La violence est-elle devenue la politique ?

Depuis le crime odieux commis à plusieurs par l’ultra-gauche contre Quentin Deranque, littéralement massacré, on s’interroge sur la violence en politique. Et, pour une fois, la réflexion s’est attachée à l’essentiel, voire à l’exclusif, depuis quelque temps : la violence politique est passée à l’extrême gauche.

Michel Winock a beau affirmer que « la culture politique française est celle de la discorde et de la fureur » (Le Figaro), on ne peut s’empêcher de penser qu’une accélération brutale de la violence s’est produite depuis la légitimation de comportements qui, longtemps, ont été considérés comme hors de la démocratie.

En effet, ce qui me frappe, c’est qu’il ne s’agit plus seulement d’actes violents, de séquences singulières ou collectives, agressives et parfois mortifères, mais de quelque chose de plus grave : j’ai l’impression que la violence est devenue la politique. Comme si l’on avait abandonné le classicisme et la mesure de celle-ci pour l’horrible schématisme et la brutalité de l’autre.

La violence serait-elle devenue la continuation de la politique par ce seul moyen jugé acceptable pour la lutte militante et le changement de société ?

Avec, d’abord, l’inflation grotesque de ces termes guerriers et totalitaires d’hier – nazisme et fascisme – faisant croire que notre démocratie aussi imparfaite qu’elle soit aurait quoi que ce soit de commun avec les horreurs de ces régimes. Cet extrémisme du vocabulaire banalise une Histoire unique et affadira l’indignation à l’égard de ce qui n’est pas nommé à sa juste place et à la bonne époque.

Ce changement de climat tient principalement à une escalade constante qui, des mots aux gestes, de l’invective au crime, a irrigué l’ensemble de la vie politique, officielle ou dissidente, et fait apparaître qu’il n’y avait plus aucune solution de pacification dans les mécanismes ordinaires d’une République qui était d’autant moins discutée qu’on n’éprouvait pas le besoin compulsif de l’invoquer sans cesse pour tout et n’importe quoi !

À cette progression de l’inacceptable, il convient d’ajouter cet élément capital : l’idéologie de l’extrême gauche et de certains des mouvements sur lesquels elle s’appuie, non seulement ne se repent jamais des conséquences parfois ignobles d’un militantisme dévoyé, mais au contraire les assume en justifiant la violence comme outil fondamental pour obtenir ce que le dialogue démocratique et le vote ne sont jamais parvenus à accomplir.

L’atmosphère d’aujourd’hui a pris un tel tour extrémiste que les conseils d’apaisement tombent à plat et paraissent presque décalés par rapport à une ébullition sociale et politique qui les rend dérisoires. Le président de la République était dans son rôle quand il a invité les radicalités aux extrêmes à se calmer et à retrouver les voies d’une politique civilisée.

Mais, pour reprendre une considération de Michel Winock dans son livre sur « La Commune », Clemenceau et Victor Hugo, « qui ont voulu éviter la guerre civile (…) ont été eux aussi de grands vaincus ». Il me semble qu’on pourrait qualifier ainsi ceux qui, aujourd’hui — Emmanuel Macron notamment —, après avoir rêvé de rassemblement, sont confrontés à son exact contraire : le déchirement de notre pays en de multiples fractures.

Je ne peux pas non plus passer sous silence, pour expliquer les dérives mortelles de ces derniers jours, la bêtise et la mauvaise foi pures et simples de certains militants qui poussent l’inconditionnalité jusqu’au délire. Quand Sébastien Delogu — quel cauchemar ce serait pour Marseille de l’avoir pour maire ! — ose déclarer que « La Jeune Garde n’est pas violente et qu’il en est fier » (BFMTV), on a le droit de questionner l’équilibre d’une personnalité qui, voyant le même réel que nous tous, décide de ne pas en tenir compte et de nier l’irréfutable…

Nous ne sommes évidemment pas éloignés de ce qui va agiter le débat présidentiel de 2027. La personne que les Français choisiront devra avoir mille qualités humaines, politiques et techniques, mais d’abord celle-ci, essentielle : être un président de réelle unité et d’authentique rassemblement.

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La morale, aujourd'hui, est à charge !

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  1. « La violence serait-elle devenue la continuation de la politique par ce seul moyen jugé acceptable pour la lutte militante et le changement de société ? » (PB)

    Il me semble que tout est dit en ces quelques mots. Car l’on n’est plus dans le raisonnement logique, dans la discussion politique démocratique, c’est-à-dire fondée sur le respect de l’autre et de ses idées même si on ne les partage pas.
    Comme à la fin du XIXe siècle ou dans l’entre-deux-guerres mondiales, nous sommes revenus au règne de la seule idéologie qui prétend régler les rapports entre individus. Et d’une certaine manière à la victoire de l’idéologie de gauche dont sont nourris non seulement les adeptes de LFI, mais aussi une grande part de notre classe politique, notamment les adeptes du prétendu progressisme, dont d’ailleurs le président de la République est un adepte inconditionnel. C’est ce qui permet de comprendre la réaction épidermique de monsieur Macron au communiqué de madame Meloni parce qu’elle a eu « l’inélégance » de dire que l’extrême gauche était une menace pour l’Europe.

    Lorsque j’étais étudiant dans les années 1965, la jeunesse communiste ou les trotskistes noyautaient déjà les AG. Quelle n’avait pas été ma surprise d’entendre en assemblée générale le président de notre association d’élèves-ingénieurs dénier au directeur général le droit d’entretenir des relations avec les patrons du monde industriel ! Puis mai 1968 est passé et tous les trotskistes les plus virulents se sont coulés dans toutes les sphères décisionnelles de l’État comme du parti socialiste pour y exercer leur entrisme idéologique. Et tout particulièrement au ministère de l’Éducation nationale. Et c’est leur idéologie qui a infusé dans tous les programmes, notamment du secondaire. Et c’est cette même idéologie qui a supplanté l’enseignement des sciences dures au profit du bourrage de crâne qui a atteint nos universités et même les antichambres de la formation des « élites politiques », notamment à Sciences Po Paris comme en province.

    On a supprimé l’enseignement du français au profit d’une pseudo-langue polluée en plus par la fameuse inclusivité. Pour ne pas traumatiser les nouveaux arrivants, on a donc baissé le niveau scolaire et supprimé la sélection qui précédemment existait tout au long du cursus scolaire et universitaire. Qui pourrait encore prétendre que le baccalauréat serait le premier titre universitaire ? Par là-même on a supprimé l’apprentissage de « l’esprit critique » qui était à la base de la formation du jugement des adolescents et jeunes adultes.
    Un certain nombre d’intellectuels de gauche ont bien analysé cette évolution négative. Je pense à Marcel Gauchet, à Jean-Claude Michéa et d’autres qui sauvent l’honneur de la pensée française, fût-elle de gauche.

    Par ailleurs, l’université est à présent noyautée par le wokisme, le racialisme, les décoloniaux ou les islamo-gauchistes. À ce sujet il est fort instructif de lire Bernard Lugan qui a commis en 2021 un livre toujours d’actualité : « Pour répondre aux « Décoloniaux », aux Islamo-gauchistes et aux Terroristes de la Repentance », en somme ce qui constitue le corpus idéologique d’une part appréciable des professeurs d’université comme d’une grande majorité de la gauche et même du centre, celui que prône notre cher président de la République. En quelque sorte l’idéologie qui sert de fondement à LFI et sa Jeune Garde qui mettent en œuvre leur trotskisme dont la référence reste Robespierre et la Terreur.
    Aussi, dans cette perspective, la « morale bourgeoise » est systématiquement battue en brèche, ce d’autant plus que beaucoup des membres de cette mouvance tout comme les Black Blocs sont issus de cette même bourgeoisie…

    Alors, Monsieur Bilger, je souhaiterais que le vœu formulé dans votre conclusion (« La personne que les Français choisiront devra avoir mille qualités humaines, politiques et techniques, mais d’abord celle-ci, essentielle : être un président de réelle unité et d’authentique rassemblement ») soit exaucé. Mais je crains qu’en réalité l’élection présidentielle de 2027 ne soit que le prélude à des affrontements qui consacreront la cassure de la société française, submergée par des mœurs qui lui sont totalement étrangères, portées notamment par des actuelles minorités, notamment religieuses, qui voudront imposer leur idéologie religieuse par le cimeterre avec l’appui inconditionnel de formations comme LFI et sa Jeune Garde, et d’autres mouvements dont l’objet est la disparition de la civilisation occidentale en général et française en particulier, celle dont monsieur Macron a dit qu’elle n’existait pas ! Ce d’autant plus que monsieur Macron veille tout particulièrement à verrouiller les institutions de notre pays pour rendre impossible toute réforme à ses successeurs.

  2. Michel Deluré

    « Le président de la République était dans son rôle quand il a invité les radicalités aux extrêmes à se calmer et à retrouver les voies d’une politique civilisée ». (PB)

    Certes, mais c’est cependant oublier la propre part de ce même président dans ce climat de violence politique qui gangrène aujourd’hui le pays.

    La violence n’est jamais dénuée de cause. Lorsque le pouvoir en place n’a plus pour opposition que les forces politiques extrêmes, figées dans leurs idéologies radicales, comment espérer un débat politique serein, apaisé, constructif ?

    Pour ces groupes radicaux, la violence devient le moyen, s’appuyant sur une supposée supériorité, d’atteindre ses objectifs politiques, d’afficher et de symboliser son mépris, conscient ou inconscient, des comportements et convictions de l’Autre.

    Enrayer ce climat de violence politique exige que nous nous questionnions tous sur notre responsabilité individuelle et collective sur le point de savoir si nous sommes innocents ou non de ce processus conflictuel.

    On ne peut impunément laisser le débat politique

  3. La violence en politique ne date pas d’aujourd’hui. Elle est aggravée plus encore quand un pays n’est plus en sécurité pour défendre ses racines, son identité historique et culturelle, sa liberté de choisir son propre destin et non celui qu’on lui impose de force en ouvrant grandes les portes à des inconnus nous dictant leurs lois religieuses antirépublicaines et antidémocratiques et nous menaçant de coups mortels.

    Chaque pays, que ce soit la France particulièrement menacée, en Europe ou ailleurs, a le devoir et l’obligation de protéger les siens. Et si ce n’est pas le cas, c’est le peuple qui se met en marche pour dire STOP à l’invasion sauvage et incontrôlée.

    Dès lors que la France laisse ses portes ouvertes à des étrangers religieux nous dictant leurs lois fanatiques, soutenus par les Frères musulmans et une extrême gauche aveugle et complice, la violence sera de plus en plus dure envers les Français qui n’aspirent qu’à une plus grande sécurité et liberté de clamer leurs droits à leur souveraineté française.

    Le documentaire joint n’est que le reflet d’un abus de pouvoir. Emmanuel Macron n’est pas loin de lui ressembler, d’où la violence qui, depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, s’est aggravée.
    https://www.youtube.com/watch?v=qTjHDvw21nY

    Qu’attendent l’État et le ministère de l’Enseignement pour virer sur-le-champ ces deux professeurs de Sciences Po et les traîner en justice (art. 40) pour apologie du meurtre de Quentin ?!
    Interdire à Rima Hassan de donner des conférences ou toute réunion dans les établissements scolaires et universitaires. Ces lieux sont faits pour étudier et non pour semer la pagaille et les affrontements violents avec des drapeaux palestiniens.
    Il y en a marre de cette politique d’extrême gauche chez nous, nous pourrissant la vie.

    Voici un extrait paru aujourd’hui dans le JDD :

    Des témoignages rapportent un rôle militant de l’administration.

    Une étudiante, par exemple, aurait proposé d’inviter Jordan Bardella ou Marine Le Pen avant la présidentielle de 2022. Elle aurait été mise en garde par le directeur de la vie étudiante de l’époque : « Si vous faites ça, il y aura des répercussions sur votre scolarité. » Hier, Le Figaro révélait que deux professeurs de Sciences Po Paris justifiaient, dans une boucle WhatsApp, la mort de Quentin en ces termes : « Ces nazillons ont récolté ce qu’ils cherchaient. » Dans ce contexte, les étudiants de droite et adhérents des Jeunes LR se font plus discrets.
    https://www.lejdd.fr/Societe/universites-sciences-po-sous-emprise-de-la-gauche-167058

  4. Naviguant sur les différentes chaînes de télé, je découvre la manipulation : Quentin était un militant d’extrême droite qui a mérité ce qui lui est arrivé.
    Les coups de pied furieux reçus à la tête étaient la monnaie de son engagement dans un camp honni, celui du « nazisme » (un nazillon, a osé un commentateur !).

    Bref, rien de nouveau sous la pluie de février. Des gentils antifas se sont occupés du cas d’un catho-tradi identitaire, raisonnablement fasciste, nommé Quentin…

    Qu’il ait succombé sous les coups d’un attaché parlementaire d’un député LFI n’entame pas la pureté des intentions dudit député et du mouvement auquel il appartient, marié pour le pire à la « Jeune Garde » pas encore dissoute car les rapporteurs du Conseil d’État situés à gauche toute regardent ailleurs !

    Car, oui, le danger c’est l’extrême-droite puisque ont été détectés des saluts nazis pendant l’hommage à Quentin durant le défilé en son hommage.
    Imaginez une seule minute qu’un député RN ait eu comme collaborateurs des nervis extrêmes qui se seraient attaqués à un membre de l’ultra gauche…

    La révolution, je n’ai pas de mots, etc.

    Bref, comme d’habitude, nous devons supporter cet affligeant spectacle, nous hommes ou femmes de droite attachés aux vertus de la disputatio…

  5. « Emmanuel Macron notamment —, après avoir rêvé de rassemblement, sont confrontés à son exact contraire : le déchirement de notre pays en de multiples fractures. » ( PB )

    Faux ! Macron, aux ordres de l’UE et avec la promesse d’une bonne place financière à l’issue de son mandat, a rêvé de détruire la France au-delà de toutes espérances ; la réalité a dépassé ses rêves. Le vrai rassemblement réussi, c’est celui de toutes les racailles et immondices de la terre entière, envahisseurs, délinquants et criminels, sur tout le territoire.

    « Quand Sébastien Delogu — quel cauchemar ce serait pour Marseille de l’avoir pour maire ! — ose déclarer que “La Jeune Garde n’est pas violente et qu’il en est fier” (BFMTV) » (PB, encore lui)

    Faux ! Le Marseillistan est à l’image d’un Dégueulogu ; ses habitants, à son image eux aussi, le méritent et souhaitent son élection : une péninsule arabo-africaine criminelle narco ; seul un LFI hamaSS narco est capable de la diriger ; pour cela, il doit soutenir et féliciter les criminels de la Jeune Garde.

    « Le débat présidentiel de 2027. La personne que les Français choisiront devra avoir mille qualités humaines, politiques et techniques, mais d’abord celle-ci, essentielle : être un président de réelle unité et d’authentique rassemblement. » (PB, toujours lui)

    Faux ! Les Français, bovins génétiques, sont plus préoccupés par les victoires, les défaites et le classement de l’OM et du PSG en Ligue 1 ; on espère toujours un sursaut républicain, voire patriotique, des citoyens ; il ne viendra jamais : un bœuf est dans l’incapacité de sursauter, trop lourd.
    Ne comptons pas non plus sur les meufs qui continuent à « veauter » pour celui-qui-a-la-plus-belle-moustache et plus préoccupées par leur tour de taille « Comme j’aime ».

    Une majorité de ces bovidés trépanés du bulbe vous enverront promener : « Oh, moi, je ne fais pas de politique ».

    En résumé, les vrais fachos aujourd’hui sont les partis d’extrême gauche ; ils reproduisent les mêmes schémas que ceux des nazis des années trente ; leurs nervis casseurs-tueurs sont protégés et choyés en loucedé par le pouvoir pour exécuter ses basses œuvres ; c’est vieux comme le monde ; dans ces groupes ultra-violents, les casseurs eux-mêmes sont interchangeables : ils peuvent casser aujourd’hui au nom de la gauche et demain au nom de la droite, selon le désir du pouvoir machiavélique, sadique, diabolique ; exemple hier à Lyon : des ultra-gauches ont tagué des croix gammées sur les murs en se faisant passer pour des ultra-droites ; c’est ringard, relou, recuit, mais nos bovins de téléspectateurs ont tous mordu à l’hameçon gauchiste ; bien entendu, c’est un secret… Ben voyons !

    Côté médias, CNews reste le seul média de la liberté d’expression, pour le moment, car un accident est si vite arrivé.

    Les autres, aux ordres, soumis, couchés, collabos — BFM, France Info, LCI, France Inter, etc. — sont chargés de réciter la bonne parole islamo-gauchiste macronienne de la bien-pensée seule autorisée, moyennant force subsides, rétributions et subventions en récompense.

    Le billet de Philippe a un bon parfum vintage ; c’est périmé mais nostalgique ; j’ai même versé une larme.

  6. Cher Philippe Bilger,

    La déculturation que nous subissons depuis l’avènement de F. Mitterrand est largement responsable de la montée de la violence en politique : quand on n’a plus les mots justes pour s’exprimer, on schématise à l’extrême. Et quand on n’a plus les mots du tout, il reste les poings.

    L’immigration massive et la radicalisation croissante des Arabes devenus musulmans ont permis l’entrée en force de sombres crétins illettrés et fanatisés à l’Assemblée, qui passent leur temps à invectiver leur prochain et attiser la violence.

    D’autre part, cette schématisation outrancière s’applique aussi chez ceux qui nous influencent, comme les médias, forcément progressistes, et le monde culturel, forcément bien-pensant. Ainsi ce vocable d’extrême droite que l’on colle à tout propos sur le RN, alors qu’il en est fort éloigné.

    Dans son excellent ouvrage*, Marion Maréchal nous explique page 46 que « Historiquement, l’extrême droite se reconnaît à des aspects récurrents comme la logique totalitaire, la vision antiparlementaire et le goût pour une organisation paramilitaire ».
    Rien à voir donc avec le RN. Ce serait plutôt LFI qui s’en rapprocherait.

    Il reste la fameuse « préférence nationale », qui est effectivement au programme du RN. Sauf que sans préférence nationale, il n’y a plus de nation : le pays devient une auberge espagnole. Sauf qu’on ne voit aucun inconvénient à ce que la Commission européenne mette en avant une préférence européenne.

    Cette malhonnêteté doublée d’une paresse intellectuelle explique en grande partie le rejet viscéral du RN et la violence qu’il peut engendrer chez certains.

    * « Si tu te sens Le Pen » (éditions Fayard, 21,50 €)

  7. L’amour détruit tout ce qui est fondé sur le mensonge, preuve par Proust, ou par notre auguste clown intégriste qui, à part le fouet et la corde de ses superstitions moyenâgeuses, n’a d’autres solutions que de devenir semblable aux suppôts qu’il dénonce.

  8. Xavier NEBOUT

    Nous apprenons que Mélenchon, l’apatride dans l’âme, se réclame de Santerre, le glorieux révolutionnaire qui voulait gazer toute la population de la Vendée et a fait battre le tambour pour qu’on n’entende pas les dernières paroles de Louis XVI.

    Voilà la parfaite démonstration de l’erreur démocratique consistant à donner le droit de vote aux suppôts du diable (- di-able – qui enlève la lumière, porte de l’esprit, et que les veaux, dont le propre est de prendre ce dont ils ne comprennent rien pour des imbécillités, prennent pour les images qu’on en faisait jadis).

    Au temps de l’apogée de notre civilisation, celui de Philippe Auguste, cette racaille se matait avec les seules choses qu’elle comprenne : le fouet et la corde.

    Vive le Roy.

  9. Quand l’outil de communication universel, pour garantir son profit capitaliste, se soumet, sous les dehors d’une liberté d’expression dévoyée (bullshit), au mécanisme de la foule lyncheuse, réapparaît l’infâme mensonge qui donnerait l’illusion de désigner chez autrui ce qu’on n’a pu identifier qu’en soi-même.

    La tentation est grande, pour chaque citoyen, d’aller chercher dans la mémoire collective l’une ou l’autre dérive pour éviter la prise de conscience, véritable révélation apocalyptique personnelle, et de céder à ce qui a déjà mené le corps social au pire, alors que, pourtant, elle dessine la condition nécessaire et suffisante à l’établissement de la paix démocratique, définie comme souverain bien : la responsabilité individuelle.

    Comment le jeune footballeur lyonnais, rencontré lors de l’aventure sportive d’un fils au moment de la première élection de Macron, après des études où, manifestement, il n’a rien appris, se voit enrôlé dans les hordes excitées par Zemmour, aurait-il les moyens de ne pas céder aux sirènes de la violence, seule à même de donner sens à son existence ?

    Ce n’est pas Aulas qui l’aura enjoint à ne pas fustiger les Stéphanois en l’entraînant aux moqueries de bas étage.

    Ce n’est pas son père, architecte de profession, qui aura vu le père d’un de ses coéquipiers de couleur devenir pâle sous sa peau noire, quand Mélenchon l’abandonnait à sa terreur lors du deuxième tour de l’élection ; il ne l’a pas entendu me confier : « Mais alors, on va devoir partir ? »

    Sa mère, quant à elle, roulant carrosse allemand que la publicité nomme du nom d’un bagne, était trop occupée à ses partouzes, quand les sextapes circulaient au lycée sur tous les téléphones, au point que certains joueurs, et non des moindres, se voyaient mis sur la touche pour avoir exposé leurs exploits, qui n’étaient pas footballistiques mais de violeurs en devenir.

    Comment va Hugo ? demandais-je à mon fils par la suite.
    Pas bien, me répondit-il, ses parents divorcent, il fume du shit et il est devenu raciste.

    Leur entraîneur d’alors n’avait su me répondre que par un sourire gêné quand, devant gérer la déception de mon fils, je lui demandais comment il faisait pour se débrouiller mentalement de lui avoir promis d’être un des joueurs les plus importants de l’équipe pour finir par le mettre sur la touche, car il s’était soumis à plus puissant, récemment arrivé, et devait faire jouer les nouveaux gamins que celui-ci avait amenés avec lui, tout aussi talentueux au demeurant.

    Hugo avait été important à cette période pour notre fils, déçu lui aussi mais pour cause de blessure ; ils avaient vécu ensemble l’adversité cruelle de l’hypercompétition et de leur rêve brisé alors qu’ils avaient à peine seize ans.

    Ce n’est pas le désastre personnel de l’éducateur en question, marié avec trois enfants, attrapé en train de besogner une jeune joueuse dans les vestiaires, qui aura pu les consoler, même si cela les a fait rire, triste rétribution.

    Qui alors, pour sauver Hugo, muni de la même cagoule que les gauchistes si, de Guedj à Retailleau, le sursaut républicain ne sait pas réunir ceux à qui il reste un peu de conscience pour éviter que les immondes enrôlés par Bolloré ou Mélenchon, semblables infâmes recruteurs publicitaires, ne sachent qu’offrir la jeunesse aux oligarques de la tech pour garantir leur profit méphitique universel, ceux-là qui usent de leur liberté pour apprendre aux jeunes à s’en passer et à céder aux pires injonctions de la violence ?

    L’audace de Macron, jusqu’à la dissolution, aura alors au moins servi à cela : ouvrir le chemin à celle qui démissionnera en juin pour offrir à l’Europe la dernière chance de sauver sa jeunesse, tout en proposant à la France d’enfin assumer son destin de lumière libre du monde qui, après avoir reconnu tous ses échecs impériaux, est enfin à même d’incarner le leadership d’un vieux continent réconcilié, dotée de l’arme fatale qui permet de tendre l’autre joue pour garantir la seule voie que nous avons loisir de choisir si nous voulons protéger nos enfants.
    On a, bien entendu, tout loisir de les offrir aux résurgences immondes des hémiplégies infécondes.

    P.-S. : Une prière, qu’il soit mort ou vivant puisque s’il était mort, il serait encore vivant, ici en son écho, une prière pour genau :
    https://www.youtube.com/watch?v=nrr0WJnL-GQ&list=RDnrr0WJnL-GQ&start_radio=1

  10. « Ce changement de climat tient principalement à une escalade constante qui, des mots aux gestes, de l’invective au crime, a irrigué l’ensemble de la vie politique, officielle ou dissidente, et fait apparaître qu’il n’y avait plus aucune solution de pacification dans les mécanismes ordinaires d’une République qui était d’autant moins discutée qu’on n’éprouvait pas le besoin compulsif de l’invoquer sans cesse pour tout et n’importe quoi ! » (PB)

    Nous entrons en période électorale (*) et donc il n’est pas vraiment étonnant d’observer que les discours s’échauffent dans les meetings et sur les plateaux de télévision.

    Ceci d’autant plus que ce sont les partis radicaux, de droite comme de gauche (RN et LFI), qui semblent avoir les faveurs des sondages.

    Les partis « traditionnels », LR, le PS et celui de la majorité, dont on ne sait plus vraiment s’il est de droite ou de gauche tant les discours de ses ténors sont alambiqués, sont de moins en moins audibles auprès de la population.

    Cette exaltation se répercute dans la rue par des batailles entre militants des partis extrêmes, avec des conséquences qui peuvent être dramatiques, ainsi que dernièrement avec le lynchage de Quentin Deranque.

    Nous sommes arrivés à un niveau de tension tel que la violence des mots s’accompagne désormais de celle des comportements.

    Pourtant, les mots devraient pouvoir se suffire à eux-mêmes, ainsi que le fait remarquer l’excellent André Dussollier, qui récite un poème de Victor Hugo « Le mot ».

    À noter qu’à l’époque de Victor Hugo, les smartphones, capables d’enregistrer à notre insu les moindres conversations privées, n’existaient pas encore, mais les mots pouvaient se répandre comme une traînée de poudre.

    Quelle que soit l’époque, ils peuvent parfois être destructeurs.
    Nous avons pu le constater dernièrement avec les propos odieux de Ségolène Royal concernant Quentin Deranque, l’accusant d’être un néo-nazi, ou encore ceux de Jérôme Guedj qui, après avoir traité J.-L. Mélenchon de « salopard d’antisémite » (sic), nous dit tranquillement aujourd’hui qu’il serait prêt à voter pour n’importe qui contre le RN, y compris pour un candidat de LFI. Allez comprendre ! N’a-t-il jamais pensé à l’abstention ?

    (*) Élections municipales le mois prochain, présidentielle l’année prochaine, suivie dans la foulée des élections législatives.

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