Tesson et lumière…
Philippe Tesson était le son miraculeux, toujours déconnecté de l’aigreur et de la vulgarité, pétillant, spirituel, cultivé sans lourdeur, aimable sans mièvrerie, léger sans superficialité, d’une personnalité hors du commun.
François Hollande avant la question !
Je recommande instamment à tous ceux qui liront ce billet de résister à cette tentation qui conduit trop souvent beaucoup de nos concitoyens à ne pas faire preuve de la moindre curiosité au prétexte de leurs convictions ou de leur idéologie. Je serais d’autant plus critique à l’égard de ces dispositions d’esprit que pour ma part je les ai toujours refusées : ne pas être d’accord avec quelqu’un ne m’a jamais incité à le juger sans l’entendre, sur le plan intellectuel comme pour le débat démocratique.
On peut dire ce qu’on veut mais depuis 1958 nous n’avons jamais eu de présidents intrinsèquement médiocres. Pas donné à tous les pays.
Haine des élites et misérabilisme : nos deux plaies…
La haine des élites, sentiment extrême, vindicatif, fureur révolutionnaire portant virtuellement les piques au bout de ses vitupérations, serait déjà une totale anomalie dans un monde se croyant civilisé, s’affichant capable d’exprimer le fond de ses oppositions avec une forme acceptable, mais elle devient totalement incongrue et franchement ridicule en certaines circonstances quand elle éprouve le besoin de s’allier avec un misérabilisme qui atteint une démesure sans égale.
Comme Fabrice Luchini, aimerions-nous être de gauche ?
Cela faisait longtemps que Fabrice Luchini n’avait pas été à ce remarquable niveau qui lui a permis de développer ses réponses avec brio et gravité. Sur des sujets aussi divers que le bonheur, l’amitié, son rapport avec sa fille, sa conception de l’amour, la politique, le reproche d’être un histrion médiatique, sa mère, sa sociabilité, il se révèle, sans afféterie ni comédie. Et dans une vérité d’autant plus convaincante qu’à l’évidence il ne joue pas le rôle d’une personnalité voulant à tout prix être singulière.
Tom Hanks est atteint à son tour…
Imaginons, si on continuait à suivre cette pente suicidaire, ce que pourraient devenir les spectacles, l’art, la littérature et la culture de demain.
Non plus une transfiguration, une recomposition, un approfondissement du réel, le droit à l’imagination et au second degré, le génie de quelques-uns de savoir sublimer ceux qu’ils ne sont pas, le bonheur ou la douleur bienheureuse de la représentation d’un monde à la fois si lointain mais si proche, non plus de la magie, non plus de la poésie dans toutes ses facettes mais de la prose, la pire qui soit : celle qui plagie le réel et, trop vertueuse, meurt sous lui.
Vive l’homme-enfant !
Que l’enfance ait été vécue comme une bénédiction ou telle une blessure. Dans tous les cas, plaie vive ou royaume enchanté, ce qu’elle apporte de fragilité, d’imprévisibilité et de légèreté à l’âge mûr est une chance. Elle met de la poésie, parfois douloureuse, dans une prose qui sinon risquerait de peser et d’ennuyer par sa gravité trop responsable.
Il ne faut pas avoir honte du populisme judiciaire !
Si le populisme judiciaire est une plaie de la République, que magistrats et avocats fassent leur examen de conscience : ne sont-ils pas, à des titres divers, directement responsables de ce qu’ils s’imaginent combattre ?
L’aristocratisme pénal est le pire remède au populisme : il le valide au lieu de le réduire.
La France dans le coeur, le Danemark dans la tête
Ainsi, ce que le petit Danemark a su accomplir pour réguler et maîtriser l’immigration, la grande France en serait incapable ?
Ce que ce petit pays a mis en oeuvre, contre l’ouverture des frontières à tout-va, au bénéfice de son Etat-providence, notre grand pays ne serait pas assez intelligent pour s’en inspirer et assez compétent pour le réaliser ?
Emmanuel Macron ne surprend plus, il déçoit…
Une authentique normalité présidentielle serait de savoir apposer sur la France et donc, par son entremise, sur le monde, une vision de simplicité vraie, de justice irréfutable et de courage admiré.