Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Pourquoi Sarah Knafo est-elle si peu invitée dans les médias publics ?

Les médias devraient s’honorer de leur obligation d’universalité au lieu de la nier. Sans parler de l’étrange passivité de l’instance de contrôle qui préfère s’en prendre aux excès du privé plutôt que sanctionner les offenses incontestables au pluralisme. Quel que soit le regard porté sur toutes ces personnalités jamais agréées par le service public, elles manquent au débat politique et le condamnent à être inachevé, incomplet, mutilé.

Pourquoi pas Ségolène Royal ?

Ségolène Royal sur CNews, sans fuir l’interrogation sur ce qu’elle ferait à l’égard de LFI et son programme politique, a répondu que son seul souci serait de servir la France et que les partis la rejoindraient ou non. Elle ne dépendrait pas d’eux. On aurait eu tort de prendre cette affirmation de soi pour de l’arrogance. L’expérience acquise, les épreuves subies, ne la rendaient pas ridicule quand, avec une tranquillité sûre d’elle, elle se déclarait à la hauteur de la mission si elle lui était confiée.

L’impasse démocratique ?

Dès lors que tout dialogue avec la gauche ou l’extrême gauche était impossible sauf à accepter de se néantiser, Michel Barnier n’aurait-il pas dû beaucoup plus tôt engager avec le RN, dont l’aval lui était absolument nécessaire, des entretiens qui auraient permis sur des éléments précis d’aboutir à un accord ? Il me semble que le Premier ministre a craint, avec une telle démarche, d’apparaître comme le maître d’oeuvre d’une union des droites au petit pied et qu’il a reculé devant l’obstacle, par peur d’aller au bout de cette cohérence qui aurait été une sauvegarde pour son gouvernement.

Il ne mérite pas les Français !

Que l’amour conjugal prête à des excès et s’abandonne volontiers à une admiration de moins en moins partagée par les citoyens est sans doute inévitable. Mais encore faut-il que la réalité depuis 2017, et plus particulièrement à partir de 2022, corresponde à cet éloge qui fait peser toute la responsabilité de la désaffection républicaine sur les Français. Alors qu’ils sont les victimes d’une présidence dont on espérait beaucoup mais qui s’est délitée tant à cause de la personnalité de son titulaire que de sa politique globalement entendue, avec ses actes parfois aberrants.

Emmanuel Macron et François Hollande : les inséparables…

Ce couple formé par l’un et l’autre, uni par la trahison – E. Macron en a bénéficié et F. Hollande la rumine – est indissoluble. Le président demeure dans la visée de son prédécesseur. E. Macron sent que F. Hollande bout d’impatience à l’idée de détruire à petit feu sa fin de quinquennat. F. Hollande se dit peut-être qu’une ligne d’arrivée en 2027 pourrait compenser celle avortée en 2017. Ils sont inséparables mais ne le savent pas.

Du retard, du sadisme : on ne nous cache rien…

Face à ce paysage tellement singulier, à ces manoeuvres à ciel ouvert, à ce commerce vulgaire montrant aux citoyens, comme pour les dégoûter encore plus, à quel point la politique est sale et la démocratie dévoyée, on en est presque conduit à aspirer à la netteté d’un bouleversement total. Puisque nous sommes confrontés au degré zéro de la politique, pourquoi ne pas repartir d’un bon pied républicain en remettant la politique à zéro ?

Plutôt les coulisses que la scène…

Sur tous les plans, de la politique à l’art, du médiatique au judiciaire, de l’apparemment dérisoire au vraiment grave, j’ai toujours été passionné par le secret des choses, les mystères de la création et les desseins cachés. Ce qui est dissimulé, ce qu’on occulte derrière l’exhibition du superficiel, le spectacle ostentatoire et l’affichage trompeur. Par les coulisses plus que par la scène.

Boualem Sansal : l’héroïsme de la liberté…

J’ai eu la chance de faire sa connaissance et de pouvoir échanger longuement avec lui lors du remarquable colloque sur l’engagement organisé à Saint-Raphaël par Arnaud Benedetti et la Revue parlementaire. J’ai découvert un être irradiant d’intelligence, de liberté et de culture. Avec cette modestie et cette simplicité qui sont le propre des grands esprits et des personnalités rares. Avec cette tranquille évidence, quand je m’étonnais qu’il puisse encore résider en Algérie et que je louais son courage, d’un homme n’acceptant même pas ce compliment ordinaire. Parce qu’on ne discute pas de ce qu’on doit. Quand j’ai appris son arrestation et mesuré tout ce qui lui était probablement infligé, je n’ai pas douté un instant de sa force de caractère et du fait qu’un être comme lui ne se laisserait jamais briser.

Fier de me sentir paysan…

Me sentir paysan, c’est ne rien laisser passer qui relève d’une injustice de principe, c’est valider tous les débats sur les idées et les convictions mais rejeter absolument les sarcasmes et les offenses causés par les privilégiés de l’existence à ceux qui n’ont pas obtenu d’elle le meilleur. Se sentir paysan, c’est être du côté du « Petit Chose » qui se bat plutôt que du chanceux qui écrase.

À la recherche du billet perdu…

Dans mon billet du 20 janvier 2010, une adresse « aux auditeurs de justice qui doutent », sans la moindre présomption, je n’ai rien trouvé à retrancher ou à ajouter aujourd’hui.