Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Le président incarne-t-il « le camp de la raison et de la République » ?

Si Clément Beaune n’avait pas été sérieux dans son propos, ç’aurait été d’une saumâtre ironie ! Sans doute évoquer par le verbe la raison et la République peut-il sembler un moyen de se les approprier mais les Français savent ce qu’il en est du réel et de ce qu’ils vivent et endurent. Le pouvoir a le droit de se croire l’incarnation de la raison et de la République mais, de grâce, qu’il ne prenne pas ses désirs pour la vérité.

Des présidents pour temps calmes ou temps de crise ?

Paradoxalement je devine pourquoi les temps de crise ne sont pas honnis par les gouvernants, et même obscurément désirés : la réalité est univoque et son enseignement est clair. Il faut se battre, résister, on est moins jugé, l’unité est favorisée, on est aimé tout simplement parce qu’on est là ! Un jour, qui sait ?, la République nous offrira un président achevé, complet.

BAC Nord : mention très bien !

BAC Nord, hors compétition à Cannes, s’il avait concouru pour la Palme d’or, ne l’aurait évidemment pas obtenue. Trop vrai, trop peu manichéen, trop angoissant sur notre pays, aucune sublimation des crapules et des voyous, la police considérée avec un regard évidemment plus laudateur quelles que soient ses failles et son pragmatisme. Mais peu importe. Allez le voir. Il mérite la mention très bien.

En danger de vie, avec les talibans….

On ne peut pas se laver les mains de ce qui va se perpétrer en Afghanistan. Quand on est en danger de vie, on a le droit de voir accourir le monde à son secours.

Un pouvoir qui se paie de mots !

Le citoyen sent que nos gouvernants se paient de mots mais, aujourd’hui bien plus gravement, qu’ils nous paient avec des mots.

Tout refaire ou ne rien changer ?

Ne rien changer mais que ce soit le contraire de l’immobilisme : si on savait le grand nombre de voyages possibles de soi à soi, on serait étonné !

Nous ne sommes pas en dictature !

Le comble serait d’accepter que la légitimité d’une cause discutant le passe sanitaire puisse s’octroyer, par extension et sulfureuse contagion, la liberté de s’exprimer n’importe comment et avec un vocabulaire dont l’enflure intellectuelle et historique, l’usurpation démocratique ne peuvent qu’indigner.