Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Mérignac : inspecter les tragédies finies ou sanctionner ?

Dans le monde judiciaire, plus que l’indépendance, pierre angulaire, paraît-il, de l’activité du magistrat, la notion de responsabilité m’a toujours semblé capitale. On est comptable de ses fautes si elles ne relèvent pas de l’administration de la Justice et des différentes approches justifiées par la loi et l’Etat de droit. À Mérignac,inspecter des tragédies finies est vain. Sanctionner, en revanche, préviendra leur retour.

Le populisme, une épidémie française ?

Cette épidémie française, je le crains, sera impossible à éradiquer. Aucun vaccin contre elle mais au contraire la tendance de l’humain à sortir d’une normalité, d’une décence trop vécues comme une ascèse, une prison.

Des États généraux de la Justice : enfin mais trop tard !

Enfin. Je n’ai même plus envie de rêver, d’espérer pour rien. Je ne supporte plus mon inutilité, le désespoir, la peur de mes concitoyens. Je préfère compatir avec le peuple que feindre une adhésion politicienne. Mais trop tard.

C’est le talent qu’on déteste !

J’aime passionnément que le talent – je ne suis pas péremptoire au point de supposer que seule ma grille est pertinente – établisse une relation forte et singulière entre ceux que cette grâce habite et ceux qui bénéficient de ses effets. J’apprécie que dans un monde convenu, verrouillé, au fond peu tolérant, enkysté dans des cases, répugnant à penser contre soi, rigide, le talent vienne comme un air de liberté, un souffle magique, créer une fraternité contre tous les préjugés, les idéologies et les convenances. Le talent, la dernière et irrésistible irruption du je dans un monde massifié.

Macron en campagne et LR en masochisme !

Je ne ferai pas la comparaison usée avec le communisme, l’extrême gauche et François Mitterrand. Pourtant il pourrait y avoir un peu de ça dans la mise au net de cette équivoque jetée dans les pattes de la droite et qu’elle semble légitimer par lâcheté, peur, doute sur son identité. Les leçons : intelligence, réalisme et habileté. Et le parti est seul maître de ses choix : personne n’a à les lui dicter.

Les catholiques, de la chair à c..ons !

L’aberration de notre monde et d’une modernité dévoyée nous fait détester le fait religieux, la grandeur de la religion, qu’on soit dans la croyance ou non, au prétexte que le terrorisme islamiste a rendu odieux tout ce qui de près ou de loin se rapproche de la familiarité avec un quelconque au-delà. Les pratiques honorables paient pour les extrémismes meurtriers parce qu’on a un pouvoir qui n’a pas le courage d’assumer des discriminations de bon sens, fondées sur la réalité de notre quotidien.

La France ou la banalité du pire…

La France, aujourd’hui, s’achemine vers des élections régionales puis vers une élection présidentielle. Les vaccins font leur oeuvre de libération. Tout semble normal. En surface. Pourtant, dans les tréfonds, elle se délite peu à peu parce que la banalité du pire l’affecte, l’infecte et qu’il semble qu’on n’y puisse rien.

Mabrouk s’en va-t-en guerre…

Il y a des guerres de velours et des combattantes de soie, des acidités élégantes et des ripostes de classe. Sonia Mabrouk a usé de toute cette palette pour défendre CNews et, bien au-delà, pour montrer un art élémentaire mais trop peu pratiqué dans le domaine du verbe, ce que je pourrais familièrement nommer : le retour à l’envoyeur.