlevée de passage-piaffer, dans la joie et l’amusement de son cheval.

    Au stade au-dessus encore, comme si nous étions au temps des monastères, voyons la couleur et la brillance de son aura.
    Oui, c’était pour m’amuser.

  7. Ce qui nous attend et on n’a pas fini de rire :

    https://x.com/pegase83000/status/1999954315956662684?s=58&t=VD2Ene-M1AwwcyLHd1ncEg

    Pendant que le Cinglé continue sa guerre, en Allemagne aujourd’hui on discute du sort de l’Ukraine, qui verse le sang. Quand j’ai regardé les premières images, tout est souriant, heureux de se retrouver à une réception, tous ces dirigeants ; on se croirait à une garden-party ou sur le green entre copains, pariant sur le dernier coup à jouer, le champagne au bout.

    Triste Europe. Et Winston Volodymyr au milieu de tous ces gens, qui les regarde faire : c’est terrible pour lui et pour son pays. Images fugitives aussi de Winston Volodymyr essayant de communiquer avec l’émissaire américain, les autres tournant le dos… ou regardant la pointe de leurs chaussures.

    Désastreuses images. J’ai eu honte pour tous ces dirigeants, qui semblaient bien loin du front et des morts à chaque heure qui passe. Le réveil va être brutal pour tous, sauf pour le peuple d’Ukraine : ils ont déjà payé un acompte de vies à l’autre Cinglé, qui ne s’arrêtera pas

  8. Votre appel, Monsieur Bilger, à une déclaration de candidature de monsieur Retailleau me semble difficile, si ce n’est impossible, en l’état des divergences au sein du parti LR.

    De fait, Monsieur Retailleau, quels que soient son intelligence et son sens politique (a priori non politicien, à ce que l’on peut percevoir de sa personnalité), devra d’abord faire le ménage parmi les caciques de LR, dont actuellement son principal opposant à l’Assemblée nationale, monsieur Wauquiez.

    À mon sens, avec des personnes comme monsieur Lisnard, il lui faut opérer un changement de cap idéologique à 180° pour son parti, revenir aux fondamentaux du RPR afin, au fond, de retrouver une forme d’alliance minimale avec monsieur Ciotti, qui a en partie repris le flambeau gaullien, et renoncer à l’atlantisme béat du centrisme, voire d’une certaine gauche inféodée à l’idéologie wokiste du Parti démocrate états-unien.

    Il lui faudra encore porter une parole française qui compte à Bruxelles, ne plus se soumettre aux diktats de l’administration de l’UE et ne plus pratiquer l’à-plat-ventrisme de nos pseudo-élites face à une Allemagne qui veut à présent réussir ce que Hitler a complètement manqué : assumer la direction, si possible exclusive, d’une Europe idéologiquement soumise à la volonté allemande. Et l’on peut percevoir que monsieur Friedrich Merz veut faire de son pays la plus grande puissance dans tous les domaines, y compris militaires ou en politique étrangère.

    Donc, avant de manifester une candidature à la prochaine présidentielle, il appartiendra à monsieur Retailleau de reconstituer, non pas un programme, mais bien une ligne idéologique parfaitement ancrée à droite et non polluée par le centrisme qui a tué le RPR lors de la fusion qui a donné naissance à l’UMP.

    Il lui faudra donc assumer des ruptures très fortes à imposer aux cadres actuels de LR et sans doute aussi changer le nom de son parti pour l’ancrer sémantiquement dans une droite forte, afin de résister à la gauche vociférante qui taxe actuellement les idées gaulliennes ou gaullistes d’extrême droite, comme on peut l’observer avec monsieur Dupont-Aignan, que l’extrême gauche a tendance à traiter de fasciste.

  9. À propos de Laurent Wauquiez, de Xavier Darcos et d’Edgar Faure : trois dix-huitiémistes égarés en politique, le dernier ayant été incontestablement le meilleur dans les deux domaines…

  10. Il faut voir si tout ça nous permettra d’arrêter la fuite en avant des impôts et de l’immigration musulmane qui nous rend le mal pour le bien ! Sinon, à quoi bon, que m’importent les dossards ? Franchement…
    À propos, si on veut non des espoirs mais des victoires pour notre pays, glissons :

    https://www.dailymotion.com/video/x9vn696

  11. « Bruno Retailleau, président de la République 2027 ».

    Évidemment, je n’ai pas fait médecine, mais je trouve que ça commence à ressembler à une espèce de trouble obsessionnel compulsif. Quant à voir un sénateur accélérer…

  12. Les Français en veulent beaucoup à LR (ex-UMP) de n’avoir pas su — ou pas voulu —, pendant ces dix-huit dernières années, faire le ménage dans leur propre famille politique ; d’avoir refusé d’écouter les Français sur l’immigration clandestine qu’ils refusaient ; d’avoir régularisé massivement des sans-papiers ; d’avoir laissé les islamistes étrangers se répandre partout sur notre territoire ; de n’avoir pas contrôlé les écoles islamiques hors contrat avec l’État, les services publics, les transports en commun ; d’avoir laissé faire les femmes couvertes de tchadors, vêtues tout de noir et au visage couvert ; d’avoir englouti des milliards dans des dépenses publiques inutiles ; d’avoir laissé les imams véreux prospérer ; d’avoir autorisé la construction de mosquées par dizaines ; d’avoir laissé les musulmans prier dans les rues de Paris, bloquant les commerçants et créant des embouteillages monstres ; de nous avoir déclaré que l’immigration est une chance pour la France et pour le « vivre-ensemble » ; d’avoir invité Kadhafi à Paris pendant six jours en le laissant planter ses tentes dans les jardins de l’Élysée ; d’avoir insulté le RN en le traitant de facho, d’antisémite et de nazi ; d’avoir radié Éric Ciotti du groupe LR lorsqu’il est parti rejoindre le RN ; de la trahison de certains LR ayant pactisé avec Emmanuel Macron pour rejoindre son gouvernement ; d’avoir choisi Valérie Pécresse comme candidate à la présidentielle de 2022, appelant à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy à l’aide pour la soutenir, alors que celui-ci, visé par la justice dans plusieurs affaires, ne pouvait que garder le silence.

    Le clou de l’affaire, c’est qu’à la sortie des urnes, LR s’est payé un score de 4,8 % et un prêt personnel de cinq millions d’euros à rembourser à la banque par Valérie Pécresse, en demandant aux adhérents LR de créer d’urgence une cagnotte.

    Depuis, LR tente de remonter la pente, mais c’est très difficile, d’autant plus que le RN bat tous les records dans les sondages.
    Les LR récupérés par Emmanuel Macron n’avaient qu’un seul objectif : la paie, les avantages et une future retraite dorée, tout en sachant que rien ne serait fait de concret.

    Et maintenant, c’est Laurent Wauquiez — le perdant et le lèche-bottes — qui tire dans les pattes de Bruno Retailleau. Et ça continue… Comment ne pas être en colère ?

    Est-ce toujours une famille ?

  13. Avoir de la sympathie pour Bruno Retailleau n’exclut pas de s’interroger sur son rôle au gouvernement sous Bayrou : il semblait être l’otage du macronisme, qui se caractérise par l’absence de résultats dans tous les domaines, y compris ceux relevant du régalien.

    Ainsi, on peut estimer qu’il aurait mieux fait de démissionner lorsque Macron et l’inénarrable Barrot lui ont conseillé de la boucler pour ne pas déplaire à la dictature algérienne.

    L’homme est sympathique et urbain, mais il ne se fait pas respecter, non plus, par Wauquiez ou Pécresse dans sa fonction de chef de parti… Comment se ferait-il respecter par des Trump, des Poutine, ou même par Ursula, s’il venait à être Président ?

    Et qu’a à proposer LR dans la substance politique ?
    En quoi peut-il se démarquer des autres partis de droite (j’en exclus Horizons et le MoDem !), notamment sur la dépense publique et l’assistanat socialiste qui nous entraîne vers l’abîme ?
    Est-ce que LR peut espérer mieux que de devenir le supplétif du RN et de Reconquête! ?

    Ce parti, déchiré et mal dirigé par BR, a-t-il encore un avenir ?

    Et si Ciotti avait eu raison depuis le début ?

  14. Franchement, je crois que pour Bruno Retailleau, c’est plié : il n’a aucune chance, pas même celle d’être investi par son camp.
    Il est surprenant de voir comment un homme peut se tirer une balle — et même une rafale — dans le pied en aussi peu de temps.

    Son départ raté du gouvernement ;
    Son impuissance face aux manœuvres lamentables, mais si politiques, de Laurent Wauquiez ;
    Son incapacité à se faire obéir par les députés LR qui pactisent avec la macronie à l’agonie et, par ricochet, avec le PS, en acteurs de soins palliatifs.

    Le tout fait de BR, qui avait pourtant suscité beaucoup d’espoir, un has-been, sans même avoir réellement été.
    En un mot, il n’est plus rien avant même d’avoir été l’illusion de ceux qui espéraient enfin avoir quelqu’un capable de résoudre certains de nos problèmes.

    En revanche, la situation est tout à fait différente au Chili.
    L’ultraconservateur José Antonio Kast a été élu ce dimanche à la présidence du Chili avec 58,3 % des suffrages.
    Il coche toutes les bonnes cases. Le Figaro le définit ainsi :
    « Père de famille de neuf enfants, libéral, catholique, baigné dans la nostalgie des années Pinochet, Kast affichait l’assurance d’un homme convaincu que l’histoire pencherait de son côté. »

    Et quand je dis toutes les cases, c’est y compris celle du renouveau de la natalité.

    Comparé au nôtre — je veux dire à l’actuel — qui ne coche aucune, mais alors aucune bonne case, on en vient à rêver d’être Chilien.
    (Toute allusion à la chilienne du Club Med serait déplacée !)

  15. « Puis, une fois Retailleau parti, Boualem Sansal est libéré grâce à l’habileté diplomatique du ministre des Affaires étrangères, qui exploite astucieusement les excellentes relations de l’Allemagne avec les autorités algériennes » : Marc Ghinsberg… qui recueille à l’unanimité le prix de l’humour 2025 des commentateurs de JAS.

  16. « Rien n’est assuré, mais, sauf à considérer LW comme totalement irresponsable et cynique jusqu’à l’extrême, on peut encore croire à une embellie au bénéfice de 2027. » (PB)

    Laurent Wauquiez n’est certainement pas « totalement irresponsable et cynique jusqu’à l’extrême ». Il sait parfaitement ce qu’il fait. Il considère simplement qu’il est bien meilleur que Bruno Retailleau pour la conquête de l’Élysée, et sur ce point je ne saurais lui donner tort.
    Bruno Retailleau a commis quelques maladresses lorsqu’il était au gouvernement, et son départ sur un coup de tête indique qu’il « n’a pas les nerfs » pour occuper les plus hautes fonctions de l’État.
    Mais Laurent Wauquiez a toutefois un gros défaut : son arrogance, qui le rend détestable, y compris au sein de son propre parti.

    Alors rien n’est joué à droite. À gauche non plus d’ailleurs, ce qui rend la prochaine élection présidentielle particulièrement imprévisible.
    Sébastien Lecornu est en train de surprendre tout le monde par son talent à éviter tous les obstacles. Et si c’était lui qui remportait la mise en 2027 ?

  17. Cher Philippe Bilger,

    Sur le fond, vous avez parfaitement raison.

    Il n’en reste pas moins que, au vu des trahisons passées de la droite classique, c’est aujourd’hui le RN qui a le vent en poupe. Et sur le plan central de l’immigration, c’est aussi le RN qui propose le programme le plus radical.

    Contrairement à N. Sarkozy et à F. Fillon, Bruno Retailleau n’a eu que peu de temps pour se faire connaître et, du fait de l’immobilisme macronien, ne peut guère afficher de résultats concrets, si ce n’est celui de la détermination.

    Sauf grosse surprise, il est aujourd’hui condamné au ministère de la parole, ce qui n’est pas suffisant pour arrêter la déferlante RN.

    Il faudrait que J. Bardella soit empêché à son tour — ce à quoi les juges vont s’employer à plein temps d’ici 2027 — pour qu’il apparaisse comme un recours possible.

    Aujourd’hui, je ne miserais pas un kopeck sur lui, mais d’ici 2027, bien des choses peuvent se passer.

  18. Marc Ghinsberg

    Ce billet prend des allures de lettre ouverte, presque une mise en demeure : mais qu’attends-tu donc, Bruno, pour annoncer ta candidature à l’élection présidentielle ?
    Car, en réalité, Bruno Retailleau traverse une passe difficile. Quoi qu’en disent ses partisans les plus fervents, sa sortie du gouvernement a été un fiasco : il a invoqué un prétexte bien léger, affirmant n’avoir pas été informé de la nomination de Bruno Le Maire au ministère de la Défense. Décidément, les Bruno sont susceptibles ! Voyant la réaction de Retailleau, Le Maire refuse à son tour ce portefeuille prestigieux, déclenchant une crise gouvernementale dès la publication des décrets de nomination. Bravo les Bruno !
    Puis, une fois Retailleau parti, Boualem Sansal est libéré grâce à l’habileté diplomatique du ministre des Affaires étrangères, qui exploite astucieusement les excellentes relations de l’Allemagne avec les autorités algériennes.
    Et voilà que le nouveau gouvernement parvient à faire adopter le budget de la Sécurité sociale, avec le soutien décisif de députés LR qui ignorent superbement les consignes de leur président, le susnommé Retailleau.
    Nous attendons désormais la déclaration de candidature de Bruno Retailleau, qui nous expliquera sans doute qu’il faut à la France un président rassembleur, doté d’autorité, efficace et capable de prendre les bonnes décisions pour le pays.
    Bonne chance, Bruno !

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