Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Parler du courage ou en avoir ?

Le courage au fond est une ardente obligation. Comment en avoir ? S’adresser un ordre impératif, une injonction de chaque seconde et s’obéir sans frémir ni discuter. Le courage c’est ce qu’on DOIT avoir.

Pauvres de nous !

Sa foi l’a aidé, l’a animé, lui a permis, ainsi qu’à son épouse, de tenir, de porter au plus haut une dignité arc-boutée contre le mal, d’assumer une mort inéluctable. Mais pourquoi Dieu en qui il croyait, s’il est bienveillant et tout puissant, a-t-il permis le surgissement de démons contre lesquels, à sa place humble, Franz a lutté et qui l’ont fait mourir ? Cette interrogation troublante laisse toute sa place à ma respectueuse empathie pour cet homme décapité au mois d’août 1943.

Delevoye de garage, non ?

Le calembour est discutable mais bien trouvé. Delevoye de garage aurait dû être la mesure immédiate à prendre. Je ne ris plus ou jaune.

Victoire par KO ou défaite aux points ?

Tout est possible. J’allais écrire : même le meilleur. Mais je n’y crois plus. C’est le pays qui, dans ce combat, en 2022 jettera l’éponge et tranchera. Une boxe démocratique qui aura ainsi son issue.

Comment faire pour digérer ce monde ?

De sa part, en de telles journées et alors qu’elle se confronte sereinement à l’irréversible, ce n’est pas de la mièvrerie mais le contraire. L’expression d’une incroyable force. Pour digérer ce monde, on a besoin de cela. Aux antipodes de l’envie.

Le bel âge Pivot !

Bernard Pivot tire sa révérence et quitte l’Académie Goncourt. Il lui manquera mais cela fait si longtemps qu’il nous manque, à nous. Il prend en quelque sorte sa retraite. Le bel âge Pivot.

Pour Mélenchon, l’élève Marine Le Pen progresse !

Cette déclaration de JLM, en définitive, ne fait-elle pas polémique parce qu’on a peur, derrière cette connivence ponctuelle et cette notation positive, d’imaginer ce qui résulterait d’une alliance entre les deux faces de la France qui vit mal, qui souffre et se sent en révolte permanente contre les possesseurs du pouvoir, où qu’il se situe, avec une droite se qualifiant de républicaine renvoyée à ses pudeurs et une République moins en marche qu’en surplace ?

Quoi après le désenchantement ?

J’aime cette exigence qui ne nous autoriserait pas la moindre tranquillité, pas la moindre faiblesse après le désastre. Ce dernier alors non plus comme une défaite mais tel un coup de pied du destin nous projetant vers le haut.