Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Une société ou une présidence de vigilance ?

Si le président descendait de son Aventin avec la pleine conscience d’une République en abandon et en délitement, certes il aurait le droit de demeurer Antigone mais avec la force, l’audace et l’efficacité d’un Créon. On a besoin d’une présidence de vigilance.

D’abandons en scandale : on nous lâche !

Je comprends que cette philosophe soit révulsée par ce « terrorisme intellectuel » que pour la première fois elle subit et qui justement l’effraie. Et pendant ce temps, le CSA avertit à tour de bras, semonce les radios et les télés, et on s’inquiète paraît-il de la présence médiatique de l’extrême droite ! C’est grotesque.

Une parole décomplexée est-elle possible ?

Bien sûr qu’une parole décomplexée est possible, plus même, nécessaire. Mais il y faut une passion de la liberté, de la vérité, de l’écoute et de la contradiction, un respect fervent du langage et de ses richesses. Une envie d’être soi par le meilleur et non par le pire.

Comparaison est raison: Macron n’est pas Trudeau !

Justin Trudeau et lui n’ont rien à voir l’un avec l’autre et, les similitudes superficielles écartées, le premier apparaît comme le triste exemple d’une personnalité qui s’est détruite à force d’épouser ce qu’elle prenait pour les vents porteurs de la modernité, de l’apparence, de la démagogie et de la divisibilité. Les minorités encensées et les transgressions approuvées. Une connaissance approximative du monde, de ses rapports de force, une maîtrise très imparfaite des dossiers, une superficialité remarquée lors des sommets.

Alain Finkielkraut est-il de droite ?

Je ne vais pas tergiverser. Aussi, par un décret d’autorité solitaire, sans aucun scrupule mais avec conviction, et pour être honoré par ce compagnonnage, je décide qu’AF est de droite.

Encore un effort, monsieur le président !

Au-delà des controverses sur le voile et les sorties scolaires, j’espère qu’il ne faudra pas attendre une catastrophe pour que le président s’empare enfin de ce qui trouble et clive la société française, et appellerait un verbe vigoureux et une action ferme. Qu’il ne tarde pas trop. Encore un effort, monsieur le président !

Le voile ou la vérité ?

Ma certitude fondamentale est en tout cas que notre faiblesse à faire respecter nos lois et tout ce qui fonde notre démocratie aggrave les dangers que nous prétendons combattre. Nous luttons mal contre un ennemi plus fort que nous. Pour toujours ?

Christian Jacob n’a pas besoin d’apprendre le peuple…

Qu’on n’oublie jamais, pour Christian Jacob comme pour tous les instinctifs de la politique et les soutiens du peuple parce qu’ils en sont, cette pensée d’Albert Camus qui me touche d’autant plus que modestement je me mets dans son fil : je me sens d’abord solidaire de l’homme de tous les jours (citée par Pierre-René Lemas). Belle définition d’une politique vraiment démocratique.

Non, les magistrats ne sont pas politisés !

Qu’on cesse de prendre la perversion d’une infime minorité et la partialité d’un syndicat qui ne l’est plus, se servant de la Justice sans la servir, pour la normalité d’une institution et de pratiques qui doivent encore accomplir certes des efforts pour répondre aux exigences des citoyens mais sont innocentes de ce reproche capital. Non, les magistrats ne sont pas politisés !

Les somptueuses banalités du président suffisent-elles ?

J’incline à penser, avec la modestie qui convient face à une France au moins désorientée, que les somptueuses banalités du président ne suffisent pas. Il n’a pas besoin de devenir quelqu’un d’autre pour susciter notre adhésion mais de grâce que sa parole soit l’injonction d’un guerrier et non le message d’un républicain brillant mais sans surprise..