Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Ecoeuré !

Parce qu’il y a trop d’abstentionnistes, qu’il y a trop d’extrême gauche, trop d’envie de droite autoritaire et sans coeur, trop de citoyens explicitement ou implicitement en dissidence, en rupture. Ecoeuré parce que la France est trop précieuse pour être ainsi reléguée à cause d’une République confisquée par les uns et déniée aux autres.

Qui ?

Il faut voter pour n’importe quel candidat mais il faut voter. L’abstention dans le meilleur des cas n’est jamais qu’un immobilisme protestataire, dans le pire qu’une indifférence coupable, un souci de ne pas être dérangé dans son quotidien. Quand on dispose d’un tel luxe – une démocratie imparfaite sans doute mais incontestable -, on ne fait pas la fine bouche devant les droits qu’elle donne, les devoirs qu’elle impose. Bonheur d’être citoyen et d’avoir mis sa petite pierre dans le champ républicain. Qui, le 10 avril au soir ?

Nicolas Sarkozy : Valérie Pécresse est masochiste…

Le parti LR ainsi que la candidate victorieuse au Congrès, sont profondément masochistes puisqu’ils ont éprouvé le besoin de rendre des hommages indus à Nicolas Sarkozy pour lui faire oublier l’affront de ces manifestations hostiles. C’est un comble alors que, si on sentait le risque de coups fourrés, on n’osait pas penser qu’il pousserait la provocation jusqu’à obstinément se taire publiquement, tout en la « débinant » en privé.

Attention aux Français !

Jean-Luc Mélenchon a raison : tout est possible. Même de voir le quasiment réélu mordre la poussière démocratique. Oui, attention aux Français !

Eric Zemmour finit-il par lasser ?

La campagne peut encore être inventive mais le sort d’EZ pour le second tour semble scellé. MLP ne sera pas aussi largement battue qu’en 2017, même si le plafond de verre s’est beaucoup ébréché et que la gauche n’est plus disposée à jouer le pompier républicain de service. Et si on rêvait d’une Valérie Pécresse déjouant tous les pronostics et présente au second tour, empêchant la réélection du sortant ?

S’il ne reste que moi…

Elle tentera de remplacer l’inventaire par de l’épopée, le ponctuel par du souffle. Elle nous donnera enfin, faisant la synthèse des précédentes semaines, son image et sa perception de la France. De « sa » France. Tous les dons et les mérites dont on l’a crédité, elle les mettra au service de cet après-midi du 3 avril pour étonner, convaincre, se métamorphoser, se perdre mais peu importe, ou se retrouver s’il est encore temps.

L’affaire Anne-Sophie Lapix : une prise de conscience ?

L’opinion du journaliste, implicitement, par les mimiques, ou explicitement exprimée par le ton, ne nous importe pas du tout puisque le personnage important est l’invité et que les interrogations n’ont vocation qu’à éclairer ce dernier, et non pas ceux qui questionnent.

La fuite par la loi !

Qu’importe que la France étouffe sous les réglementations et les lois et ait trop peu d’espace pour sa liberté ! L’essentiel n’est pas là mais que la bureaucratie du pouvoir et le pouvoir de la bureaucratie tournent à plein régime. J’attends vraiment qu’on nous mette à la diète.

Marine Le Pen : ah les lâches !

J’assume cet espoir, qui n’est peut-être pas qu’une illusion, d’un monde politique qui saura faire revenir les citoyens vers lui parce qu’il leur aura donné, fond et forme compris, promesses tenues, sincérités acquises, la certitude d’une authentique nouvelle ère. Et je rends grâce à Emmanuel Macron qui, fuyant pourtant le débat, a su proférer ce qu’on attendait de la charge suprême avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Répondre à Marcel Proust…

Je vais répondre à ce questionnaire de Proust et, partageant mes choix avec vous, je serais heureux que dans vos commentaires vous me fassiez part des vôtres.