Dur d’être favori pour la présidentielle !

Longtemps, j’ai rêvé de faire de la politique active, mais lorsque cela devenait envisageable, il me manquait cette disposition fondamentale : avoir l’âme d’un militant et me tenir perinde ac cadaver devant les chefs…

Je n’ai jamais pu ni su, pas plus dans ce domaine que sur le plan judiciaire – qui a pourtant concerné quarante ans de ma vie – ou dans le registre médiatique, où j’ai compris qu’on avait le droit d’être libre… mais pas trop.

Sur le tard, je n’en ai plus éprouvé l’envie, car tout en respectant la classe politique – dans sa majorité honorable, de droite comme de gauche -, je ne me faisais plus d’illusions sur ses possibilités d’action ni sur son importance réelle.

J’ai ressenti une impression différente le 11 décembre, lors de l’émission de trois heures au cours de laquelle Jordan Bardella (JB), sur BFM TV, questionné longuement par une pluralité de citoyens, s’est efforcé de leur répondre tant bien que mal.

La pertinence de ses répliques et de ses analyses pouvait évidemment être discutée ; mais ce qui m’a frappé – pour moi, c’était la première fois -, c’était l’extrême inconfort et le malaise de sa posture, ainsi que le caractère contraignant du comportement qu’on attendait de lui.

Je l’ai trouvé d’une patience infinie ; pourtant, il n’était pas toujours facile de conserver un air souriant et aimable face à la teneur de certaines interrogations, qui relevaient davantage de l’affirmation ou de la pétition de principe que de l’expression d’incertitudes et de doutes susceptibles de justifier les éclaircissements de JB.

Au-delà du ton péremptoire, parfois sommaire et presque condescendant de plusieurs interventions citoyennes, j’ai surtout admiré la résilience médiatique et politique de JB, fréquemment traité comme s’il en savait moins que quiconque par des interlocuteurs persuadés que leur présence sur le plateau légitimait un extrémisme de la forme, nourrissant l’illusion de leur supériorité face à un invité condamné à la retenue, toute réaction brutale pouvant aussitôt être interprétée comme un défaut d’écoute ou de tolérance disqualifiant.

J’ai songé – alors qu’en général j’avais plutôt tendance à envier le rôle de l’invité politique qui avait la chance de transmettre ses messages – combien il était presque douloureux d’être un politique aujourd’hui, même si nul ne les contraint à cette épreuve. Dans ces forums, le citoyen a tous les droits et il convient de le traiter avec délicatesse, même quand il est ignare. La démagogie est obligatoire : il faut dire à Dupont ou à Mohamed qu’il a en partie raison, même quand il a tout faux !

Je me suis dit, en considérant JB – pour ses successeurs ce sera la même chose, même si Jean-Luc Mélenchon, j’en suis persuadé, n’aurait pas cette résignation tranquille -, que la politique était vraiment devenue un sale métier, et qu’il fallait rendre grâce aux courageux qui continuaient à l’exercer.

Autre chose m’a intéressé dans le questionnement politique adressé à JB : la difficulté manifeste à s’habituer à sa loyauté — pourtant probable — à l’égard de Marine Le Pen. Médias comme citoyens aspirent à de la jalousie et de la concurrence. Il y aurait comme un saisissement indigné si ce duo ne rejouait pas la rivalité Balladur–Chirac, s’il rompait avec cette obligation tacite de trahison selon laquelle une double ambition ne saurait s’exprimer sans rupture ni déchirement.

À l’égard du couple — au sens plein du terme — formé par Éric Zemmour et Sarah Knafo, l’impatience fébrile est la même. Quand vont-ils se déchirer ? Quand la médiatisation talentueuse de l’une fera-t-elle de l’ombre à l’intelligence profonde et provocatrice de l’autre ? Quand nous feront-ils la grâce de s’abandonner au pire, c’est-à-dire à l’habituelle logique des compagnonnages politiques à l’approche de l’échéance présidentielle ? Quelle terrifiante déception ce serait s’ils avaient déjà tout programmé dans la tranquillité, si eux aussi refusaient de tomber dans le panneau de la rivalité aigre.

À ma passion pour la politique s’ajoute, sur le tard, une estime croissante pour l’ascèse et la patience dont doivent faire preuve les personnalités exposées à la lumière.

Je n’aurais pas su, je n’aurais pas pu.

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Voir les Commentaires (57)
  1. « L’inquisiteur se tait, il attend un moment la réponse du Prisonnier. Son silence lui pèse. Le Captif l’a écouté tout le temps en le fixant de son pénétrant et calme regard, visiblement décidé à ne pas lui répondre. Le vieillard voudrait qu’il lui dît quelque chose, fût-ce des paroles amères et terribles. Tout à coup, le Prisonnier s’approche en silence du nonagénaire et baise ses lèvres exsangues. C’est toute la réponse. Le vieillard tressaille, ses lèvres remuent ; il va à la porte, l’ouvre et dit « Va-t’en et ne reviens plus… plus jamais ! » Et il le laisse aller dans les ténèbres de la ville. Le Prisonnier s’en va. »
    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Fr%C3%A8res_Karamazov_(trad._Henri_Mongault)/V/05

  2. Jean sans Terre

    Ne prenez pas la mouche, Aliocha. Je sais que l’amour du Christ va d’abord aux brebis égarées et ne néglige personne, pas même les Pharisiens, ni non plus les Girardiens.

  3. Jean sans terre

    @ Aliocha

    Entêtement fanatique à soumettre tout, monde et gens, à un système.
    Il ne me sera pas possible de m’entendre avec vous.

  4. Jean sans terre

    @ Aliocha

    L’aversion pour le mal ne contredit pas l’Évangile. Matthieu 10 ne contredit pas Matthieu 5.

  5. @ Jean sans terre

    Pourquoi voudriez-vous que je vous juge, a fortiori que je vous condamne ?
    Je relève les contradictions entre votre haine revendiquée et le texte, voilà tout.
    Vous n’êtes pour moi ni un cloporte ni un membre des gens rassis ; je vous laisse ces affirmations péremptoires, qui forcément se retournent contre vous, me prêtant vos codes accusatoires.
    On se juge soi-même à l’exacte mesure où l’on juge autrui, et inversement : c’est évangéliquement fatal.

  6. Jean sans terre

    @ Aliocha

    Vous persistez dans vos récriminations accusatoires gratuites.
    Jésus, en déclamant l’obligation d’aimer ses ennemis, n’a pas suggéré d’aimer le mal.
    Vous condamnez, a priori, sans aucune raison et sans aucune charité, à la violence mimétique tous les hommes qui ne partagent pas vos vues politiques d’inspiration révolutionnaire et votre angélisme de l’amour universel, lequel vous conduit à mélanger sans distinction le bien et le mal.
    Je perçois dans votre attitude un fanatisme intransigeant et hérétique, dépourvu de charité véritable.
    Faites-vous la distinction entre Jésus et le porteur des Lumières ? Je n’en suis pas persuadé.
    Votre tolérance à la persistance des œuvres du mal dans le monde est confondante. Elle me scandalise venant d’un homme qui voudrait passer, aux yeux du monde, pour pieux et saint.
    Dieu sonde les cœurs, pas vous.

  7. @ Jean sans terre

    Aucun système, le texte, impossible à invoquer pour justifier d’appartenir aux ténèbres :
    « 43Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. 44Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, 45afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »
    https://saintebible.com/lsg/matthew/5.htm

  8. Jean sans terre

    @ Serge HIREL

    Si l’IA y avait contribué, le propos aurait été plus limpide et consensuel.

    Je vous prie de ne pas verser, pour discréditer mon propos, dans des habiletés comparables à celles de Marchenoir. Le but n’est pas de gagner la querelle ou, dit plus trivialement, de pisser le plus loin.

    Mon propos se rapporte moins à la nostalgie d’un temps révolu qu’à la critique du temps présent, que j’inscris délibérément dans un cycle précis afin d’en montrer, autant que je le peux, les caractéristiques foncières et souterraines, que, par cécité, l’on n’est plus capable de discerner.

    Le passé sert d’exemple pour montrer que mieux est possible autrement, en partant d’autres prémisses.
    Le défaut principal de presque tous les analystes contemporains est de faire débuter l’histoire de France à la Révolution et d’en emprunter systématiquement le substrat idéologique pour en déduire leurs conclusions.

    Il m’apparaît que l’état déplorable dans lequel nous sommes aujourd’hui résulte de la déclinaison logique, en quelques générations à peine, de ces principes qui sont pris pour des certitudes et des vérités intemporelles, ce qu’ils ne sont pas.

    On peut se démener comme on le veut, rien n’y fera si les principes de départ sont faux. Or c’est bien ce que l’on voit, et presque tout a déjà été tenté. Il serait temps de cesser de s’obstiner et de reconsidérer, depuis l’origine, les difficultés.

    Mon propos vise à suggérer d’examiner là où l’on n’examine jamais, afin de cesser de tourner en rond à reproduire indéfiniment le même.

    L’état de la France vous fait souffrir et me fait souffrir. À grands maux, grands moyens. Ce qu’il manque à la France et aux Français, c’est de se regarder dans un miroir. Ils y verront que tout le mal dont ils souffrent ne leur est pas extérieur, mais est profondément enfoui en eux.

    C’est là tout l’objet de mes commentaires, qui me font passer pour un hurluberlu aux yeux des gens rassis.

    ————————————–

    @ Aliocha

    Je suis précis. Voici la définition du mot haine, extraite du Dictionnaire de l’Académie française :
    A. − Sentiment de profonde antipathie à l’égard de quelqu’un, conduisant parfois à souhaiter l’abaissement ou la mort de celui-ci.
    B. − Sentiment de profonde aversion pour quelque chose.

    Il est assez exaspérant de discuter avec vous. Vous sophistiquez trop, à force de vouloir plier le monde et les gens à votre système. Vous êtes impitoyable et sans charité. À croire qu’il vous est nécessaire que les autres soient impies pour vous persuader d’être saint.

    Que savez-vous de la manière dont se comportent les autres qui vous permet de les condamner a priori, sans connaître davantage leur vie ?

    Jésus a dit et fait beaucoup de choses, parfois contradictoires. Ainsi du sermon sur la montagne, dont vous vous prévalez pour me dénier d’être charitable. Ainsi de ce que je rapporte.

    Vous aurez du mal à me persuader que Jésus n’a pas ressenti, à l’endroit du mal, une profonde aversion. Plusieurs épisodes de sa vie sont sans équivoque. Comment l’aurait-il pu sans mettre Dieu et le porteur de Lumières au même rang ?

  9. @ Jean sans terre le 16 novembre

    Je ne comprends pas totalement votre texte. L’IA a-t-elle participé à sa rédaction ? Désolé, je ne pratique pas son langage, encore quelque peu ésotérique.

    « C’était mieux avant… » Est-ce là le sens général de votre propos ? Pourquoi ne pas le dire aussi simplement ?

  10. @ Jean sans terre

    Dont acte. Soyez donc précis dans vos termes : vous convaincrez alors que vous êtes à même de maîtriser vos pulsions.

    Haine, nom féminin :
    Sentiment violent qui pousse à vouloir du mal à quelqu’un et à se réjouir du mal qui lui arrive.

    Vous avez le droit de lire Matthieu 5 jusqu’au bout du texte.

  11. Jean sans terre

    @ Serge HIREL

    Je ne suis pas à une contradiction près. L’époque est passionnante, et l’on s’emporte partout avec soi. Un rire sonore navre plus encore que la lame. Vous me suggériez tantôt d’être plus sérieux. Surtout pas. Il ne manquerait plus que nous prenions au sérieux les frivolités qui débordent de nos têtes stupides. Il serait plus utile à notre époque, et plus agréable, qu’un Molière les mît en lumière pour en montrer tout le ridicule. On verrait alors que la crédulité n’a fait qu’empirer depuis que les hommes se sont entichés de croire qu’ils allaient vers le progrès et que la faiblesse de leur raison suffisait à expliquer la marche du monde. Ils se sont persuadés qu’ils étaient désormais pleinement libres, alors que, la plus grande partie du temps qu’ils passent sur terre, ils sont sourds et aveugles, mus comme des automates par des forces qui les dépassent.

    ——————-

    @ Aliocha

    Il vous est nécessaire de soumettre autrui à votre système. L’amour serait le bien pur et parfait, la haine le mal absolu. Où avez-vous vu que j’inclinerais au déchaînement de la violence ? Je connais les tours du diviseur.

    La haine n’est pas inévitablement un mal. Dans bien des cas, elle est une disposition spirituelle saine et naturelle. Ainsi, je hais la chaleur qui me brûle. Sans cette haine qui me protège, je me consumerais.
    Ainsi, je hais le porteur de Lumière. Sans cette haine qui me protège, je céderais à ses tentations.

    « Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. »
    Oui, j’agrée. Non, je désagrée.

    Je n’ai pas besoin de trucider tous les occupants de la maison impie. Il me suffit d’en sortir en secouant la poussière de mes pieds.

    Oui, non : je coopère à moitié, et il n’en sortira rien de bon.

    Votre syncrétisme est trouble. Il mêle et confond le bien et le mal dans une même purée indigeste d’amour universel. Jésus n’a pas baisé les marchands du Temple. Il les a chassés. Les a-t-il pour autant fait pendre ?

    Voyez dans ma haine un « non » personnel, qui rejette ce qu’il juge mauvais et qui n’a nul besoin de tuer pour affirmer sa volonté.

  12. @ Jean sans terre

    Si vos plus belles intentions cèdent à la haine, comme vous en témoignez, pourquoi voudriez-vous que la jeunesse puisse résister à son uniformisation ?
    Le miracle se trouve en nous-même de ne pas devenir membre de la foule violente.
    Entendrez-vous le coq chanter ?
    https://youtu.be/L-vB1HaBsog?t=4803
    (les sous-titres en français sont disponibles)

  13. @ Jean sans terre le 15 décembre

    Si j’ai bien compris votre époustouflante tirade contre la presse et ses curés, votre rêve est de vivre dans la douce France d’avant Théophraste Renaudot, et même, soyons fous, d’avant Gutenberg, à l’époque des moines copistes, des enluminures et des serfs servant le seigneur… à l’époque de Jean sans Terre.

    Je ne dérange pas plus longtemps votre délire…
    Mes hommages à Aliénor d’Aquitaine…

  14. Jean sans terre

    @ Robert Marchenoir

    Certes, j’ai exposé négativement ma vision de la France, en m’attachant principalement à dire ce qu’elle n’avait pas été et ce qu’elle est en passe de devenir sous les influences importées de l’étranger, anglaises et protestantes d’abord au XVIIIᵉ siècle, via leurs Lumières, dans la noblesse sans fonction et dans la bourgeoisie montante, allemandes au XIXᵉ siècle dans les milieux universitaires et cultivés, américaines au XXᵉ et au début du XXIᵉ siècle dans les masses, musulmanes peut-être désormais, bien que les populations de substitution qui arrivent en masse n’aient qu’un vernis d’islamisme et, il me semble, préfigurent très bien ce que nous serons dans une ou deux générations lorsque nous-mêmes serons complètement déracinés ; ce que provoque un libéralisme sans frein : réinventer le paradis sur terre par ses propres forces, en se passant de Dieu (on voit aussitôt que cette aspiration est profondément religieuse). Mais à vouloir faire l’ange, l’homme fait toujours la bête. Les forces de l’homme sont trop débiles pour qu’il soit capable, en quelques générations, de tout détruire puis de tout reconstruire à neuf. Ceci est l’espérance du Nouveau Monde. L’histoire montre comment les civilisations les plus hautes s’effondrent lorsqu’elles s’écartent de leurs fondements originels pour désirer réinventer le monde avec de neuves idées.

    Je vois dans l’Arabe du quartier un jeune homme complètement occidentalisé, ayant à peu près les mêmes aspirations qu’un Blanc identitaire, l’extrême déracinement en plus. Les écrans qui connectent entre eux tous les peuples du monde ont un puissant effet d’uniformisation. S’il n’y avait pas d’extra-européens chez nous, j’imagine très bien le petit Blanc déraciné et indifférencié devenir, dans moins d’un demi-siècle, tout pareil que l’immigré d’aujourd’hui. Il est humain, trop humain, d’attribuer à autrui tous les maux dont on souffre et de se dispenser d’en voir les causes en nous. Merzouk et Merah étaient complètement français. Les petits-fils de Bardella, de Rochedy, deviendront comme eux, des barbares, sans même la proximité des musulmans.

    J’aurais dû définir la francité positivement. Je n’ai pas pensé que cela fût nécessaire. Il y avait Rabelais, Ronsard, Du Bellay, Descartes, Montaigne, Pascal et tous les autres. Il y avait les riches paysages. Il y avait toutes ces traces d’un riche passé. Je pensais que cela aurait été une évidence. J’avais négligé que vous étiez un fils de la Révolution, un de ces hommes comme Macron qui ne considère pas qu’il y ait une singularité culturelle française, mais au contraire qui déteste la France viscéralement, à raison qu’elle résiste à la destruction créatrice de leurs délires idéologiques. J’avais négligé que votre raison ratiocinante avait besoin de démonstrations malgré l’évidence. Je n’ai pas la patience d’en faire le détail. Vous seriez encore capable de le nier.

    Évidemment que la France et l’Europe conservent une influence souterraine chrétienne. Mais elle a tendance à disparaître et elle disparaîtra complètement dans très peu de générations. La Révolution française a échoué à transformer le peuple. Il était resté catholique. La IIIᵉ République en tira les leçons. Pour changer le peuple et lui permettre de se conformer à la nouvelle société, il fallait détruire toutes les fondations chrétiennes de la société française. C’est l’unique but de la laïcité à la française, cette religion d’État qui a pour unique finalité d’éradiquer les racines chrétiennes de la France. Et elle y parvint remarquablement. Que l’on songe à ce que l’on met dans la Constitution et dans les lois. C’est une horreur.

    Aujourd’hui, les Français croient n’importe quoi et on pourrait s’étonner qu’ils aient fait leur cette valeur américaine de la poursuite absolue du bonheur, qui n’avait précisément rien de français. Sont-ils plus heureux pour autant ? Manifestement non. Mais on ne va pas demander à une espérance d’essence religieuse et hérétique de faire se conformer le désir avec la réalité. On n’a qu’une vie. Il faut absolument et impérieusement en profiter. Voici le nouveau credo, le dernier credo dans une société qui n’a plus de valeurs que trompeuses et factices. Et il est faux, ontologiquement et historiquement faux. Sur de telles croyances, on fonde les structures de la nouvelle société.

    Vous n’avez pas compris mon usage du verbe informer. Je ne l’entendais pas avec l’acception d’illuminer le monde de sa lumière. Ça, c’était le projet de l’universalisme républicain avec son infatuation et ses héros que l’on apprend à vénérer à l’école. La royauté française ne s’est jamais comportée ainsi, et le roi l’était de tous ses peuples, divers, distincts et variés. Hormis la religion et son pouvoir temporel, il n’a rien cherché à imposer. La République fut coloniale. La République fut universaliste. La République a essaimé son idéologie partout dans le monde jusqu’à engendrer des filles révolutions en Russie et en Chine. Le communisme est fils de la Révolution. Tous ses instigateurs s’en réclament, même Marx, Staline ou Pol Pot. Qu’est-ce que la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, sinon cette même prétention tout droit sortie de l’enfer de cervelles malades ?

    Informer, c’est donner une forme singulière à ce qui n’en a pas. Informer, c’est sortir de l’état naturel de barbarie, tandis qu’aujourd’hui l’on y retourne à pas avancés.

    Je ne vois aucune différence fondamentale entre le socialisme et le libéralisme. Tous deux se chamaillent ainsi que des frères engendrés de la même mère. Cela fait belle lurette que je n’en suis plus à m’interroger lequel des deux serait le meilleur. Aucun n’est bon. Il suffit de regarder aux fruits. Ils partent des mêmes prémisses pour aboutir à des conclusions d’apparence contradictoire. Mais les fondements principiels sont les mêmes. Tous deux aboutissent à un matérialisme sans âme. Trouvez-vous les hommes et le monde contemporains beaux ? Trouvez-vous l’art contemporain beau ? L’homme, certes, a besoin de pain, mais ce n’est pas suffisant. Inspectez un peu. Lisez les auteurs à l’origine du bouleversement de la révolution libérale. Leur anthropologie est d’une pauvreté conceptuelle inimaginable. On dirait qu’ils voient les hommes comme des machines. On ne décriera jamais assez l’horreur de l’humanisme des Lumières. Mais qui le sait ? Qu’est-ce que les hommes en savent ? Ils n’ont point cherché. Ils en sont restés à répéter ce que l’on avait appris à l’école. Allez voir au lieu de tout prendre pour argent comptant. Vos prémisses n’en seront plus fausses.

    Mais nous palabrons trop. Nous ratiocinons. Il est impossible de persuader quelqu’un à qui il est nécessaire de s’obstiner dans ses certitudes sous peine de s’effondrer sur lui-même. Il n’y a aucun besoin de démonstration. Tout est sous les yeux. Il suffit de regarder avec les yeux grands ouverts et de ne pas se raconter d’histoires. Je ne veux pas des mirages qui réconfortent. Avant de sombrer dans le grand sommeil, je veux entendre le cri du papillon. Alors ouvrez les yeux, regardez, sentez. Aimez-vous la façon dont devient la France ? Moi non, pas du tout. J’en éprouve une douleur qui me tourmente et me tuera avant l’heure.

    Je préférais infiniment celle d’avant, celle d’il y a très longtemps. Pas celle des années soixante ou soixante-dix. Le ver était déjà dans le fruit et tout soixante-dix contient deux-mille-vingt-cinq. Voyez les fruits. Or si les fruits sont tels, c’est que l’arbre est malade. Alors d’accord, il n’y a aucun espoir à court terme et je mourrai en voyant se poursuivre la destruction et la disparition de tout ce que j’aimais. Je me retranche en moi. Je m’applique à le faire survivre en moi. Cela me suffit. Les moines au temps des invasions n’ont pas fait différemment. Et si, par chance ou grâce à la Providence, la race humaine ne plonge pas définitivement dans la barbarie ou la crétinerie, il se pourrait bien que les graines éclosent à un endroit inattendu dans quelques siècles. Voilà qui suffit à me réjouir. Tout n’est pas perdu tant qu’il y a Dieu et la vie. Mais définitivement, je hais ce monde termitière qui advient et votre idéologie, parce qu’il fait des hommes des cloportes. Je préfère une fête entre amis à la famille géante.

  15. Patrice Charoulet

    « Les petits caractères ! »

    Cette année, un médecin m’avait conseillé de boire du jus de grenade. J’ai suivi son conseil, pensant qu’un médecin en sait plus que moi en matière de santé. Je précise que je ne connaissais pas ce jus l’année dernière.

    Chaque lundi, je vais dans un supermarché. Il propose notamment un rayon bio, seul endroit où l’on peut trouver ce jus de grenade. Il s’agit d’une bouteille de marque « Bjorg », sur laquelle on peut lire : « Grenade 100 % pur jus, sans sucres ajoutés ».

    Ce lundi matin, au rayon bio, pas de jus de grenade « Bjorg ». Je signale à la vendeuse, qui était en train de ranger des produits sur les étagères, que ce produit manque et qu’il faudrait en faire venir.

    Aimable réponse de la dame :
    « Il y en a un autre là-bas. »

    Je la remercie et la suis jusqu’à l’autre jus de grenade. La bouteille est de marque « Gayelord Hauser ». Je la remercie vivement et mets la bouteille avec mes autres courses.

    Rentré chez moi, j’examine ce nouveau produit. Sur l’étiquette, sous la marque « Gayelord Hauser », je lis « diététicien ». Bon indice, qui rassure. Puis, en gros caractères, le mot « GRENADE » et une photo de l’intérieur rouge de ce fruit. À la bonne heure.

    Mais j’ai l’idée de lire ce qui est écrit, dans un coin, en très petits caractères. Je vais chercher une loupe. Voici ce qui était écrit :

    « Jus de grenade et de 6 fruits, à base de purées et de concentrés, enrichi en vitamines C, E et bêta-carotène.
    Ingrédients : jus de fruits à base de concentrés de grenade (20 %), de poire (17 %), de raisin rouge (17 %), de cerise (14 %), jus à base de purée de fraise et de pêche, jus de citron à base de concentré (4 %), vitamines C, E, bêta-carotène. »

    Qu’on ne compte pas sur moi pour boire ça.

  16. Robert Marchenoir

    @ Jean sans terre – le 15 décembre 2025
    « La spécificité française est de n’être ni germaine, ni anglaise, ni russe, ni slave, ni américaine, ni européenne (ce qui ne veut plus rien dire depuis que la chrétienté ne définit plus l’héritage commun des peuples européens), ni protestante, ni musulmane, ni juive, ni non plus laïque ou athée, etc. La spécificité française est d’être distincte de chacune, même si elle peut s’en inspirer. »

    Parfait exemple de votre exaspérante propension à longuement parler pour ne rien dire. Cette phrase signifie : la spécificité française est d’être française. Vous êtes un spécialiste de la tautologie et de l’affirmation péremptoire appuyée sur rien.

    Cette phrase est également absurde, car elle définit la spécificité française par ce que la France n’est pas. Une spécificité, c’est un apport positif.

    Au demeurant, votre phrase est fausse : la France est juive, justement. C’est le troisième pays juif du monde. Cela semble vous déranger, d’ailleurs.

    La France est, évidemment, européenne. Il faut avoir une sacrée propension au sophisme pour affirmer le contraire. Puisque vous me forcez à enfoncer des portes ouvertes, je rappelle que la France est européenne du point de vue géographique, historique, culturel, linguistique, religieux et bien évidemment politique, celui qui nous occupe ici au premier chef.

    Nous avons bien compris que vous n’aimiez ni la démocratie ni le libéralisme, mais l’Europe est précisément le berceau de ces deux philosophies politiques inséparables.

    S’agit-il d’une spécificité française ? Non, dans la mesure où elle est partagée avec le reste de l’Europe. Oui, dans la mesure où même si un certain dirigisme prédomine dans l’histoire de France, la Révolution que vous haïssez tant a joué un rôle décisif dans l’établissement de la démocratie sur le continent et à travers le monde, tandis que la France est l’un des deux grands foyers d’origine de la pensée libérale, avec la Grande-Bretagne.

    Il est faux de dire, comme vous le faites, que la chrétienté ne définit plus l’héritage commun des peuples européens. Vous ne pouvez pas prendre prétexte du recul de la foi pour asséner une fausseté aussi évidente. Le christianisme imprègne profondément jusqu’aux moindres attitudes des Européens, même s’ils sont athées. Il suffit de comparer avec les moeurs africaines, asiatiques, etc.

    D’ailleurs, l’immigrationnisme que vous réprouvez tant (jusqu’à vous prétendre son seul ennemi valable) est, dans une large mesure, le fruit d’un dévoiement du christianisme.

    Au demeurant, se tordre les mains sur le recul de la foi chrétienne en France est une attitude bien pessimiste (que faites-vous de la vertu d’espérance ?) et bien aveugle : il y a, au contraire, une spectaculaire résurgence de la pratique catholique chez les jeunes.

    Mais surtout, votre réponse montre que vous échouez à défendre votre argument central : la France devrait se démarquer, voire s’opposer à ses alliés historiques et civilisationnels les plus proches et les plus évidents (les autres pays européens, les États-Unis, les autres pays qui ne font pas partie de l’Europe mais qui en ont largement adopté la civilisation, ce pour quoi on les inclut dans ce qu’on appelle l’Occident), en raison d’une spécificité qui serait la sienne.

    Outre que c’est idiot dans tous les cas (soutenir qu’on ne doit pas s’allier à ceux qui vous ressemblent le plus est absurde), vous vous montrez incapable de définir cette fameuse spécificité qui devrait nous permettre de vivre dans une orgueilleuse autarcie.

    Vous tentez à nouveau de le faire ici :

    « La spécificité française s’observe dans la manière particulière dont les différents peuples de France ont informé le monde pendant des siècles. »

    Et vous échouez à nouveau. Encore une affirmation péremptoire étayée sur rien. Les Français auraient « informé le monde », mais on ne saura pas la nature de cette information si précieuse et si exclusive, ce jus de France secrété par ses habitants et dont le reste du monde ne saurait se passer.

    Curieux choix lexical, d’ailleurs. Qu’est-ce que l’information vient faire là ? La France est une chaîne de télé ? On discerne à nouveau dans ce mot votre tendance dictatoriale : la France informe le monde, et ce dernier obéit. La France détient la vérité, qui songerait à en douter ? Il est exclu que la France tente de convaincre le monde, qu’elle dialogue avec lui, voire (horresco referens) qu’elle négocie avec tel ou tel, quitte à emprunter à l’étranger des idées qui auraient fait la preuve de leur efficacité.

    Vous reconnaissez, en revanche, que la monarchie de droit divin, qui a votre préférence, n’est plus possible en France aujourd’hui. Mais l’analyse que vous en faites est erronée :

    « On a présenté ce régime comme étant absolutiste, ce qu’il ne fut pas, dans la mesure où la religion empêchait le roi (à la manière de la citation du père de Camus : « un homme, ça s’empêche »), tout en préservant les libertés héritées de la tradition. »

    Vous omettez le plus important, dans ce qui « empêchait » le roi, et l’empêche aujourd’hui dans les monarchies constitutionnelles européennes : les institutions. Or, si l’on ne peut pas revenir à l’état antérieur du christianisme, on peut modifier les institutions. C’est même une grande part de la réflexion politique. Hélas, vous omettez de vous livrer à cette réflexion, en vous basant sur la réalité d’aujourd’hui et non celle d’il y a plusieurs siècles. Et vous vous employez à décourager toute réflexion sur ce point, en la déclarant inutile et vouée à l’échec.

    En définitive, vous restez ancré sur cette conception fallacieuse et perverse qui contribue grandement à la décadence de la France, et qui est si répandue au sein de tous les bords politiques : la France serait d’essence supérieure, et « aurait vocation » à diriger le monde sans être obligée ni de se remettre en cause d’aucune manière, ni de s’allier à qui que ce soit, ni de prendre des leçons ailleurs. C’est l’illusion gaullo-communiste si funeste, et qui trouve son pendant, beaucoup plus virulent, dans l’idéologie russiste, celle que pratique Vladimir Poutine.

    Curieusement, les partisans de cette « spécificité française », comme vous dites, font une exception à leur mépris des alliances : ils ont tendance à penser que nous devrions nous rapprocher de la Russie, ce qui est idiot. Une nation qui prétendrait à la suprématie mondiale ne peut être que l’ennemi mortel d’une autre qui nourrirait les mêmes ambitions.

    Pendant qu’on se fait plaisir avec de telles vantardises, on perd un temps considérable qui devrait être occupé à réfléchir, et agir, sur les moyens appropriés d’enrayer notre décadence.

  17. Jean sans terre

    @ Michel Deluré

    Churchill disait aussi : « Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen. » À quoi l’on pourrait surabonder : « le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur instruit et éduqué ».

    Je n’évoque ordinairement pas ma préférence, car elle est aujourd’hui impossible. Je considère que le régime politique qui convenait le mieux à la France était la monarchie telle qu’elle existait sous l’Ancien Régime, avec un roi dont l’autorité émanait essentiellement de la religion (le roi très chrétien) et de la légitimité dynastique. On a présenté ce régime comme étant absolutiste, ce qu’il ne fut pas, dans la mesure où la religion empêchait le roi (à la manière de la citation du père de Camus : « un homme, ça s’empêche »), tout en préservant les libertés héritées de la tradition. Ce type de régime convient le mieux pour gouverner les peuples dans le temps long.

    En revanche, il présente le risque du mauvais monarque. Ce risque était toutefois circonscrit par l’obligation royale d’être très chrétien et lieutenant de Dieu sur terre, d’un Dieu qui, finalement, entre toutes les principautés qui mènent le monde, se révèle être de très loin le moins mauvais. Ce régime politique n’est aujourd’hui plus possible en France. La chaîne dynastique a été rompue depuis trop longtemps et, surtout, le peuple n’est plus catholique. Il n’y a par conséquent plus de légitimité et le roi, dans l’hypothèse farfelue d’une restauration, ne pourrait pas se maintenir.

    Dans la mesure où je vis dans un régime différent, mes souhaits se limitent à ce que le moins possible soit abîmé et à ce que les enfants pâtissent le moins possible de nos délires. Je déplore autant le petit remplacement que le grand. Je considère même que le premier est la condition nécessaire du second. La République est profondément d’essence religieuse, malgré la trompeuse laïcité qui en est la religion d’État actuelle, avant qu’elle-même ne succombe aux assauts de l’islam.

    Avant le grand remplacement, la France sera dissoute dans l’empire européen. Elle n’existera plus. L’universalisme, l’égalitarisme et toutes les nouvelles valeurs déclinées des Lumières et de la Révolution feront de nous des êtres déracinés, métissés, indifférenciés et interchangeables, et nous conduiront au meilleur des mondes. La société sera une termitière invivable, composée d’hommes rabougris. À ces tendances inhérentes, je m’oppose le plus obstinément.

    Comme le disait le joueur de flûte de l’Élysée durant ses meetings de campagne : « je n’en veux pas ». Qu’un peuple ait pu élire par deux fois, aussi largement, un homme aussi nocif et délétère — et qu’il ait élu ses prédécesseurs qui, pour être moins nocifs, n’en étaient pas moins mauvais — est la preuve flagrante, par l’exemple, que la démocratie représentative est un mauvais régime lorsque le peuple lui-même est corrompu jusqu’à la moelle dans son esprit.

    Je sais que mes jugements heurtent et blessent. Mais il est indispensable de secouer le confort funeste de nos fausses certitudes si l’on ne veut pas subir la fatalité inhérente, mécanique et inexorable contenue dans les idées qui troublent les cervelles et mènent le monde.

    —————————————-

    @ Achille

    J’ai en effet l’imagination vagabonde. Cela me permet de ne pas être circonscrit dans un univers conceptuel borné, ainsi que le sont les hommes dans la caverne de Platon. Je pratique le doute systématique, surtout à l’égard de mes propres opinions. Mon expérience personnelle de ce vagabondage me montre que mes intuitions lointaines se révèlent presque toujours exactes, sauf quant au moment de leur réalisation.

    Pour la vie pratique, informer le monde de sa patte suppose au préalable de l’avoir intensément rêvé.

    Paradoxal, je veux bien ; il est nécessaire de revenir sur chacune de nos certitudes. Sophistique ? Il faudrait me le montrer afin que je puisse vous détromper.

    ——————————————-

    @ Robert Marchenoir

    La spécificité française est de n’être ni germaine, ni anglaise, ni russe, ni slave, ni américaine, ni européenne (ce qui ne veut plus rien dire depuis que la chrétienté ne définit plus l’héritage commun des peuples européens), ni protestante, ni musulmane, ni juive, ni non plus laïque ou athée, etc.
    La spécificité française est d’être distincte de chacune, même si elle peut s’en inspirer.
    La spécificité française s’observe dans la manière particulière dont les différents peuples de France ont informé le monde pendant des siècles, et sont aujourd’hui en passe de disparaître sous les effets d’influences étrangères venues de multiples horizons, et non pas seulement du monde musulman.

    J’ai autant de haine pour le petit remplacement, qui fait de nous des Américains d’Europe, que pour le grand, qui fera peut-être de nous des musulmans, quoique la chose ne soit pas aussi certaine.
    De manière générale, j’ai une détestation profonde pour cette tendance à l’universalisation et à l’uniformisation de l’espèce humaine. Je suis pour une écologie humaine qui vise au rejet catégorique du métissage à échelle industrielle et à la préservation de la diversité des races humaines.

    ————————————————-

    @ Serge HIREL

    Lorsque j’exprime l’idée qu’Emmanuel Macron a surgi de nulle part, je veux dire qu’avant sa nomination au ministère de l’Économie, il était complètement inconnu du public, et qu’après sa nomination puis son retrait, il l’était quasiment autant. Certes, il fut auparavant nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée, fonction très importante. Toutefois, il faut bien admettre que cette nomination est surprenante dans la mesure où François Hollande ne le connaissait qu’à peine.

    Le public — voire l’ancien ministre de l’Économie, M. Montebourg — n’a quasiment rien su de ses tractations souterraines, notamment dans la cession d’Alstom Énergies (sans même évoquer celles d’Alcatel-Lucent, de Lafarge ou des chantiers navals de Saint-Nazaire), dont, plus tard, les intermédiaires de la transaction figurèrent étonnamment en nombre parmi les principaux donateurs de sa campagne électorale.

    « Autre loupé : contrairement à vos dires, la presse lui a déroulé le tapis rouge… et balancé les épines sur Fillon. »

    Je ne comprends pas votre remarque. Je ne dis pas autre chose : Emmanuel Macron est un produit du système politico-médiatique. À part une vague et brève enquête du Palmipède sur le patrimoine sous-évalué du candidat en 2017 (il était alors le deuxième candidat le plus pauvre, avec 50 000 € d’économies, alors que son activité de banquier d’affaires, aux dires de gens du métier, avait dû lui rapporter au moins cinq millions d’euros), et malgré les soupçons qui entouraient déjà sa campagne, aucune enquête journalistique, aucune enquête judiciaire n’a été entreprise à son égard, tandis que le Palmipède et le Parquet national financier harcelaient Fillon pour un ou deux ridicules millions d’euros de détournement, alors admis comme usage ordinaire.

    Je pense que vous a déplu que je dise de la presse qu’elle est stipendiée. Ce qu’elle est, ne remplissant plus son rôle de quatrième pouvoir indispensable au bon fonctionnement d’une démocratie, alors que vous voudriez faire des journalistes les nouveaux curés d’un régime républicain laïc. Malheureusement pour vous, la défiance envers la presse est maximale. Elle l’a, de manière générale, amplement méritée. Elle n’a qu’à remplir son rôle au lieu d’être le suppôt stipendié des pouvoirs établis, c’est-à-dire les coresponsables de la faillite de notre pays.

    Quant à Bardella, il est, selon les lois républicaines, complètement français, comme l’étaient Nahel Merzouk ou Mohammed Merah, mais comme eux fraîchement, ne vous en déplaise, et avec fort peu de racines — sinon, à leur différence, un vague sentiment d’appartenance raciale caucasienne. En lui, non pas le grand mais le petit remplacement a déjà opéré. Or, quoi qu’en pensent les « résistants » d’isoloirs, que le remplacement ait l’une ou l’autre origine est indifférent : la France n’en est pas moins radicalement changée.

    J’apprécie l’effort, rare parmi les gens de votre profession, de précision et de justesse dans vos commentaires. J’en discerne parfaitement le substrat idéologique, auquel je n’adhère pas du tout. Vous êtes un républicain patenté. Je ne le suis pas. Le débat reste possible. En revanche, votre manie de vouloir faire des journalistes les instructeurs et les éducateurs du peuple, à la manière dont l’étaient les curés au temps de la religion, est ridicule.

    Il s’observe chaque jour que les journalistes n’ont pas de prescience supérieure, mais un jugement infatué et biaisé par l’idéologie (à droite — CNews — comme à gauche et au centre), et qu’en plus, aujourd’hui, la plupart n’ont plus d’honneur et sont stipendiés. Vous n’aimez pas les réseaux sociaux parce qu’ils font concurrence aux gens de votre profession. Vous avez tort. On y côtoie certes beaucoup du pire, qui n’est que la traduction du ressentiment impuissant d’une fraction de la population — laissez-les s’épancher, ils n’ont pas d’autre moyen, n’étant entendus par personne — et un peu du meilleur, qui ne figure plus depuis longtemps dans les feuilles de chou journalistiques.

    Pour cette raison, les réseaux sociaux sont précieux. Pour cette raison aussi, un homme comme Macron souhaite les museler par sa labellisation : il n’y aurait rien de pire qu’une information corsetée par la puissance publique et convenue. Ils sont le seul lieu de contre-pouvoir véritable, ce qu’étaient jadis les journaux et les gazettes, et ce qu’ils ne sont plus désormais.

    Il est bien dommage que vous ne soyez pas capable de remettre en question votre préjugé et que, de la sorte, vous contribuiez indirectement et passivement à l’émergence d’une société de contrôle que, par ailleurs, vous détestez. Mais je comprends votre posture. Dans un monde aux valeurs chancelantes, les journalistes seraient les gardiens du temple de l’opinion populaire. Il n’y a plus de prêtres : les journalistes seraient, avec les professeurs de l’Éducation nationale, les précepteurs du peuple dans la République. Cette vision est obsolète. On n’arrête pas la Révolution en marche. L’avenir, c’est le contrôle social par le truchement des réseaux. On y va à la manière des Chinois. N’y concourez pas par dépit.

    Vous m’avez dans le nez parce que mes opinions vous désobligent, mais aussi parce que, dans le passé, j’ai deux ou trois fois montré de manière nette que vous ne saviez pas, et racontiez sur un sujet précis n’importe quoi. Vous ne supportez pas d’être dédit, tant vous êtes persuadé de votre supériorité intellectuelle, résultant du zèle appliqué pendant des décennies à tenter de bien remplir votre profession, et tant vous êtes marri lorsqu’elle est prise en défaut. Cette vanité vous rend parfois mesquin. Vous vous servez alors de toutes sortes d’artifices peu honnêtes pour décrédibiliser votre adversaire. Votre commentaire du jour à mon égard me fait cet effet. Votre soufflet est gratuit et d’humeur.
    Je l’ai un peu provoqué en malmenant les gens de votre profession. Ce n’était pas intentionnel. Vous l’avez mal pris et en avez été désobligeant. Vous m’obligez à vous répondre et, comme je n’ai que peu de tact, je vous froisserai inévitablement.

  18. @ Serge HIREL – 14 décembre 2025

    Oh la vache ! Il ne lui manque qu’un anneau dans les narines pour mener son troupeau par le bout du nez.
    Alors que fiché « S » après avoir menacé son opposant d’une balle dans la tête et avoir été condamné avec sursis (c’est trop peu), Raphaël Arnault (LFI) reste toujours député dans son département ? La honte pour la France !

    Malheureusement, il n’existe aucune loi lui interdisant de conserver son mandat de député. Pour le faire dégager, une seule chose : lui couper le salaire et les indemnités qui vont avec, avec interdiction de se représenter pendant une période de 10 ans et d’accéder à un poste de maire ou à la fonction publique.

    Pour gagner sa vie, qu’il aille dans le privé. Mais là aussi, à la moindre menace verbale ou violence physique, c’est la porte, et sans indemnités.

  19. @ Ellen le 14 décembre

    J’ai trouvé ce que vous cherchez… Raphaël Arnault, authentique triple fiché S, ex-coco, ex-NPA, fondateur de la Jeune Garde antifas, mouvement violent dissous en juin 2025, condamné définitivement à six mois de prison avec sursis pour violences en réunion, auteur d’une délicate attention à l’égard d’une militante féministe (« Chez les Kurdes, on va lui mettre une balle dans la tête »)… et député (naturellement LFI) de Lyon.

    Le modèle est un peu plus âgé que celui que vous souhaitez, mais dispose des piercings nécessaires à sa candidature. Seul défaut : il n’a pas d’anneau dans les narines.

    Prix à débattre à la baisse, le personnage ayant déjà une solide réputation de voyou.

    https://www.lexpress.fr/societe/des-bagarres-de-rue-a-lassemblee-raphael-arnault-la-mue-politique-dun-antifasciste-fiche-s-2FMV2VZKWRB3PAPAY5BAISICQQ/

  20. @ Michel Deluré le 14 décembre 2025
    « Point besoin, je pense, de vous rappeler ce qu’affirmait Churchill à propos de la démocratie et qui démontre qu’étant le pire des régimes, à défaut de tous les autres, elle en est donc bien finalement le meilleur, même si elle est évidemment loin d’être parfaite. »

    Cette citation a tellement été rabâchée par les pires manipulateurs de la démocratie — dont ceux qui infestent le monde politique français et qui lui font dire ce qui les arrange — qu’il est nécessaire de la citer en entier, de temps en temps, pour remettre les pendules à l’heure :

    « Personne ne prétend que la démocratie est parfaite ou omnisciente. En effet, on a pu dire qu’elle était la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps ; mais il existe le sentiment, largement partagé dans notre pays, que le peuple doit être souverain, souverain de façon continue, et que l’opinion publique, exprimée par tous les moyens constitutionnels, devrait façonner, guider et contrôler les actions de ministres qui en sont les serviteurs et non les maîtres. »
    (Winston Churchill, 11 novembre 1947, Chambre des communes)

    Et pour ceux qui savent lire et observer les pratiques actuelles, il est clair que le régime français n’est que très peu, voire pas du tout, démocratique, en dépit de ce qu’il claironne à tue-tête.

  21. @ Jean sans terre le 14 décembre

    JaS est un blog sérieux. Avant de blablater sur tel ou tel personnage politique, il faut au moins lire sa biographie. En ce domaine, Wikipédia suffit.

    Si vous l’aviez fait, vous n’auriez pas affirmé que Macron, lorsqu’il a annoncé sa candidature, « avait surgi de nulle part ». Il avait déjà été secrétaire général adjoint de la présidence de la République et ministre des Finances. Autre loupé : contrairement à vos dires, la presse lui a déroulé le tapis rouge… et balancé les épines sur Fillon.

    Quant à Bardella, votre propos relève de la fausse nouvelle (punie par la loi). Il n’est pas « fraîchement français », mais français. Il est né en 1995 à Drancy, certes dans le « 9-3 », qui, malgré l’image qu’offre ce département, n’est toujours pas un État islamique conquis au détriment de la République française.

    Si vous aimez prendre des libertés avec la vérité, il y a des lieux pour cela : les réseaux dits « sociaux ». Chacun peut y déposer ses… en toute impunité (jusqu’à maintenant).

  22. Robert Marchenoir

    @ Michel Deluré – le 14 décembre 2025
    « Sinon, par quel autre régime remplaceriez-vous [la démocratie] ? »

    Jean sans terre ne répond jamais à cette question, sinon pour vaguement suggérer une monarchie, une théocratie chrétienne ou une combinaison des deux.

    Mais il n’explique jamais comment il envisagerait d’instaurer l’une ou l’autre, dans un pays qui a mis fin à la monarchie depuis plus d’un siècle et qui est fortement déchristianisé. Un pays où certains descendants des rois de France exercent le métier de financier qu’il exècre, où la religion montante est l’islam et non le christianisme.

    Et surtout, il n’explique jamais quel type de monarchie il voudrait. Voyons… quelle est la monarchie la plus puissante et la plus respectée aujourd’hui ? La couronne britannique !

    Donc son modèle, ce serait, par exemple, l’Angleterre de Margaret Thatcher ? Rhâââ ben nan, car il vomit le libéralisme !

    Sans compter que la monarchie n’est nullement incompatible avec la démocratie. Justement, la Grande-Bretagne est l’un des pionniers de la chose (et des droits de l’homme !) depuis la Magna Carta, bien avant la France. La France a connu les Parlements, et bien d’autres contre-pouvoirs.

    Donc en fait, la référence de Jean sans terre, c’est une espèce de dictature mythologique n’ayant jamais existé, où un roi de France mystérieusement sorti d’on ne sait où et légitimé on ne sait comment ferait exactement ce qu’il désire, lui, Jean sans terre (et non exactement le contraire comme il y a toutes les chances qu’un dictateur le fasse), dans un cadre institutionnel non précisé, au bout d’un processus historique inconnu et d’une manière qui n’a jamais existé par le passé.

    Autant dire que nous sommes dans le fantasme pur et simple. De même que les communistes bloquent préventivement le débat en dénonçant les vices supposés du capitalisme (tout en gardant un prudent silence sur les vices incomparablement plus graves de leur camelote), les réactionnaires christiano-monarchistes se contentent de démolir sans jamais participer à la construction.

    Je relèverai aussi cette phrase de Jean sans terre aussi prétentieuse qu’incohérente :

    « Ce jeune homme [Jordan Bardella] est lui-même fraîchement français, avec pratiquement aucune racine profonde, sinon un pâle identitarisme de type WASP pro-occidental, qui augure très mal de sa capacité à prolonger, dans les décennies à venir, la spécificité de la voie française. »

    Donc JST crache sur Bardella parce qu’il n’est pas assez français, étant d’origine italienne. Soit. Mais il l’accuse dans le même souffle d’exciper un pâle identitarisme de type WASP (« white Anglo-Saxon protestant ») pro-occidental. Ce qui serait très mal, car opposé à la spécificité de la voie française.

    Donc Bardella se vanterait d’être blanc (je n’ai rien remarqué). Et ce serait mal. Donc c’est quoi, la spécificité de la voie française ? La négritude ? Le fait d’être arabe ? Il serait aussi très inquiétant que Bardella se dise (paraît-il) occidental. Donc la France est quoi ? Orientale ? Asiatique ? Africaine ? Russe ? Martienne ?

    Ce qui est problématique, c’est que l’identitarisme bardellien de type WASP soit trop pâle, ou trop prononcé ?

    En quoi Bardella serait-il protestant ? Et qu’est-ce que ça veut dire ? Il faudrait qu’il soit catholique ? Orthodoxe ? Ou, plutôt, musulman, puisque ce sont avant tout les musulmans qui luttent contre l’identitarisme occidental ?

    Et en quoi Bardella serait-il anglo-saxon, grands dieux ? JST l’accuse à la fois d’être italien et anglo-saxon ; il n’y a pourtant pas plus éloigné… Si anglo-saxon veut dire proche des États-Unis, alors c’est bien, ou c’est mal ? On parle des États-Unis des Pères fondateurs et de la Constitution, ou des États-Unis de Donald Trump, qui sont à peu près à l’opposé ? Et JST, il est pour, ou contre Donald Trump et son idéologie ?

    En définitive, c’est quoi, cette fameuse « spécificité de la voie française », dont se gargarisent les gaullo-communistes depuis trois quarts de siècle, sans jamais avoir l’élémentaire politesse de préciser ce qu’ils entendent par là ?

    Rhâââ mais vous pouvez pas comprendre. C’est si profond, c’est tellement ineffable que cela ne peut se définir. Si vous avez besoin qu’on vous l’explique, c’est que vous n’avez pas d’armoiries, contrairement à JST.

    On voit là comment des gens qui ont la chance insigne de bien écrire pervertissent leurs dons pour enfumer leurs lecteurs et raconter n’importe quoi, en recyclant de vieux slogans tirés de la presse communiste des années 50 (atlantisme, WASP…) à l’instant même où ils prennent la posture de l’extrême droite la plus réactionnaire, voire antisémite.

    L’éternel vice français qui consiste à se prétendre « cultivé » au lieu d’agir.

  23. @ Patrice Charoulet le 14 décembre
    « Ma réponse est : cent mille fois non. »

    …Mais vous n’avez, heureusement, qu’un seul bulletin de vote…
    Ces jours-ci, pensez à vérifier que vous êtes bien inscrit sur la liste électorale… Avec un maire coco, on ne sait jamais…

  24. Je ne voudrais pas paraître aussi pessimiste que notre hôte sur la gent politique, dont les membres les plus en vue — ceux auxquels s’intéressent médias et réseaux dits « sociaux » — se détesteraient, selon lui, non pas uniquement en raison de leurs divergences idéologiques, mais parce que, la nature humaine étant ainsi faite, ils feraient preuve d’une haine incontrôlable à l’égard de l’adversaire et parfois même du partenaire, pour peu que celui-ci empiète sur le territoire qu’ils se sont eux-mêmes attribué, qu’il s’agisse d’un dossier prometteur en matière de visibilité ou d’une ambition électorale.

    J’ose encore penser que, chez certains d’entre eux, cette haine affichée n’est en partie qu’une posture et que, derrière celle-ci, se trouve un homme (ou une femme) doté de bon sens, d’une dose de générosité, d’une autre de perspicacité et d’une troisième d’humanisme.

    Croire que Mélenchon n’est plus que ce vieux lion en cage, qui rugit ou somnole selon ses interlocuteurs, qui pleure ici, qui maudit là, a quelque chose de désespérant. Qu’est-il arrivé à cet homme qui, voici quinze ans, était patriote, républicain et capable d’un discours, certes de gauche, mais d’une gauche qui s’inscrivait encore dans le débat démocratique ? Est-il naïf d’espérer que, le matin, en se rasant, il ait encore conscience qu’il pose, qu’il campe un personnage, qu’il n’est ni Castro, ni Mao, encore moins Pol Pot ? Ou faut-il se résoudre à constater que l’ambition de devenir président lui a mangé le cerveau et qu’il n’est plus que son hologramme, froid et dépourvu de tout sentiment, dont l’algorithme n’a qu’un objectif : l’Élysée… quoi qu’il en coûte autour de lui.

    Wauquiez, lui aussi, en s’en prenant systématiquement au président du parti dont il est membre, fait planer le doute sur sa réelle humanité, celle qui permet de ne pas succomber au désir fou d’accéder à son rêve, quitte à massacrer tous ceux qui lui font obstacle. Lui aussi semble programmé et n’agir qu’en fonction de son ambition… ambition qui, pourtant, a déjà connu à plusieurs reprises des déboires, lesquels auraient conduit tout autre à envisager une autre méthode d’accès au pouvoir suprême que le « Ôte-toi de là que je m’y mette ». Peut-être encore plus que dans le cas de Mélenchon, faut-il se rendre compte que Wauquiez a perdu tout autre sentiment que la rage de vaincre. Énarque, il ne possède même pas le don oratoire qui humanise quelque peu le chef de LFI.

    Troisième candidat (si…) qui mérite d’être observé sous cet angle du degré d’humanité : Jordan Bardella. Il a été l’exact contraire des deux premiers, tant ses premières interventions reflétaient des sentiments encore presque puérils… Mais il « s’améliore » à grande vitesse, tout en conservant, non une posture, mais une attitude de candidat « à taille humaine ». Ses détracteurs — ici, Achille, Giuseppe et quelques autres — ne s’en rendent pas compte, mais, en dénonçant ses silences, ses hésitations, ses réponses parfois un peu simplettes, ils lui rendent service : ils lui permettent de conserver un lien réellement humain avec son électorat.

    Le président du RN a désormais atteint le firmament politique, mais conserve les pieds sur terre. On ne peut en dire autant que de quelques rares autres candidats (déclarés ou supposés) : Retailleau, bien sûr, mais aussi Marine Le Pen (si…), qui, sur ce plan, suit les traces de son père, et, dans une moindre mesure, Sarah Knafo, Marion Maréchal et Gérald Darmanin. C’est un atout qui, à coup sûr, sera déterminant : l’électeur, pour choisir son favori, s’intéresse davantage à quelqu’un qu’il comprend qu’à un candidat certes apparemment doué, mais doté d’une « intelligence complexe » qu’il ne parvient pas à décrypter.

    Ce détail aura d’autant plus d’importance qu’en ce dernier domaine, après dix ans de macronie, nous connaissons les dégâts que ce type de présidents peut commettre… contre l’avis et sans le consentement du peuple.

    P.-S. : Faure est un tout petit personnage qui, à mes yeux, ne mérite pas l’analyse précise qu’en fait notre hôte. Simple apparatchik monté en graine, il s’est senti pousser des ailes dans un PS en proie aux coups de boutoir de la macronie. Il n’est rien de plus qu’Hollande, un « capitaine de pédalo », qui, ces jours-ci, flirte avec un matelot qui écope sur un radeau en perdition du « Titanic ». Tout ce beau monde sera noyé pendant la tempête qui s’annonce.

  25. @ Serge HIREL le 14 décembre 2025
    « La présence de Mélenchon au second tour n’est pas acquise. Tout dépend de deux facteurs. »

    Je le pense aussi. La fracture est désormais irréversible avec le PS, et je n’imagine pas Olivier Faure et Raphaël Glucksmann accepter une réconciliation avec J.-L. Mélenchon, qui aurait tout l’air d’un reniement et serait donc fortement préjudiciable aux candidats PS lors des élections municipales.
    Ce sera donc chacun pour soi.

    « Admettons Mélenchon qualifié pour le second tour… Est-il écrit quelque part dans le code électoral que ce débat entre les deux candidats est obligatoire ? Non, bien sûr… et Jordan Bardella (ou Marine Le Pen) ne devra pas accepter de participer à une quelconque rencontre télévisée avec le chef de LFI. »

    Je pense également qu’en cas de second tour opposant J.-L. Mélenchon à Jordan Bardella, ce dernier refusera le débat de l’entre-deux-tours, comme l’a fait Jacques Chirac avec J.-M. Le Pen en 2002. Ce serait, pour JB, prendre un risque parfaitement inutile, car il se ferait pulvériser.

    « Qui est ce Patrick Cohen dont vous surveillez l’attitude ? Est-ce un mage ? Un prophète ? Un gourou ? Un savant ? Un devin ? Votre conseiller politique personnel ? »

    Rien de tout cela. Je le considère simplement comme un excellent journaliste, dont les éditoriaux sont toujours très bien documentés.
    Oser le comparer à Taha Bouhafs, c’est faire preuve d’un grave manque de discernement, plutôt étonnant de votre part… à moins que ce ne soit tout simplement de la mauvaise foi.

  26. @ Jean sans terre le 14 décembre 2025
    « J’ai à l’égard de JB à la fois de l’indulgence, voire de l’admiration, et de la méfiance. »

    Décidément, vos raisonnements me laisseront toujours aussi perplexe.
    Ils tiennent à la fois du sophisme et du paradoxe. 😊

  27. @ Achille 14 décembre 2025

    Cher Monsieur, la « lutte finale » peut réserver, comme vous le soulignez, des surprises : laissez à Jordan Bardella, qui pour le le moment s’est peu dévoilé, le bénéfice du doute, avant de le convoquer au banc des accusés.

  28. Il y a intelligence artificielle et intelligence artificielle. Celle de Monsieur Bardella fait feu de tous artifices. Il pétille… et s’éteint. C’est un robot, un lézard à la Mars Attacks, mais en creux.
    Dur dur !

  29. Michel Deluré

    @ Jean sans terre 14/12/25
    « Je n’ai absolument pas cette croyance, partagée par l’essentiel de la population, selon laquelle la démocratie serait le meilleur régime politique… »

    Point besoin, je pense, de vous rappeler ce qu’affirmait Churchill à propos de la démocratie et qui démontre qu’étant le pire des régimes, à défaut de tous les autres, elle en est donc bien finalement le meilleur, même si elle est évidemment loin d’être parfaite.

    Sinon, par quel autre régime la remplaceriez-vous ? Une dictature, un totalitarisme, une autocratie, une monarchie ? Certains se plaisent à dénigrer la démocratie alors qu’il s’agit souvent des mêmes qui usent et abusent des avantages qu’offre ce régime et qui seraient donc les premiers à devoir la défendre plutôt qu’à l’accabler.

    Il est évident qu’en démocratie existe toujours un risque de dérive vers un « despotisme démocratique », mais cela ne constitue en rien une fatalité, et il est parfaitement possible de s’en prémunir, pour autant que chaque citoyen ne se désintéresse pas de la vie publique, fasse preuve de vigilance, agisse avec lucidité et garde son libre arbitre.

  30. C’est la jungle ! On n’est pas loin d’une nouvelle rechute !
    Dans cet univers électoral désordonné, il ne manque plus que les concierges et les gamins âgés de plus de 18 ans, la casquette à l’envers, tatoués et avec des piercings à l’oreille, autorisés par notre Constitution, pour rejoindre le tableau des candidats connus à ce jour se déclarant personnellement légitimes à la présidentielle de 2027.

    Pour Trump et Poutine, ce serait la crise cardiaque assurée et une France en état de mort cérébrale. Déjà que nous sommes, depuis quelques années, largement déconsidérés et déclassés auprès des puissants, il serait dommage de se prendre d’autres baffes.

    J’avoue avoir du mal, aujourd’hui, à choisir un favori entre LR et le RN avant l’ouverture de la campagne présidentielle. Je serai attentive aux débats qui seront menés. À voir !

    Voter intelligemment pour sauver la France relève aussi de notre entière responsabilité.

  31. Patrice Charoulet

    Peu me chaut que Bardella ait telle qualité ou tel défaut. La SEULE question que l’on doit se poser est la suivante : veut-on ou non que le Rassemblement national dirige la France pendant cinq ans ou dix ans ?
    Ma réponse est : cent mille fois non.

    1. Vous ne semblez pas considérer que le Rassemblement national conduirait à la dictature.
      Le fait que vous évoquiez qu’il pourrait diriger la France pendant cinq, voire dix ans, prouve que vous considérez que le candidat élu en 2027 pourrait être réélu en 2032 et disposer à nouveau de la majorité au Parlement.
      Preuve que vous pensez qu’il pourrait redresser le pays.

      En gros, vous venez de témoigner de votre confiance dans la capacité du RN à sauver la France. Même les plus droitiers de ce blog n’ont pas cette conviction.
      Respect.

  32. Jean sans terre

    J’ai à l’égard de Jordan Bardella à la fois de l’indulgence, voire de l’admiration, et de la méfiance.

    L’admiration vient de ce que ce jeune homme réussit remarquablement — ce qu’il fait mieux que personne, infiniment mieux que n’a pu le faire, à ses débuts politiques, le jeune Macron — la prouesse d’éviter toutes les embûches qui sont mises sur son chemin politique par une très grande majorité des journalistes, suppôts stipendiés du pouvoir établi.

    L’indulgence résulte de la jeunesse du personnage. Évidemment, sa jeunesse ne peut révéler d’avance toutes les potentialités que l’homme manifestera dans sa maturité.

    La comparaison entre le jeune Macron et le jeune Bardella est nettement en faveur de JB. EM était un complet inconnu, avait une aura naturelle assez désagréable, nullement et a priori admirable, n’avait aucun passé, presque aucune expérience professionnelle, avait surgi de nulle part et était imposé de force à l’opinion publique. EM n’avait aucun programme politique, juste une vague espérance que le système médiatique, dans sa quasi-totalité, a promue sans retenue et sans critique, jusqu’à ce qu’enfin une majorité de la population, à force de suggestion et de persuasion, la partage alors qu’elle ne l’éprouvait pas spontanément.

    Ma méfiance résulte de mon complet désabusement à l’égard de la mythification de la démocratie. Je n’ai absolument pas cette croyance, partagée par l’essentiel de la population, selon laquelle la démocratie serait le meilleur régime politique permettant l’expression libre de la volonté populaire. Je suis plutôt persuadé que la démocratie permet le conditionnement et le consentement de la population à un système de forces qui la dépasse et la mène invariablement là où il veut l’emmener.

    Dans cette perspective, si JB peut émerger et se maintenir dans un système politico-médiatique complètement contrôlé et oppressif, qui empêche le surgissement d’alternatives originales et meilleures, c’est précisément parce qu’il ne représente pour ce système aucun danger. Cela peut s’observer à travers quelques postures caractéristiques de JB. Ainsi, JB ne remet pas en cause l’hégémonie politique de l’UE ou de l’OTAN, donne des gages concernant le soutien inconditionnel à l’Ukraine ou à Israël, etc. Autant d’éléments qui montrent le défaut d’indépendance de l’impétrant politique et sa soumission globale au système de domination du monde occidental.

    Toutefois, l’homme doit parer à toutes les menaces qui pourraient le faire chuter, menaces que n’a pas eu à affronter le jeune Macron, dont la docilité au système était garantie dans la mesure où il en était une parfaite émanation. Il est difficile de préjuger de ce que deviendra l’homme. Ce que l’on peut déjà observer, ainsi que les limitations naturelles de la force d’un individu, tendent à faire supposer qu’il a plus de chances de se laisser corrompre par le système que d’être capable de le contrecarrer.

    Ce jeune homme est français, mais avec pratiquement aucune racine profonde, sinon un pâle identitarisme de type WASP pro-occidental, qui augure très mal de sa capacité à prolonger, dans les décennies à venir, la spécificité de la voie française. Mais, comme je le disais, on ne peut en avoir la certitude. Il pourrait y avoir une heureuse surprise, bien qu’elle soit, dans l’absolu, très peu probable.

  33. @ Achille le 14 décembre

    La présence de Mélenchon au second tour n’est pas acquise. Tout dépend de deux facteurs.

    D’une part, la capacité des dirigeants des partis de la macronie (Renaissance, Horizons, MoDem) à retrouver un semblant de cohérence entre eux, qui leur permettrait d’avoir un candidat commun au premier tour. Ils n’en prennent pas le chemin, chacun d’eux (Attal, E. Philippe, Bayrou) étant persuadé qu’il est le meilleur… et bien décidé à s’installer à l’Élysée. De plus, leurs désaccords pendant les débats sur les budgets de 2026, qu’ils soient de fond ou de façade, laisseront des traces.

    D’autre part, le résultat du PS aux élections municipales, qui décidera de sa survie ou non. Si, pour conserver ses principaux bastions — tous prenables —, Faure et ses copains ont besoin d’un apport massif de l’électorat de LFI, en particulier des voix des quartiers musulmans, Mélenchon exigera en retour un appui sans faille à sa candidature dès le premier tour, le représentant du PS étant alors prié de ne pas en faire trop. En revanche, si les grands élus municipaux du PS s’en sortent sans avoir besoin de ce soutien, il est désormais quasiment certain qu’à gauche le combat du premier tour sera fratricide… et que ses deux candidats — voire trois avec celui ou celle des écologistes — mordront la poussière.

    Il est donc urgent d’attendre quelques mois pour être fixé sur le sort du Líder Máximo… en espérant que le PS ne soit pas laminé dès le premier tour du scrutin de mars.

    Quant au fameux débat entre les deux tours, il n’a — fort heureusement — jamais décidé de l’issue du scrutin, même en 2017, quand Marine Le Pen s’est plantée face à Macron (lequel, ce jour-là, a été odieux… mais ce n’était que la première fois qu’il montrait son vrai visage). Tout indiquait que, le dimanche suivant, MLP serait victime du « cordon sanitaire », déjà utilisé contre son père.

    Admettons Mélenchon qualifié pour le second tour… Est-il écrit quelque part dans le code électoral que ce débat entre les deux candidats est obligatoire ? Non, bien sûr… et Jordan Bardella (ou Marine Le Pen) ne devra pas accepter de participer à une quelconque rencontre télévisée avec le chef de LFI.
    Et ce, pour les mêmes raisons que celles de Jacques Chirac en 2002, lorsqu’il a refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen.

    « Face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible », avait justifié le président sortant. Cette phrase peut être reprise telle quelle vis-à-vis de JLM, qui n’est pas un adversaire politique, mais un ennemi de la République.
    On ne débat pas avec un ennemi. On le combat.

    P.S. : Qui est ce Patrick Cohen dont vous surveillez l’attitude ? Est-ce un mage ? un prophète ? un gourou ? un savant ? un devin ? votre conseiller politique personnel ? Pour ma part, il me semble qu’il n’est qu’un militant de gauche — pas même doué — qui ne parviendrait même plus à se déguiser en journaliste, même si l’idée lui venait d’exhiber sa « carte de presse », comme l’a fait son alter ego d’une autre écurie, Taha Bouhafs.

  34. hameau dans les nuages

    @ Tipaza
    le 14 décembre 2025
    « Il s’est révélé tel qu’en lui-même, ce qui n’était pas prévisible pendant sa campagne électorale. »

    Ah bon ? Bien que je ne sois pas psychologue, j’ai tout de suite compris en voyant son regard. Peut-être le fait d’être éleveur, et donc observateur. Chez le cheval, on regarde l’œil pour savoir si l’on peut s’en approcher avec confiance.

    « Il a tout raté »

    Non, il a tout réussi au contraire, mais pour le constater il faut voir l’envers du décor, du côté de ses anciens employeurs.

    En aparté, avez-vous vu que la ministre a déclaré qu’il n’y avait plus aucun foyer de dermatose bovine ? Comme quoi bloquer l’autoroute entre Bayonne et Toulouse était une mesure sanitaire efficace, la mouche arrivant sans doute par là 🙂

  35. Le désir fondateur des croyances kadiroviennes de Jérôme ne révèle que l’incapacité à accéder à la proposition du président, élu deux fois démocratiquement : faire cheminer ensemble des entités contradictoires.
    Cela n’innocente pas Macron, responsable de son échec, ni le peuple français, qui devra bien accepter, jeunes ou vieux qui le composent, d’enfin prendre conscience que la faute est collective, comme le sera l’effort indispensable pour en assumer les conséquences.
    C’est possible. Il suffit pour cela d’accepter de reconnaître qu’ensemble nous cheminons sur la même route, si française, de nos contradictions.

  36. Dans une de mes rares et désespérées tentatives de mise en ordre de ma bibliothèque, j’ai trouvé, en quatrième de couverture, cette formule :
    « …quarante ans, l’âge où l’on commence à se ressembler », qui m’a fait sursauter tant elle m’a paru vraie.

    Pour rester sur le sujet du jour, plusieurs intervenants, moi y compris, ont noté la faible qualité de présence de Jordan Bardella, dont on ne sait pas encore très bien comment le définir.

    Il a l’air d’une incarnation de l’IA : sans avoir réponse à tout, il connaît ses sujets, sans pourtant emporter une adhésion totale, par son manque de personnalité qui, après tout, est une forme de personnalité.
    C’est ainsi que j’ai tendance à le définir, tout en lui étant globalement favorable.

    Mais je viens de trouver la réponse à mon interrogation. Elle est dans la formule citée.
    Jordan Bardella ne s’est pas encore trouvé, il ne se ressemble pas encore, n’ayant pas franchi la frontière des quarante ans.

    En revanche, Emmanuel Macron a franchi cette frontière peu après le début de son premier mandat.
    Il s’est révélé tel qu’en lui-même, ce qui n’était pas prévisible pendant sa campagne électorale.
    Il se ressemble, et c’est à son désavantage. Il a tout raté : aucune des grandes réformes promises n’a vu le jour complètement, il a tout gâché.
    Sa façon de renoncer à toutes ses promesses, pire, à toutes ses convictions — dont on voit bien qu’elles n’étaient pas sincères — pour rester encore un peu au pouvoir, fera de son départ un soulagement pour beaucoup, et l’aveu d’un échec pour tous.

    JB n’est pas encore entré dans la carrière, la vraie, celle du pouvoir.
    Rendez-vous est pris pour après ses quarante ans afin de voir comment, enfin, il se ressemble.

    P.S. : La moindre des choses est que je cite le livre qui m’a éclairé.
    Il s’agit de Le Sourire de l’ange, de Jeanne Bourin, éd. Pocket.
    Voici l’incipit de cette quatrième de couverture : « À quarante ans, à “l’âge où l’on commence à se ressembler”, Jeanne Bourin entrevoit, dans un rêve, la présence d’un ange de paix, de joie et d’amour absolu. »
    Histoire vraie d’une femme qui découvre brusquement que Dieu est là, tout proche — histoire qui peut intéresser, en cette période de l’Avent, certains lecteurs.

  37. Le nouveau président ne pourra rien faire. Il commencera par déclarer, au bout de quelques semaines : « La situation est pire que le pire que j’avais imaginé. »

    Hélas, il n’aura pas le temps de restructurer le pays en profondeur. Sarkozy, alors que c’était encore jouable, n’a rien fait pour le long terme.

    La France est le pays des gaspillages publics, car les décisions d’investissement ne sont pas réfléchies. Les dirigeants confondent investissement et charges. Les dettes servent à payer les charges, et notamment celles de la dette. Tel une personne en état de surendettement, l’État fait du crédit revolving.

    Le pourrissement de la situation actuelle et les atermoiements permettent aux grosses, et même aux petites fortunes, de quitter le territoire.

    Le pays aurait, paraît-il, 16 000 milliards d’épargne pour 3 400 milliards de dettes.

    Un prélèvement de 20 % de l’épargne des Français pour remettre les compteurs à zéro est plausible. Et ensuite continuer à dépenser sans compter, subventionner, gaspiller.

    Le nouveau président ne peut pas s’inscrire dans le long terme. Les candidats au casse-pipe ont bien du courage.

    Seul Édouard Philippe a un brin de lucidité avec la retraite à 67 ans, mais il est disqualifié pour manque de loyauté.

    Xavier Bertrand, l’assureur de mobylettes ? Certainement pas.

    Nettoyer le pays au Kärcher, mais le nettoyer de sa saleté et de sa racaille. On ne peut pas compter sur Mélenchon pour cela.

    Bardella ne serait pas seul. Peut-être sera-t-il le Bill Gates de la France ? Notons qu’on ne voit guère avec qui il gouvernerait, puisque les JP Garraud et consorts ont disparu des radars.

    Soyons honnêtes : que pourra-t-il faire de pire que ce qui n’a pas été fait ?

    Tel un anesthésiste en mal de reconnaissance, Sarkozy est encore là. Aussi sympathique et courageux qu’il soit, on aurait tort d’oublier que si la racaille a proliféré et que le pays s’est détérioré, c’est bien parce que lui, le sauveur, cet Edmond Dantès aux talonnettes, n’a pas fait le travail pour lequel il avait été élu, au point de se faire laminer par Hollande, dont on ne peut pas être déçu, car on n’attendait rien de lui, à part qu’il tienne son engagement : « si vous votez pour moi, alors je battrai Nicolas Sarkozy ».

    Hollande président, tout le monde pense pouvoir l’être. C’est peut-être là la raison de tant de prétendants. De courage ou d’audace, il n’y en a pas, mais du « pourquoi pas moi, finalement », certainement.

  38. @ Giuseppe le 13 décembre 2025
    « Jordy Biberon qui devrait gouverner le pays ? C’est une blague, un poisson d’avril, une galéjade. »

    Ce qui me sidère, c’est que tous les médias (ou presque) s’obstinent à voir un second tour opposant Jordan Bardella à J.-L. Mélenchon. Y compris d’ailleurs un journaliste comme Alain Duhamel (*), qui a suivi toutes les élections présidentielles depuis Georges Pompidou jusqu’à Emmanuel Macron.

    Pourtant, le RN dispose de personnalités bien plus chevronnées que le président du RN pour défendre les thèses de ce parti. Je pense notamment à Laurent Jacobelli ou encore à Sébastien Chenu, qui seraient bien plus aptes que Jordan Bardella pour affronter J.-L. Mélenchon dans un débat de l’entre-deux-tours.

    D’autre part, nombre de chefs à plumes de LR ne veulent en aucun cas d’une alliance avec le RN — je citerai Xavier Bertrand et Valérie Pécresse — et j’imagine mal Laurent Wauquiez accepter ce genre de deal.

    Mais il reste encore un long chemin avant « la lutte finale », et les sondages vont certainement évoluer dans le bon sens. Enfin, je l’espère !

    (*) On notera au passage l’air dubitatif de Patrick Cohen 😊

  39. Cher hôte, J. Bardella est parfaitement inoffensif, lisse et sans saveur, aussi intéressant qu’un plat de nouilles. Il répète gentiment son texte, sur la scène politique française. Face à un grand orateur, comme Mélenchon, il s’effondrera vite.

  40. Je n’ai pas regardé les trois heures d’antenne que BFM avait programmées pour démolir Bardella et je n’en ai vu aucun extrait. Apparemment, à en juger par les compliments de notre hôte et l’irritation d’Achille, la manœuvre n’a pas réussi. Ce format « Tous contre un » n’a pas grand intérêt. D’abord, comme le dit Philippe, parce que, si l’invité se rebiffe et ose ne pas baisser la tête face à la meute, sa condamnation est certaine.

    Mais aussi — et cela me hérisse encore plus — parce que le combat est disproportionné. Non pas en quantité — un bon orateur parvient à calmer peu ou prou une salle hostile —, mais en qualité des intervenants. Deux cas sont possibles : ou les propos et les questions du public sont stupides — c’est le cas le plus fréquent — et l’invité, qui, lui, a potassé le dossier, fait preuve de compétence… mais ses réponses volent au-dessus du niveau de compréhension de son public, ce qui interdit tout dialogue constructif ; ou la question posée émane d’un expert et l’invité, se sachant pas aussi pointu que lui, va parler de la pluie et du beau temps…

    J’ai regardé deux ou trois fois, pendant une dizaine de minutes, l’émission « Forum » de BFM… Un pugilat dans lequel chacun cherche à imposer son point de vue plus ou moins construit, avec, au centre de la piste de cirque, un Monsieur Loyal (qui, en fait, ne l’est pas) qui tente de distribuer la parole et, en même temps, d’obéir aux directives de la régie, qui, elle, veut respecter « le conducteur »… Le journaliste qu’il entend être n’est en réalité qu’un animateur chargé de maintenir le téléspectateur devant le signal de la chaîne, en lui offrant un spectacle dont le but premier n’est ni l’information, ni la réflexion, mais le divertissement, l’infotainment (venu des États-Unis — un art dans lequel Trump excelle).

    Il en serait tout autrement si le format de l’émission permettait au journaliste de faire son métier : la médiation. Dans ce cas, le journaliste se ferait le porte-parole du public pour que les questions de celui-ci, pertinentes sur le fond, soient « traduites » dans le « langage » que l’invité comprend. À l’inverse, le journaliste, qui comprend le jargon politique, ses mots, sa syntaxe et ses silences, le traduirait en un français audible par le public. Et ce, dans les deux situations, sans ajouter son grain de sel… Ce qui, bien sûr, compte tenu des comportements médiatiques d’aujourd’hui, est surhumain.

    Seuls deux formats permettent d’approcher une médiation de qualité, offrant une pleine satisfaction au public qui veut s’informer et exercer son sens critique : l’entretien en tête-à-tête, mais à la condition sine qua non que le journaliste se montre le plus neutre possible — ce qui n’est actuellement le cas sur aucune antenne ; ou le plateau, plusieurs journalistes, d’opinions différentes, interrogeant l’invité sans se coaliser, sans se disputer entre eux, mais aussi en oubliant toute mise en avant de leur propre personne. Un comportement bien loin de celui de la nomenklatura médiatique parisienne…

    En ce qui concerne les querelles de « couples » politiques, peut-être faut-il remarquer trois différences entre le « couple » Chirac-Balladur et les « couples » Le Pen-Bardella et Zemmour-Knafo.

    D’abord, dans ceux d’aujourd’hui, les deux partenaires sont de sexes différents, l’un des deux « couples » étant même couple à la ville. Il n’y a donc pas de risque d’un combat entre « mâles alpha »… Ce qui, sous la Ve République, est survenu plusieurs fois… en tout cas dans les relations entre présidents de la République et Premiers ministres.

    Ensuite, dans les cas présents, il s’agit de couples « intergénérationnels », dans lesquels les différences d’âge et d’expérience peuvent contribuer à apaiser les relations et à faire admettre même une certaine autonomie de chacun des partenaires… sans pour autant aller jusqu’à la liberté, pire, jusqu’à la trahison. Marine couve Jordan comme un fils brillant — il a néanmoins encore besoin de ce soutien — et Éric admire Sarah comme on écarquille les yeux devant une perle qu’on a trouvée…

    Enfin, pour les partenaires de chacun des deux « couples » qui, aujourd’hui, rêvent de pouvoir, le résultat d’une compétition entre eux ne prendrait pas l’allure d’une défaite irréversible pour celui qui ne pourra pas briguer la candidature à la plus haute marche. Ce qui n’était pas le cas à l’époque Chirac-Balladur, celui-ci, battu par celui-là au premier tour des présidentielles de 1995, ne pouvant envisager un lot de consolation digne de son rang.

    Si ses juges la « libèrent », Marine sera candidate à l’Élysée et, si elle est élue, Jordan sera son Premier ministre. Il n’y a aucun suspense. Cela est déjà acté. Si la cour d’appel maintient sa condamnation, Bardella concourra. S’il gagne, Marine choisira le poste dans lequel il lui sera le plus utile : Matignon ou la présidence du RN, devenu parti présidentiel.

    Quant au « couple » Zemmour-Knafo, pour l’instant beaucoup plus loin de la marche suprême, il ne fait déjà pratiquement plus de doute qu’Éric, plus théoricien qu’acteur, laissera la lumière à Sarah… qui saurait se rendre incontournable au sein d’un gouvernement d’union des droites… Ses qualités politiques lui ouvrent tous les ministères régaliens… et le RN n’est pas si riche que cela en personnalités compétentes…

  41. Le politique veut être élu. Et pour cela, il flatte. Kadyrov l’a bien compris. Élu par des vieux, confortables retraités, qui votent et s’engraissent sur le travail des jeunes, en leur expliquant qu’il est bien normal de leur demander de se serrer la ceinture pour conserver leur confort, voire d’aller se faire trouer la paillasse, courageux vieillards qui ont fait tant de guerres.

    La vie est bien plus compliquée pour les jeunes générations, dont je ne fais pas partie.

    Il est naturel de conchier les politiques. Eux qui sont censés organiser le présent pour un futur meilleur flattent le passé, désorganisent le présent et obèrent le futur, soutenus par des régiments de déambulateurs, aussi couards qu’ils sont bravaches.

  42. @ Achille 13 décembre 2025

    Jordy Biberon qui devrait gouverner le pays ? C’est une blague, un poisson d’avril, une galéjade. Stéphane Manigold, intervenant de chaînes d’infos, expliquait que, recevant un milliardaire français, ce dernier lui faisait la remarque suivante : comment un type qui n’a jamais planté un chou (c’est ma traduction) ou une pointe peut-il diriger un pays ?

    Jordy Barboteuse à la tête du pays, qui devrait faire des choix alors qu’il ne sait même pas ce que c’est que de passer « au trapèze » dans une entreprise, y survivre et s’y imposer.

    Chez nous, dans notre contrée de faiseurs montagnards, c’est la peau de l’ours qu’il faut savoir gérer, et surtout ne pas faire comme Perrette et son pot.

    Jordy est un gamin, il ânonne des textes et, à l’écouter — tout cela transpire et suinte —, il n’a aucune puissance pour juger de la qualité de tous les Pieds Nickelés qui l’entoureront. Certains font la maille, trop peu nombreux, et tous ceux qui ont côtoyé des entreprises familiales savent bien le fonctionnement opaque et paternaliste qui entoure ces structures.

    Dans tous les cas, il va couler de l’eau, beaucoup d’eau sous les ponts de l’Adour, et demain sera un autre jour.

    Macron a eu le courage de supprimer la taxe d’habitation des résidences personnelles, il a mille fois bien fait. Le maire de Vallauris fait exploser la triste taxe foncière, mal utilisée et surtout inégalitaire, et trop, trop élevée, au pays où les impôts sont rois.

    Le maire de Béziers, qu’on l’aime ou pas, a baissé chez lui les dépenses de 11 %, et comme à Vallauris, sans se mettre à mal, eh oui, c’est possible ! Seul le courage politique sera récompensé, et ce n’est pas le FN/RN, au projet économique identique à celui de LFI en apparence, qui nous sauvera de la nullité de tout le passé.

    Et pour finir en beauté, et sur une note d’optimisme, le retour de Dupont à Glasgow, qui a réussi l’impensable : porter l’équipe de France à 7 jusqu’à la médaille d’or olympique.

    Les politiques devraient s’en inspirer. Il s’est remis en question, il a eu le courage de sacrifier son confort à 15, et a tout repris depuis le début pour une victoire éternelle qui fuyait les Bleus. Le courage, l’abnégation, le travail, et la réussite au bout du chemin.

    Jordy est un poulet élevé au tout-aliment : la chair est molle, en tirant la cuisse, tout suit jusqu’au croupion… Dupont Président, on n’en est pas là, mais lui est bien le capitaine du XV de France, qui cette fois sera la bonne pour la Coupe du monde. Quand je vois ces politiques, en majorité, cela donne envie de fuir et de pleurer ; la nullité de certains est à faire peur.

    https://www.bing.com/images/search?view=detailV2&ccid=ySLUqMo6&id=F8B3EDC9CB8F81E970A5D2C8DF0F8DAB7C755994&thid=OIP.ySLUqMo67Bfzpaxy3McqZQHaKe&mediaurl=https%3a%2f%2frennes-rugby.bzh%2fimages%2fmedias%2fTPR_TARBES.png&cdnurl=https%3a%2f%2fth.bing.com%2fth%2fid%2fR.c922d4a8ca3aec17f3a5ac72dcc72a65%3frik%3dlFl1fKuND9%252fI0g%26pid%3dImgRaw%26r%3d0&exph=1690&expw=1195&q=EMBLEME+DU+TPR&FORM=IRPRST&ck=96F0AE0FD27451285D1A756A29D0B141&selectedIndex=7&itb=1&ajaxhist=0&ajaxserp=0

  43. Michel Deluré

    Qu’il doit être dur, surtout, d’être le favori d’une présidentielle lorsque l’on prend réellement conscience de la lourdeur de la tâche qui vous attend et des responsabilités qui en découlent, et que l’on s’est trop illusionné sur ses propres capacités, ses propres compétences, pour les assumer.

    Le Cid déclamait : « Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », mais Jordan Bardella n’est pas le Cid et diriger un pays comme la France, dans le contexte où il se trouve, assumer le destin d’une nation telle que la nôtre, faire bien en fait notre société, exigent des qualités, des compétences, une expertise, une culture que le manque d’expérience de JB ne lui ont manifestement pas encore permis d’acquérir.

  44. hameau dans les nuages

    Croyez-moi, Monsieur Bilger, qu’il fallait en avoir quand, pour les législatives de 1988, mon épouse s’est présentée sans être encartée, au nom du Rassemblement national, alors que son score prévu était minable.
    Être à une tribune, être prise en photo, bien cadrée, par un journaliste de gauche faisant sans doute son album, s’exprimer à une radio locale sans avoir de talent d’orateur.
    Être visionnaire de ce qui allait se passer sous les moqueries continuelles ou les accusations de fascisme.

    Et maintenant, il arrive ce qui devait arriver, mais comme avait dit Jean-Marie Le Pen peu avant son décès : « Trop tard ! ».

    Hier soir et cette nuit, sur les barrages, on chantait la Marseillaise devant les cordons de gendarmes. Trop tard… Mektoub ! dirait-on en arabe, puisque c’est le destin de la France : sa disparition programmée.

  45. Avant tout, je précise que je n’ai pas visionné l’émission en question. Mon commentaire portera donc sur l’attitude générale de Jordan Bardella face à des journalistes.

    Comment ne pas faire le lien entre l’analyse de ce billet et le billet précédent portant sur la passion humaine qui pourrait polluer la politique en la rendant parfaitement irrationnelle.
    Irrationalité que je considère comme naturelle, puisqu’elle repose sur des prémices, les fameuses convictions a priori du bien et du mal, qui déterminent l’engagement politique. Je m’en suis expliqué dans un commentaire sur le précédent billet.

    Et c’est là que le comportement de JB est surprenant. L’homme semble parfaitement rationnel dans sa façon de répondre aux questions, conservant toujours un calme et, sinon une bienveillance, du moins une retenue à l’égard de ses contradicteurs.

    Jamais un « pétage de plombs » à la Mélenchon ou à la Marchenoir — tiens, pourquoi je parle de Marchenoir ? — faudra que je consulte mon psy, mais c’est un autre sujet.

    L’individu Bardella donne l’impression de manquer de ce feu intérieur, de cette énergie à soulever les montagnes, de cette ambition à dévorer la lune qui caractérisent les hommes politiques de tout âge.

    Il est raisonnable, « il est maître de lui comme de l’univers », pour reprendre la célèbre réplique d’Auguste dans le Cinna de Corneille.
    C’est bien dans le cadre de la dédiabolisation, mais voilà, lui n’a pas ou n’aurait pas besoin de se dédiaboliser, il ne s’appelle pas Le Pen.

    Faudrait qu’il apprenne à bouger, à gesticuler, à se bouger. Être en mouvement quand on parle, c’est déjà être dans l’action en devenir.

    En un mot, faut qu’il devienne une bête de spectacle, un homme politique avec ses travers, ses extraversions et aussi… ses mensonges… pourquoi pas !

    J’ai vraiment peur d’un deuxième tour Bardella-Mélenchon dans lequel ce dernier ne ferait qu’une bouchée de Jordan, avec le risque d’avoir ledit Mélenchon élu !

    Une dernière remarque pour le défendre tout de même, ce gentil, trop gentil Jordan.

    On reproche au RN un projet économique incohérent… quand on veut noyer son chien… proverbe bien connu.

    Mais quel est le projet économique de Sébastien Lecornu ?
    Malgré mon grand âge et ma culture historique, qui est encore plus grande, si, si, je n’ai jamais, au grand jamais, vu ou entendu parler d’un gouvernement dont le budget aurait été élaboré par un parti d’opposition.

    Et cela, même pas au nom de l’intérêt général, mais pour répondre au dur désir de durer du Premier ministre et du Président, qui croit le tenir en laisse, alors que la laisse est tenue par le parti d’opposition, qui lui est maître du jeu à défaut de l’être de l’univers.

  46. « J’ai ressenti une impression différente le 11 décembre, lors de l’émission de trois heures au cours de laquelle Jordan Bardella, sur BFM TV, questionné longuement par une pluralité de citoyens, s’est efforcé de leur répondre tant bien que mal. » (PB)

    Je n’ai pas regardé cette émission, ayant peu de goût pour ce genre de spectacle qui ressemble un peu à du tir aux pigeons. Mais j’ai pu en voir quelques extraits su « X » (anciennement Twitter). Elle a quand même fait un beau carton d’audience avec 4,7 millions de téléspectateurs en cumulé, bien plus que CNews qui se targue d’être la première chaîne d’info de France tous les quarts d’heure sur son antenne.

    Comme il fallait s’y attendre, Jordan Bardella avait bien appris sa leçon. Il s’est plutôt bien débrouillé sur les thèmes portant sur la sécurité, mais beaucoup moins sur sa position concernant l’Ukraine, l’âge de départ à la retraite et tout ce qui porte sur l’économie, le point faible du RN.

    La route est longue encore avant l’élection présidentielle de 2027. Arrivera-t-il à tenir la distance ? Je lui conseille des séances de taï-chi tous les matins. 😊

  47. Robert Marchenoir

    C’est sûr qu’on aurait préféré vous avoir, vous, de préférence à toute une série de branquignols que nous avons dû souffrir, quelle que soit leur étiquette. Mais le tempérament nécessaire pour une carrière politique ne s’invente pas. Cela étant, vous avez oeuvré au gouvernement de s’pays dans le rôle que vous avez choisi. On a besoin de hauts fonctionnaires autant qu’on a besoin d’hommes politiques… même si on voit moins leur trombine à la télé.

  48. L’intérêt pour la politique ne m’est venu que sur le tard, en fait depuis que j’ai pris ma retraite. Je me suis alors trouvé soudain avec beaucoup de temps disponible devant moi.

    À cette époque, les réseaux sociaux et les blogs faisaient leur apparition. J’ai commencé mes explorations sur Internet avec J.-M. Aphatie, qui avait son éditorial journalier sur RTL et avait ouvert un blog. J’y ai découvert des personnages intéressants, souvent très cultivés, aux commentaires décapants.

    Lorsque J.-M. Aphatie a quitté RTL, il a supprimé son blog et je suis parti à la recherche d’un autre. C’est alors que j’ai découvert, un peu par hasard, le blog de Philippe Bilger et, depuis, je ne l’ai plus quitté.

    En fait, en politique, ce qui m’intéresse, ce sont les débats des campagnes présidentielles, et notamment ceux de l’entre-deux-tours.
    Ceux qui m’ont le plus marqué sont :

    – les deux débats opposant VGE à François Mitterrand (1974 et 1981) ;

    – le débat de 1988 entre François Mitterrand et Jacques Chirac.

    Des débats de haute tenue, tout en subtilités. Ceux qui ont suivi ensuite étaient loin d’être du même niveau.
    Mais je pense que les débats de la campagne présidentielle de 2027 vont être très intéressants, au vu de la situation nationale et internationale.
    Encore seize mois à patienter, avec des sondages pour nous tenir en haleine…

  49. Marc Ghinsberg

    Cher Philippe,

    Votre billet tout en compassion envers Jordan Bardella souligne son stoïcisme face à un public manifestement condescendant, en insistant sur sa dignité personnelle.
    Mais vous éludez totalement le fond : aucune analyse de ses propositions, de sa vision politique. Par ailleurs, vous n’avez pas jugé utile de consacrer le moindre billet à ses deux premiers livres.
    Cette omission répétée laisse transparaître, me semble-t-il, un scepticisme profond, comme si vous ne croyiez pas une seconde que ce très jeune homme, malgré son talent médiatique, mais sans formation solide et sans expérience, soit capable de porter un projet politique sérieux.

  50. Continuez votre introspection, cher hôte ; lisez par exemple Journal d’un prisonnier (que je suis persuadée que vous avez déjà lu, connaissant vos appétits en la matière…).

    Vous ne pourrez, je pense — je l’espère — demeurer indifférent à l’analyse de l’auteur, certes subjective mais ô combien fondée, des dérives judiciaires et de l’hémiplégie de certains magistrats, qui ne voient le mal que lorsque la tête est à droite : curieuse forme, peu ragoûtante, du code de la route judiciaire de la « priorité à droite ».

    Oui, en effet, il faut aujourd’hui beaucoup d’abnégation pour faire de la politique comme un sacerdoce, alors même que ceux qui sont les plus à même de vous juger font preuve d’un aveuglement corporatiste qui n’est pas à leur honneur… et j’y inclus les commentateurs de plateaux, prompts à défendre bec et ongles des décisions irrationnelles, tant leur haine du « présumé coupable » obscurcit leur jugement.

    Eux que l’expérience, l’indépendance affichée et la sagesse des années devraient pourtant mettre à l’abri de tels errements…

  51. Vous avez raison, cher hôte, la politique n’est pas une chose facile. Entre les crétins racistes qui voient des communistes partout, les gôôôchistes de gauche et de gôôôche qui voient des fascistes partout, les femmes et hommes politiques ne peuvent que se faire vilipender.

    Il y a un mais. Que font-ils pour que ce ne soit pas le cas ? Affaires, conflits d’intérêts, barbouzeries, appropriation du bien public, blablatages insupportables, condescendance envers l’honnête citoyen, remises en cause des libertés…

    Petite précision, cher Florestan68 : je crois que, sous des dehors qu’il aimait bien faire apparaître comme triviaux, Jacques Chirac était également un homme assez cultivé. Je n’en ai pas la certitude, mais c’est ce qui se raconte. Un type qui glissait un bouquin de poésie entre les pages de Playboy.

    Cela n’en a pas fait un président hyperactif — enfin, sur les gonzesses… — mais au moins a-t-il laissé dans l’imaginaire une impression de franchouillardise et de considération pour son pays.

    On ne peut pas en dire autant de ses successeurs, qui non seulement n’ont pas sa culture — peut-être à part Hollande — mais qui se contrefichent royalement de notre pays.

    1. Vous avez en partie raison, car Chirac était un grand amateur d’Arts premiers, mais je doute qu’il ait eu une grande culture littéraire, ce qui était le cas pour les trois autres, culture qui leur permettait d’avoir une vision plus large et d’inscrire leur action dans une continuité historique.

      On se souvient notamment de son propos scandaleux et suicidaire affirmant que les racines de l’Europe étaient autant musulmanes que chrétiennes. On voit le résultat aujourd’hui, avec la laïcité qui n’est plus que le cheval de Troie de l’islamisme.

  52. Cher Philippe Bilger,

    Je vais vous faire une confidence. J’ai, parmi mes connaissances, un petit jeune de 25 ans, engagé à droite et apparemment proche de Marine Le Pen, qui m’affirme qu’il se battra de toutes ses forces pour être président de la République. Il m’écrit régulièrement pour me dire à quel point la situation du pays est inquiétante et qu’il se sent poussé non par l’ambition personnelle, mais par le devoir de sauver ce pays. C’est une mission qui l’habite et qui lui donne la force et la patience d’aller jusqu’au bout, en étant prêt à tous les sacrifices nécessaires pour cela. Pour l’instant, il a décroché une place de suppléant du candidat RN qui a toutes les chances d’être élu dans ma circonscription.

    C’est à l’aune de cet exemple que l’on peut comprendre pourquoi certains sont prêts à subir toutes les épreuves, toutes les avanies, toutes les calomnies pour accéder au pouvoir. C’est la certitude de pouvoir changer le cours de l’Histoire et d’améliorer la situation de leurs compatriotes qui leur donne la force, l’énergie, la volonté de surmonter tous les obstacles qui se dresseront inévitablement sur leur route.

    Mais une volonté, même inébranlable, ne vous confère aucun talent. Et c’est la grande différence d’avec les générations passées. La connaissance de l’Histoire, la culture générale et littéraire étaient jadis indispensables pour prétendre diriger le pays. On pense à de Gaulle et son aura planétaire, à Pompidou (qui a écrit une anthologie de la poésie française qui fait référence), ou encore à Mitterrand qui était le dernier président vraiment cultivé.

    La déculturation galopante, fruit amer de Mai-68, qui ravage ce pays depuis cinquante ans, a produit une classe politique d’un faible niveau culturel, bien incapable d’inscrire ce pays dans une continuité historique. Et la clique fangeuse et braillarde à Mélenchon n’est que le résultat ultime de cette évolution (instrumentalisée en cela par une génération d’immigrés dont ils sont les idiots utiles dans leur mission divine de conquérir le monde).

    C’est pourquoi il serait salutaire que le prochain président soit à nouveau un homme de culture, capable de redonner à ce pays ses lettres de noblesse et surtout sa fierté. Même s’il lui faudra passer par la méthode Trump (avec rétroactivité sur 25 ans du droit du sol et remigration massive) pour que la France redevienne la France.

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