Napoléon : l’orgueil du « fardeau »…
Marchant à Sainte-Hélène avec son amie Mme Balcombe, alors que celle-ci ordonne avec dédain à des esclaves portant de lourdes caisses de s’écarter, Napoléon s’arrête et, la regardant, dit : « Respect au fardeau, Madame »
Dans ce terme « fardeau », il y a tout.
La charge, la douleur, la peine, l’offense, l’humiliation, la violence. Il y a la fatalité de la servitude, la rage de l’acceptation, l’absence de révolte, le cours inéluctable de la vie et de la misère.
Mais dans le « respect » que Napoléon exige, il y a l’orgueil du fardeau, la fierté d’avoir à assumer la part difficile de l’existence, le sentiment de n’être pas inférieur mais utile, nécessaire, la conviction que tous les mépris du monde se brisent sur cette certitude qu’on n’est pas rien, qu’on compte, et d’abord pour soi, qu’il y a de la grandeur dans son apparente petitesse et que la fatigue, l’épuisement résultant de telles tâches méritent le respect.