Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Emmanuel Macron : une labellisation suicidaire…

Il ne me semblait pas possible, dans le climat horriblement suspicieux de notre France et, plus particulièrement, face à l’absolue méfiance qui entoure le président, qu’il n’ait pas prévu les charges inévitables qui allaient l’accabler avec son projet qualifié de « totalitaire ». D’autant plus qu’il les alourdissait en confiant la mission de contrôle des médias à l’Arcom, mais surtout à Reporters sans frontières, dont il n’est plus nécessaire de démontrer la partialité à l’égard des médias Bolloré. C’était ruiner le processus par ceux-là mêmes qui étaient censés le légitimer !

Trop de tentations pour les avocats ?

Si le barreau doit résister aux tentations provenant principalement de l’extérieur, les magistrats ont pour devoir de battre en brèche celles qui, en eux-mêmes, pourraient miner leur indépendance et leur liberté.

Pourquoi ne marche-t-on jamais seul ?

J’avoue, depuis quelque temps, une honorable addiction. Elle me conduit à m’enivrer sans mesure des chants, des hymnes, des chœurs qui mêlent amateurs et professionnels, citoyens et artistes, des publics variés portés par un même élan, dans une ferveur collective qui me donne des frissons de joie et d’enthousiasme.

Le projet présidentiel, ce sera l’homme…

Pour la prochaine élection présidentielle, chaque candidat, de droite comme de gauche, se sentirait déshonoré s’il n’invoquait pas l’absolue nécessité d’un programme avant d’afficher toute ambition personnelle. C’est une sorte de réflexe destiné à montrer son sérieux et sa profondeur. Alors même que l’on sait très bien que cette volonté d’afficher un projet passe de plus en plus au second plan, derrière la qualité de la personnalité qui sollicitera nos suffrages.

Pas mieux que lui ?

Plus on approche de la fin du quinquennat, plus il devient inexcusable de ne pas tenter une approche équilibrée et honnête du mandat d’Emmanuel Macron, face au lamentable et sommaire « tout ou rien ».

Entre Sarkozy et Sansal, il n’y a pas photo !

Il me paraît difficile, voire hasardeux, de célébrer simultanément les vertus exceptionnelles de Boualem Sansal, un innocent hors du commun et la situation, pour le moins équivoque, de Nicolas Sarkozy.

Robert Ménard : un refus seulement partiel de la haine ?

Un essai politique de Ségolène Royal, original puisqu’il entend démontrer la valeur des vertus féminines et de l’amour maternel dans la conduite des affaires publiques ainsi que dans la relation qu’un président doit entretenir avec son pays. Ségolène Royal a montré, tout au long de son parcours, à la fois sa dignité, son audace et son autorité, ce qui l’éloigne de tout reproche de mièvrerie dans cette approche « féminine ». Celle-ci apparaît, au contraire, très pertinente dès lors que l’on reprend la métaphore de la famille pour la nation, les gouvernants et les citoyens.

La révolution doit être à droite…

J’ai posé sur la table de ce blog quelques fragments pour une droite en révolution, pour la révolution de la droite. Elle est plus à même que quiconque de tenir ce pari : un extrémisme sans haine, une radicalité sans violence, un nouveau monde sans exclus, une politique sans trahison.

Dostoïevski précurseur…

Ce fléau de la non-discrimination est tel que, dans l’univers politique, il explique en grande partie l’indifférence croissante envers la moralité publique. Dans un monde digne de ce nom, les vertus et les vices seraient clairement distingués, tout comme les condamnations et les innocences, les soupçons et les honnêtetés, l’éthique et les transgressions. Aujourd’hui, c’est l’inverse : pour éviter d’exercer une scandaleuse discrimination au détriment des ombres, on en vient à postuler que les lumières sont inconcevables. D’où la multiplication, à tous les niveaux, de candidatures, de fonctions et d’ambitions qui, loin d’être freinées par leurs imperfections pourtant évidentes, en tirent au contraire une forme de légitimation.

Mais on a la réponse, monsieur le Président …

Cette société qu’ils s’acharnent à effacer, à coups d’attaques au couteau, d’explosions et de massacres, n’est-elle pas déjà en crise, en déclin et en doute ? Nous avons à mener une double bataille, si la lucidité et le courage nous sont donnés ainsi qu’à l’ensemble de nos responsables politiques. Celle, évidemment, contre le terrorisme islamiste, et des progrès incontestables ont été accomplis sur ce plan. Mais aussi celle qui devra nous mobiliser pour que la France demeure, dans tous les domaines, le symbole vivant de ce que le Mal cherche à anéantir.