De Gaulle : le droit contre le juridisme…

Le général de Gaulle en 1962, pour instaurer l’élection du président de la République au suffrage universel direct, choisit de recourir à l’article 11 de la Constitution, qui permet de consulter directement les Français par référendum, plutôt qu’à l’article 89, qui impose, avant toute révision constitutionnelle, l’accord de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il renouvela cette démarche en 1969, pour une réforme du Sénat et de la régionalisation, cette fois rejetée par les électeurs.

Cette pratique, vivement contestée par de nombreux juristes, fut néanmoins considérée par certains comme ayant créé une « coutume constitutionnelle ». François Mitterrand lui-même a admis que l’article 11 pouvait constituer une autre voie de révision de la Constitution.

C’est précisément cette possibilité que Richard Ferrand, actuel président du Conseil constitutionnel, vient de récuser publiquement, en affirmant que seul l’article 89 autorise une révision constitutionnelle. Il entend ainsi fermer la voie au projet du Rassemblement national, qui envisage, en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027, de recourir directement au référendum pour modifier les règles relatives à l’immigration et à la préférence nationale.

Si cette interprétation peut se défendre juridiquement, elle demeure controversée. Et l’on peut s’interroger sur son opportunité politique, à quelques mois d’une échéance présidentielle majeure, alors même que son institution pourrait être appelée à en connaître.

Dans un remarquable article publié dans Le Figaro, « Quand de Gaulle imposait le référendum contre les gardiens du droit en 1962 », Jacques de Saint Victor éclaire avec finesse la conception que le Général se faisait du droit.

Contrairement à une idée reçue, il croyait à sa nécessité et n’ignorait rien du rôle capital que le droit avait joué dans la construction et la structuration de la France. L’art de la guerre ne l’empêchait pas d’être attentif à la rectitude des lois, même si, dans certaines circonstances fameuses, comme les affaires Jouhaud et Salan, ces deux généraux putschistes de l’Algérie française dont les démêlés judiciaires contrarièrent sa volonté de sévérité, il goûtait peu que son pouvoir personnel fût limité par des règles dont il n’était pas le maître.

Ceux qu’il n’aimait pas, c’étaient « ces juristes politiquement engagés et figés dans la notion du régime parlementaire tel qu’il existait quand ils faisaient leur droit ».

Sans forcer le trait, on mesure combien cette dénonciation trouve un écho dans notre actualité. Le moindre débat sur l’État de droit, dès lors qu’il s’agit de le rendre plus adapté aux réalités et plus efficace, suscite une levée de boucliers. Les objections viennent notamment de juristes qui semblent parfois n’avoir d’autre préoccupation que d’ériger notre impuissance en une légalité purement formelle.

Autant de Gaulle reconnaissait la nécessité du droit et la légitimité de son architecture, autant il éprouvait une sainte horreur du « juridisme » qui, poussé à l’extrême, aboutirait à un droit « sans sagesse et sans servir le bien public ».

Rien ne me semble plus clairvoyant que cette distinction entre un droit légitime, nourri des exigences du réel, inspiré par la sagesse et soucieux du bien public, et un juridisme réduit à une mécanique abstraite, cultivant, de manière autarcique, des règles et des principes déconnectés du champ social.

Comment ne pas songer, pour illustrer cette dérive, à la décision du Conseil constitutionnel qui, en juin 2025, a censuré plusieurs dispositions essentielles de la loi Attal sur la justice des mineurs délinquants, notamment celles qui visaient à permettre leur comparution immédiate et à renforcer les sanctions à leur encontre ?

Les arguties juridiques, si commodes pour faire obstacle aux transformations profondes dont notre pays aura besoin, quel que soit le président élu, devraient s’effacer devant l’urgence de la situation.

La France semble en état de mort clinique. Notre démocratie, menacée par ceux qui veulent sa perte, paraît incapable de se défendre.

De Gaulle, reviens, ils sont devenus fous !

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  1. @ RR

    Seule CNews en a parlé, ce qui lui vaudra encore une attaque en règle de la macronie islamo-gauchiste.

    Allô l’Arcom, qu’attendez-vous pour faire taire définitivement cette chaîne facho, raciste, d’eSStrême drouaaaate ?

    Toutes ces vérités étalées en boucle sur cette chaîne deviennent insupportables et portent atteinte à l’intégrité de nos envahisseurs arabo-africains, de nos criminels s’ils sont de la bonne couleur, de nos casseurs et black blocs, victimes de la société, de toute la gauche — PS, PCF, EELV, LFI, HamaSS —, vautours opportunistes et arrivistes, complices de la macronie et de son programme de destruction de la France, la vraie, la normale, celle qui a encore des valeurs républicaines, une morale, du civisme et le respect des institutions, ce que Macron ne supporte plus.

    CNews éliminée, le RN affublé d’une bonne batterie de casseroles de derrière les fagots, et le tour est joué : la route sera dégagée en 2027 pour la mafia macronienne islamo-gauchiste.

  2. Dans cette polémique autour des possibilités de révision de la Constitution, il convient d’abord de se préoccuper des propos récents du président du Conseil constitutionnel. Sans aucun doute, il s’agit d’une déclaration politique qui vise à s’opposer aux souhaits de Marine Le Pen de modifier plusieurs points du texte suprême pour lui permettre de mettre en œuvre son programme après son élection (si tel est le cas).

    En se comportant ni plus ni moins comme n’importe quel dirigeant politique, Richard Ferrand a violé grossièrement l’article 7 de l’ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel et le décret n° 59-1292 du 13 novembre 1959 sur les obligations de cette institution.

    Ces deux textes indiquent que, pour garantir l’indépendance et la dignité de celle-ci, ses membres ont l’obligation, pendant la durée de leur mandat, de s’abstenir de prendre toute position publique sur les questions ayant fait ou susceptibles de faire l’objet de décisions de la part du CC.

    Le décret précise que les membres de celui-ci apprécient, le cas échéant, si l’un d’eux a manqué à cette obligation mais ne dit rien des sanctions possibles. Il est vrai qu’à l’époque où ces textes ont été conçus, nul ne pouvait imaginer qu’un membre du CC, en particulier son président, s’abaisserait à de telles manœuvres de politicard.

    Ce qui peut étonner cependant, c’est qu’aucun des collégues de RC n’ait jugé bon de faire part de son émoi face à ce manquement caractérisé. On veut bien croire que, contrairement à leur président, ils ont tenu à respecter la réserve dont ils doivent faire preuve mais c’est admettre que, désormais, le CC peut ouvertement entrer dans le débat politique.

    Depuis quelques années, il y faisait des incursions plus ou moins camouflées. Aujourd’hui, il ne s’en cache plus. Son rôle de juge suprême doit donc être contesté, jusqu’à ce qu’une réforme constitutionnelle l’oblige à regagner son champ d’action.

    Il convient notamment de mettre fin à la supercherie qu’est le « bloc de constitutionnalité ». Peut-être faudrait-il aller jusqu’à modifier la composition du collège et, surtout, le mode de désignation de ses membres. Est-il sain que son président actuel n’ait pour tout bagage juridique que deux ans de droit, pas même validés par un diplôme ?

    Sur le fond du sujet traité par notre hôte, je partage entièrement son point de vue et fait mien le commentaire de Michel Deluré, qui remet la Constitution dans son berceau gaullien. Même si, globalement, en ayant subi cependant quelques liftings plus ou moins utiles, elle avait réussi à éviter l’outrage des ans, les coups qu’elle a reçus ces dernières années de la part de celui censé la protéger et les changements profonds de notre société obligent à une opération chirurgicale de grande ampleur. Que ses médecins utilisent le bloc 11 ou le 89 n’a guère d’importance que pour les constitutionnalistes qui se font un devoir de se disputer et les adversaires de Marine Le Pen que, quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse, ils dénigrent et dénigreront.

    L’essentiel est que le futur gouvernement de la France retrouve les mains libres pour régler le problème majeur de l’immigration et celui, non moins important, de la sécurité intérieure. Rien ne pourra être réussi pour sortir le pays des multiples ornières dans lesquelles il est embourbé tant que ces deux dossiers régaliens resteront dans leur état actuel.

    Les Français l’ont bien compris et il sera bien difficile de leur faire admettre que quelques « sages », au Conseil d’État et au Conseil constitutionnel les privent d’un bulletin de vote qui régleraient ces deux problèmes, qui, jamais, n’ont été aussi graves sous nos diverses républiques.

    ————————————

    @ Michel Deluré le 2 novembre
    « Pour de Gaulle, la souveraineté nationale, en fait, appartenait réellement au peuple. »

    À première vue, cette affirmation est contestable et Robert Marchenoir ne se prive pas de voir là l’occasion d’en remettre une couche sur le Général, qui « tripotait honteusement sa propre Constitution comme une prostituée de bas étage ». Bon… vive la liberté d’expression !

    Mais votre point de vue se défend parfaitement si l’on prend en compte, non seulement son souci de consulter le peuple par référendum, mais aussi sa volonté de leur donner une connotation plébiscitaire qui l’obligeait à quitter le pouvoir si le non l’emportait. Ce qui fut le cas en 1969. Au-delà du panache, sa démission sur l’heure a été la plus belle preuve de son respect du peuple.

    Ce qui ne veut pas dire qu’il se soumettait à lui, qu’il ne cherchait pas à le conduire là où il voulait qu’il aille, qu’il admettait que le peuple ne peut pas se tromper, qu’il croyait en sa souveraineté en quelque sorte divine. Son tempérament d’officier menant ses troupes au combat, sa conviction que la France méritait d’être la compagne de sa vie, et sa soif de pouvoir, l’ont conduit vers une conception nouvelle du rôle du peuple : le premier certes, mais néanmoins conduit par un chef, un guide, sans pour autant que celui-ci soit au-dessus de lui et lui dispute sa souveraineté.

    Depuis lors, c’est peu dire qu’aucun de nos présidents de la République n’a agi à sa façon. Et le dernier en date, encore présent, est son exact contraire. Il perd trois élections de suite… Il reste au pouvoir et nargue le peuple. Il promet des réformes… Il n’en fait rien, mais parade. Il doit commander… Il commente.

    L’un ou l’une des candidats à la présidence de la République démontre-t-il que sa conception du peuple est gaullienne ou s’en approche ? Rien ne le dit. mais la charge peut parfois révéler une personnalité hors du commun. Qui avait prédit que, sous le Bonaparte du coup d’État du 18 Brumaire, se cachait un Napoléon, organisateur hors pair de nos lois et de nos codes ?
    Alors, il est permis d’espérer… sans trop y croire.

  3. @ sylvain
    « Rouen au top du racisme anti-Blancs. »

    Pas beaucoup de réactions de « nos » politiques ; tous les faits commis contre les Blancs sont systématiquement ignorés par eux et par les mass media, ou tout au moins minimisés.
    Dans le même temps, des colloques et des manifestations identitaires sont interdits.

  4. Robert Marchenoir

    @ caroff – le 3 novembre 2026

    Merci. Mais pourquoi dites-vous que Jean-François Revel faisait preuve d’un américanisme outrancier ? Curiosité sincère de ma part.

    Les extraits que j’ai cités montrent, en fait, le contraire. Ces citations sont extraites d’articles publiés dans la presse (*), du temps où Revel était de gauche (modérée).

    « Entre l’Europe unie et l’Europe américaine, de Gaulle a choisi en fait l’Europe américaine. […] Notre anti-américanisme joint à notre hargne anti-européenne respire une mégalomanie creuse de pays sous-développé, qui par ailleurs copie son vainqueur, et le copie non dans son travail mais dans sa pacotille […]. »

    Revel accuse de Gaulle d’afficher un anti-américanisme de façade et d’avoir une politique étrangère inconséquente, qui, en fait, soumet la France aux États-Unis, et leur emprunte ce qu’ils ont de pire au lieu de leur emprunter le meilleur.

    Il dit que le résultat de l’anti-européisme écervelé de De Gaulle est d’empêcher la construction d’une Europe forte, et donc de soumettre la France à l’Amérique à l’inverse de son but affiché. C’était en 1965…

    Extraordinaire prescience de Jean-François Revel, si on l’évalue au regard de la prise du pouvoir par Donald Trump et de la déchirante révision de l’Europe, qui vient de prendre conscience de l’impérieuse nécessité de défendre sa souveraineté par elle-même, désormais, indépendamment des États-Unis (et si nécessaire contre eux).

    D’ailleurs je viens de voir un extrait d’une émission Apostrophes de Bernard Pivot, en 1990, où Revel faisait preuve de la même lucidité et de la même prescience (**). Le débat était consacré au spectaculaire aveuglement dont avaient fait preuve les intellectuels français en faveur de la Chine communiste deux décennies auparavant, en particulier au travers de l’inénarrable Maria-Antonietta Macciocchi et de ses thuriféraires parisiens.

    Jean-François Revel expliquait l’importance qu’il y avait à ne pas céder à des illusions aussi manifestement contraires à la réalité. Ses mots auraient pu avoir été prononcés aujourd’hui pour mettre en garde contre le prétendu « anti-racisme », l’ethnomasochisme, l’immigration et l’islamisation :

    « Le grand phénomène, c’est que pendant vingt ans l’Occident s’est laissé mener en bateau, que nous avions toutes les informations sur les millions de morts, les dizaines de millions […] de morts du Grand bond en avant et de la Révolution culturelle, et que nous nous sommes laissés duper, que nous pouvions avoir toutes les informations, que nous les avions, d’ailleurs, que nous n’avons pas voulu les voir. Le grand mystère, c’est la raison pour laquelle l’Occident s’est affaissé dans un abîme de stupidité, jusqu’au point d’idolâtrer ce tissu de sornettes qui s’appelait le Petit livre rouge. »

    C’est alors que vient cette phrase prophétique, qui distingue les intellectuels très intelligents des esprits véritablement supérieurs :

    « Et le grand problème, c’est de savoir : est-ce que nous allons pouvoir tirer les enseignements de cette crédulité ? Parce que quelque chose d’autre va surgir dans l’avenir, qui n’aura pas le même visage, ne parlera pas le même langage, n’aura pas le même aspect, ni la même idéologie. Mais reconnaîtrons-nous cette nouvelle source de tentations et de duperie ? »

    Nous y sommes.
    ______

    (*) Et réunies dans Contre-censures, de Jean-François Revel, éditions Jean-Jacques Pauvert, 1966.

    (**) Succédant à Alain Peyrefitte, gaulliste éminent, qui dans ses propos, ce jour-là, se montra décidément très mauvais.

  5. « De Gaulle : le droit contre le juridisme… » (PB)

    Pendant la guerre d’Algérie, Charles de Gaulle a eu recours à plusieurs tribunaux d’exception et juridictions spéciales pour juger les auteurs de crimes et délits contre la sûreté de l’État, notamment après la crise de l’Algérie française et le putsch des généraux.
    Chose curieuse pour un militaire, de Gaulle semble avoir été pris, lors de l’affaire d’Algérie, d’une véritable boulimie en matière de législations d’exception, parfois au-delà des limites de la légalité.

    « De quelque façon qu’on l’examine, l’essence des juridictions d’exception est contraire à la morale. » (Maurice Garçon)

    Les principales juridictions d’exception créées par de Gaulle :

    Le Haut Tribunal militaire :

    Créé le 27 avril 1961 par décision présidentielle, en application de l’article 16 de la Constitution. Composé majoritairement de juges civils, il était chargé de juger en urgence les faits liés aux événements d’Algérie (dont les protagonistes du putsch d’avril 1961). Il est dissous en mai 1962 à la suite de verdicts jugés trop cléments.

    La Cour militaire de justice :

    Instituée par ordonnance le 1er juin 1962 pour remplacer le Haut Tribunal militaire. Elle jugeait sans recours possible les crimes contre la sûreté de l’État. Elle sera ultérieurement censurée par le Conseil d’État (arrêt Canal, en 1962) pour excès de pouvoir.

    Le bâtonnier Jacques Charpentier (1881-1974) a dit de ces juridictions d’exception :

    « Je ne crois pas que dans l’histoire de la justice on puisse trouver pareille sarabande de tribunaux improvisés, mort-nés, reniés par leurs parents eux-mêmes, qui se remplacent comme les lames du rasoir Gillette ou comme les ministères de la IVe République. »

    https://cahiers-poitevins.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=157

    Les cours martiales (Alger et Oran) et le Tribunal de l’ordre public :

    Mis en place au printemps 1962, à l’approche du cessez-le-feu prévu par les accords d’Évian, pour faire face aux pics de violence de l’OAS. (*)

    https://droit.cairn.info/revue-archives-de-politique-criminelle-2016-1-page-265a?lang=fr

    La Cour de sûreté de l’État :

    Créée dans la continuité de cette période pour traiter les menaces politiques et subversives, elle s’installera durablement après le conflit avant d’être supprimée en 1981.

    https://www.cnrseditions.fr/catalogue/economie-droit/justice-d-exception-2/

    (*) Pics de violence qui répondaient, sans pour autant les justifier, à d’autres…

  6. @ Robert Marchenoir
    « …quand tu donnes le minimum vieillesse à René-Thibault de la Bollardière, t’es obligé de le donner aussi à Mouloud Boumboum Bolo-Bolo »

    It made my day !!

    Revel, que j’admire profondément, aura été un des pourfendeurs du gaullisme en tant que système autoritaire faisant fi du pluralisme: pensons à l’ORTF de l’époque !
    Cela étant, son américanisme parfois outrancier amoindrissait son propos, en des années où la France était quasiment un pays non-aligné !
    Sa liberté de pensée aurait pu le convaincre d’une autre lecture ?

  7. Rouen au top du racisme anti-Blancs.
    Un bar dans lequel des personnes commémoraient le décès d’un des leurs a été attaqué par des bandes fascistes islamogauchistes : de nombreux blessés avec un traumatisme moral tel que le gérant a peur de rouvrir, des cris racistes anti-Blancs en arabe appelant à tuer, à détruire.

    Allo Macron ?

    Rouen toujours : une foire où se sont déroulées les mêmes scènes de chaos et de terreur : agressions sauvages de jeunes catholiques par des bandes de fascistes racistes appelant en arabe à tuer frapper ces sales Blancs.

    https://www.lejdd.fr/Societe/ils-sont-venus-casser-du-blanc-violente-agression-devant-un-bar-pres-de-rouen-trois-blesses-grave-187665

    Allo Macron ?
    Allo les merdias locaux ? Pas un seul titre sur leur une : une rixe sans importance, ben voyons !
    Surtout, continuons tous à se mobiliser contre le seul et vrai danger pour la France : le RN !

    Silence radio, CNews va peut-être fermer pour crime de propagation de faits prouvés chiffres imagés, vidéos de cris en arabe appelant à tuer et de coups et blessures terribles sur des innocents, un crime de lèse-macronie insupportable qui porte atteinte à l’intégrité de ces communautés criminelles protégées et impunies par la Constitution.

  8. @ Robert Marchenoir le 3 novembre 2026

    Comme d’hab, très bonne analyse. Mais si vous saviez comme tout le monde s’en tape de De Gaulle, de Tata Yoyo et de tante Célestine ! Ce peuple de veaux mérite son sort funeste. C’est le but de la Constitution, cette arme fatale destinée à détruire un peuple engourdi et trépané du bulbe comme le nôtre.

  9. Robert Marchenoir

    Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas seulement là d’un problème français. Certes, les dérives autoritaires du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État ont franchi le niveau de l’inacceptable, mais en Pologne, par exemple, il se déroule en ce moment même une sorte de coup d’État larvé, où le Premier ministre et le Président tentent l’un et l’autre de prendre le contrôle du Tribunal constitutionnel.

    C’est pourquoi nous devons apporter un peu de perspective historique à ce problème. Tout ça, c’est la faute à Hitler, et à Staline, aussi. Une fois le nazisme vaincu, le monde s’est dit, à juste titre : plus jamais ça. De même, une fois les crimes du communisme devenus incontestables, on a cherché un moyen d’amener à résipiscence les États-voyous.

    D’où la méfiance envers les gouvernements laissés à eux-mêmes, y compris en régime démocratique. On a voulu encadrer les dérives possibles des politiciens ordinaires par des tribunaux constitutionnels d’un ordre supérieur, et aussi des organisations internationales dotées de cours de justice, capables de faire respecter un certain nombre de grands principes.

    Tout cela a plutôt bien fonctionné pendant un bon demi-siècle. Les institutions humaines étant ce qu’elles sont, les corps en question, nationaux et internationaux, se sont développés au-delà de toute mesure, ont pris leur autonomie et se sont quelque peu enivrés de leur pouvoir. C’est le mécanisme propre à toute fonction publique à qui l’on laisse prendre ses aises.

    Nous en sommes arrivés à une situation où des institutions chargées de garantir la démocratie s’emploient, en fait, à la saboter. De gardiens des dictateurs potentiels, elles sont devenues, en fait, dictatoriales elles-mêmes.

    Dès 1990, par exemple, le Conseil constitutionnel a censuré une décision de Michel Rocard lui-même, François Mitterrand regnante, se montrant plus gauchiste que les gauchistes eux-mêmes, au sens où ce mot est utilisé aujourd’hui.

    Le gouvernement avait voulu étendre aux Européens le minimum vieillesse jusque-là réservé aux Français. Ça ne va pas assez loin, a dit le Conseil constitutionnel. Il faut l’étendre à tous les immigrés. Prétendument sur la base constitutionnelle du « principe d’égalité », mais sans se référer à un passage précis du texte : « tout le monde sait bien que », selon la Constitution, « tout le monde il est égal », donc quand tu donnes le minimum vieillesse à René-Thibault de la Bollardière, t’es obligé de le donner aussi à Mouloud Boumboum Bolo-Bolo. Même s’il est tombé de l’avion la semaine dernière et qu’il a eu sa carte de séjour hier matin.

    On en arrive à la situation actuelle, où des cours suprêmes de tout type, composés de juges non élus, prennent des décisions politiques arbitraires sur la base de principes vagues qu’ils étendent dans tous les sens et interprètent à volonté, contredisant ainsi la volonté clairement exprimée du peuple par le biais de ses législateurs.

    Un grand ménage juridique, politique et constitutionnel est nécessaire, mais je dirais une fois de plus que le général de Gaulle est le dernier qu’il faut invoquer dans cette danse. Je veux bien qu’on puisse trouver de sains principes juridiques dans ses déclarations, mais le propre de De Gaulle, et ce pour quoi la plupart des gaullistes le portent au pinacle, c’est justement qu’il tripotait honteusement sa propre Constitution comme une prostituée de bas étage afin de parvenir à ses buts, et qu’il s’est toujours placé aux limites de l’arbitraire et du coup d’État. Quant à savoir de quel côté de la frontière il se situait, on pourrait en débattre des heures et des heures.

    Rappelons ce qu’un contemporain écrivait au temps béni du Général :

    « Déjà, après la Libération, quand de Gaulle fut au pouvoir avec une liberté d’action telle qu’aucun homme d’État n’en avait eue depuis le Premier Consul, démontra-t-il qu’il avait quelque programme politique précis à appliquer ? Plus tard, quand il prit le rôle de censeur du régime, lui dut-on la moindre analyse rigoureuse des grandes questions de l’après-guerre ? […] Non. À ses yeux, un seul responsable, ‘le système’. Maintenant, ce système est tombé, et de Gaulle s’aperçoit que les problèmes demeurent. C’est pourquoi, une fois dépossédé du seul article clair de son programme, de Gaulle se trouve devant le vide et l’imprécision de sa propre pensée. Il ne garde, précisément, que son ‘style’. » (1958)

    « Nous sommes en démocratie, mais la Constitution peut être facilement modifiée au gré du chef de l’État ; nous sommes en démocratie, mais le ministre de la C… déclarait, en novembre dernier […] : ‘Ces couillons-là’ (c’est nous autres, messieurs, sans nulle vanité), ‘on leur fait le coup du référendum et ils marchent toujours’. […] Ce qui est vrai, c’est que nous assistons à un phénomène nouveau dans l’histoire : la dictature en période de prospérité, […] la dictature par le conformisme provoqué, la soumission, l’abêtissement, le gobage, la dictature dans l’assoupissement en période de digestion. […] Nous avons le paternalisme, l’affairisme et l’ordre moral : bref, Vichy a gagné à long terme. […] La France est la terre élue de l’autosatisfaction. » (1963)

    « Le seul programme gaulliste consiste, une fois de plus, à exiger un blanc-seing. » (1965)

    « La politique d’indépendance nationale du Général est purement verbale. Ce n’est pas une politique étrangère, c’est une rhétorique étrangère. Elle consiste à vexer le plus souvent possible les États-Unis tout en affaiblissant la France économiquement et en l’isolant diplomatiquement. […] Entre l’Europe unie et l’Europe américaine, de Gaulle a choisi en fait l’Europe américaine. […] Notre anti-américanisme joint à notre hargne anti-européenne respire une mégalomanie creuse de pays sous-développé, qui par ailleurs copie son vainqueur, et le copie non dans son travail mais dans sa pacotille […]. » (1965)

    « De Gaulle n’est pas un dictateur, mais il ne respecte pas non plus les lois. Lorsque des observateurs connus pour leurs sentiments démocratiques écrivent que les gaullistes ont montré leur largeur d’esprit en accordant des heures de télévision aux candidats de l’opposition pendant les présidentielles, ils ne comprennent pas que cela représentait le minimum sans lequel le pouvoir serait tombé dans la dictature ouverte. » (1966)

    « Le gaullisme est né d’un phénomène nettement passéiste, des soubresauts de la répression colonialiste, il est lié à un homme, disparaîtra avec cet homme. Mais ce qui ne disparaîtra pas, si l’on n’en provoque pas la disparition, ce sont les perturbations apportées par ce phénomène conjoncturel et circonstanciel dans la société française : la perte du sens de la responsabilité et du jugement libre chez le citoyen, le mépris du pouvoir exécutif pour la Constitution. » (1966)

    Jean-François Revel, Mesdames et Messieurs.

    Donc non : l’homme fort, le sauveur providentiel, le type qui explique que c’est moi ou le chaos, bande de veaux, ce n’est certainement pas le modèle qu’il nous faut pour remédier à la dictature certes infiniment moins incarnée, et bien au contraire diluée, dissimulée, des hauts fonctionnaires à chapeau judiciaire de l’anti-France ou de Bruxelles.

    Le modèle, c’est un droit simple, clair et juste, comme celui de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, et des institutions où les pouvoirs s’équilibrent les uns les autres, sans que l’un d’entre eux n’acquière une suprématie excessive, ni que l’ensemble soit réduit à l’impuissance.

  10. Marc Ghinsberg

    @ Michel Deluré

    Votre texte se conclut sur l’idée que, pour de Gaulle, la souveraineté appartenait réellement au peuple. C’est exactement l’inverse qui fait sa grandeur.

    Commençons par la légitimité, que vous opposez à la légalité défaillante. Le mot est séduisant, mais il est piégé. Chacun en a sa conception : le droit divin, l’onction du suffrage, le sens de l’Histoire, la volonté du chef. Vichy lui-même s’en réclamait, et avec plus d’apparences que la France libre. En juillet 1940, la légalité était du côté de Pétain, investi par un vote du Parlement. L’opinion aussi, très largement. De Gaulle n’avait ni l’une ni l’autre.

    Car « le peuple » est une fiction commode. Le peuple comme entité unanime n’existe pas. Ce que l’on désigne sous ce nom, c’est au mieux une majorité d’électeurs, au pire une foule. Et cette majorité n’est pas infaillible. En 1940, elle était pétainiste. Elle l’était encore, pour une large part, à quelques mois de la Libération : la foule qui acclame le Maréchal à Paris en avril 1944 n’est pas une légende.

    Si de Gaulle avait tenu la volonté du peuple pour la loi suprême, il serait rentré dans le rang. Il a fait l’inverse. Il a parlé au nom de la France contre l’opinion des Français, en vertu d’« une certaine idée de la France », et non d’un sondage. Sa légitimité n’est pas venue des urnes : elle s’est construite contre elles, ou du moins sans elles, et elles ne l’ont ratifiée qu’après coup.

    C’est là que réside le danger de votre raisonnement. Une légitimité qui se passe du droit et du nombre ne se prouve que rétrospectivement. De Gaulle a eu raison contre presque tous ; combien d’autres, avec la même certitude, n’ont eu que tort ? L’Histoire a donné raison au rebelle de Londres. Elle ne délivre pas de brevet préalable.

    La souveraineté du peuple est un principe ; son infaillibilité, une superstition. De Gaulle l’avait compris en 1940 : on ne sauve pas toujours un pays en lui obéissant.

  11. « Le moindre débat sur l’État de droit, dès lors qu’il s’agit de le rendre plus adapté aux réalités et plus efficace, suscite une levée de boucliers. Les objections viennent notamment de juristes qui semblent parfois n’avoir d’autre préoccupation que d’ériger notre impuissance en une légalité purement formelle.
    Autant de Gaulle reconnaissait la nécessité du droit et la légitimité de son architecture, autant il éprouvait une sainte horreur du « juridisme » qui, poussé à l’extrême, aboutirait à un droit « sans sagesse et sans servir le bien public ». »

    Effectivement, Monsieur Bilger, nous sommes actuellement dans un système qui veut corseter le droit pour en faire un outil de blocage de tout ce qui ne serait pas en accord avec les évolutions du droit de ces dernières décennies. Et cela, non seulement en France, mais aussi à Bruxelles. Il suffit de se rappeler la déclaration de M. J.-C. Juncker en 2015, à l’occasion de la crise de la Grèce : « Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens. On ne peut pas sortir de l’euro sans sortir de l’Union européenne. À l’inverse, pour revenir, il faudrait que les 28 parlements nationaux soient d’accord, avec traité d’adhésion et ratifications idoines. »

    Le fameux « État de droit » allégué en permanence ne se soucie guère de l’intérêt général, mais bien uniquement de la seule préservation du carcan juridique auquel notre pays est confronté. Dès lors, il est impossible d’en modifier les principes sur lesquels il repose. On le mesure à l’impossibilité de réformer le droit des mineurs ou de revenir à la loi anti-casseurs, par exemple.

    La polémique sur l’usage de l’article 11 de la Constitution est bien du même ordre. Les thuriféraires du macronisme encensent l’intervention publique du président du Conseil constitutionnel, qui constitue une menace juridictionnelle face à la volonté de Mme Le Pen de l’utiliser pour modifier cette même Constitution.

    Par ailleurs, le fameux « bloc de constitutionnalité », sur lequel reposent nombre de décisions du Conseil constitutionnel, ne me paraît guère démocratique dans la mesure où il sert essentiellement au CC à s’ériger en censeur des dispositions des lois régulièrement votées par le Parlement, souvent sur des questions de forme qu’il n’agrée pas. Ce faisant, le CC s’érige en censeur non seulement des dispositions de la loi qu’il considère comme anticonstitutionnelles, mais surtout en organe de contrôle du Parlement, au mépris de la séparation des pouvoirs.

    Je crains donc que votre souhait (« Les arguties juridiques, si commodes pour faire obstacle aux transformations profondes dont notre pays aura besoin, quel que soit le président élu, devraient s’effacer devant l’urgence de la situation ») ne reste qu’un vœu pieux.

  12. @ Achille le 2 novembre 2026
    « Ni vu ni connu, je t’embrouille ! »

    C’est ce qu’en France on appelle sans rire la « démocratie »…

  13. Michel Deluré

    De Gaulle ne balayait pas le droit d’un revers de la main, mais il considérait à juste titre qu’il ne fallait pas en être prisonnier, surtout lorsque l’intérêt du pays était en jeu. « En temps normal, l’ordre apparent reflète l’ordre profond. Il s’exprime par les lois, les règlements. […] Mais il ne faut pas en être esclave. Il faut l’interpréter, le relativiser. Toujours faire passer l’esprit avant la lettre », confiait-il à Alain Peyrefitte en 1963. Et d’ajouter : « Le critère des critères, c’est l’intérêt du pays, qui doit toujours primer. L’État en est le garant. Si la légalité est défaillante, la légitimité doit s’y substituer. »

    Pour lui, le suffrage universel confère une force et une légitimité qui font que cette dernière passe avant la légalité, surtout lorsque celle-ci n’est plus éventuellement adaptée aux circonstances particulières du moment.

    Il s’irrite d’ailleurs que certains puissent trouver antidémocratique de poser directement aux Français une question essentielle et de leur demander de manifester à cette occasion la confiance qu’ils ont dans le chef de l’État et le gouvernement. Il est donc favorable à cette pratique du référendum, mais en tenant compte de cette réalité que « ce qui était jadis réalisable sur l’agora d’Athènes, ou qui l’est aujourd’hui dans le canton de Vaud, ne peut l’être dans un grand pays qu’à des occasions solennelles. Et puis, il ne faut pas prostituer le référendum en le faisant jouer à tout propos. »

    Pour de Gaulle, la souveraineté nationale, en fait, appartenait réellement au peuple.

  14. Cher Philippe Bilger,

    À mesure que le temps passe, le parti (pris) foutuiste d’Éric Naulleau prend de la consistance.

    Seuls les idéologues refuseront de voir l’influence catastrophique de l’immigration invasive sur notre pays et la mainmise progressiste sur les esprits.
    Au vu de l’importance néfaste de l’immigration, il devient quasi impossible de revenir en arrière. Grâce à l’apport des jeunes déculturés et des syndicats manipulés, le palestinisme et la chienlit vont rythmer la vie de ce pays jusqu’en 2027.

    Jean-Luc Mélenchon a beau jeu d’éructer que le réel est raciste, son discours n’est entendu que par les opportunistes, les voyous et les aveugles.

    Quant à l’idéologie progressiste, elle a pénétré toutes les institutions et rend là aussi aléatoire tout recours à un peuple qui a enfin ouvert les yeux, 17 octobre oblige.

    Cet infâme Conseil constitutionnel, devenu l’ennemi public n° 1, et ses auxiliaires idéologiques des tribunaux administratifs sont en train de creuser leur tombe. Ils jettent leur va-tout pour empêcher celle qui va les remettre au pas non seulement de l’emporter, mais aussi de gouverner.

    Que ces nuisibles de la République soient emportés au plus vite par la vague populaire qui monte, qui monte !

  15. Supprimer tous les avantages une fois le mandat présidentiel achevé ! Sauf, évidemment, la sécurité, à évaluer.
    Pour le reste, comme dans les pays nordiques, les mandats terminés, on arrête toutes ces fuites.
    Non, ce n’est pas rien ! Pour entendre les fadaises d’un Sarko rejeté comme un malpropre lors de ses propres primaires, cela montre qu’ils ne sont plus rien, même chez eux.
    Et l’autre, le capitaine de pédalo, mais à quoi sert-il ? À quoi sert-il ? À quoi servent-ils ?

  16. @ Merville le 2 novembre 2026
    « Soyons très vigilants sur le respect de la Constitution et réjouissons-nous si le Conseil constitutionnel fait preuve de sévérité dans son rôle de gardien de la Constitution. »

    Ben ouais, tout à fait, Thierry ! Grâce à cette Constitution, nos pilleurs, casseurs, incendiaires, gauchistes, islamistes, LFI, HamaSS, fachos, nazis, protégés par cette Constitution, s’en donnent à cœur joie, insultent, menacent, terrorisent, grâce à cette impunité organisée par cette justice rouge, mafia de gauchistes complices de ces criminels intouchables, cette justice odieuse qui exerce un chantage insoutenable envers nos policiers, morts de trouille face aux criminels des rues et à leurs alliés, juges traîtres, collabos macroniens islamo-gauchistes.

    Notre Constitution, renommée à bon escient « Conseil prostitutionnel islamo-gauchiste », est devenue une institution criminelle, il n’y a plus aucun doute à avoir. Les preuves sont dans nos rues, sous nos yeux. Seuls le pouvoir macronien et les partis de gauche sont aveugles.

  17. « De Gaulle, reviens, ils sont devenus fous ! » (PB)

    Désolé, cher Philippe, même de Gaulle baisserait son froc aujourd’hui devant l’armada hyperpuissante des gauchistes et des envahisseurs islamistes, qui ont réussi à mettre la France dans un état comateux irréversible. Arrêtez de rêver !

    Parmi nos élus, le seul qui ait réussi sa mission, c’est notre Gégé Larcher national, qui a sauvé sa cantine (la meilleure du monde) et sa cave (la meilleure du monde) sous le feu de l’ennemi. Il faut le panthéoniser d’urgence ! C’est un héros national qui laissera une trace indélébile (je n’ai pas dit débile) dans les livres d’histoire. Même les casseurs et les black blocs n’ont pas osé s’attaquer à cette forteresse imprenable, au risque de s’attirer les foudres de Gégé-le-Terrible.

    Gégé, un as de la résistance culinaire, notre nouveau de Gaulle ! Sans hésiter, je voterai pour lui. LOL, MDR !

  18. L’article 11 ne marche pas toujours, car les référendums rencontrent deux problèmes :

    Le premier est que les Français ne répondent pas vraiment à la question posée, mais préfèrent profiter de l’occasion qui leur est donnée pour sanctionner le président en exercice, s’ils en éprouvent le besoin. Ceci, même si, sur le fond, ils sont plutôt d’accord avec la proposition du président.

    Ce fut le cas en 1969 pour le Général, avec sa réforme du Sénat et de la régionalisation, rejetée par les électeurs, qui, pourtant, n’était pas du tout une mauvaise idée.

    L’autre problème est qu’un référendum peut très bien obtenir une majorité de NON et être remis au goût du jour par un « traité simplifié » voté par le Parlement, comme ce fut le cas pour le traité établissant une Constitution pour l’Europe en 2005.

    Ledit référendum, qui avait obtenu un NON à 55 %, a été suivi, à la faveur d’un tour de passe-passe, par le traité de Lisbonne, destiné à « débloquer les institutions européennes », selon Nicolas Sarkozy, approuvé par le Parlement français en février 2008 et ratifié par la France dans la foulée.

    Nos politiques sont pleins de ressources quand il s’agit de faire passer leurs idées. Si ça ne marche pas d’une façon, ils en trouvent toujours une autre, parfaitement légale, bien sûr !

    Ni vu ni connu, je t’embrouille !

  19. Marc Ghinsberg

    Cher Philippe,

    Sur ce point, je ne vous suivrai pas.

    Depuis 1958, la Constitution a été révisée vingt-cinq fois. Une seule de ces révisions a emprunté l’article 11 : celle de 1962. La seconde tentative, en 1969, a échoué devant les électeurs. Une exception suivie d’un échec ne fait pas une coutume, ni une jurisprudence. Elle fait tout au plus un précédent, et un précédent n’oblige personne.

    1962 fut la transgression d’un fondateur. Il interprétait un texte qu’il avait lui-même inspiré, et il engageait sa propre responsabilité devant le peuple. En faire une procédure ordinaire, à la disposition de toute majorité de passage, c’est transformer l’exception en mode d’emploi.

    De Gaulle ne méprisait pas le droit. Il y voyait l’armature de l’État, ce qui avait permis à la France de se construire et de durer. Une Constitution, disait-il, c’est un esprit, des institutions et une pratique. Il savait aussi qu’on ne force pas le droit impunément. En octobre 1962, le mois même du référendum, le Conseil d’État annulait par l’arrêt Canal la Cour militaire de justice qu’il avait créée pour juger les factieux de l’OAS. Le Général s’en irrita, mais il s’inclina. Sa grandeur ne tenait pas à son mépris des règles. Il pouvait forcer la règle, mais il acceptait d’en payer le prix : sa place. En 1969, il l’a payé. Qui, parmi ceux qui l’invoquent aujourd’hui, est prêt à en faire autant ?

    Vous opposez le droit au juridisme. Mais exiger l’accord des deux assemblées n’a rien d’une argutie. C’est précisément ce qui distingue la loi fondamentale d’une loi ordinaire qu’on change au gré d’une humeur électorale. Ce garde-fou vaut pour tous, et il protégera demain ceux qui le trouvent aujourd’hui insupportable.

    Le doyen Vedel enseignait à ses étudiants: « le droit est un investissement à long terme. » On peut toujours le sacrifier à l’urgence. Mais un capital dilapidé ne se reconstitue pas par référendum.

  20. Les exemples sont très nombreux des libertés que de Gaulle prenait avec la Constitution et avec le droit. Philippe Bilger n’en cite que quelques-uns. De Gaulle fut donc pourfendu par l’immense majorité des constitutionnalistes et des juristes. Il pouvait se le permettre, car il était de Gaulle et qu’il n’ambitionnait pas d’être dictateur.

    Les choses ont aujourd’hui changé. Les hommes politiques ont un niveau moindre (c’est une litote) et leurs intentions ne sont pas toujours claires.

    Soyons très vigilants sur le respect de la Constitution et réjouissons-nous si le Conseil constitutionnel fait preuve de sévérité dans son rôle de gardien de la Constitution.

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