Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Le chaos, soit, mais l’étoile ?

Chacun de ceux disposés à se laisser envahir par le chaos, par le tumulte intérieur d’un dérèglement souhaité, a sa vision de « l’étoile qui danse ». Cette belle notion, à la tonalité si poétique, n’est pas, malgré l’apparent débridement du chaos antérieur, une école de la facilité, une opportunité de confort mais une sorte d’ascèse vous contraignant à accoucher du meilleur de soi.

Les lois : des annonces faites à la France…

On voit pourquoi les lois sont comme des annonces faites à la France. Un calcul politique, ou un simulacre, ou une bonne foi accablée par avance par l’inertie de ce qui suivra, ou l’enlisement dans les maquis bureaucratiques et judiciaires, ou une malignité destinée à gagner du temps jusqu’à la prochaine élection. Faut-il alors vraiment s’étonner de la masse des hors-la-loi ou de ceux qui la connaissent mais se flattent de ne pas la respecter ?

Pierre Haïk : une inoubliable parole…

Pierre Haïk était un formidable avocat et avec son épouse Jacqueline Laffont, un crack du barreau parisien, il a formé longtemps un couple redoutable, brillamment complémentaire et admiré à la fois pour sa compétence, ses réussites et son intégrité.

Un couple infernal : l’avocat et son client…

Faut-il en définitive admettre que derrière l’image d’Epinal, le défenseur de la veuve et de l’orphelin (qui n’existe plus depuis belle lurette), le preux chevalier bénéficiant des suffrages médiatiques parce que comprendre le crime vaut mieux que le combattre, il peut y avoir un enfer, un duo équivoque dont l’un des membres est à plaindre, l’avocat, et l’autre à fuir, le coupable ?

Michel Houellebecq : la rançon du génie ?

Cette intrusion d’une morale emplie d’un humanisme « progressiste » avec ses préjugés et ses intolérances, dans la relation d’une histoire intellectuelle et littéraire singulière, avec toutes les origines psychanalytiques qu’on voudra, n’est sans doute pas la manière la plus appropriée pour maîtriser la personnalité riche et complexe de Michel Houellebecq, qui serait « au fond du trouble ».

Un autre fiasco : les peines qu’on n’exécute pas…

Il y a une schizophrénie constante entre l’attente populaire qui légitimement souhaite l’effectivité de la prison quand les cours l’édictent, et les pouvoirs de droite comme de gauche qui font tout pour la rendre autant que possible symbolique – tout en prétendant l’appliquer. Cette contradiction explique pourquoi des multirécidivistes sortent bien avant le terme de leur incarcération avec le renouvellement, de ce fait, de délits ou de crimes qui indignent les citoyens.

« Vaincre ou Mourir » : une épopée vendéenne…

Cette interprétation n’a pas à s’excuser d’exister car elle fait pièce à celle révolutionnaire qui peu ou prou, à rebours, tente de nous convaincre, par tous les canaux d’information et d’éducation que la France a commencé en 1789, voire, pire, en 1793. Deux visions aux antipodes l’une de l’autre mais comme la seconde est dominante, mille remerciements à ceux qui ont permis à la première de venir au jour. Ce film est aussi une magnifique épopée de courage, de loyauté et de fidélité. Une ode forte, émouvante, admirable, à des vertus qui n’ont plus cours, à une morale des anciens temps où la tradition, la foi, l’honneur, le respect et l’obéissance servaient de structure à des destinées singulières.

Le RN présent et absent : il les rend fous !

Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui prévoient, espèrent ou craignent une victoire de Marine Le Pen en 2027. Pour ma part je continue à penser que son principal obstacle sera ce nom de Le Pen qu’elle a contribué à dédiaboliser (quoi qu’on prétende). Mais il n’est plus du tout inconcevable, quel que soit l’avenir qui ne sera pas dans tous les cas un chemin national et international semé de roses, qu’elle l’emporte. Et si on l’essayait, elle ? probablement une curiosité risquée que beaucoup seraient prêts à assumer.

Olivier qui pleure, Gabriel qui rit : l’habit fait le ministre…

Comment Olivier Dussopt et Gabriel Attal pourraient-ils s’apprécier, une fois la solidarité gouvernementale présumée, puisque l’un pleure et que l’autre rit, que le premier a la rançon et le second la gloire, que l’habit fait le ministre et qu’un seul sur deux donne l’apparence de le porter ?

Sihem : une mort dans les règles ?

Dans cette bureaucratie d’où le bon sens était absent, j’admets que tout apparemment était normal, que les règles, « nos règles », semblaient respectées mais que pourtant l’essentiel n’était pas sauvegardé : veiller à l’exécution intégrale des peines, au moins de la sanction criminelle infligée à Mahfoud H.