Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Poutine, un tueur en liberté…

C’est à Soumy une humanité sciemment assassinée et meurtrie par quelqu’un dont les ordres immoraux font en effet de lui, comme l’a déclaré le président Zelensky « un salaud ». Aussi insultante que soit cette définition, elle me paraît justifiée parce qu’il y a des crimes qui sortent de l’épure d’un monde international même chaotique et violent, pour relever d’une inhumanité pure et nue. Sans la moindre faille pour un zeste de compréhension, un soupçon d’explication.

La promotion de mon livre, quelle comédie humaine !

La promotion de mon livre n’est pas terminée. J’attends encore ce moment délicieux, pour un auteur, de la rencontre avec ses lecteurs ou avec des journalistes l’ayant vraiment lu. C’est une comédie humaine parce qu’on en apprend beaucoup sur les autres. Et un peu sur soi. Mais il faut de la lucidité : pourquoi ce monde, où les hostilités, les frustrations et les jalousies sont recuites, la vanité incommensurable, la fiabilité réduite, l’amitié aléatoire, serait-il meilleur que tous les autres ? Mais je suis heureux : mes éditeurs m’ont dit que MeTooMuch ? se vendait. Il y a donc une Justice !

Le PSG n’est plus insupportable !

Le PSG n’est plus insupportable. Ce n’est que du foot mais c’est si doux, dans ce monde tellement erratique, d’une gravité folle, d’un délire angoissant, de retenir dans sa main quelques gouttes de bonheur, aussi dérisoires soient-elles.

Pourquoi Frédéric Taddéï est-il si convaincant ?

Le Frédéric Taddéï d’aujourd’hui a changé de registre. L’indépassable animateur de « Ce soir (ou jamais ! ») – dont l’effacement et la discrétion apparents valaient toutes les présences ostensibles – a été remplacé par le responsable d’une publication qui, sur le plan judiciaire notamment, est remarquable et par l’auteur libre et indépendant du Mot de la fin.

Marine Le Pen ou Jordan Bardella contre la solitude des autres…

Il est en effet clair que si MLP a échoué deux fois à l’élection présidentielle – malgré des progrès techniques indiscutables, elle a manifesté cette faiblesse d’être bonne tout le temps sauf lors du jour J -, elle serait en 2027 bien plus apte que JB à faire gagner son camp. Pourtant, ce dernier apparaît comme une indéniable solution de rechange alors que tout démontre, quand on l’écoute, quand il répond à des questions et qu’il argumente, qu’on a affaire à un homme dont le comportement médiatique mécanique et scolaire le rendrait mal adapté à l’imprévisibilité des joutes présidentielles. Non pas qu’il soit médiocre mais ses adversaires auront vite fait de déceler le point faible de sa cuirasse, qui est de ne pas supporter d’être sorti de son champ programmé.

Lâcheté partout, courage nulle part…

Pourquoi l’indignation devant l’esprit partisan qui s’étale syndicalement sans la moindre vergogne est-elle incapable du moindre courage politique mais au contraire semble-t-elle résignée à ne s’exprimer qu’en mots, donc sans effet ? Les gardes des Sceaux, certains se piquant même de n’avoir peur de rien, sont apparus tous tétanisés. Abstention et passivité d’autant plus étonnantes qu’une réaction contre une intolérable politisation judiciaire, avec des modalités à déterminer, serait largement approuvée par l’opinion publique.

La magistrature indépendante ou responsable ?

Le concept de responsabilité pourrait aisément remplacer celui d’indépendance. Il aurait pour avantage décisif de fonder les raisonnements non pas seulement sur le recours sec et exclusif au droit, avec ses limites, mais sur une approche où la plénitude de l’argumentation prendrait en compte tout ce qui serait de nature à les enrichir et à les rendre exemplaires. Cette obligation de responsabilité n’aurait pas donné cette impression, pour le jugement Le Pen, d’avoir fonctionné en totale autarcie en ayant éliminé avec bonne conscience tous les obstacles nécessaires et utiles.

Fier d’être un Don Quichotte de la Justice…

On éprouve en effet l’impression d’une accusation étrange et paradoxale formulée à l’encontre de magistrats, comme s’ils avaient décidé de se saisir eux-mêmes des transgressions des hommes publics et qu’ils étaient responsables d’en avoir tiré des conséquences juridiques et judiciaires. Parce que Nicolas Sarkozy croit « au primat du politique », il aurait fallu le laisser en repos pénalement ? Le judiciaire ne nie pas l’élection, il l’éclaire.

Mon infinie bêtise de bien-portant…

Nicolas Demorand présente, avec une vérité crue, les ravages de cette maladie dans la quotidienneté, les moyens d’en apaiser les effets, ce qu’il faut éviter, ce qui est recommandé. Parce que rien n’est pire que la gêne maladroite ou l’insistance mal avisée dont on fait preuve, parfois, face à des malades sur lesquels on compatit autant qu’ils vous agacent.

Quelle énergie chez Sonia Mabrouk !

Puis Alexandre Jardin est arrivé. Avec son petit livre « Les #Gueux », le succès sur les réseaux sociaux de sa fronde contre les zones à faible émission (supprimées en commission à l’Assemblée nationale), sa dénonciation de la stigmatisation des pauvres, son indignation face à un pouvoir incapable de mesurer les désastres humains que son action suscite en matière d’énergie.