Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Charles Péguy ne nous veut pas assis !

Entre l’opprobre du « couché » et l’allure du « debout », il y a ce moyen terme sur lequel Péguy attire notre attention. La mollesse, le conformisme et la tiédeur de « l’assis ». Ce qui ne fait pas bouger et maintient dans la douceur ouatée des banalités et des consensus sans risque.

Le sabreur Murat contre l’icône Goldman : une rareté

Apparemment ils ne sont pas faits pour s’entendre. Quel dommage ! Le monde de la variété française est trop pauvre pour qu’on ne regrette pas la bande à part de ces deux atypiques. Du sabreur Murat et de l’icône Goldman.

Le troisième âge est trop susceptible !

De grâce, que le troisième âge ne soit pas trop susceptible et qu’il ne complique pas inutilement la tâche d’un président et d’un gouvernement déjà bien empêtrés dans la lutte contre un fléau qui tue encore.

Christophe ne reviendra pas…

Christophe était tellement ancré en nous qu’on n’imaginait pas sa disparition. On espérait avec lui durant ces semaines de réanimation. Mais il est parti et ne reviendra pas.

Emmanuel Macron se balade !

Le citoyen attend, espère avec une vive impatience démocratique un vrai débat où E. Macron sera confronté à un adversaire de valeur qui lui offrira moins d’opportunités de briller et de se sentir à l’aise. Une authentique contradiction serait bienvenue. Pour lui comme pour nous. A-t-on eu raison de l’élire en 2017 ou n’est-il dorénavant qu’une illusion, une façade, créées par les marchés, une parole contrainte et une pratique dépendante ? Encore une chance ou déjà une déception ? Je me prends parfois à regretter que dans son environnement personne ne soit capable de jouer auprès de lui le rôle qu’il a eu auprès de François Hollande. Il est clair qu’il manque auprès d’Emmanuel Macron un Macron.

Une adhésion de seulement 28 minutes et puis…?

Des pays ont commencé à déconfiner et à tort ou à raison nous paraissons à la traîne. En tout cas il ne faudrait pas que l’ambiguïté, propre à l’art politique, infecte la sauvegarde sanitaire qui exige le contraire. C’est au pouvoir de guider, en l’occurrence, le peuple et non l’inverse. Qui est anxiogène.

Pourquoi le son français est-il si mauvais ?

Quitte à emprunter les chemins du réel, que les séries et les films français s’engagent sur ceux qui, dans notre quotidien, nous offrent, nous permettent une communication de qualité. Je ne vois aucune raison d’autoriser Vincent Lindon, qui est dans ses entretiens on ne peut plus audible, à ne pas l’être dans ses films. Une fois corrigée cette imperfection grave du son, je sens qu’il conviendra que je me méfie de ne pas tomber sous l’addiction des séries. Même après le 11 mai.

Les Français vont s’adresser au président !

J’ai l’impression qu’il nous questionnera le 13 avril bien plus qu’il n’affirmera. Ce sera moins un président s’adressant aux Français que des Français sollicités par un président qui s’avancera au jugé. Il est à la fois tout – c’est la monarchie républicaine – et rien : il faut pouvoir lui couper la tête symboliquement chaque jour.

Et si rien ne changeait demain ?

Je voudrais tellement que pour une fois le volontarisme, l’optimisme ne soient pas déçus. Que demain ne soit pas la copie conforme d’hier. Mais j’ai beau m’efforcer de la chasser, une petite voix intérieure me trouble : et si rien ne changeait demain ?