Entretien avec Robert Guédiguian…

Quel bonheur de pouvoir questionner un grand cinéaste, un citoyen engagé et un honnête homme, et de l’écouter s’exprimer avec une totale liberté !

Article précédent

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon est-il si choyé ?

Article suivant

De Gaulle : le droit contre le juridisme...

Voir les Commentaires (25)
  1. @ Achille

    Karl Marx était quelqu’un de très autoritaire et toujours très dur envers ceux qui contestaient certaines de ses idées ; ses polémiques violentes avec Proudhon et Bakounine (anarchistes) sont connues.

    Comme Nietzsche, il a déploré d’être récupéré par certains dont il se sentait éloigné, les accusant d’avoir trahi ses idées.

    À mon avis, ce qu’il faut retenir de Marx, davantage que ses idées et son modèle politique, ce sont certaines de ses analyses, notamment celle sur la dette publique, que je vais ici rappeler. Je précise que si cette citation, extraite des Luttes de classes en France (1848-1850), est reconnue comme essentielle par les marxistes, elle l’est aussi par nombre d’antimarxistes qui ont reconnu sa pertinence. La voici :

    « L’endettement de l’État était (…) d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres. C’était précisément le déficit de l’État qui était l’objet même de ses spéculations et le poste principal de son enrichissement. À la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables. Chaque nouvel emprunt était une nouvelle occasion de dévaliser le public qui place ses capitaux en rentes sur l’État, au moyen d’opérations de Bourse, au secret desquelles gouvernement et majorité de la Chambre étaient initiés. En général, l’instabilité du crédit public et la connaissance des secrets d’État permettaient aux banquiers, ainsi qu’à leurs affiliés dans les Chambres et sur le trône, de provoquer dans le cours des valeurs publiques des fluctuations insolites et brusques dont le résultat constant ne pouvait être que la ruine d’une masse de petits capitalistes et l’enrichissement fabuleusement rapide des grands spéculateurs. Le déficit budgétaire étant l’intérêt direct de la fraction de la bourgeoisie au pouvoir, on s’explique le fait que le budget extraordinaire, dans les dernières années du gouvernement de Louis-Philippe, ait dépassé de beaucoup le double de son montant sous Napoléon, atteignant même près de 400 millions de francs par an, alors que la moyenne de l’exportation globale annuelle de la France s’est rarement élevée à 750 millions de francs. En outre, les sommes énormes passant ainsi entre les mains de l’État laissaient place à des contrats de livraison frauduleux, à des corruptions, à des malversations et à des escroqueries de toute espèce. Le pillage de l’État en grand, tel qu’il se pratiquait au moyen des emprunts, se renouvelait en détail dans les travaux publics. Les relations entre la Chambre et le gouvernement se trouvaient multipliées sous forme de relations entre les différentes administrations et les différents entrepreneurs.

    De même que les dépenses publiques en général et les emprunts publics, la classe dominante exploitait aussi les constructions de lignes de chemin de fer. Les Chambres en rejetaient sur l’État les principales charges et assuraient à l’aristocratie financière spéculatrice la manne dorée. On se souvient des scandales qui éclatèrent à la Chambre des députés lorsqu’on découvrit, par hasard, que tous les membres de la majorité, y compris une partie des ministres, étaient actionnaires des entreprises mêmes de voies ferrées, à qui ils confiaient ensuite, à titre de législateurs, l’exécution de lignes de chemins de fer pour le compte de l’État.

    Par contre, la moindre réforme financière échouait devant l’influence des banquiers, telle, par exemple, la réforme postale. Rothschild protesta, l’État avait-il le droit d’amoindrir des sources de revenu qui lui servaient à payer les intérêts de sa dette sans cesse croissante ? »

  2. @ RR le 2 novembre 2026
    « D’abord, quiconque a sérieusement lu certains écrits de Marx ne peut nier qu’une volonté totalitaire criminelle y est sous-jacente, ne parlons même pas de ceux de Trotski. »

    La pensée de Karl Marx a tellement été galvaudée, sortie de son contexte, que sur la fin de sa vie, le philosophe a dit qu’il n’était « pas marxiste ».

    Personnellement, j’ai lu Le Capital. J’ai bien aimé le premier tome, dans lequel il parle de la misère des enfants de 9-10 ans obligés de travailler dans des conditions indignes dans les usines d’Angleterre. Heureusement, les temps ont bien changé et c’est en partie grâce à ce livre.
    Mais il a fallu que des personnages ambitieux et cruels détournent son message à des fins politiques. Si bien qu’il y a moult interprétations de son œuvre.

    J’ai pu le remarquer un soir dans une émission de France Culture où deux érudits soi-disant spécialistes de Karl Marx n’étaient pas fichus de se mettre d’accord sur le message laissé par Karl Marx.

  3. Robert Marchenoir

    @ RR – le 2 novembre 2026
    « Quiconque a sérieusement lu certains écrits de Marx ne peut nier qu’une volonté totalitaire criminelle y est sous-jacente. »

    J’ai très peu lu Marx, et je n’ai pas l’intention de corriger ce point, car la vie est courte. De plus, il y a trois choses à considérer :

    1) Marx a été réfuté par la réalité. Le communisme a été essayé un peu partout à travers le monde, à des époques différentes, dans des circonstances différentes, chez des peuples de cultures différentes, et à chaque fois cela a été un désastre.

    2) Même si l’on soutient que « ce n’était pas le vrai communisme », la théorie marxiste a maintenant cent cinquante ans. C’est l’une des philosophies politiques les plus étudiées de l’histoire, qui a fait l’objet du plus grand nombre de tentatives d’application. Si, au bout d’un siècle et demi, une théorie qui avait prédit le paradis sur terre n’a toujours pas marché, c’est, selon toute vraisemblance, qu’elle ne peut pas marcher.

    Il faut être singulièrement imbu de soi-même pour imaginer, qu’on soit intellectuel ou homme politique, qu’on est plus intelligent que les millions de gens qui vous ont précédé et qui ont échoué dans leurs tentatives.

    3) Marx a été réfuté. Intégralement. En théorie. Par plusieurs économistes et philosophes de la politique (Eugen von Böhm-Bawerk, Ludwig von Mises, Karl Popper, etc.). Rationnellement. Avec un luxe de détails. La science a démontré que la théorie économique marxiste était fausse. Elle a démontré que ses prédictions ne se sont pas réalisées. Elle a démontré que Marx se contredit lui-même à d’innombrables reprises, sur des points fondamentaux.

    Réfuté en théorie, réfuté en pratique, que faut-il de plus pour rejeter le communisme ?

  4. @ sylvain le 2 novembre 2026

    Ne soyez pas de mauvaise foi. Je pourrais vous citer :
    Louis Aragon, J-P Sartre, Jean Ferrat, Yves Montand, Bernard Lavilliers et bien d’autres encore qui font partie du patrimoine culturel français.

  5. Je vois ce que Marc Ghinsberg veut dire.

    D’abord, quiconque a sérieusement lu certains écrits de Marx ne peut nier qu’une volonté totalitaire criminelle y est sous-jacente, ne parlons même pas de ceux de Trotski.

    En revanche, il est bien certain que, pour énormément de communistes — et j’en ai connu beaucoup —, soit ils l’ignorent (tout le monde ne lit pas ses « classiques »), soit ils ne sont pas d’accord, ne retenant que l’idéal de fraternité via la justice sociale pour tous (on peut faire un parallèle avec un maurrassien tel Pierre Boutang qui, tout en se réclamant de Maurras, avait rejeté la judéophobie du Maître).

    Devant l’échec évident des régimes dits communistes, certains refusent de l’admettre, d’autres prétendent que c’est une trahison de ce que doit être le communisme.

    Je ne connais pas du tout Robert Guédiguian, pas plus que ses films. En revanche, je dois dire que j’apprécie un cinéaste comme Costa-Gavras ou un réalisateur comme Yves Boisset (sauf l’un de ses films) qui, par leur talent, dénoncent des faits condamnables.

    Pas besoin d’être soi-même communiste pour le reconnaître.

  6. @ Achille le 2 novembre 2026
    « on peut être communiste et avoir du talent. Les exemples ne manquent pas ! »

    Un score de 100 millions de morts ! En effet, faut avoir un super talent ! Lénine, Staline, Pol Pot, Castro… Prix Nobel en camps, goulags, miradors, mines de sel, famines organisées…
    Et bientôt Mélenchon, le futur Führer soviétique, rejoindra cette liste bien fournie.

  7. @ Robert Marchenoir

    Il y avait beaucoup de concepts abstraits dans les explications de ce cinéaste, mais ce qui était précis, personnel et tangible, c’est le contentement qu’il exprimait, comme vous l’avez relevé, d’avoir servi à faire peur à « la bourgeoisie », c’est-à-dire à tout ce qui n’est pas le prolétariat, donc à la majorité du pays (sauf quand ça va mal et que la classe moyenne se prolétarise). C’est une façon de considérer la majorité des citoyens comme des délinquants à maintenir sous surveillance et sous la menace. D’où la surenchère pour s’en démarquer ; autant se ranger dans le camp de ceux qui menacent et non dans celui des menacés. Ce programme fait d’autant plus froid dans le dos qu’on l’a vu pendant des années à l’œuvre sur des millions de gens effectivement terrifiés, et à raison.

    Il n’y a pas de quoi s’en glorifier, et cela vient de quelqu’un qui, sans avoir aucun des inconvénients d’appartenir au prolétariat, a bénéficié, et bénéficie sans doute encore dans son milieu, de l’avantage qu’il y a eu à être un « intellectuel » de gauche en France. C’est en train de changer partout ailleurs, et même ici, sûrement quoique lentement, mais il ne s’en est pas encore aperçu.

  8. @ RR – le 2 novembre 2026

    RR, alors gardez vos ploucs et vos OQTF. La France ne sera qu’une poubelle… !
    Je suis ravie et fière qu’une personnalité telle que George Clooney et son épouse aient choisi la France. Il est très beau, très riche, très bon acteur, mondialement connu. Il ne risque pas de nous retirer le pain de la bouche. Quand il fait un don intelligent dans l’année, ce sont carrément quelques millions d’euros qui sortent de sa poche.
    La jalousie est un vilain défaut.

  9. Ben dites donc Philippe Bilger, on ne peut pas dire que votre invité soit particulièrement apprécié par vos commentateurs.
    Je n’ai pas encore regardé l’entretien, vu que, à ma grande honte, je ne connais pas ce réalisateur et n’ai vu aucun de ses films.
    Je vais toutefois tâcher d’y jeter un œil. Après tout, on peut être communiste et avoir du talent. Les exemples ne manquent pas ! 😊

  10. @ Ellen
    « D’autre part, j’aimerais signaler l’importance qu’il y a à réduire massivement l’immigration légale aussi bien qu’illégale. Les effectifs dus à la première sont énormes. On ne peut protéger l’intégrité et l’avenir de notre civilisation qu’en luttant contre toutes les formes d’immigration, y compris légale. »

    Signalons qu’en Italie, Giorgia Meloni, si elle a limité drastiquement l’immigration illégale, a en revanche ouvert grand les portes à l’immigration légale. De fait, il est entré sous son gouvernement, globalement, davantage d’immigrés que sous celui de son prédécesseur, Mario Draghi !

  11. @ Robert Marchenoir – 1er novembre 2026

    Quand je parlais d’une immigration choisie, je pensais à George Clooney et sa famille, installés en France et naturalisés Français depuis peu. Ce genre d’immigration est tout à notre honneur. Vous ne pensez pas ?

  12. Le communisme originel de 1848 fut déshonoré par le léninisme, dont l’avatar naturel fut le stalinisme, pur fascisme imbécile et sans soleil.
    Et comme dit César : « L’honneur, c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois. »
    Les gens comme M. Guédiguian peuvent faire des pirouettes, marcher sur les mains, prendre l’air inspiré : l’allumette est noire et ne se gratte plus !
    Le communisme, c’est mort ! Dégage !

  13. Robert Marchenoir

    @ Lucile – le 1 novembre 2026

    En dehors de la « liberté du coq dans le poulailler » (peut-être le côté féministe du monsieur ?), il faut relever en effet son opposition à la « liberté de la concurrence », qu’il associe à la « liberté de l’exploitation ». Sans parler de la « liberté du commerce » qui le défrise : comprenez qu’il tient à ce que lui et ses amis continuent à vivre confortablement d’un marché français du cinéma piquouzé de subventions et protégé de la « concurrence » (par essence déloyale) au moyen d’un empilement de régulations étatiques.

    Contrairement à l’image qu’il se donne, ici, d’un bon vieux pépère gentiment de gauche, fraternel tout plein, cette phrase montre bien qu’il s’agit d’un communiste pur et dur. Être contre la « liberté de concurrence », c’est être contre la liberté tout court.

    D’ailleurs, il ment lorsqu’il prétend être « pour la liberté d’expression ». Il est « pour la liberté de parole », mais il refuse même de parler à des « racistes », et chacun sait bien que « le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit ». Dire des trucs pabien, c’est déjà être « raciste ». Remarquer la réalité et en parler, c’est déjà « raciste ».

    Mettre les prétendus « racistes » au ban de la société en refusant même de leur parler, ce n’est pas être favorable à la liberté d’expression. C’est le contraire.

    À ce propos, j’aimerais partager la trouvaille de l’écrivain Laurent Obertone selon lequel l’anti-racisme n’est pas une opinion, c’est un déni.

    On a le droit d’avoir été communiste. On n’a pas le droit de ne pas s’en repentir. On a encore moins le droit de l’être toujours, en dissimulant sa vraie nature politique sous des contorsions verbales.
    ______

    @ Ellen – le 1 novembre 2026

    Je fais allusion à un sondage très précis dont j’ai déjà indiqué la référence, concluant à l’opposition à l’immigration en général. Je ne me rappelle pas la question exacte qui a été posée, mais ça n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la majorité massive contre l’immigration, y compris chez les sympathisants de l’extrême gauche.

    Ce qui compte, c’est aussi la confirmation de ce résultat par sa répétition à d’innombrables exemplaires, en France et dans toute l’Europe, à l’aide de questions à chaque fois différentes, auprès de populations différentes, mais allant toutes dans la même direction. Un sondage isolé, avec une question particulière, indiquant une majorité modeste, peut être contesté. La masse des sondages dont nous disposons, avec la variété de leurs questions, la constance dans les réponses et l’importance des pourcentages, ne laisse aucun doute.

    D’autre part, j’aimerais signaler l’importance qu’il y a à réduire massivement l’immigration légale aussi bien qu’illégale. Les effectifs dus à la première sont énormes. On ne peut protéger l’intégrité et l’avenir de notre civilisation qu’en luttant contre toutes les formes d’immigration, y compris légale.

    Et il convient aussi de constater qu’un autre monde est possible. On n’en parle pas assez, mais Donald Trump l’a fait. Jared Taylor, le prétendu « suprématiste blanc » américain qui est simplement un réaliste racial, c’est à dire un observateur objectif de la réalité et un défenseur de la survie de la race blanche, c’est à dire un anti-colonialiste, un anti-génocidaire et un défenseur héroïque des droits de l’homme, a réuni une série de statistiques saisissantes qui montrent que tous les types d’immigration ont été massivement diminués lors du deuxième mandat de Donald Trump : légale comme illégale, au titre du droit d’asile comme au titre du regroupement familial, de travailleurs ou d’étudiants, et ainsi de suite.

    L’immigration illégale, elle, a été réduite pratiquement à zéro. Tout comme l’immigration légale en provenance des pays musulmans (- 96 %). Le nombre de réfugiés en provenance de pays musulmans est tombé à… zéro. Le nombre des naturalisations s’est effondré.

    Preuve qu’on peut faire barrage au Grand remplacement, à condition d’engager une offensive sur tous les fronts.

    Comme le dit Jared Taylor, pratiquement tout ce qu’a fait Trump en dehors de ça est catastrophique, mais sur ce point, il faut lui rendre hommage – et, surtout, l’imiter.

  14. @ Robert Marchenoir – 1er novembre
    « Le problème, c’est que 80 % des Français sont opposés à l’immigration… »

    Vous vouliez peut-être parler de l’immigration de masse incontrôlée, non choisie et clandestine, issue de pays indésirables qui nous détestent, mais dont les ressortissants viennent uniquement pour notre grande générosité financière et matérielle, et sont pris en charge gratuitement à 100 % par la Sécurité sociale.

    Quand je pense que les Français qui ont travaillé toute leur vie, touchent une retraite de misère et sont obligés de prendre une mutuelle complémentaire (coût mensuel entre 120 et 160 euros) et de payer 1 euro en plus sur chaque boîte de médicaments prescrite, n’ont aucun droit à l’aide de l’État, ni à l’aide sociale, ni au logement, parce qu’ils dépassent de 10 à 15 euros par mois le seuil mensuel net de 1 172,40 euros pour une personne vivant seule et en location privée…

    Les Français ne sont pas racistes, ils en ont juste assez d’être pris pour des vaches à lait toute leur vie et de payer pour des immigrés qu’ils considèrent comme racistes, profiteurs et sans scrupules, arrivés de pays hors de l’UE sans qu’on leur ait demandé leur avis. Que 90 % des personnes qui posent le pied sur notre sol sans y avoir été autorisées soient des hommes me révolte. La colère des Français vient de là. Nous, on paie tout, et en plus, on doit se la fermer ?

    Le changement et l’inversion de la courbe migratoire incontrôlée et clandestine, c’est pour 2027.

    Monsieur Bilger, à propos de votre invité, bien sympathique au demeurant, je l’invite à vivre dans un pays communiste, à attendre plusieurs heures devant des étalages qui finissent par se vider, et à découvrir une répression féroce contre les civils lorsqu’ils se révoltent contre la grande pauvreté. Critiquer leur gouvernement défaillant peut les conduire en prison.
    Le communisme aveugle et répressif, ce n’est pas pour moi.

  15. « Je tiens beaucoup à la liberté, hein (…), la liberté de parole (…) la liberté de l’humour, (…), la liberté d’expression, il serait pas question pour moi une minute de toucher à ces choses-là (…) Mais s’il n’y a que la liberté, la liberté de la concurrence, la liberté de l’exploitation, du commerce, c’est ça, la liberté du coq dans le poulailler, (48:12) cette liberté-là, je veux bien la contraindre un peu ». (Robert Guédiguian)

    Je connaissais l’argument du renard dans le poulailler. Mais les méfaits du coq dans le poulailler, ça m’intrigue… Bon, je sais, c’est seulement un lapsus, mais je me permets un peu d’humour puisque c’est une liberté autorisée.

  16. Appel à vous tous, je peux vous rassurer, en 2027, rien ne changera. Ce peuple de grandes gueules est en réalité trop pétochard, soumis, collabo, maso.

    Vous connaissez la fable tellement juste de « La Mort et le Bûcheron » ?

    Ce pauvre type appelle la mort pour cesser ses souffrances et, quand celle-ci vient le trouver, il se dégonfle et refuse de mourir :
    « Plutôt souffrir que mourir, c’est la devise des hommes. »

    Voilà ce qui va se passer en mai 2027 : tous ceux qui appellent le RN à longueur de journée se déballonneront le jour du vote et revoteront pour ceux qui les ont mis dans la ruine et la criminalité.

    N’est-ce pas, Giuseppe Youpala ? Giusepinochio ? Vous revoterez bien pour ceux qui ont détourné et mis à sac les finances du pays, 3 600 milliards et un record mondial de criminalité islamiste narco, n’est-ce paaaaaaaas ? Jeanne au s’cours !

    Vous avez raison, les vrais coupables, le vrai danger, c’est le RN, c’est les fachos, c’est les nazis, c’est les Waffen-SS, c’est les Russes, pensez-y le jour du « veaute » !

    Cher Philippe, permettez au bookmaker que je suis d’ouvrir les paris sur votre blog, je suis sûr de gagner.

  17. Dix-neuf minutes ! C’est le temps que j’ai tenu face à ce monument de poncifs communistes. Je n’irai pas plus loin. Ce type, qui se dit artiste, est un militant coco de la pire espèce, celle qui croit réellement que le communisme est possible. Celle qui, néanmoins, en attendant sa survenue, profite sans le moindre remords des bienfaits du capitalisme et de l’argent des autres (1). Il se dit rangé des voitures… C’est faux ; son discours n’est qu’une ode à une idéologie qui a déjà tué cent millions d’êtres humains.

    Il est rare que j’approuve une logorrhée de Robert Marchenoir, mais, cette fois, je partage quasi entièrement son point de vue. J’y ajouterai que l’ensemble des films de ce cinéaste qui se pense au-dessus du lot — on ne peut pas appeler « œuvres » de telles productions à visée d’endoctrinement — ont participé et participent encore à la déconstruction de notre société, entreprise depuis la Libération par le PC (sans F), rejoint, dès 1972 et le Programme commun, par une gauche de plus en plus sectaire, aujourd’hui aux mains d’un aspirant dictateur.

    Grand merci cependant à Philippe, qui, sans se départir de son habituelle mesure du questionnement, a su éclairer la véritable personnalité malsaine de son invité. Un petit détail qui peut amuser : la série d’entretiens, initiée par notre hôte, ne s’appelle plus, semble-t-il, « Bilger les soumet à la question », mais « Le Fauteuil rouge »… Inaugurer ce nouveau titre en recevant un pur produit « rouge » est une marque de bon goût…

    (1) Un coup d’œil sur la fiche Wikipédia du sieur permet d’apprendre qu’il a profité des subventions du Centre national du cinéma, financé par les spectateurs en salle, mais aussi par l’État — donc le contribuable —, pour un film produit en 1991, « Dieu vomit les tièdes » (!!!) —, qui a attiré au total 11 431 personnes…

  18. Robert Marchenoir

    Je ne suis pas le mieux placé pour commenter cet entretien : je n’ai jamais vu un film de Robert Guédiguian. Et je n’en ai jamais vu parce que toutes les critiques que j’ai lues disent la même chose : c’est un communiste qui fait des films communistes (et c’est bien). Au cours de cet entretien, cependant, il a pris soin de confirmer qu’il était un communiste qui faisait des films communistes, et qu’il pensait que c’était très bien. Me voilà donc autorisé à dire tout le mal que je pense de lui.

    Pour commencer, Guédiguian nous explique qu’en tant qu’homme de gauche, il est extraordinairement tolérant et ouvert à l’Autre : il parle avec tout le monde, sauf avec les « racistes ». Comme tous les gauchistes, il évite soigneusement de nous dire ce qu’est, pour lui, le « racisme ». Mais il nous assure que ces « racistes » sont une toute petite minorité.

    Le problème, c’est que 80 % des Français sont opposés à l’immigration, et se font donc traîner dans la boue matin et soir par les copains gauchistes de Guédiguian au motif que cela en ferait des « racistes ». Ne parlons pas du fait que le Rassemblement national, diabolisé par les mêmes pour son « racisme », est largement en tête de la course présidentielle et bien en passe de la gagner. Ce qui serait un « cauchemar », selon Guédiguian.

    Une caricature d’homme de gauche, donc : le type qui est prêt à discuter avec tout le monde à condition qu’on soit d’accord avec lui sur presque tout, et qui vit dans une bulle étanche peuplée de gens issus du même moule, tout en s’imaginant que ses opinions, très minoritaires, sont en fait partagées par l’essentiel de ses concitoyens.

    Robert Guédiguian a effectivement été membre du Parti communiste dans sa jeunesse, et il nous assure qu’il n’est plus un militant, qu’il a mis de l’eau dans son vin. Mais il a appelé à voter récemment pour d’autres communistes : le Parti de gauche, La France insoumise. En fait « d’humaniste » rangé des voitures, on repassera.

    Il a la nostalgie du Parti communiste des années 70, celui auquel il a appartenu. C’était une ère de pluralisme formidable, assure-t-il : les revues intellectuelles du PCF ouvraient grand leurs colonnes aux penseurs français de toute obédience. Et il cite Lévi-Strauss, comme exemple de la tolérance des communistes de l’époque.

    Vérification faite, « l’ouverture » de ces revues consistait à admettre des penseurs de gauche qui n’étaient pas encartés au PCF : bref, des compagnons de route. Jean Genet, par exemple, précurseur de l’islamo-gauchisme, et même de l’islamo-pédérasto-gauchisme, un genre qui fait fureur depuis peu. Mais on n’y trouvait évidemment pas de penseurs de droite, anti-communistes, libéraux voire d’extrême droite ! Il se confirme que pour Guédiguian, « l’ouverture », ça se limite aux gens qui pensent comme lui. Le débat ne peut porter que sur des vétilles.

    Il n’est pas capable de nous dire ce qu’est le « racisme », mais il n’est pas capable, non plus, de nous dire ce qu’est le communisme. En revanche, il peut nous dire ce qu’il n’est pas : le système politique qui était en vigueur en Union soviétique. Voilà donc ressortie cette vieille rengaine que plus personne n’ose entonner : l’URSS, ce n’était pas le vrai communisme. Quel était, donc, le régime politique appliqué par le Parti communiste de l’Union des républiques socialistes soviétiques ? Mystère et boule de gomme. Nous ne le saurons pas.

    En revanche, l’URSS a eu un gros avantage, à ses yeux : faire peur aux « bourgeois » occidentaux. Qu’est-ce qu’un « bourgeois » ? Mystère et boule de gomme, toujours. Je suppose que c’est un peu comme un « raciste » : quelqu’un que Robert Guédiguian n’aime pas.

    On se résume : le communisme, c’est quelque chose de très gentil, puisque Guédiguian lui-même est communiste. Cependant, l’ex-centre du communisme mondial, situé en Russie, n’était pas communiste ; mais il était suffisamment méchant pour faire peur aux « bourgeois » en France, et ça c’était très bien.

    Sentant bien qu’il doit en dire un peu plus, Guédiguian finit par sortir que le communisme, ce sont des moments. Il n’y a que des moments de communisme.

    Par exemple, quand il tourne des films, ce sont des moments de communisme, parce qu’il ne tourne qu’avec des amis. Cependant, il n’y a qu’un seul chef sur le plateau : « C’est moi qui dis oui ou non ».

    L’aveu est clair : ce qu’il appelle le communisme est une utopie, ça ne fonctionne que brièvement entre un petit nombre de volontaires, et en plus, pour que ça marche, il faut un dictateur à la tête du bouzin.

    D’ailleurs, dit-il, l’égalité et la fraternité sont plus importantes que la liberté. La liberté, ce n’est autre que « la conscience de la nécessité », assure-t-il en invoquant Hegel et Marx. On avait bien compris : nous sommes tous égaux, mais c’est moi le chef. Comptez sur moi pour vous faire « prendre conscience de la nécessité ».

    De même, l’une des grandes questions de l’heure, c’est la domination de l’homme sur la femme, problème qui a été découvert au cours des dix dernières années, selon lui. Pendant trois cent mille ans, l’homme écrasait la femme de son talon impitoyable, mais personne ne s’en était rendu compte. Il a fallu que Guédiguian et ses potes découvrent le pot-aux-roses autour de 2016, et révèlent la vérité au monde ébahi. Guédiguian est très, très intelligent.

    C’est ainsi qu’il est marié à Ariane Ascaride, son actrice fétiche. Elle pense comme lui sur le plan politique, ce qui est bien commode. Mais, dit-il, c’est moi qui lui donne les ordres quand on tourne.

    Il y a donc la mauvaise domination de l’homme sur la femme, celle que des milliards d’abrutis réactionnaires ont exercée et exercent encore. Et il y a la bonne domination de l’homme sur la femme, celle qu’exerce l’homme de gauche Guédiguian sur son actrice préférée, qui est aussi son épouse. Tout cela est bien pratique.

    Sa femme, malgré tout, a des idées : « Nous avons échoué à apprendre la République » aux jeunes qui manifestent en ce moment, dit-elle. Son mari se garde d’expliquer qui sont ces « jeunes », mais enfin on comprend bien que ce sont ceux que n’aiment pas les méchants « racistes ».

    Et donc s’ils détruisent les magasins, s’ils se livrent au pillage, s’ils cherchent à tuer des policiers, s’ils mettent la France à feu et à sang, c’est évidemment notre faute. C’est toujours notre faute, à nous, les Blancs (le mot n’est pas prononcé, bien sûr : on n’est pas des sales racistes, nous).

    Il y aurait donc une substance mystérieuse nommée « la République », c’est un truc qui s’enseignerait, et ça transformerait des débiles mentaux ultra-violents dépourvus de toute barrière morale en tendres enfançons soucieux du « commun », comme dit Guédiguian. En principe.

    Le fait que ça fasse bien cinquante ans, voire deux siècles qu’on essaye de leur « apprendre la République » sans y parvenir, montre bien que c’est notre faute et pas la leur. C’est comme l’URSS : ce n’était pas le vrai communisme, il faut essayer encore et encore. On finira bien par y arriver.

    Dans tout ça, les mots immigration et islam ne sont pas prononcés une seule fois. Ne nous dérangez donc pas avec vos saletés d’extrême droite.

    Guédiguian est aussi un expert en matière d’économie. Il y a beaucoup trop d’inégalités entre les pauvres et les riches, dit-il. Ça ne peut plus durer. D’ailleurs, les riches ne payent pas assez d’impôts. Bon, il ne connaît pas les chiffres, admet-il dans un accès d’honnêteté. Ça tombe bien, parce qu’ils disent l’inverse.

    La France est l’un des pays les plus taxés de la terre, et les « riches » payent une part tout à fait disproportionnée de l’impôt – tandis que la majorité des Français sont exemptés de l’impôt sur le revenu. La majorité !… De même, la France est l’un des pays les plus égalitaires du monde en matière de revenus, une fois que l’on prend en compte les allocations de l’État.

    Guédiguian, bien sûr, est catastrophé à l’idée que Marine Le Pen puisse devenir présidente de la République. Curieusement, ce n’est pas son « racisme » qu’il redoute. C’est… sa complaisance à l’égard du capitalisme. Toutes les prises de position du RN montrent, pourtant, qu’il est à droite en matière de sécurité et d’immigration, et à gauche en matière d’économie.

    De quoi donc a peur Guédiguian ? Que le RN, une fois parvenu au pouvoir, ne réduise les subventions pour le cinéma, le théâtre, la danse, toutes activités qui ne pourraient vivre, selon lui, sans cet apport.

    Voilà qui achève de portraiturer Guédiguian en caricature de gauchiste de modèle courant : ça n’arrête pas de causer de « commun » et de « collectif », mais c’est avant tout intéressé par le bon pognon qui arrive dans sa poche, après avoir été « redistribué » par l’État.

    Qui est-il donc, sinon ce fameux « bourgeois » qu’il dénonce ? Vivant dans une aisance manifeste entre Paris et Marseille, fêté en tant « qu’artiste », couvert d’honneurs, récitant la doxa communiste qui n’a jamais valu l’opprobre à personne, c’est un hypocrite de première, un conformiste fini qui se prétend rebelle, un roi du « deux poids, deux mesures », un spécialiste de l’aveuglement volontaire face aux plus graves problèmes de l’heure : l’invasion de la France par une immigration haineuse et radicalement hostile à nos moeurs, la dépense publique délirante qui appauvrit les Français, l’égalitarisme enragé qui décourage le moindre effort.

    Mais tant que Monsieur et sa dame peuvent se pavaner devant les médias en faisant la promotion de leurs formidables films (tout en bénéficiant des revenus correspondants), tout va bien.

    1. Herman Kerhost

      Ça, c’est sûr qu’il doit trembler à l’idée d’une coupe dans les subventions au cinéma. Par curiosité, je suis allé lire sa fiche Wiki, ainsi que celles consacrées à ses films. Un seul fut générateur de rentrées d’argent, tous les autres furent, mis à part deux d’entre eux, des catastrophes au box-office.

      Ce qui n’a pas empêché Robert Guédiguian et ses films (communistes) d’être promus dans une multitude de festivals et d’être récompensés…

  19. Marc Ghinsberg

    Le communisme a engendré le Goulag, mais aussi des hommes comme Robert Guédiguian. On cherche encore le nazi qui le fut par fraternité. C’est pourquoi je ne les renverrai jamais dos à dos.

    1. revnonausujai

      Vous avez bien raison !
      Cent millions de morts, record qui n’est pas près d’être battu, malgré tous les efforts des islamistes ; le communisme est vraiment n°1 sur le podium !

  20. Véronique Raffeneau

    Et quel plaisir que cet entretien !
    J’adore voir et revoir les films de Robert Guédiguian, ceux dont les univers sont si profondément attachés à décrire et à dire notre intimité universelle. Ce sont des films fraternels.

Laisser un Commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *