Emmanuel Macron : une descente fatale…

Depuis 2017, le bilan politique, économique, social et régalien d’Emmanuel Macron n’est pas éblouissant. Pas plus que ne l’est la place de la France sur la scène internationale.

Et la situation s’est encore dégradée après sa réélection et la dissolution calamiteuse.

Ce billet n’aura pas pour objet de défendre le président, mais d’expliquer brièvement les raisons d’un désamour d’une telle ampleur qu’il dépasse même la dénonciation politique la plus sévère. On en est à se féliciter, dans le dernier sondage (Ifop), d’une minime élévation à 20 % !

Rien de ce qu’il fait ni de ce qu’il est ne trouve grâce aux yeux d’une majorité de concitoyens. Il est tourné en dérision, humilié, parfois par ceux-là mêmes qui lui doivent tout.

Bien sûr, son destin présidentiel s’achevant en 2027, on agit depuis longtemps comme s’il n’était déjà plus là. On conteste, dans sa personnalité, jusqu’aux qualités éclatantes et réelles qu’elle comporte, même si l’on peut, à juste titre, regretter qu’il n’ait pas eu la volonté de son intelligence, le courage de sa volupté à manier les concepts, la détermination opératoire d’un esprit noyé dans – et par – les « en même temps ».

Mais trop, c’est trop. C’est comme s’il était jugé en faisant l’impasse sur son environnement national, sur le bruit et la fureur du monde. Comme s’il était forcément coupable de chacune de ses réactions, sans qu’on tienne jamais compte des attaques, agressions, initiatives ou humiliations de ses prétendus partenaires, de ses authentiques ennemis. Lorsqu’un Poutine ne le respecte pas, c’est ce tyran que j’estime non respectable.

Dans cette descente fatale, tristement irréversible, en attendant un miraculeux redressement en 2027, le pire est ce sadisme – je crains par moments de l’avoir moi-même applaudi – avec lequel beaucoup de Français de tous bords jouissent littéralement de la manière dont leur président est ridiculisé, selon eux, sur la scène internationale.

J’ai honte de cette indécence qui conduit certains médias et une part des citoyens à multiplier les hyperboles à l’égard d’un Donald Trump caractériel, fluctuant et erratique, simplement parce qu’il vient, indirectement, avec ses plaisanteries et sa dérision, amplifier et satisfaire l’hostilité majoritaire à l’encontre d’Emmanuel Macron ; lui qui se cogne, telle une abeille, à la vitre de la démocratie, et ne sait comment se sortir d’une nasse implacable.

Il résiste à Trump : on l’accable.

Il cherche à stimuler l’Europe : on ridiculise ses efforts.

C’est lui qu’on taxe d’impuissance quand nombre de ses partenaires sont moins allants que lui.

Et pourtant, auprès de Volodymyr Zelensky, il demeure l’incarnation d’une certaine idée de l’honneur.

Parce que la France est aujourd’hui une puissance moyenne, on en vient à dénigrer la parole du président. Pourtant, il fait avec ce dont il dispose et ne saurait être moqué parce que sa résistance s’ajuste aux forces réelles – et aux limites – de notre nation, sur tous les registres. Il pâtit de faiblesses dont il porte certes une part de responsabilité, mais il ne peut, à lui seul, endosser tout le poids d’un passé français défaillant.

Lorsqu’il partira en 2027, je ne le regretterai pas. Mais je n’ai jamais supporté l’injustice.

Qu’on le traite dignement, sans haine, jusqu’au bout. Il est encore, pour quelque temps, notre président et la voix de la France.

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Un billet, en attendant...

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