Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

On n’est pas antisémite quand on n’aime pas Netanyahou !

On ne vaincra jamais les effets délétères de la liberté en réduisant encore davantage la part de celle-ci Pour ne rien concéder à l’antisémitisme, ignominie morale, il faut sauver le droit à l’antisionisme, contradiction politique.

Bruno Retailleau plus que jamais…

Je voudrais insister sur le caractère et le comportement de Bruno Retailleau. Je n’ai jamais dérogé à cette obsession de la tenue des politiques, de l’exemplarité de leur attitude (privée et publique, la première n’étant jamais sans effet sur la seconde) et de leur éthique irréprochable. On n’a jamais, sur ce plan, mis en cause BR. C’est un élément fondamental dans mon adhésion à cette nouvelle droite. Elle ne noiera pas les valeurs de la morale publique dans les remous sales du pouvoir.. C’est parce que BR est décrié qu’il faut absolument se tenir à ses côtés. Le soutenir. Se battre pour ce qu’il incarne et représente. Sinon, pour la droite qui lui doit déjà beaucoup, le destin ne repassera pas les plats !

Michel Onfray parle pour dire quelque chose…

Pour expliquer cette qualité qui ne rend jamais son propos insipide, il y a d’abord et surtout cette brutalité légitime qui, tout en ne sacrifiant pas la nuance quand elle est nécessaire, a pour finalité de faire comprendre sans détour le fond d’une réflexion, qu’elle concerne l’actualité ou tout autre sujet. J’aime ces personnalités qui ne se cachent pas derrière leur ombre, qui ne sont pas forcément prévisibles, qui allument le feu dans les échanges voués pourtant à être les plus paisibles. Tout simplement parce que penser, parler, ne sont pas des activités anodines et faute d’assumer la redoutable invention qu’elles imposent, elles tournent souvent à une tiédeur ennuyeuse…

Tout est perdu mais il y a des hommes !

À Bruxelles, tout a changé. Il y a un nouveau procureur du Roi, Julien Moinil et l’accablement, la résignation se sentent moins chez eux dans cette capitale que les trafiquants affectionnaient particulièrement parce qu’ils y étaient « tranquilles ». Ce n’est pas au Salvador, c’est à Bruxelles, pas loin de chez nous. L’exemple n’est pas exotique ni offensant. Il est dans notre sphère, dans notre monde. On peut, on doit s’en inspirer. Il confirme ce que j’ai toujours pensé, comme magistrat, comme chroniqueur, comme homme. Les personnalités où qu’elles soient, dans quelque espace que ce soit, dès lors qu’elles ont énergie, courage et volonté, seront plus fortes que les structures et vaincront ce que la réalité apparente aura de désespérant, de fatal.

De la cour d’assises à la cour médiatique…

Le meilleur moyen, paradoxalement, pour favoriser une concision à laquelle on tient est de ne pas interrompre et de ne pas enjoindre. Miraculeusement, alors, le verbe non contraint trouve son bon rythme et sa juste mesure. L’inverse le fait se dilater jusqu’à l’ennui.

Pardon mais Emmanuel Macron n’a pas toujours tort !

Tout, il est vrai, n’est pas forcément de notre faute. Emmanuel Macron n’a pas une personnalité qui appelle une approbation sans réserve. Irréprochable dans son soutien à l’Ukraine et dans sa volonté de réarmer la France et de renforcer l’esprit et la résistance de l’Union européenne, il a été également convaincant dans son attitude à l’égard de l’Algérie. Son accord avec Bruno Retailleau sur la progressivité des mesures de rétorsion laisse espérer enfin une fermeté après tant d’humiliations subies par notre pays.

Pourquoi aime-t-on haïr ?

Remplacer la haine par la pensée, par une approche à la fois réfléchie et humaine du dialogue, n’est pas aisé du tout. Penser, c’est d’abord s’éprouver soi, se passer au crible, accepter d’arracher tout ce qui de près ou de loin, fond et forme compris, serait susceptible de favoriser une démolition personnelle… avec cette délicieuse et fatale propension à l’excès qui vous dépossède de vous-même et de votre lucidité, au détriment d’une controverse argumentée.

Sommes-nous des ectoplasmes ?

J’éprouve parfois l’impression que dans la vie intellectuelle et politique, comme dans l’univers médiatique, il y a un désir de nous voir gouvernés par des préjugés, des réflexes, des injonctions venues d’ailleurs. Comme si nous étions incapables de mener ensemble des pensées contradictoires ou de tenir bon sur un certain nombre de convictions fondamentales. Comme s’il était impossible de présumer honnêteté, sincérité et tolérance ; et fatal de les dégrader en soumission, opportunisme et inconstance.

Entre l’État de droit et l’État brutal, l’état de la France…

Tout ce qu’on est en droit d’exiger est qu’on veuille bien admettre qu’entre l’État de droit et l’État brutal, il y a l’impératif de se soucier de l’état de la France. Cette prise en compte serait sans rapport avec une quelconque brutalité et déconnectée heureusement de l’orthodoxie inaltérable, parfois impuissante, quelquefois provocatrice, d’un État de droit enfermé sur lui-même. On n’a pas besoin d’hypertrophier les mérites de l’État de droit comme le font ces juristes professionnels, pour être plausible dans l’affirmation d’une volonté tenant ensemble un État de droit pour aujourd’hui et l’état de la France d’aujourd’hui.

Pouvoir des femmes, femmes de pouvoir ?

Rien ne serait pire pour la cause des femmes que d’aspirer, où que ce soit et à tous niveaux, à devenir seulement la copie conforme des hommes dans leur définition banale ou, plus singulièrement, des hommes de pouvoir, des hommes qui ont réussi. Les femmes sont trop importantes et précieuses pour ne se vouloir que les habitantes d’un territoire indivis. Elles ont droit véritablement à leur indépendance et à leur autonomie. Dans une distance sereine d’avec les hommes, pas dans une guerre des sexes de chaque seconde. Dans MeeTooMuch ? que je viens de publier chez Héliopoles, j’ai adressé ma dédicace « à toutes les résistantes ».