Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Ne jouons pas sur les maux !

Michel Barnier mènera son action de redressement en n’étant pas tétanisé, je l’espère, par ceux qui au RN ou dans le macronisme, n’ont pour seule envie que l’alternance d’un pouce levé ou baissé, ou la menace intermittente d’une épée de Damoclès. Si ces partis s’adonnent à cette comédie, ils seront responsables et coupables de non-assistance à pays en danger. Jouer sur les maux sera une honte.

Faire barrage : est-ce une politique ?

Quand un tel radotage démocratique se développe au point de lasser une infinité de citoyens que nos débats et notre décalage avec leurs authentiques et douloureuses difficultés n’intéressent plus, lorsque faire barrage devient le mot d’ordre, la plupart du temps, du désordre, de la violence, de la censure et de l’étouffement des paroles antagonistes ou dissidentes, on devrait comprendre qu’il y a un radical changement de registre à opérer. Si on souhaite à toute force s’ériger en constructeurs, soyons plus tentés par les ponts que par les barrages, par les liens plus que par les ostracismes.

Et maintenant, quel gouvernement ?

On a enfin un Premier ministre : Michel Barnier. Ce n’est pas parce qu’on a échappé à Lucie Castets que les choses vont être simples pour le premier qui va se trouver dans le registre d’une cohabitation qu’on espère respectueuse – pas de doute avec MB – mais ferme, avec un président de la République défait qui nous a fait languir au-delà de toute mesure. On nous annonce que les fils ont déjà commencé à être coupés avec Matignon. Tant mieux.

X : l’ignominie au quotidien…

Ces twittos, quel fond, quel caractère est donc le leur ? Sont-ils dénués de toute sensibilité ? N’ont-ils que des pulsions négatives qui les conduisent à cracher sur la noblesse de certaines personnalités ? Sont-ils tellement pauvres dans l’usage du langage qu’ils en sont réduits à l’insulte ? Se rendent-ils compte de leur ignominie ou leur rapport avec autrui n’est-il fait que de mépris et d’un défaut radical d’empathie ? Est-il trop tard pour leur apprendre les bases minimales du respect de l’autre et les règles les plus élémentaires de la vie en société ?

Dominique P : encore une affaire de pouvoir…

L’ensemble de ce dispositif et de cette quotidienneté perverse et criminelle, alors qu’il donnait l’apparence d’un époux paisible et d’un père affectueux (le couple a trois enfants), met en lumière la psychologie et l’arrogance d’un homme de pouvoir, d’un dominateur refusant le moindre hasard, la moindre surprise, au bénéfice d’un quadrillage lui offrant l’opportunité et l’avantage, à tout instant, d’une totale maîtrise de son épouse, de son corps comme du corps des autres. Le dédoublement entre l’être ordinaire, « normal » en quelque sorte, et le criminel pervers, créateur, observateur et voyeur, devait probablement susciter en lui une volupté supérieure. Le pouvoir est partout.

Nicolas Sarkozy a raison…

On aurait attendu de cette droite une acceptation évidente de cette mission qui aurait été à la fois une charge et un honneur. Et, plutôt que de quémander à Emmanuel Macron son aval pour tout, elle aurait dû contraindre le président à seulement prendre acte de la réalité de ses entreprises et de ce que le pays exigeait pour sa sauvegarde. La droite est tombée dans le piège inverse : aussi faraude qu’elle a prétendu apparaître, elle s’est placée subtilement sous le joug du président pour, allons jusque-là, se donner bonne conscience en fuyant ses responsabilités opératoires.

Ai-je raison d’être obsédé par la politesse au quotidien ?

J’ai conscience que la focalisation sur ce premier signe anodin d’une décivilisation révèle que je suis trop sensible à ce que ma personnalité n’est pas loin de percevoir comme un abandon, une abstention blessante. Comme si j’attendais de l’humain, au fil de l’âge paradoxalement, une chaleur, une empathie, une fraternité plus vives alors qu’au contraire le mouvement est inverse : les preuves superficielles de notre communauté d’existence s’amenuisent.

La télé : la paille et la poutre…

Dans la vie intellectuelle et médiatique, il me semble que nous n’avons pas le choix. Les idées sont faites pour être discutées, contredites ou approuvées. Avec l’élémentaire courtoisie de bien écouter l’autre avant. Certes on peut être plus qu’agacé par la manière dont certains conçoivent le débat, le simplifient à l’extrême ou le fuient. Mais il faut tenir et ne pas chercher d’autre remède que sa propre parole en réplique.

À quoi sert le député François Hollande ?

Il n’est pas impossible pourtant, quand le paysage politique se sera décanté, que François Hollande réapparaisse dans sa subtilité, son intelligence, sa passion des compromis et d’une modération qu’il voudrait toujours vigoureuse. Député pour rien, après avoir eu le courage de revenir d’une humiliation qui aurait pu être irréversible, ce n’était vraiment pas l’hypothèse la plus plausible ! Je ne l’imagine pas se priver, à sa manière, avec une douceur acide, de tout ce qu’il pourra accomplir à titre personnel pour se venger d’Emmanuel Macron qui n’a cessé, avant de devenir Président, de lui mentir et de le faire tomber dans une naïveté voire un aveuglement qui n’étaient pourtant pas son genre.

Recherche désespérément sujets !

Rien de plus douloureux sur le plan intellectuel que de se sentir sec. C’est ce qui m’arrive subitement avec ce blog où en principe j’écris un billet tous les deux jours. J’ai beau me creuser l’esprit, rien n’y fait alors qu’il y a urgence et que je dois publier un post avant ce soir à minuit. Je ne vais tout de même pas parler de ce vaudeville politique qui risque de se prolonger puisque le président a laissé entendre qu’il interviendrait le 26 et que faute d’accord, un nouveau cycle de négociations avec les partis pourrait recommencer.