Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Lâcheté partout, courage nulle part…

Pourquoi l’indignation devant l’esprit partisan qui s’étale syndicalement sans la moindre vergogne est-elle incapable du moindre courage politique mais au contraire semble-t-elle résignée à ne s’exprimer qu’en mots, donc sans effet ? Les gardes des Sceaux, certains se piquant même de n’avoir peur de rien, sont apparus tous tétanisés. Abstention et passivité d’autant plus étonnantes qu’une réaction contre une intolérable politisation judiciaire, avec des modalités à déterminer, serait largement approuvée par l’opinion publique.

La magistrature indépendante ou responsable ?

Le concept de responsabilité pourrait aisément remplacer celui d’indépendance. Il aurait pour avantage décisif de fonder les raisonnements non pas seulement sur le recours sec et exclusif au droit, avec ses limites, mais sur une approche où la plénitude de l’argumentation prendrait en compte tout ce qui serait de nature à les enrichir et à les rendre exemplaires. Cette obligation de responsabilité n’aurait pas donné cette impression, pour le jugement Le Pen, d’avoir fonctionné en totale autarcie en ayant éliminé avec bonne conscience tous les obstacles nécessaires et utiles.

Fier d’être un Don Quichotte de la Justice…

On éprouve en effet l’impression d’une accusation étrange et paradoxale formulée à l’encontre de magistrats, comme s’ils avaient décidé de se saisir eux-mêmes des transgressions des hommes publics et qu’ils étaient responsables d’en avoir tiré des conséquences juridiques et judiciaires. Parce que Nicolas Sarkozy croit « au primat du politique », il aurait fallu le laisser en repos pénalement ? Le judiciaire ne nie pas l’élection, il l’éclaire.

Mon infinie bêtise de bien-portant…

Nicolas Demorand présente, avec une vérité crue, les ravages de cette maladie dans la quotidienneté, les moyens d’en apaiser les effets, ce qu’il faut éviter, ce qui est recommandé. Parce que rien n’est pire que la gêne maladroite ou l’insistance mal avisée dont on fait preuve, parfois, face à des malades sur lesquels on compatit autant qu’ils vous agacent.

Quelle énergie chez Sonia Mabrouk !

Puis Alexandre Jardin est arrivé. Avec son petit livre « Les #Gueux », le succès sur les réseaux sociaux de sa fronde contre les zones à faible émission (supprimées en commission à l’Assemblée nationale), sa dénonciation de la stigmatisation des pauvres, son indignation face à un pouvoir incapable de mesurer les désastres humains que son action suscite en matière d’énergie.

On n’est pas antisémite quand on n’aime pas Netanyahou !

On ne vaincra jamais les effets délétères de la liberté en réduisant encore davantage la part de celle-ci Pour ne rien concéder à l’antisémitisme, ignominie morale, il faut sauver le droit à l’antisionisme, contradiction politique.

Bruno Retailleau plus que jamais…

Je voudrais insister sur le caractère et le comportement de Bruno Retailleau. Je n’ai jamais dérogé à cette obsession de la tenue des politiques, de l’exemplarité de leur attitude (privée et publique, la première n’étant jamais sans effet sur la seconde) et de leur éthique irréprochable. On n’a jamais, sur ce plan, mis en cause BR. C’est un élément fondamental dans mon adhésion à cette nouvelle droite. Elle ne noiera pas les valeurs de la morale publique dans les remous sales du pouvoir.. C’est parce que BR est décrié qu’il faut absolument se tenir à ses côtés. Le soutenir. Se battre pour ce qu’il incarne et représente. Sinon, pour la droite qui lui doit déjà beaucoup, le destin ne repassera pas les plats !

Michel Onfray parle pour dire quelque chose…

Pour expliquer cette qualité qui ne rend jamais son propos insipide, il y a d’abord et surtout cette brutalité légitime qui, tout en ne sacrifiant pas la nuance quand elle est nécessaire, a pour finalité de faire comprendre sans détour le fond d’une réflexion, qu’elle concerne l’actualité ou tout autre sujet. J’aime ces personnalités qui ne se cachent pas derrière leur ombre, qui ne sont pas forcément prévisibles, qui allument le feu dans les échanges voués pourtant à être les plus paisibles. Tout simplement parce que penser, parler, ne sont pas des activités anodines et faute d’assumer la redoutable invention qu’elles imposent, elles tournent souvent à une tiédeur ennuyeuse…

Tout est perdu mais il y a des hommes !

À Bruxelles, tout a changé. Il y a un nouveau procureur du Roi, Julien Moinil et l’accablement, la résignation se sentent moins chez eux dans cette capitale que les trafiquants affectionnaient particulièrement parce qu’ils y étaient « tranquilles ». Ce n’est pas au Salvador, c’est à Bruxelles, pas loin de chez nous. L’exemple n’est pas exotique ni offensant. Il est dans notre sphère, dans notre monde. On peut, on doit s’en inspirer. Il confirme ce que j’ai toujours pensé, comme magistrat, comme chroniqueur, comme homme. Les personnalités où qu’elles soient, dans quelque espace que ce soit, dès lors qu’elles ont énergie, courage et volonté, seront plus fortes que les structures et vaincront ce que la réalité apparente aura de désespérant, de fatal.

De la cour d’assises à la cour médiatique…

Le meilleur moyen, paradoxalement, pour favoriser une concision à laquelle on tient est de ne pas interrompre et de ne pas enjoindre. Miraculeusement, alors, le verbe non contraint trouve son bon rythme et sa juste mesure. L’inverse le fait se dilater jusqu’à l’ennui.