Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Les législatives : en France, du nouveau…

Une Cinquième République qui desserrera son corset et ce sera très bien. À condition qu’Emmanuel Macron l’accepte et n’y voie pas un handicap, une insupportable entrave au lieu d’y voir une chance de meilleure respiration démocratique. Le futur nous renseignera vite.

De la place pour Plaza !

Ce qu’on demande à un Stéphane Plaza est qu’il vous offre ce qu’il sait faire de mieux dans les diverses activités professionnelles, médiatiques et artistiques où il excelle en restant absolument lui-même. Rien ne serait pire que d’éprouver du mépris pour ces talentueux irradiant de sympathie, sans la moindre vanité, ne se poussant pas du col, résistant au besoin de donner un avis sur tout, surtout sur ce qu’ils ne connaissent pas, jouant aux engagés. Alors qu’au contraire on ne peut s’empêcher de songer en les côtoyant qu’ils pourraient faire de « bons copains ».

Mais où est le Sarkozy d’antan ?

Mais où est le Sarkozy d’antan ? Cette interrogation est une blessure, presque une douleur. Bien plus qu’une nostalgie. Une tragédie parce que nulle espérance ne pourra venir nous consoler au sujet de cet être exceptionnel, qu’on a perdu parce qu’il s’est égaré.

Un désastre et un retour…

Emmanuel Macron, qui promettait un nouveau monde et prétendait dépasser la gauche et la droite, nous remet l’une et l’autre en pleine lumière conflictuelle, avec un ancien monde qui va encore avoir de beaux jours devant lui.

J’ai voté : vais-je changer la France ?

Mon vote, sur ce plan illisible, est clairement une protestation. Je vote parce que j’essaie de penser, que j’écoute, que je respecte, que mon geste évite d’autres gestes odieux et parce que je crois profondément qu’un tel luxe, dans une France comme la nôtre, n’a pas le droit d’être négligé, méprisé, d’abord pour nous-mêmes et ensuite pour toute une humanité qui ailleurs est privée des droits les plus élémentaires, emprisonnée même pour oser les vouloir.

La police victime mais toujours coupable !

Alors que le refus d’obtempérer, s’il est transgressif, n’engendre en lui-même aucune conséquence irréversible, il dégénère dès lors qu’il est suivi, la voiture étant considérée comme une arme, par les violences volontaires ou pire la tentative d’homicide perpétrées par le fuyard. Aussi entendre que le refus d’obtempérer tue est une absurdité provocatrice de plus.

Evidemment que Salah Abdeslam est humain !

Il semble que dans cette approche maladroite on puisse relever l’extrémisme d’une mansuétude mal placée ou, sans doute davantage, une maîtrise insuffisante du langage dans un cadre médiatique toujours disposé à entendre ce qui offense la normalité. En effet ce « très humains » se rapportant aux faits aurait imposé une explication très approfondie. Me Ronen n’a offert qu’une superficialité dérangeante.

Un président qui n’est jamais « normal »…

On pourrait, dans un monde théorique, se rengorger à l’idée d’un président jamais normal mais dans notre existence collective, dans l’état actuel de la France, pour relever les défis et faire face aux menaces de l’intérieur et de l’extérieur, on n’a pas besoin d’un intellectuel, d’un esthète, d’une personnalité plus préoccupée de détruire que de sauver, de séduire que de convaincre. Oui, il nous faudrait un vrai président normal.

Les magistrats devraient en plus tendre l’autre joue…

Mais parce que depuis quelque temps la magistrature a décidé de ne plus tendre l’autre joue. Parce que souffletée elle a pris le parti sinon de résister du moins de manifester une opposition ferme à tout ce qui n’avait pour finalité que de la réduire, de la banaliser et de l’offenser. Parce que Chantal Arens et François Molins ont su par leurs interventions qui n’ont jamais dépassé la mesure démocratique, porter haut l’honneur de la magistrature et pour une fois susciter un consensus que certains de leurs prédécesseurs n’avaient pas mérité par leur connivence soumise et leur souci de davantage ménager le Pouvoir que de défendre la dignité des magistrats. Ce qui est apparu insupportable à l’autorité macronienne – si totalitaire au fond – tient au fait que cette haute hiérarchie judiciaire a réagi, répliqué, riposté, récusé et que loin du masochisme, elle n’a plus tendu l’autre joue.