Ce n’est pas au moment où Bruno Retailleau (BR) a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 que je vais me priver d’écrire un billet sur cette excellente nouvelle, tant attendue.
Je n’ai d’ailleurs pas aimé la manière dont cette information a été accueillie, comme si elle allait de soi et qu’elle ne constituait pas un événement.
Pourtant, il me semble que BR, pour se décider avec l’enthousiasme et l’énergie qu’une telle initiative impose, a dû obtenir l’assentiment familial et cesser d’invoquer « son devoir » comme si se présenter était une corvée.
En revanche, il est beaucoup plus audible et compréhensible lorsqu’il déclare « qu’il ne veut pas être président de la République par obsession du pouvoir mais par sens du devoir » (Le Parisien). Il a pris conscience que les militants de LR n’espéraient qu’avoir l’opportunité de lui renouveler leur confiance après son élection triomphale à la tête du parti.
Ce qui aurait dû faire de lui, tout de suite et sans l’ombre d’une discussion, le candidat naturel pour 2027, si BR, par une sorte de pudeur politique, n’avait pas été effrayé par son succès même et par l’étendue du pouvoir qui en résultait.
Il me paraît donc essentiel, maintenant que cette annonce fondamentale a été faite, que BR fasse valider et confirmer par eux tous sa légitimité à être le candidat de la droite pour 2027 et l’absolue justesse de son ambition.
Il ne se laissera plus entraver dans sa résolution par Laurent Wauquiez, dont certains propos laissent augurer, comme d’habitude, plus d’acidité à son encontre que de soutien ; mais il faudra balayer tout cela par le recours à une démocratie interne dont les décisions devront être respectées à la lettre.
Mon amicale fidélité politique à BR tient, au-delà de ce que les promesses, les engagements et les projets ont parfois de conjoncturel au regard d’une réalité mouvante, à un double constat.

D’abord, il s’agit d’un homme qui n’a jamais flotté au gré des vents mauvais ou opportunistes : l’ensemble de son parcours, avant d’être sénateur puis ministre et président de parti, montre une constance dans ses choix et ses orientations fondamentales, une vision de la personne, de la société et du monde qui a toujours été conforme à ce que je nommerais un humanisme d’autorité et de courage.
Le second constat tient au caractère toujours irréprochable de son éthique personnelle et politique. La droite ne pourra plus être, avec lui, relativiste et complaisante à l’égard des transgressions morales, au prétexte qu’elles ne relèveraient pas de défaillances intimes, conjugales ou familiales, mais qu’elles seraient liées à tout ce qui se rapporte à la vie d’un parti et à la conquête du pouvoir. On ne pourra plus se permettre d’être vertueux à mi-temps et de se féliciter d’être applaudi et célébré malgré des turpitudes alléguées et des condamnations édictées.
Dans un entretien très fouillé que BR a accordé au Figaro Magazine — sans doute par ironie médiatique, l’entretien suit un débat sur Donald Trump entre Éric Zemmour et Aquilino Morelle —, il énonce comme injonction centrale : « Je veux que la France se relève. »
En recommandant la lecture de ces échanges de haute volée, qui définissent un projet présidentiel clair, cohérent et novateur, je renvoie à la parfaite synthèse que la publication a donnée de cet entretien : « Les principaux axes de son projet : recours au référendum, réforme de la Constitution et des retraites, suppression des normes pénalisantes pour les entreprises et suppression du juge d’application des peines, état d’urgence pour les quartiers gangrenés… ».
BR en fera ce qu’il voudra, mais j’ajouterais volontiers le juge des enfants à la volonté de faire disparaître le juge de l’application des peines. Ce n’est pas de la provocation : je suis prêt à soutenir que des magistrats qui participent davantage d’un désarmement pénal que d’une rigueur nécessaire devraient être exclus du processus judiciaire ordinaire. Ils affaiblissent plus qu’ils ne renforcent.
Puisque j’ai évoqué Donald Trump, je ne risquerais pas une comparaison détaillée entre celui-ci et BR. L’un est caractériel, erratique et imprévisible ; l’autre, équilibré, cohérent et stable. Mais si le président américain est perçu aussi comme un homme d’action qui tient ses engagements, je ne doute pas que BR, sur ce plan du caractère et du volontarisme, lui ressemblera en effet.
Dire « Bruno Retailleau, enfin ! » n’est pas un mot vain, ni un titre superficiel.
Mais l’expression d’une espérance incarnée.
Sur le nuancier électoral, la carte RPR-1978 est déjà prise par le RN et Reconquête!.
Et de vous à moi, M. Retailleau dans l’emploi de ministre de l’Intérieur ne m’a pas impressionné, même avec une prestation micro-caméra quotidienne. Je pense qu’il est surfait en réputation.
Après, les déclarations viriles restent des déclarations, jusqu’à la débandaison. On se souvient de Sarkozy qui a viré « apache des fortifs » après son accession, mais n’a rien fait de durable.
Il nous faut des polices « ICE », des juges DREDD, des Robocop, rentrer dans le lard des racailles sans modération, parquer tous les mineurs délinquants dans une île, fermer l’ENM gauchiste et nommer des juges « Roy Bean » qui appliquent la loi la vraie, une police impitoyable, virer à coups de pied aux fesses toutes ces LDH, défenseurs des droits, État de droit, Conseil d’État, tous ces pourris gauchiasses complices des criminels, et réprimer toutes manifs interdites sans faiblesse, sortir les squatteurs le jour même comme aux USA, renvoyer les OQTF, etc. etc.
Retailleau voudrait bien, mais ne pourra point, ce pays est infesté de gauchiasses, de droits-de-l’hommistes socialos cocos escrolos LFI HamaSS.
Un conseil à Retailleau : retournez dans votre Vendée une région encore pure et propre où la religion catho est respectée, laissez ce pays crever à petits et même à grands feux.
Si c’est pour bader chez Sarkozy, rue de Miromesnil, il ferait mieux de ne pas être candidat.
Je trouve qu’avoir quitté le gouvernement parce que celui qui faisait des chèques sans provision (Bruno Le Maire) en était membre est une raison valable. Je n’ai pas compris qu’il soit critiqué là-dessus. Si c’est juste un alibi, c’est dommage, mais une conviction profonde de ne pas travailler avec ce personnage, BLM, c’est respectable. On aurait aimé que les socialistes fissent de même avec d’autres ministres (Lang, par exemple).
Il ne semble pas animé d’un arrivisme chiraquien, mais dans l’adversité, on verra.
Je demeure gêné par un point. Ce qu’il ne sera pas n’a pas d’importance ; c’est ce qu’il sera qui compte et ce qu’il est.
Qui va disparaître de la circulation ? Peut-être Édouard Philippe, qui, à mon avis, se positionne pour 2032, car il sait qu’il n’a aucune chance.
Avec cette droite à la ramasse, on pourrait finalement bien avoir Hollande-Bardella au second tour. Ce serait assez drôle, surtout pour ceux qui considèrent que Hollande est une nullité. On reproche à ce dernier son manque de lucidité ; c’est oublier celle dont il a fait preuve en ne se représentant pas.