Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Tout ce qu’on pourrait ne plus dire…

Dans ce tissu de banalités antagonistes qui reviennent inlassablement occuper nos esprits, donnant l’impression qu’elles apportent du neuf, peuvent sans doute se glisser ici ou là des pépites, des fraîcheurs, des propos de journalistes, analystes, essayistes ou philosophes moins usés que la plupart, mais c’est tout de même globalement monotone. Un peu plus, un peu moins sombre. Mais beaucoup de il n’y a qu’à, il faut qu’on !

Les Beatles, comme si c’était yesterday

Les Beatles sont inclassables mais j’avoue qu’après avoir lu le classement du Point, j’ai succombé à la tentation de réentendre leurs chansons. La même magie, comme si c’était yesterday !

Justice en quarantaine ?

Le Soudanais réfugié qui a tué et blessé à Romans-sur-Isère au nom de l’islamisme puisqu’il fallait massacrer les « mécréants », a été vu en train de perpétrer ces crimes. Il a d’ailleurs reconnu les avoir commis. Cela n’a pas empêché les médias de parler du « meurtrier présumé ». Quand les principes sont vidés de tout sens par le réel, il serait heureux de privilégier l’enseignement du second plutôt que, en l’occurrence, l’abstraction hypocrite des premiers. Justice en quarantaine ? En tout cas elle bouge encore et beaucoup.

Charles Maurras : le retour ?

Pour dire la vérité, si j’ai eu envie d’écrire ce billet, ce n’est pas parce que j’ai été saisi par une illumination mais à cause de cette pensée très profonde de Charles Maurras qui m’a poussé à faire partager mon assentiment. Il se pose cette question : « Y a-t-il un progrès ?… Il y en aurait à coup sûr si chaque ne s’oubliait à perdre d’un côté ce qu’il gagne de l’autre ; si, la plupart du temps, l’homme ne négligeait de mettre bout à bout ses plus admirables profits ». C’est totalement juste et remarquablement écrit. C’est aussi Charles Maurras.

Pouvoir de la mafia, mafia du pouvoir…

Au risque de frôler à nouveau l’assimilation entre le pouvoir de la mafia et la mafia du pouvoir, je voudrais surtout en tirer la conclusion certes banale mais déprimante que tout pouvoir, qu’il s’exerce pour le meilleur ou pour le pire, qu’il soit criminel ou démocratique, se fonde de manière élémentaire mais constante au fil des siècles sur quelques données de base et d’abord celle-ci : être et demeurer une menace et une espérance, pour inspirer la peur et flatter l’ambition.

Les Vraies Voix : une bienheureuse ascèse ?

Quand on pourra revenir à l’air libre, si Sud Radio continue à me faire confiance, je n’aurais pas la nostalgie de cette période d’enfermement. Mais elle n’aura pas été un enfer, seulement une inoubliable expérience. Dont il serait aberrant d’oublier, de négliger, dans la vraie vie, toutes les leçons.

Masques : l’information n’est pas confinée !

Trois mois de pur mensonge ou trois mois si révélateurs d’un mal chronique français ? On comprend bien que choisir la première ou la seconde branche de l’alternative ne conduira pas au même futur pour les responsabilités à déterminer ou les culpabilités à établir. L’accablement apitoyé ou indigné. Ou le procès.

Le « en même temps » contre Emmanuel Macron ?

L’honnêteté du « en même temps » était d’autant plus facile à assumer que personne n’aurait blâmé le président pour cette révolution annoncée – si elle devient un jour effective -, tant elle résultait d’une réflexion et d’une contrainte qui n’avaient rien à voir avec un quelconque cynisme ou l’habitude des variations partisanes. Mais tout avec la leçon impérieuse d’un malheur sanitaire, social et humain hors du commun et à appréhender comme tel.