Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Pourtant le garde des Sceaux n’avait pas si mal commencé…

Un garde des Sceaux doit-il affirmer que nous avons tort ou nous faire entendre raison par une empathie et une action qui, au lieu d’aggraver le hiatus entre le citoyen et les gouvernants, rassurent et rapprochent ? Est-ce l’avocat qui est trop vite revenu ou le formidable talent du bretteur, qui n’est plus à une erreur près, dont le président a besoin pour rendre ou porter des coups qui n’ont qu’un seul tort : d’un ministre on attend une politique, des actes, pas des violences verbales peu appropriées à l’encontre de ceux qui contestent le pouvoir au service duquel il s’est mis il y a peu de temps.

Ainsi le président nous autorise « séparatisme » !

Thèmes en or pour un président cultivé – la République, sujet noble s’il en est – et doué pour les constats qui ont ce grand avantage et l’extrême faiblesse, grâce à la magie du verbe, de n’être pas obligatoirement validés par la puissance de l’action.

Christian Estrosi : avant-garde ou coup de Nice ?

Christian Estrosi, en définitive, s’est lancé tout seul à la tête du président. Il en tirera sans doute des bénéfices politiques personnels mais il n’empêchera pas la droite, si elle se met en ordre de bataille en se choisissant un champion, de jouer un rôle capital en 2022.

Vive les caractères plus que les statuts !

Je vais offenser le procureur général Molins. Mais celui-ci, à n’importe quel poste – je ne l’ai pas admis tout de suite d’ailleurs – aurait suscité l’adhésion et l’estime. Aucun des sentiments négatifs qui accablent, par méconnaissance ou mauvaise foi, trop souvent les magistrats du parquet. Pourquoi ? Parce que statut ou non, il a, il est un caractère. Le reste est foutaise.

Anniversaire

Merci pour vos voeux qui m’ont beaucoup touché. Ce blog serait-il une grande famille ? Pas à la…

Le père d’Albert Camus avait-il totalement raison ?

Je voudrais terminer sur une note qui donnera tout son prix au conseil du père d’Albert Camus. Peut-on l’interpréter comme, au-delà de toutes nos précieuses et fondamentales libertés, une obligation de décence ? Comme le droit évidemment de beaucoup concéder à soi mais en songeant que cette extériorisation personnelle est susceptible de faire mal à autrui ? Comment concilier tout ce qui nous incite à être nous-mêmes et les blessures qu’on cause alors inévitablement ?

Il faut défendre Eric Dupond-Moretti…

Il faut défendre EDM contre ce qui pourrait le détourner du meilleur de lui-même : redonner, dans la Justice, sa place au peuple et s’inspirer d’un humanisme qui ne serait pas mou ni complaisant à l’égard des délinquants et des criminels.