Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Des belles et des bêtes…

Je n’aurais eu aucun désir de rencontrer des tueurs en série autrement qu’aux assises pour les faire condamner. Je n’ai jamais éprouvé la moindre fascination pour ces criminels extrêmes et j’ai souvent regretté la curiosité médiatique et l’exploitation indécente et vulgaire qui s’attachaient à eux. On ne parvient pas à tout savoir des incroyables mécaniques humaines mais tenter de les démêler procure une obscure volupté.

Union des idées ou désunion des personnes ?

Alors, il est clair que si l’union des droites n’est pas d’abord une union des idées à inventer, elle demeurera lettre morte. Et la désunion des personnes sera seulement la comédie qui nous laissera croire que quelque chose d’essentiel se joue.

Alain Finkielkraut à prendre et à laisser !

Société d’exigence dont les médias devront être une première incarnation. Pour être légitimes dans les leçons qu’ils donnent et les bouleversements politiques et judiciaires qu’ils causent. Beaucoup à prendre chez AF, peu à laisser !

Pourquoi les élus seraient-ils épargnés ?

Pourquoi les élus seraient-ils épargnés puisque plus rien ni personne ne l’est et que le pouvoir se contente de déplorer ce à quoi il n’a plus la capacité de résister ?

L’ennui de la paix, la vérité du conflit…

Merci à François Bégaudeau d’avoir donné son brillant aval à ces ressorts qui me sont familiers puisque je les éprouve et qu’ils instillent en moi le sentiment d’être, la joie d’une identité qui se confrontant à celle des autres justifie sa vigueur et sa nécessité. J’aime par-dessus tout pouvoir ainsi retrouver cette devise que j’ai faite mienne depuis longtemps et que j’ai tenté d’incarner le moins mal possible. Elle est de Balzac ; je suis de l’opposition qui s’appelle la vie.

Les « cours criminelles » : une mauvaise action

On a tous les droits quand la raison et la démocratie sont de votre côté. D’autant plus que j’ai peur : un jour, il pourrait bien ne rester que la cour criminelle. Le peuple même partiel serait encore de trop.

Défendre Mediapart ? Pourquoi pas ?

Si, face à Mediapart, il y a plus d’abstention, de rage mais impuissante, que de véritable hostilité opératoire, ne serait-ce pas le signe que ce site fait peur parce que la vérité ne lui est pas toujours étrangère ? Et, pardon, au risque d’être pompeux: parce qu’avec lui il y a va aussi de la démocratie.

Etre classique, aujourd’hui une audace ?

Il serait malhonnête de conclure cette introspection sans admettre qu’il y a des singularités authentiques et des exceptions éblouissantes. Elles sont rares et elles ne se fabriquent pas : les autres et la vie les nomment, les consacrent et les admirent.