Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Même les hauts lieux profanes ne sont plus sacrés !

Alors que cette esquisse de proportionnelle pouvait laisser espérer que les orages de la France trouveraient leur exutoire à l’Assemblée nationale, faudra-t-il craindre à rebours que cette dernière soit au contraire dévastée par les orages du pays ?

Parce qu’elles sont des femmes, parce qu’il s’agit de Pap Ndiaye ?

Il serait injuste d’oublier que certains hommes également bénéficient de protections non pas en raison de leur sexe mais grâce à une apparence dont ils prétendent pourtant qu’elle leur a nui. Ainsi le nouveau ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, a affirmé d’abord qu’il avait été attaqué à cause de sa couleur de peau alors que j’ai l’impression que depuis, elle lui sert de bouclier. Non pas qu’il n’ait pas des qualités, un savoir et un parcours exceptionnels mais parce qu’il est interdit de le mettre en cause sauf à être taxé immédiatement de racisme.

Un président de la République doit-il être intelligent ?

Une réflexion sur l’intelligence est toujours bienvenue dès lors qu’elle permet d’approfondir la naturelle faveur pour cette disposition qu’en général on ne discute pas. Pourtant le sujet vaut la peine d’être traité, surtout en le rapportant à ceux qui nous président et nous gouvernent.

C’est pas moi, c’est l’autre !

Cette comédie du « c’est pas moi, c’est l’autre » risque d’interdire toute prise de conscience. Le pouvoir sera toujours innocent puisqu’il n’est responsable de rien. La Nupes irresponsable puisque son angélisme subversif est un cadeau qu’elle prétend nous faire ! Pendant ce temps le RN engrange. La réalité, qu’on refuse, qu’on récuse, est son alliée.

Sous la dictée du peuple ou non ?

Le président de la République devrait s’honorer de céder à certaines pressions éminemment légitimes au lieu de faire comme s’il était encore totalement maître du jeu. La lucidité n’est pas de nier les séismes mais de les prévenir ou de les exploiter pour le meilleur.

Les législatives : en France, du nouveau…

Une Cinquième République qui desserrera son corset et ce sera très bien. À condition qu’Emmanuel Macron l’accepte et n’y voie pas un handicap, une insupportable entrave au lieu d’y voir une chance de meilleure respiration démocratique. Le futur nous renseignera vite.

De la place pour Plaza !

Ce qu’on demande à un Stéphane Plaza est qu’il vous offre ce qu’il sait faire de mieux dans les diverses activités professionnelles, médiatiques et artistiques où il excelle en restant absolument lui-même. Rien ne serait pire que d’éprouver du mépris pour ces talentueux irradiant de sympathie, sans la moindre vanité, ne se poussant pas du col, résistant au besoin de donner un avis sur tout, surtout sur ce qu’ils ne connaissent pas, jouant aux engagés. Alors qu’au contraire on ne peut s’empêcher de songer en les côtoyant qu’ils pourraient faire de « bons copains ».

Mais où est le Sarkozy d’antan ?

Mais où est le Sarkozy d’antan ? Cette interrogation est une blessure, presque une douleur. Bien plus qu’une nostalgie. Une tragédie parce que nulle espérance ne pourra venir nous consoler au sujet de cet être exceptionnel, qu’on a perdu parce qu’il s’est égaré.