Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Qui est moral dans la politique française ?

Cette absence de morale aujourd’hui est explicable par des ambitions personnelles ou par le lassant refrain, à gauche, que tout est permis contre l’extrême droite, y compris le pire. Quand on constate le projet sur lequel le NFP s’est accordé en quatre nuits, on est effaré par le désastre qui en résulterait sur les plans économique, financier et régalien : la seule obsession étant de lutter « contre les violences policières ». On supprime tout ce qui était de nature à assurer la sûreté publique et à lutter, même imparfaitement, contre la délinquance et la criminalité. Seule ennemie : la police.

La droite la plus lâche du monde ?

L’histoire de la gauche et de l’extrême gauche est au fond le récit d’un réalisme tellement dominant qu’on pourrait le qualifier de cynisme. Elles se fabriquent, à intervalles réguliers, un ennemi dont elles surestiment délibérément le danger et qui les rassemble. Comme le « fascisme » est à nos portes, il est urgent d’occulter tout ce qui est moral et de mener la lutte qui ne sera jamais finale puisque la démocratie a beau exister, elle compte peu face aux prurits révolutionnaires qui n’attendaient par exemple que la déroute du macronisme et le triomphe du RN pour reprendre toute leur vigueur.

Adresse à tous les honnêtes gens contre l’ultragauche !

Le président de la République ne démissionnera pas, il restera jusqu’au bout. Je songe à Raphaël Glucksmann qui réclamait « une éthique démocratique ». Vaste et belle entreprise ! Avant, que tous les honnêtes gens, tous les citoyens de bonne volonté se réunissent pour favoriser la paix de la démocratie.

Emmanuel Macron : c’est sa faute, sa très grande faute…

Si demain le RN, comme c’est probable, a davantage de députés et que l’Assemblée nationale verra sa composition bouleversée avec, je l’espère, une représentation forte à gauche d’une social-démocratie authentique et un échec de LFI, le président de la République sera forcément conduit à nommer un Premier ministre qui ne sera pas récusé par le nouveau groupe majoritaire, les députés macronistes étant probablement réduits dans leur nombre. Il devra tenir compte d’un certain nombre de données et on retrouve alors là la critique de la présidente de l’Assemblée nationale déplorant la dissolution et suggérant « un pacte de gouvernement, de coalition, un autre chemin ». Mais avec qui ?

Contre le badinage présidentiel…

J’avais comme l’impression qu’à travers ces journalistes quasiment moqués, le président jouait avec le peuple français et qu’au fond il nous annonçait : quoi qu’il se passe, j’ai la main et rien ne changera. C’était exprimé avec une ironie manifestant à la fois un zeste de sadisme et une arrogance résultant d’un pouvoir toujours sans partage, aussi entamé qu’il puisse être.

Jacques Fesch, une preuve contre la peine de mort ?

Le pire, condamné par la peine capitale, a été suivi, lors de l’incarcération, par une rédemption admirable comme s’il convenait, pour Jacques Fesch, de changer l’abjection en lumière. Cette histoire à la fois exemplaire et tragique suscite évidemment une réflexion sur la peine de mort.

Mon blog n’est pas une machine de guerre !

Les sujets divers apportés par l’actualité ouvrent un immense espace lié aux faits politiques ou judiciaires du jour, à des émissions médiatiques où la psychologie des intervenants me passionne, à la littérature ou au cinéma, à des faits de société infiniment plus révélateurs dans leur apparente simplicité, brutalité ou originalité que des événements semblant plus importants, à des dénonciations ou des admirations qui autorisent à ma subjectivité débridée l’expression la plus libre, à des portraits où il m’est permis de m’abandonner à ma dilection principale qui est de tenter de comprendre, d’analyser et d’épouser les chemins par lesquels sont passées des personnalités qui dans tous les cas m’intéressent, ou à une vitupération de quelques ridicules d’aujourd’hui.

Éric Dupond-Moretti : entre mauvaise foi et impuissance…

Que je sache, à la Chancellerie il y a une direction de l’administration pénitentiaire à laquelle les responsables des centres pénitentiaires, des centres de détention et des maisons centrales rendent compte : le ministre est donc informé des dysfonctionnements de toutes sortes qui pourrissent le fonctionnement de beaucoup d’établissements, des conditions honteuses d’enfermement (les matelas !), de la circulation de la drogue et des portables, du fait lamentable que l’incarcération n’est plus la fin de la délinquance et de la criminalité mais leur poursuite. Éric Dupond-Moretti prétend ne pas avoir découvert ce déplorable constat avec la fuite de Mohamed Amra. Qu’a-t-il donc accompli pour y remédier ?

Défendre Israël, le devoir de l’homme blanc ?

C’est logiquement à cause de cela que l’extrême gauche est devenue, par compensation, antisémite. Puisque l’homme blanc emblématique d’une civilisation honnie, ne pouvait que susciter chez les mondialistes,les tenants d’une immigration libre et ouverte comme un nouveau prolétariat, les idolâtres des Palestiniens pourtant dominés par le Hamas islamiste, une réaction haineuse et d’exclusion à l’encontre des juifs israéliens, sans qu’il y ait parfois une distinction nette entre critique de la politique israélienne et antisémitisme abject. Ce qui est blanc est israélien et donc suspect !

Résistant toujours, même au petit pied !

Plus que jamais, je continue à penser que, où que ce soit, quoi qu’il se fasse ou se dise, devant la plus infime des indécences jusqu’à la plus grossière des attitudes, dès lors que nous en sommes les auditeurs ou les témoins, sur les plans culturel, judiciaire, médiatique, politique ou social, citoyens concernés, engagés forcément, nous devons réagir. Résister, même au petit pied. Même modeste, même dérisoire, même limitée, la résistance que l’époque nous impose doit être menée avec obstination.