Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Et si les avocats parisiens se renouvelaient un peu ?

Même si je perçois la différence de position et de comportement entre le magistrat et l’avocat, la distinction de leur statut, on pourrait finir cependant par être lassé de la sempiternelle mise en cause de la magistrature lors des cérémonies solennelles de rentrée du barreau alors que dans les grandes messes où la hiérarchie judiciaire officie et s’exprime, jamais l’ombre de la moindre méfiance à l’égard des avocats ne se profile, en vertu de cette évidence que décideurs et auxiliaires de justice, barreau et magistrature sont embarqués dans le même bateau et, s’il y a naufrage, qu’ils devront l’assumer ensemble. Pourquoi cet opprobre ici et ce consensus là ? Ce serait bien si les avocats parisiens – je suis certain qu’il y a là une spécificité touchant moins la province – se renouvelaient un peu. On a envie de leur dire, selon une formule célèbre : étonnez-nous !

Albert Camus : tromper n’est pas trahir ?

Il n’est pas indécent, puisque rien de ce qui concerne Camus ne nous est aujourd’hui étranger, de se pencher sur un être à la fois ayant su honorer l’intégrité de l’intelligence et le sens de la justice tout en jouissant de la sensualité de la vie, de la beauté des choses et de la présence des femmes.

Emmanuel Macron adepte du « au contraire » !

Devant mille maires reçus à l’Elysée, le président de la République a voulu alerter sur la montée de la violence dans notre pays. Si j’avais le coeur à rire, je dirais que les citoyens comme les édiles ne sont que trop bien informés sur cette plaie sociale et démocratique.

Il y a des femmes remarquables…

J. K. Rowling et Sylviane Agacinski m’ont paru constituer l’antidote le plus efficace, le plus éblouissant contre le féminisme de posture et d’intimidation, contre une certaine dictature nous imposant d’admirer systématiquement qui serait femme en nous couvrant la tête de cendres parce que nous serions hommes.

Pas mieux avant, pire maintenant !

Dans les débats médiatiques, quand l’actualité impose des catastrophes, des meurtres, des trafics de drogue, des violences contre la police et la gendarmerie, des attaques de maires et d’élus, des empoignades parlementaires et des grossièretés politiques comme sujets, je me résous difficilement à les traiter comme si on les découvrait alors que chaque jour ils surgissent, indignent ou désespèrent. Au point que sans forcer le trait, je ne suis pas malhonnête si je considère que les fiascos, au sens large et selon des gravités différentes, constituent notre quotidien et le bilan de ce début de second quinquennat – soyons indulgents à l’égard du premier qui est derrière nous – alors que la normalité à tous points de vue est l’exception.

Gad Elmaleh contre les turpitudes de l’Eglise…

Je considère qu’il a fallu du courage à Gad Elmaleh, dans le monde d’aujourd’hui, avec les ricanements qui n’ont pas manqué de la part de certains médias, pour faire part d’une forme de conversion, imprégnée d’une infinie tolérance pour les autres religions aux pratiques non dévoyées, et de son amour pour la Vierge Marie.

Les Français ne sont pas coupables…

Quand l’insécurité augmente, que les crimes et les délits poursuivent leur course malfaisante, que leurs modalités deviennent de plus en plus sauvages et que police et gendarmerie non seulement ne sont plus craintes ni respectées mais qu’on s’en prend d’initiative à elles, lorsque notre système de preuves fondé sur l’individu pris sur le fait devient radicalement inadapté aux violences collectives où le groupe protège chacun et interdit toute poursuite fiable et opératoire, il ne suffit plus de proclamer « État de droit », il convient de se demander ce qui doit être changé en son sein pour qu’enfin il réponde à l’attente des citoyens.

Gérard Collomb aurait dû parler plus tôt !

Ces voltes, ce processus qui sans conviction cherche à gagner l’adversaire à sa cause, cette volonté qui d’un jour à l’autre se délite, ne serait-ce pas le macronisme, tellement soucieux d’adapter ses embardées aux fluctuations du monde qu’il relève plus d’un bateau à la dérive que d’un navire gouverné ? On ne saurait trop féliciter Gérard Collomb pour cette confession dont on devine la sincérité – il a toujours été un socialiste pragmatique et ferme – même si elle est inspirée par un zeste d’aigreur.

Assemblée nationale, TPMP : qui est encore exemplaire ?

Certes Cyril Hanouna a insulté Louis Boyard mais celui-ci, exigeant le respect pour lui-même et sa fonction, n’a-t-il pas rendu, de son fait, au moins difficile une telle déférence ? N’a-t-il pas récolté à TPMP ce qu’il avait semé à l’AN ?