Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Emmanuel Macron : une candidature bouffe !

Il est dramatique pour une démocratie comme la nôtre de tomber dans le ridicule à cause d’un pouvoir ayant trop longtemps joué au chat et à la souris avec le peuple. Parce que rien n’est plus insupportable qu’un président qui n’a pas honte de piper les dés républicains.

Soutenons-nous hardiment : il n’y a pas de résistance…

Que les médias prennent garde. Ils sont au plus bas dans l’estime publique. Ce n’est pas cette indigne désertion qui les fera remonter. Qu’ils continuent de la sorte et on n’osera plus évoquer à leur sujet ces deux beaux mots que sont le courage et la démocratie.

Répondre : la délicatesse des très grands

Je suis très heureux de pouvoir ajouter à mon admiration littéraire pour Michel Houellebecq cet éloge capital : il sait, il veut répondre, il a la délicatesse des très grands.

Nouvelles

Chers amis du blog, pour la première fois en plus de quinze ans, Philippe Bilger est souffrant et…

Elisabeth Quin trop élogieuse de 28 minutes ?

Impalpable, subtile, avec bonne conscience, flotte l’évidence que celui ou celle qui vient sur 28 minutes ne doit pas se leurrer : ne pas croire à sa liberté absolue dans le choix de ses pensées et dans leur expression. Pour prendre des exemples caricaturaux, il FAUT détester le RN, vouer Zemmour aux gémonies, se trouver dans le cercle macronien de la raison, accabler la société qui crée les coupables plus que ceux-ci, se fondre dans un humanisme hémiplégique puisqu’il ne pleure et ne compatit qu’à gauche. Ce n’est pas maladroitement fait, ce n’est pas un rouleau compresseur, c’est enrobé, suave, penser autrement c’est le monde des ploucs, c’est redoutable.

Fabien Roussel : un communisme populaire ?

Je dois admettre que Fabien Roussel, dans l’univers politique et pour la sincérité du verbe – il n’aimera pas ma comparaison – est le seul qui, avec Eric Zemmour, apporte un ton nouveau, une parole non gangrenée par le professionnalisme et l’habitude, un élan, une fraîcheur.

La voix de Jean-Pierre Bacri manque plus que jamais…

Une personnalité intelligente, libre jusqu’à susciter l’incompréhension, détestant les étiquettes et la globalisation paresseuse, seulement soucieuse d’exprimer sa vérité quoi qu’il en coûte, fuyant les conformismes comme la peste, jamais mouton de Panurge, haïssant les injustices, ne signant pas mécaniquement toutes les pétitions de gauche, si lucide sur son passé de – selon lui- « petit con cannois », s’étant découvert lui-même grâce au théâtre et au cinéma, devenu un scénariste de haute volée de concert avec Agnès Jaoui, l’amour de sa vie puis une amie avec laquelle l’entente artistique n’a jamais été brisée, un homme intelligent récusant tout ce que le jeu social induit de simulacre et de conventionnel, un Alceste qu’il aurait formidablement joué sur scène s’il ne l’avait pas estimé trop proche de ce qu’il était dans la vie, une intégrité d’acier, un inimitable râleur dont le visage s’éclairait d’un magnifique sourire, une rectitude exemplaire nous donnant à tous la mauvaise conscience de préférer les accommodements tranquilles aux conflits nécessaires, Jean-Pierre Bacri, une force tendre, une intégrité absolue.

Emmanuel Macron le Parisien, Emmanuel Macron l’Européen…

Je sais bien qu’il est de bon ton, pour faire sérieux, de prétendre ne s’attacher qu’au fond mais aucune victoire ne sera possible si on ne prend pas la mesure des dons et de l’incroyable force de démonstration d’EM. Avec l’obligation d’être meilleur que lui pour le langage et dans la contradiction.

Tout se tient !

Le plus grand obstacle à la restauration d’une forme même minimaliste de civilité est le refus précisément d’admettre que tout se tient, du dérisoire au gravissime. Rien n’est neutre, indifférent ou bénin. Les vulgarités sont connectées, le pouvoir transgressant gangrène la base, les médias incorrects influencent mal, le langage dévoyé fait école et la société s’abandonne peu ou prou à un cloaque. Le comble est de voir dans cette libération de mauvais aloi un progrès. Elle signe plus un crépuscule qu’une aurore..