Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Le président et le Gilet jaune : promenade aux Tuileries

faut-il considérer qu’on en est au point où, dans cette République, quoi que fasse le président, même de l’estimable et de l’élégant, rien ne lui sera crédité ? Par principe il ne pourrait pas être autre chose qu’un bloc à dénigrer ?

Cela déborde !

C’est plus que de l’indulgence que m’inspirent les serviteurs de l’Etat, sous quelque latitude politique que ce soit. Une forme d’admiration. Ils acceptent d’engager une lutte qui ne fera jamais d’eux des gagnants. Pour l’honneur de la démocratie, ils cherchent à nous persuader qu’impossible n’est pas français et qu’ils seront capables d’endiguer et, mieux, d’éradiquer les manifestations malfaisantes d’individus s’ébattant comme en terrain conquis.

Attendre François Baroin, est-ce un programme ?

Si on ne veut pas de Retailleau ou de Bertrand, si Baroin dit non ou un oui murmuré sans conviction, reprenons une prise que l’adversaire a chassée. Attendons pour de vrai Edouard Philippe.

Peut-on déjà parler du ministre Eric Dupond-Moretti ?

Emmanuel Macron a pris des risques et fait un pari. EDM aussi. En tout cas ce dernier a bien commencé. Il a déclaré vouloir garder le meilleur et abolir le pire. Une fois clairement identifiés, quel magnifique programme !

Encore peur pour Brigitte Bardot ?

Si une voix comme la sienne, aujourd’hui, choque moins qu’elle ne réveille et ébranle, cela tient probablement au fait que dans la démesure, l’outrance, elle exprime ce que chacun ressent : les limites du tolérable sont dépassées.

Assa Traoré et Eric Zemmour : pas la même chose mais…

Je ne consacrerais pas un billet à cette similitude paradoxale – quoique les militants, les engagés ont une complicité de base bien au-delà des idées – si cette perversion n’était pas la cause de l’affrontement de plus en plus virulent qui pourrit la vie intellectuelle, politique et médiatique, de cette guerre civile gangrenant les consciences, les esprits, le respect de l’autre en profondeur.

Edouard Philippe : après l’incompréhension démocratique, l’opprobre judiciaire ?

Il me semblerait honteux, pour l’homme comme pour son attitude politique et professionnelle face à cette crise terrifiante, que la recevabilité des plaintes contre lui entrainât quelque condamnation que ce soit. Ce serait injuste, absurde, démoralisant. Qu’après l’incompréhension démocratique l’opprobre judiciaire prenne la relève.

Il faudrait aussi un mercato politique !

Ce mercato politique pourrait se raffiner, se sophistiquer, aller dans la nuance, se préoccuper des courants, des chapelles, des désirs profonds et des réussites immédiates. Tomber dans l’incongru, favoriser des dissidences ou créer des drames. Je suis pour la paix des familles politiques même recomposées !