Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Hugo Lloris : mon profond regret…

Hugo Lloris ne jouera plus pour l’équipe de France. Il a annoncé sa retraite internationale avec la classe et la délicatesse qui l’ont toujours défini. Je n’ai jamais cessé d’apprécier ce grand gardien de but exceptionnel sur sa ligne et dans ses sorties dans les airs. Que l’arrêt ou le détournement des tirs au but n’ait pas été sa spécialité principale – même s’il a connu quelques réussites notamment à Tottenham – ne m’est jamais apparu comme un grief digne d’intérêt.

Henri Bergson : un saint laïque ?

Il m’a fallu attendre la superbe et déchirante biographie, par Michel Laval (« Il est cinq heures, le cours est terminé »), de cette personnalité exceptionnelle pour savoir qui Bergson était vraiment, pour connaître la profondeur de sa pensée et ses extrêmes qualités morales et humaines. Superbe existence, en effet, que l’auteur qualifie « d’itinéraire », qui a conduit le jeune Henri Bergson pourvu de tous les dons jusqu’aux cimes du savoir, de la gloire académique et littéraire.

La routine du tragique…

Ces sujets aussi graves qu’ils soient ne pèsent pas lourd face au tragique dans le monde, qui devient routinier. Il existe, on s’y habitue, on déplore, on proteste, on a de la bonne volonté mais l’impuissance domine.

Pourquoi encore Didier Deschamps ?

Noël Le Graët, âgé de 81 ans, s’accroche à sa fonction de président, a encore des ambitions mais, à considérer ces derniers mois, n’a-t-il pas perdu toute légitimité, y compris pour son opération programmée en faveur de Didier Deschamps, quand Zidane piaffe et apporterait du nouveau à cette équipe de France ? En dépit de l’excellent bilan de son sélectionneur et entraîneur actuels, elle serait sublimée par son successeur.

Comme une envie de frivolité…

Emmanuel Macron s’est livré à cet exercice et j’ai trouvé qu’il avait relevé le défi avec classe. Pourtant il n’a pas été épargné. Il a eu droit à tout ce qu’on n’a jamais osé formuler à son sujet, sur son couple, sur son histoire, ses échecs à l’Ecole normale supérieure, on lui a parlé d’argent…

Pourquoi si tard, monsieur le ministre ?

Quand Eric Dupond-Moretti souligne son « enthousiasme » et sa « détermination », nous n’avons aucune raison de douter de ses dispositions. Pas davantage que de sa volonté de « tout mettre en œuvre pour que la Justice soit plus rapide, plus efficace, plus protectrice et plus proche de nos concitoyens ». Nous sommes d’autant moins enclins au scepticisme que ce n’est pas rien, pour ce ministre, de contredire, sur certains points essentiels, tout ce en quoi avait cru l’avocat dans une existence antérieure.

Les partis ne peuvent-ils pas penser ?

Rien ne serait pire pour notre avenir politique et parlementaire que l’acceptation de cet appauvrissement qui laisserait la noblesse de l’esprit aux think tanks et « les mains sales » aux partis. Eux aussi méritent d’avoir droit au Tout. En le démontrant.

Nous devrions tous être Marie Lajus !

Si nous étions tous des Marie Lajus dans nos institutions et nos services publics, le climat ne serait peut-être pas gai mais la tonalité et les pratiques seraient irréprochables. Il n’y aurait pas l’ombre d’une hésitation à avoir.

Je veux admirer mais qui ?

L’admiration, idéalement, est une adhésion entière et quasiment absolue à une personnalité qu’on respecte, qui est à la fois proche et lointaine, qu’on a envie de connaître mais qu’on n’oserait pas aborder, à un être au sujet duquel on n’imagine pas avoir la moindre réserve. Cette conception, aujourd’hui, n’a plus cours. Au mieux, l’admiration cherchera à se maintenir malgré le constat de certains défauts, la certitude de plusieurs failles et l’impression qu’on ne pourra plus appréhender avec enthousiasme mais apprécier seulement sur un mode relatif…

Des femmes, oui, mais en qualité…

Outre que la parité dogmatique n’est plus en odeur de sainteté parce qu’elle a révélé son absurdité quantitative, ces avancées spontanées de la cause des femmes ont pour heureuse conséquence, brisant le piédestal viril, d’inciter les hommes en quelque sorte à se relativiser, à ne plus se croire seuls au monde politique ou dans tous les univers traditionnellement masculins ; mais à accepter non seulement une concurrence non faussée des femmes mais leur possible supériorité dans tel ou tel domaine.