Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Même la mort n’égalise pas !

De leur vivant les révolutionnaires et les gauchistes sont traités avec respect. On aurait pu espérer que la mort au moins égalise et qu’un traitement similaire soit octroyé à ceux qui se sont égaré. Malheureusement l’injustice continue, et le regard discriminatoire. Patrick Devedjian a droit à l’opprobre post mortem quand d’autres plus gravement dévoyés ont bénéficié d’un glissement délicat sur leurs années noires. Je ne m’habituerai jamais à ce deux poids deux mesures.

Mauvaise conscience !

Emmanuel Macron, Metz, Patrick Devedjian, Montfermeil : cette carte du « dur » instille de la mauvaise conscience. Le monde, la France cognent à notre porte. Nous ne sommes pas seuls.

Qui échappera à la Justice demain ?!

Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout d’une absurdité et porter plainte contre le coronavirus ? Ce serait aberrant mais au moins on ne se tromperait pas de coupable !

Karl Marx – Albert Camus: le match…

Serait-il alors incongru, voire iconoclaste de se demander si le rêve marxiste de transformation du monde, et l’ambition reléguée par Camus au profit d’un dessein plus modeste, ne pourraient pas retrouver du lustre, reprendre de l’éclat et imposer, sans qu’on ait le choix, une métamorphose radicale de toutes nos conceptions de vivre, de travailler et d’être ensemble ?

Il faut épurer Twitter !

Il faut épurer Twitter. Hors de question, bien sûr, de judiciariser quoi que ce soit. Au risque d’apparaître encore plus naïf qu’on me reproche de l’être, je ne vois comme remède que la résistance de la multitude de bonnes volontés qui ne veulent pas fuir Twitter mais n’acceptent pas forcément la boue qui va avec, la conjuration des esprits et des sensibilités qui n’ont pas peur d’échanger des idées, d’avoir des convictions, de les voir contredites, mais aspirent à de la décence. Qui n’est pas le refuge des pleutres mais l’expression de l’élégance humaine et intellectuelle.

Attention à la chasse aux ministres !

Notamment au sujet de cette interrogation qui m’obsède et sur laquelle personne n’a osé le questionner. Agnès Buzyn lui aurait annoncé le pire à venir le 11 janvier 2020. Sans la nommer il a tourné en dérision ceux qui étaient clairvoyants sur la catastrophe mais celle-ci advenue. Mais on souhaiterait cependant une réponse qui ne détourne pas et éclaire vraiment le citoyen. Donc, attention à la chasse aux ministres parce qu’elle pourrait devenir celle au président !

Le président de la République me fait pitié !

Je persiste. Ecoutant son allocution « mulhousienne », j’ai éprouvé de la pitié pour lui. Rien de pire pour un président que d’accomplir son devoir le moins mal possible avec tant de couteaux plantés dans son dos !

Didier Raoult n’est pas Pasteur !

De grâce, qu’on n’ajoute pas à la propension naturelle des Français à tout critiquer, à douter de tout, la discorde d’un monde qui doit nous inspirer confiance et sur lequel nous devons pouvoir compter absolument. Et le pouvoir, dont il est le guide, avec nous.

Le confinement c’est une vie !

Je mesure à quel point cette période éprouvante pour tant de Français ne m’a pas imposé un retour sur moi-même – la tarte à la crème de beaucoup de psychologues et de psychiatres aujourd’hui ! – car je m’étais jamais détourné de l’examen vigilant et souvent amer de mes tréfonds mais m’a confirmé que j’étais fait pour une existence en chambre avec quelques liens d’élection qui attendront la renaissance pour se poursuivre et s’approfondir. J’ai presque honte de cet aveu : le confinement c’est une vie !

Tous les Français sont médecins !

Tous les Français sont devenus médecins. Ils se disputent, s’affrontent, se contredisent, dénigrent, vitupèrent, se moquent, mettent en cause les prétendus incompétents au nom d’un savoir absent. Justiciers au petit pied, ils se parent d’une aura personnelle qui les légitimerait par essence. L’union nationale est d’abord dans cet unanimisme qui fait croire à chaque citoyen qu’on a besoin de lui et que les professionnels n’attendent que lui. On les applaudit chaque soir à 20 heures mais je vais finir par croire qu’on s’applaudit soi-même.